‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 371 sur 552 · GRÉGOIRE — GREGORY · texte numérisé non relu

GRÉGOIRE — GREGORY

sère l'envoie à la chambre des députés. Cette élection ;

excite contre lui un effroyable orage de passions contrerévolutionnaires, Elle est annulée, par une application forcée de la loi, qui oblige de choisir la moitié des députés au moins parmi les éligibles du département. Comme on prescrit le renouvellement des brevets de la Légion d'Honneur, Grégoire se démet du titre de commandeur en 1822, Depuis lors il vécut dans la retraite. Les germes d’une maladie, qu'il paralysait depuis longtemps par l'énergie de son âme, se développent en 1831, et il succombe le 28 mai, à Paris.

Une correspondance s'était engagée entre lui et l’archevêque de Paris, Quélen, qui menaçait de lui refuser les honneurs de la sépulture s’il ne condamnait point la consitution civile du clergé. L’évê que de Blois avait résisté avec l’inébranlable fermeté qui lui était naturelle. L'abbé Baradère, mort à Haïli, lui administra le viatique ; l'abbé Guillon, depuis évêque de Maroc, professeur à la Sorbonne 5 l’extrème-onction. Celui-ci eut la faiblesse de rétracter plus tard cet acte de charité. Le gouvernement fit ouvrir les portes de l’Abbaye-aux-Bois , paroisse de Grégoire : le clergé qui la desservait s’était retiré. L'abbé Grieu, proscrit dans son diocèse sous la Restauration pour avoir baptisé un enfant dont Manuel était le parrain, célébra l'office. Au sortir de l’église, des jeunes gens dételèrent le char funèbre, et:le trainèrent à bras jusqu’au cimetière de Mont-Parnasse ; plus de vingt mille personnes l’accompagnaient.

Cinq à six colonnes suffiraient à peine pour donner la liste des ouvrages de Grégoire. Hormis l’Essai sur Les Juifs, il n'avait produit que de simples brochures, ou des discours, jusqu’au concordat. A cette époque, étant sorti des fonctions publiques presque entièrement, il se livra pendant les trente dernières années de sa vie à la composition d'ouvrages considérables, tels, par exemple, que l’Æssai historique sur les libertés de l’Églisegallicane, et l'Histoire des Sectes religieuses, M. Hippolyte Carnot a publié les Mémoires de Grégoire, avec un travail étendu et plein d'intérêt sur l’ancien évêque de Blois (2 vol. in-8° ; Paris, 1840). BorDAS-DEMOULIN.

Nous ne demandons pas mieux que de nous associer à ’hommage rendu aux vertus privées de l’ancien évèque de Blois par un écrivain sincère et convaincu, qui toujours défendit les membres du clergé constitutionnel contre les atiaques haïneuses de leurs adversaires. Mais notre impartialité ne nous permet pas de taire que le caractère de l’homme public dans Grégoire a été l’objet des plus graves inculpations. Tout en sachant faire la part des entrainements généreux de l’époque où eut lieu la régénération de la France, nous ne pouvons nous dissimuler que le zèle révolutionnaire de Grégoire dépassa sonvent toutes limites, et fournit un argument puissant à l'opinion qui veut que partout et toujours le prêtre reste étranger aux juttes de la politique. Nous n’admirons pas plus Grégoire présidant la Convention en costume violet d’évêque, que nous n'avons admiré en 1848 le père Lacordaire siégeant dans l’Assemblée nationale en costume de génovéfain. Nous lui savons médiocrement gré aussi d’avoir osé exhiber en 1801 son habit violet dans Saint-James’s Park, où depuis les Stuarts on n’avait pas vu se promener d’évêque catholique. C'était là bien moins un acte de courage qu'une démonstration puérile et au fond assez peu chréticune, puisqu'elle semblait narguer les nombreux prélats de l’ancienne Église de France, qui vivaient alors dans la misère à Londres, après ayoir été proscrits par suite de leur refus de serment à la constitution civile du clergé. Il nous est très-difficile de concilier l’austère républicarisme de Grégoire avec l'acceptation du titre de comte de l'empire, de la dignité de sénateur et de la décoration de commandeur de la Légion d'Honneur, Sans doute, en avril 1814, ilse hâta d’adhérer avec toussses collègues du sénat à la dé chéance dufyran ; mais, comme eux aussi, ileutsoin de faire atlacher à cet acte de civisme une pension de 36,000 francs,

bICT, DE LA ÇGANVERS, — T, X,

qui fut toujours très-régulièrement servie par le gouvernement de la Restauration et par celui de Juillet. Or, il n’y eut point, que nous sachions, d’exceplion faite en faveur de Grégoire. Quant à l'évêque, au confesseur énergique de la foi en Jésus-Christ, nous n’ajouterons qu'un mot: c’est qu’il est triste de penser qu’il aitchoisi pour exécuteur testamentaire un sectateur de Saint-Simon. On appellera encore cela une preuve de tolérance évangélique : nous n’y pouvons voir qu'un manque de convenance.

GRÉGOIRE DE SAINT-VINCENT. Voyez Saur- VINCENT.

GREGORIEN (Calendrier). Voyez CALENDRIER.

GREÉGORIEN (Chant, Rit). On a donné le nom de grégorien au chant et au rit du culte catholique réglés par le pape saint Grégoire le Grand. Saint Gélase avait avant lui réuni les prières conservées par la tradition des fidèles dans un Sacramentaire qui porte son nom. Grégoire réunit ces prières dans un meilleur ordre, précisa les cérémonies du culte, et composa ainsi un sacxameuntaire, qui à également gardé son nom. Il fit d’ailleurs peu de changements dans la liturgie, abrégeant surtout celle de saint Gélase. Toutes les églises n’adoptèrent pas cependant ce cérémonial. Léglise de Milan conserva le rit ambrosien, l'Église d’Espagne resta attachée à la liturgie retouchée par saint Isidore de Séville, à laquelle on a depuis donné le nom de mozarabique, et l'Église gallicane, qui garda son ancien office jusqu’à Charlemagne, présente encore quelques différences avec Rome dans les rituels de quelques diocèses, malgré tous les efforts tentés pour les faire disparaître.

Ce que saint Grégoire avait fait pour le rit, il le fit aussi pour le chant : il le simplifia, et le rattacha au système musical des Grecs. Le chant grégorien a été préféré ou substitué dans la plupart deséglises au chant ambrosien, dans lequel la constitution des tons est bien la même, mais qui a un rhythme que n’a pas le chant grégorien. Pour perpétuer l’usage de ce chant, saint Grégoire établit à Rome une école de chantres ; et quelques-uns de ces chantres, venus en Angleterre avec le moine Augustin, propasèrent le chant grégorien dans les Gaules (voyez PLAIN-CHanNT).

GREGORIEN (Code). Voyez Cons.

GREGORY (James), célèbre mathématicien, naquit en 1638, à New-Aberdeen, en Écosse, tet en 1670 fut nommé professeur au collége de Saint-Andrews à Édimbourg, où il mourut, en 1675, à trente-sept ans. Peu de jours auparavant, au moment où, à l’aide d’un télescope, il était occupé à montrer à quelques élèves les satellites de Jupiter, il fut tout à coup frappé de cécité ; et cet accident fut le précurseur de la maladie à laquelle il ne devait pas tarder à succomber. Pendant un voyage en Italie, il s'était assez longtemps arrêté à Padoue, dont l’université était alors en grande réputation pour l’enseignement des sciences mathématiques. 11 y publia, en 1667, Vera circuli et hyperbolæ Quadratura, ouvrage réimprimé l’année suivante à Venise, et où il entreprit de prouver l'impossibilité de la quadrature du cercle. A cette édition se trouve jointe Geometriæ Pars universalis, inserviens quantilatum curvarum transmutationi el mensuræ, traité dans lequel était pour la première fois exposéeune méthode pour la transformation des courbes. Ces ouvrages le mirent en correspondance avec les plus grands mathématiciens de son siècle, Newton, Huyghens, Wallis, etc., et lui valurent son admission au sein de la Société royale. En 1668 notre auteur publia à Londres un ouvrage qui contribua à étendre encure davantage sa réputation : Æxercitationes geometricæ, traité où le premier il exposa les séries infinies qui expriment le sinus, la tangente et la sécante, en fonctions de l'arc, et vice versa. La théorie de l'optique doit beaucoup à son Oplica promota (Londres, 1663). Gregory devança Newton dans l’inveution du télescope à réflexion.

Son neveu, David GREGonY, né à Aberdeen, er 1661, mort à Oxford, en 1708, est connu par ses Calopti væ ct dioptricæ sphericæ Elementa (Oxford 1695).

.GREGORY (Joux), petit-fils de James, physicien et médecin distingué, né en 1724, à Aberdeen, étudia la médecine à Édimbourg, à Leyde et à Paris, fit ensuite à Aberdeen des cours de mathématiques, de physique expérimentale et de morale, puis y renonça pour se vouer exclusivement à la pratique de la médecine. 11 se rendit à Londres, où on le nomma bientôt professeur de médecine. En 1766 il accepta des fonctions analogues à Édimbourg, où il mourut en 1773. Ses principaux ouvrages sont : À comparative

View of the State and Facullies of' Man with those of:

the animal world (1764); On the Duties and Offices of a Physician (1769). Après sa mort, parut son célèbre ouvrage : A Father’s Legacy to his Daughters, qui a eu depuis de si nombreuses éditions.

GREGUES. Voyez BRAIES,

GREIFSWALD, petite ville de l’arrondissement de Stralsund (Prusse), bâtie sur le Rick, qui y est navigable et qui va se jeter un myriamètre plus loin dans la Baltique, est le siége d’une cour d'appel et d’une université fréquentée, année commune, par environ 300 étudiants, et possédant une bibliothèque de plus de 30,060 volumes. Sa population est de 17,540 âmes. Le port, situé à l'embouchure du Rick et appelé Wick, compte une cinquantaine de bàtiments employés surtout à transporter en Angleterre, ‘en Hollande et en France les grains de la Poméranie.

GREITZ (Principauté de). Elle appartient aujourd’hui à une branche de la maison de Reuss, qui en prend le nom, et occupe une superficie de 385 kilomètres carrés, avec 43,889 habitants (1867), dont l’élève du bétail, la sil. viculture et l’industrie manufacturière constituent les principales ressources. Son chef-lieu est la jolie petite ville du même nom, bâtie dans une situation ravissante sur l’Elster Blanc, et dont la population est de 12,000 habitants. On y remarque le château des princes de Reuss-Greitz, entouré d’un beau parc; un hôtel de ville construit en 1841, dans le style gothique, un collége , un séminaire, etc.

GRÊLE. Les causes qui président à la for mation dela grêle ont fait depuis longtemps le sujet de nombreuses discussions entre les physiciens de chaque époque, et cependant rien n’est encore venu éclairer d’une manière certaine l'obscurité qui règne dans cette partie de la météorologie. Ce n’est pas que plusieurs théories plus ou moins satisfaisantes waient éte proposées comme soluliou du problème; mais il n’y en a aucune qui ne laisse encore quelque inconnue à éliminer. On avait pensé qu’un refroidissement subit, accompagnant dévaoration dans une goutte de pluie, produisait un abaissement de température assez considérable pour amener sa congélation : ainsi solidifiée, cette goutte prenait de l'accroissement en traversant les couches atmosphériques. Cette explication, quelque vraisemblable qu’elle paraisse, n'a été adoptée qu’en partie par les physiciens, On ne pouvait admettre que le froid que possèdent des gouttes d’eau congelée soit snffisant pour augmenter leur volume d'une manière considérable, dans leur seul trajet du sein de l'atmosphère sur le sol. Volta à son tour tenta de donner une explication de cet accroissement des grêlons en faisant jouer à l'électricité le premier rôle dans la production des phénomènes. Après avoir adopté l'opinion de Guyton-Morveau sur la formation de la grêle, c'est-à-dire la congélation des gouttes par suite de l’évaporation plus ou moins rapide d’une portion de l’eau qui enveloppe les vésicules qui constituent les nuages, ce célèbre physicien supposa que si deux nuages électrisés diversement venaient à se placer l'un sur l'autre, ils tendaient à s’attirer mutuellement, et qu'alors les petits grélons qui s’y trouvaient constitués par suite d’un refroidissement subit y éprouvaient deux effets : d'abord, qu'ils se couvraient d’une nouvelle couche de glace, par suite de leur action frigorifique sur le nuage inférieur, et que Paction du fluide électrique leur faisait exécuter un mouvement de va-et-vient du nuage supérieur au nuage inférieur, qui contribuait à augmenter leur volume, Ce mouvement AC va-et-vient continue jusqu'à ce que le vent,

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