‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 354 sur 552 · GRANT — GRANVELLE · texte numérisé non relu

GRANT — GRANVELLE

soin de disperser en Georgie les troupes de Johnston, et ouvrit, à la tête du Potomac, la campagne de Virginie, dont le but final était la prise de Richmond. Cette campagne, par la résistance’opiniâtre de Lee, dura onze mois entiers, et fut l’une des plus acharnées, des plus sanglantes dont l'histoire fasse mention. Les fédéraux occupèreut enfin Richmond le 3 avril 1865, et le9 avril, Lee, cerné à Appomatox, capitula avec les 25,000 hommes qui Jui restaient. Peu de jours après, la guerre se trouva terminée. En juillet 1867, le président Johnson ayant retiré le portefeuille de la guerre à M. Stanton, c’est le général Grant qui pendant six mois fit l'intérim. L'année suivante, candidat du parti républicain à la présidence, il

fut élu, le 3 novembre, par 25 États contre 9, et prit place |

à la Maison Blanche le 4 mars 1869. Général d’un génie supérieur, il est loin d’avoir acquis une réputation égale comme homme d'État. On l’a accusé même de médiocrité, ce qui lient peut-être à la réserve de son caraclère et à l2 manière dont il a compris les devoirs que lui imposent les lois constilutionnelles de l'Union. Quoi qu'il en soit, il fut réélu président, le 4 novembre 1872, par 30 Elats contre 7. Il prit possession du pouvoir, pour la seconde fois, le 4 mars 1873.

GRANULATION, opération de chimie par laquelle on réduit un métal en grains ou grenaille. Elle consiste à le liquéfier et à le verser par filet très-délié dans de l’eau froide. Aussitôt que le métal arrive en contact avec l’eau, il se divise en gouttes qui affectent la forme sphérique, et qui la prennent plus ou moins bien, suivantla minceur du filet, la hauteur de laquelle il s'échappe, et la température du métal liquéfié. Quelques-uns des métaux les plus fusibles peuvent être réduits en grains beaucoup plus fins en les renfermant tout liquéfiés dans une boîte en bois enduite de craie, et en les agitant avant qu’ilsaicntle temps de se refroidir, Le plomb, l’étain, le cuivre, sont les métaux les plus propres à ce procédé. La craie dont on a en. duit la boîte l'empêche de brûler, tandis que le mttal secoué contre les parois, acquéranf de la fragilité à mesure qu'il refroidit, se réduit, par les secouises réitérées qu’on lui communique, en une fine poudre,

GRANVELLE (Nicoras PERRENOT ne), fils d’un chancelier de Charles-Quint, naquit à Ornans, en Bourgogne, le 20 août 1517. Destiné aux affaires dès son enfance, il fut envoyé, pour faire ses premières études, à l’université

de l'électeur Maurice, qu’ils avaient mis ensemble à la place de l'électeur Frédéric, et ce fut chose dure pour eux d’être

: dupes d’un électeur d'Allemagne; ce fut chose plus dure

encore de signer au traité de Passau, en 1552, la folérance de doctrines qu'ils détestaient; mais le ministre eut au moins

* Ja satisfaction de glisser dans les articles cette immense

pomme de discorde, qui est si connue dans l’histoire de l'Empire sous le.nom de réserve ecclésiastique. Bientôt Granvelle signa un traité bien propre à effacer celui-là. Dans le Midi, le système de répression opposé au progrès, à la renaissance, à la réforme, avait pour appui l'Espagne, alliée de l'Autriche; dans le Nord, il avait alors pour protectrice Marie Tudor. Faire une alliance de famille entre Madrid et Londres, unir les deux trônes par les liens du sang, était d’une adroite et profonde politique. Cela état aussi bien imaginé contre la France que contre la réforme. L'évèque d'Arras signa, l'an 1553, le mariage du fils de Charles-Quint et de la fille de Henri VIH. Cette brillante négociation lui valut à tel point la confiance de son jeune maître qu’à la célèbre cérémonie d’abdication de Charles-Quint,

| Philippe le chargea de répondre, par une harangue de pa-

| rade, à la harangue de parade de son père. Mais Charles-

Quint et son chancelier avaient laissé à leurs fils une tâche difficile. Les Pays-Bas ne voulaient pas de cette politique semi-florentine, semi-castillane, qui dépouillait les provinces de leurs trésors nouvellement acquis, en foulant aux pieds leurs vieilles libertés. La France ne demandait pas mieux que d'appuyer ce mécontentement, et bientôt l'Angleterre elle-

| même, qu’on croyait à jamais acquise, vint se poser en ennemie de Philippe II. À Marie Tudor, morte sans laisser

de postérité, avait succédé Élisabeth, qui haïssait au même degré la personne et les doctrines du roi d’Espagne. De fout côté se présentait la guerre, guerre deprincipes , guerre d’intérêts matériels. Philippe et Granvelle cherchèrent alors leur salut dans une guerre de principes, et l’habile ministre,

. qui avait signé l'alliance de Philippe IL et de Marie Tudor,

de Padoue, puis il alla les achever à Louvain. Il n'avait pas

vingt-trois ans accomplis quand il fut nommé évêque d’Arras. Mais l’épiscopat n’était pour le fils d’un chancelier qu'un point de départ. Granvelle fut bientôt chargé d’assister son père aux diètes de Worms et de Ratisbonne, espèces de conciles politico-religieux , où il s’agissait de réprimer les nouvelles doctrines que professaient déjà, plus ou moins ouvertement, plusieurs princes d'Allemagne , sans toutefois se priver de leurs secours dans les guerres qu'on projetait contre la France et la Turquie. La négociation était difficile : elle échoua contre le sang-froid allemand, que le jeune Granvelle avait peu appris à connaître en Italie. De ces petits conciliabules germaniques, Granvelle passa au concile européen de Trente, où il s'agissait pour lui beaucoup plus de politique que de religion, d’un armement contre la France que dune croisade contre la réforme. Granvelle devait échouer à encore, Mais le tour d’être heureux était arrivé pour lui. Ne pouvant plus faire la guerre à François 1°", Charles- Quint avait fait avec ce prince la paix de Cres py. Libre de ses mouvements , il se jeta bientôt sur les deux chefs de la ligue protestante d'Allemagne, l'électeur Frédéric de Saxe et le landgrave Philippe de Hesse. Ils les battit tous deux à la rencontre de Muhlberg , et le premier était à peine devenu son prisonnier les armes à la main que le second le fut aussi, grâce aux négociations de Granvelle. Une telle habileté demandait une récompense : l'évêque d'Arras fut nommé conseiller d'État garde des sceaux. En cette qualité,

il eut Le chagrin de voir son maitre tomber dans les piéges

eut bientôt la joie de signer, au traité de Câteau-Cambrésis, l'alliance du fils de Charles-Quint et du fils de François I°*. Quand fut obtenu cet immense résultat, la lutte de Philippe contre les Pays-Pas semblait aisée : une femme, Margueritede Parme, fut chargée avec Granvelle d’y établir ou d'y rétablir dans toute leur pureté l’absolutisme politique et l’unité religieuse. Les décrets du concile de Trente, quatorze évêchés nouveaux, l’inquisition et quatre mille hommes de troupes, furent les moyens confiés à Granvelle. L’évêque d’Arras y joignit bientôt le rang d’archevêque de Malines et de cardinal, et après cela il étaié résolu de lutter avec le dévouement le plus absolu.

Mais déjà ses ennemis étaient plus nombreux et plus acharnés que ceux de Philippe même, et l’h@mme le plus profondément habile du temps. Guillaume d'Orange, dirigeait tous les mouvements, toutes les pensées du pays. En vain Philippe le soutient quelque temps contre Guillaume et d'Egmont : l’an 1564, il fallut lui envoyer l’ordre de se retirer en Franche-Comté. Quand la régente le vit remplacé par le duc d’Albe, elle le redemanda; mais Philippe aima mieux donner à son ministre cinq ans à passer avec Juste Lipse et d’autres gens de lettres que de se contredire. Cependant, l’an 1570, Granvelle, après avoir assisté au conclave quiélut Pie V, rentra dans la politique, chargé de négocier un traité avec Venise et le pape contre les Turcs. Bientôt après, Philippe le mit à la tête du royauine de Naples en qualité de vice-roi. Là était sa véritable mission. Maître à peu près absolu d’une population méridionale, il fit bénir son administration, aussi sagement que fortement dirigée. Bientôt Philippe, ne pouvant plus se passer de l'homme qui le comprenait le plus et le réfléchissait le mieux, appela près de lui avec le titre de président des conseils d'Italie et de Castille. Toujours habile et heureux dans les affaires du Midi, Granvello eut bientôt le bonheur de signer lPunion du Portugal et de l'Espagne; mais ensemble son maître ct lui perdirent ces belles et riches provinces ba-

faves, dont ils ne comprenaient point le génie, et dont la fortune devait bientôt porter à celle de l'Espagne es coups les plus funestes. Élu archevêque de Besançon en 1584, il se démit de son archevêché de Malines, pour aller jouir, dans une ville qu’il aimait et qu’il avaitenrichie de monuments d’artet de littérature, des douceurs de Ja retraite, orsqu’une sorte de phthisie le mit au tombeau. L'abbé Boizot a réuni ses Lettres et ses Mémoires en 35 volumes, dont Berthod a donné une analyse en 2 vol. in-4°. MATTER. GRANVILLE, ville de France, chef-lieu de canton du département de la Manche, bâtie à l'embouchure du Boscq, sur un rocher qui s’avance dans la Manche, avec 14,747 hab. (1872), un tribunal et une chambre de commerce, une école d'hydrographie, un établissement de bains de mer, des caux minérales. Un chemin de fer la meten communication directe avec Paris. C’est une place de guerre. Son port, commode etsûr , est fréquenté, année moyenne, par environ 300 bâtiments, sans compter le cabotage, qui en emploie plus du double; ses deux bassins à flot, récemment construits, peuvent recevoir des navires du plus fort tonnage et des frégates à vapeur. On y arne pour les pêches de la baleine et de la morue. La pêche des huîtres y occupe un grand nombre de gens du littoral. Des communications régulières existent avec Jersey et Guernesey. La ville possède des fabriques de cordages, de produits chimiques, d'huile de foie de morue, un entrepôt de sel, des ateliers pour la construction. On fait Aans ses environs une belle récolte de pommes de reinette estimées: on exploite le granit aux îles Chausey. En 1440, Thomas Scales, sénéchal de Normandie pour le roi d'Angleterre, entreprit de construire sur la montagne de Granville une forteresse qui pût tenir en respect celle du mont St-Michel appartenant aux Français, et il obligea les habitants à démolir leurs maisons. Mais l’année suivante Louis d’Estouteville, commandant des troupes du mont Saint-Michel, s’empara de la place par surprise. Elle demeura dès lors à la France, Comme toutes les villes conquises sur les Anglais, Granville garda ses anciennes franchises et ses priviléges municipaux, sa milice bourgeoise de sept compagnies, faisant elle-même et en tout temps la garde de la ville, ses exemptions de tailles, En 1689 Louis XIV fit en grande partie démolir ses murailles. Six ans après elle était brûlée par les Anglais. Elle fut vainement assiegée par les Vendéens en 1793 : ils y perdirent 1,500 hommes, et le découragement s’empara bientôt d'eux, malgré la présence de La Rochejaquelein et de Stofflet. En 1803 les Anglais ne purent pas davantage y entrer, ANVILLE (Gnranvie LEVESON Gowrr, comte), diplomate anglais, fils puîné de Granville marquis de Stafford (voyez Gower ), était né le 17 octobre 1773. En 1793 il entra au parlement comme représentant de Lichfield ; et Pitt, qui faisait grand cas de sa capacité, le fit appeler en 1800 aux fosctions de lord de la trésorerie, qu'il conserva jusqu’en 1802, époque où il quitta les affaires en même temps que son protecteur, Celui-ci étant revenu au pouvoir en 1804, envoya Granville à Saint-Pétershourg en qualité d’envoyé extraordinaire et de ministre plénipotentiaire à l'effet d'y signer le traité d'alliance qui précéda la campagne terminée à Austerlitz. Chargé en 1813 d’une mission à La Haye, Granville fut créé vicomte et promu à la pairie en 1815, en même temps que pourvu de l'ambassade de Paris. Il conserva ce poste pendant plusieurs’ années, et en 1825 Géorge IV le nomma grand-croix de l’ordre du bain; mais comme il partageait les idées de Canning, Wellington le rappela en 1898, Le ministère Grey, en 1830, l’envoya de nouveau à Paris, où il réussit à maintenir la bonne intelligence entre les deux gouvernements jusqu’à l’année 1841, époque où, à l'arrivée de Robert Peel aux affaires, on lui donna pour successeur lord Cowley. En 1833 il avait été créé baron Leveson et comte Granville, 11 mourut à Londres, le 7 janvier 1846. De sa femme, lady Harriet- Élisabeth Cavexmisr , fille du cinquième due de Devonshire, il avait eu plusieurs enfants.

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