GRANIER DE CASSAGNAC — GRANJA
1 attaqua avec une ex trème violence de langage, daus une réunion tenue à la salle Herz, la république et le souvernement de M. Thiers. |
GRANIQUE, petit fleuve de la partie nord-ouest de l'Asie Mineure, qui s’échappait du mont Ida, et allait se jeter dans la Propontide. On le nomme aujourd’hui le Kodja-Sou. 11 est demeuré célèbre dans l'histoire parce qu'Alexandre, lors de son expédition contre les Perses, après avoir franchi l’Hellespont, y remporta sa première victoire, au mois de mai 334 avant J.-C., par suite de la tentative que firent pour lui en disputer le passage les satrapes d'Ionie, de Lydie et de Phrygie, de concert avec le Rhodien Memnon, chef des mercenaires grecs.
GRANT, Ainsi que Al. Brongniart, nous limitons la dénomination de granit aux roches compactes et massives, essentiellement composées de quartz, de feldspath et de mica, immédiatement agrégés entre eux et comme entrelacés, Cette délimitation exclura des roches granitiques une multitude de roches extrêmement riches, qui sont trop souvent décrites comme variétés du granit.
La quantité relative du quartz varie depuis un tiers jusqu'aux deux cinquièmes de la masse, et la dureté du gra: nit est en général proportionneile à l'abondance de cet élément : sa couleur est généralement grise. Le feldspath offre des teintes assez variées, teintes qu’il communique à la masse granitique elle-même; le mica est tantôt noirâtre, et tantôt, au contraire, il est d’un blanc nacré. Là décomposition du granit parait dépendre de l’altération du feldspath et de l’exfoliation du mica. Outre ces éléments constitutifs et essentiels, le granit s'accroît presque constamment de quelques éléments accessoires: ce sont surtout le grenat, la pinite et l’'amphibole : on y rencontre, mais plusrarement, l’épidote, les pyrites, le fer oligiste et l’étain oxydé; plus rares encore sont la phrénite, le disthène, l'opale, le corindon, la topaze, la chaux fluatée, l'argent natif. Lorsque l’amphibole, d'abord élément accessoire, vient à se développer jusqu’à dominer le quartz et le mica, le granit se transforme en syénile; lorsquele quartz s’efface pour laisser dominer le mica, la texture de la roche, de compacle qu’elle était, devient schistoïie, et le granit se transforme en gneiss; lorsque le tale et ses diverses variétés se subsfituent au mica, le mélange change encore de nom, et devient de la protogyne, etc. : et toutes ces roches passent l’une âans l’autre par des nuances tellement insensibles, qu'il devient impossible d'établir entre elles ure ligne quelconque de démarcation.
Le granit proprement dit est constamment massif ; sa texture est plus ou moins finement grenue, et cette différence dépend de la cristallisation plus ou moins complète des éléments qui le constituent : tantôt en efful ces éléments, intimement mélangés, offrent à peine trace d’une cristallisation séparée, même confuse ; et tantôt, au contraire, le quartz s’y présente en cristaux dodécaèdres, le mica en paillettes hexagonales, et le felüspath en parallélipidèdes allungés : alors la texture du granit devient porphyroïde.
Le granit apparaît dans les terrains de toutes les époques géologiques ; mais il règne comme roche dominante et fondamentale dans les terrains primordiaux, dans le: formations de la première époque : cette formation primitive, qui constitue indubitablement une véritable :ur'ace enveloppante, et qui est sous jacente à toutes les roches connues, se montre encore à nu sur des espaces assez étendus, et dans des points nombreux de Ja surface du globe. Ainsi, on peut l’étudier à découvert dans la chaîne carpéto-novétonique du centre de l'Espagne, dans les Pyrénées, dans l’ancienne Bretagne, dans les montagnes de la Saxe, dans le Caucase, dans les monts Ourals, dans les Ilanos des grandes chaînes du Brésil, ete, L'aspect général et le relief des pays granitiques sont extrêmement variés, Ce sont tantôt des croupes arrondies, tantôt des crêtes tranchantes, tantôt des cimes déchiquetées et taillées en
DICT, DE LA CONVERS, — T. X
biseau; d’autres fois encore les roches ont été eatièremont décomposées, el le sol est couvert d’un détritus meuble qui cache un granit étendu en nappes ou en dômes aplatis et surbaissés ; d’autres fois encore la décomposition a été moins complète, et l'on observe des sommets arrondis et des pentes assez rapides, en se rapprochant du fond des gurses ou des vallées occupées par des cours d’eau. Toutefois, les monticules arrondis et surbaissés sont plus fréquents dans les contrées véritablement granitiques que les aiguilles élancées et taillées à pic. La facilité de décomposilion de la grande majorité des granits permet rarement cette disposition culminante : le gneiss et le protogyue sout les roches alpines par excellence,
Il est en effet des dilférences très-essenlielles à noter dans la durée des roches granitiques, et ces différences se lient assez généralement à des différences minéralogiques, mais quelquefois aussi à des modifications dans le mode de formation, qu’il n’est pas toujours facile d'apprécier. Il est des masses granitiques qui ont résisté depuis quatre inille ans à toutes les influences atmosph'riques; il en est d'autres qui, exposées pendant quelques jours seulement à l'air libre, tombent presque en déliquescence, et se délitent en une terre argileuse ; d’autres encore se réduisent en gravier ; quelques-unes se taillent en blocs cubiques parfaitement réguliers, ou s’arrondissent en sphéroïdes, en ellipsoïdes, en polyèdres irréguliers de dimensions souvent gigantesques. Toutes ce, différences paraissent tenir ea grande partie à la combinaison plus ou moins intime du feldspath et du mica, à la liquéfaction primitive du mélange plus ou moins complète. à sa réfrigération subséquente plus ou moins rapide.
Le terrain granitique n'offre qu’un fort petit nombre de roches subordonnées; les filons métallifères y sont également rares : quelques veines stannilères et quartzeuses, de peu d'étendue ; des amas de fer oligiste écailleux, du fer spathique , de l’étain, du molybdène, composent toute sa richesse.
Les variétés du granit se divisent en deux classes : celles qui résultent d’une modification de texture, et celles qui dépendent du développement d’un é'ément accessoire. Ainsi, nous pouvons noter, comme formant les variétés les plus fréquentes, le granit grenu, dans lequel le mica, le felaspath et le quartz, réduits à l’état arénacé, sont presque uniformément disséminés dans la masse ; le grant porphyroide, dans lequel le feldspath et le quartz se sont cristallisés isolément en petits polyèdres ; le granit amphibolique , dans lequel l'amphibole vient à se développer, etc.
GRANIT DE CORSE. Voyez Dionre.
GRANIVORES (du latin granum, grain, et vorare, manger), nom sous lequel on désigne les oiseaux qui se nourrissent le plus ordinairement de graines. Bien que sette dénomination soit applicable à un assez grand nombre d'individus pris en dehors de la classe des oiseaux, ele sert cependant, dans son acception la plus restreinte, à désigner plusieurs individus pris dans différentes familles de cette même classe, qui se servent le plus habituellement de graines pour s’alimenter. Temminck l’a employée pour désigner le quatrième ordre de sa méthode. Cet ordre ne renferme presque que les conirostres de Cuvier, puis quelques individus de l’ordre des gallinacés, tels que les pigeons.
On voit les granivores se grouper presque tous autour des habitations de l’homme et même, à deux époques de Pannée, quand on sème les grains et quand on les récolte il arrive souvent que leur voisinage cause des pertes considérables.
GRANJA (La), c'est-à-dire la Ferme, résidence d'été
des rois d’Espagne, bâtie par Philippe V, à limitation du
Versailles de son aïeul, sur une éminence assez élevée, dans
une contrée aride et déserte, située près de Saint-Iidephonse
et de Ségovie, où l’art eut aussi à triompher de la nature. #9
Au mois d'août 1836, ce palais, où 3e trouvait alors la reine régente Marie-Christine, futle théâtre d'un mouvement militaire provoqué par les sociétés secrètes, et qui eut pour résultat de contraindre le gouvernement espagnol à proclamer la constitution de 1812 enremplacement du sfatut royal, charte octroyée et calquée en grande partie sur la charte française. Un nouveau cabinet se forma sous la présidence de M.Calatra va, et toute autorité ne tarda pas à se concentrer entre les mains du général Espartero.
GRANO , monnaie de Naples. Voyez BAÏoQuE.
GRANSON (Bataille de). Granson est le chef-lieu d’un district suisse du même nom, appartenant au canton de Vaud. Situé à 32 kilomètres nord de Lausanne, ils’élève en amphithéâtre, sur la rive occidentale du lac de Neufchâtel. Cette ville, peuplée de 2,500 âmes environ, asur le lacun petit port, au milieu duquel se dresse un rocher consacré du temps des Romains à Neptune. Elle est dominée par un vieux fort, résidence jadis des barons du lieu, dont il estsouvent question dans l’histoire de la Suisse. Lorsque leur race s'éteignit, en1397, la maison de Châlons hérita de la seigneurie, et la conserva jusqu’en 1476. Alors il prit fantaisie à ce Bourguignon batailleur connu sous le nom de Charles le Téméraire d’aller, avec sa puissante armée, apprendre aux grossiers paysans de la ville et des environs ce que c’est que la guerre. Les confédérés suisses, avertis de l'approche du duc, battirent le comte de Romont, qui le précédait et qui ne put s'emparer d’Yverdun. Ils y mirent le feu, etse retirèrent, au nombre de 800, dans le château de Granson, résolus à s’y maintenir jusqu’à la dernière extrémité. Leur position était, du reste, assez critique : il leur fallait combattre les ennemis du dehors et se méfier des habitants de la ville, qui, étant sujets du seigneur de Château-Guyon, se trouvaient naturellement portés pour le duc de Bourgogne, Leurs provisions étaient rares, et ils pouvaient prévoir une prochaine disette : ils se défendirent néanmoins avec vaillance. Le duc, arrivé devant Granson avec toute son armée le 19 février, livra un assaut, et fut repoussé. Cinq jours après, en ayant tenté un autre, il éprouva un second échec. Cependant, la garnison ne pouvait tenir longtemps. Elle hésitait à se rendre, connaissant le peu de cas qu’il fallait faire de la parole du duc. Un gentilhomme allemand de l’armée bourguignonne, le sire de Ramschwag, parlementa avec elle, extorqua une forte somme aux assiégéset les livra au duc de Bourgogne. Le ducen fit pendre une partie et noyer l’autre.
Les confédérés apprirent bientôt le malheureux sort des soldats de Gransan : ils n'avaient pu les secourir à temps, ils se promirent de les venger. Leur armée grossissait {ous
les jours ; elle devint en peu de temps formidable. Au 1° mars
1476 elle se composait d'environ 20,000 hommes. Le duc de Bourgogne en avait 70,000 sous ses ordres. Il s'était emparé de Vaux-Marcus, qui commande le chemin de Granson à Neufchâtel, et en avait donné la garde au sire de Rosimbos. Le 1°" mars les Suisses marchent sur Vaux-Marcus. Le lendemain quelques-uns tournent le château, et, en s’avançant, rencontrent les gens du sire de Rosimbos, qu'ils mettent en déroute. Puis ils aperçoivent les Bourguignons, qui occupent la route lelong du lac. Les confédérés, voyant leur avant-garde donner, avaient suivi le même chemin qu’elle derrière Vaux-Marcus, et Nicolas Scharnachtal, avoyer de Berne, se trouva ainsi en face de l'avant-garde des Bourguignons ; alors les Suisses descendirent d’un pas ferme vers une petite plaineau bord du lac. Quand ils furent près de l’armée ennemie, ils se mirent à genoux, et prièrent Dieu, selon la coutume de leurs pères, ce qui fit croire au duc qu’ils demandaient merci; mais aussitôt ils s’avancèrent en bataillons carrés, se faisant un rempart de leurs longues piques et de leurs hallebardes.
Le duc animait ses gens au combat ; mais il avait été assez peu prudent pour ne s'aventurer qu'avec son avant-garde et l'élite de ses hommes d'armes et cavaliers; il n’amenait qu'un petit nombre d'arquebusiers et peu d'artillerie. Chef