GRANJA — GRANT
et soldats se conduisirent vaillamment. Le sire de Château- Guyon, qui en voulait personnellement aux Suisses, fit des prodiges de valeur, mais il fut enfin abattu et son étendard pris. Quoique les Bourguignons combattissent avec un rare courage, ils ne purent tenir tête à l'ennemi, et se virent refoulés vers lArnon. Le duc espérait se retrancher dans son Camp, qu’il avait admirablement fortifié : il ne tarda pas à s’apercevoir qu’il fallait y renoncer. Le reste des confédérés parut tout à coup sur les collines de Bouvillars et de Champigny : ils s’avançaienten poussant le cri de Granson! Granson ! comme pour annoncer la vengeance qu’ils voulaient tirer de la mort de leurs frères. A ces cris terribles se mêlait le son, plus terrible encore, des trompes vulgairement appelées le éaureau d'Uri et la vache d’Unterwalden. Le duc comprit que c'en était fait de son armée, puisque la seule avant-garde des Suisses lui avait donné tant de mal. Cependant, il ne perdit point courage : il exhorta les siens à combattre vaillamment , donnant le premier l'exemple, Ce fut peine inutile; la cavalerie avait déjà battu en retraite, ainsi que les meilleurs hommes d'armes; le trouble ne tarda pas à se mettre dans tous les rangs. Le son effroyable des trompes, la marche rapide des Suisses , qui descendaient tête baissée, sans que rien püt les arrêter, les coulevrines, qui commencèrent à faire feu à lim proviste, tout contribua à jeter le désordre dans le camp Une terreur panique s’empara des Bourguignons, tout le monde se mit à fuir. En vain le duc s’efforçait de les ra mener au combat, il n’y pouvait rien : resté presque seul. il dut lui-même prendre la fuite, suivi de quelques hommes seulement. Il courut ainsi jusqu’à Jougue dans le Jura. L’ennemi, qui avait peu de cavalerie, ne put le poursuivre, ef se mit à piller le camp : le butin fut immense. Jamais les Suisses n'avaient vu tant de richesses réunies sur un seul point. Le duc de Bourgogne, dont la cour était la plus fastueuse de l'Europe, avait apporté avec lui tout ce qn’il avait de plus précieux. à
GRANT (Uzvsse-Sney), général et homme d’État américain, est né le 27 avril 1822, à Point-Pleasant, dans l'Ohio. A l’âge de dix-sept ans, il entra à l’École militaire de West-Point, d’où il sortit en 1843, comme second lieutenant d'infanterie. I servit dans la guerre du Mexique (1846-1849), y devint capitaine, puis donna sa démission en 1854, et alla rejoindre son père à Galena (Iilinois), où il l’aida dans son commerce de corroyeur. Dès Le comn.encement de la guerre de la sécession, il offrit ses services au gouverneur de l'Illinois, et fut nommé, au mois d'août 1861, brigadier général des milices de l'État. Il s'empara, le 16 février 1862, du fort Donelson, sur le Cumberland, et fut élevé par le président des Etats-Unis au grade de major-général de l’armée des volontaires. Les 6 et 7 avril, il lutta à Pittsburg-Landing (Mississipi) contre les forces confédérées réunies sous le commandement de Beauregard, fut vaincu le premier jour, et vainqueur le second. Chargé, en janvier 1863, du siège de Vicksburg, il s’'empara de cette place, le 4 juillet suivant, après une campagne des plus brillantes; 30,000 prisonniers, 200 canons, 100,000 fusils, des munitions de toutes espèces tombèrent entre ses mains, elles principaux États rebelles se trouvèrent enfermés dans un cordon militaire non interrompu. Grant devint major général dans l’armée de l’Union, et, placé à la tête de la division du Mississipi, il s'empara du centre stratégique dela rébellion, en bat- {ant Braxton-Bragg à Chattanouga (Tennessee), dans les journées des 23, 24 et 25 novembre 1863.
Les succès de Grant l'avaient rendu l’homme de la situation ; il fut promu licutenant-général, le 1er mars 1864, et appelé au com mandement en chef de toutes les arméos fédérales. Poursuivant le plan de ses prédécesseurs, qu consistait à étreindre les confédérés dans un cercle de plus en plus étroit, il se garda d'éparpiller, comme eux, ses efforts sur des points différents, mais les concentra entièrement sur deux opérations, Il confia à Sherman le