‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 372 sur 552 · GRÉGORY — GRÊLE · texte numérisé non relu

GRÉGORY — GRÊLE

venant à emporter un des nuages, la grêle, cédant à son propre poids, se précipite sur le sol.

Cette théorie est sans doute fort ingénieuse et digne sous tous les rapports du savant qui l’a conçue, mais elle n’est pas sans objections : parmi les principales, nous demanderons d’abord pourquoi il ne grêle pas plus souvent en été, puisque l’effet de la chaleur sur les nuages est de former de la grêle par l'évaporation qui la produit ; quelle est ensuite la puissance électrique capable d’enlever un bloc de glace d’une demi-livre (car on voit très-souvent des grélons d’un tel poids). Comment se fait-il que la décharge électrique n’ait pas keu à l’ascension des grélons, puisque ceuxci forment une chaîne de communication entre les nuages ? Quelques physiciens, pour répondre à objection faite à Volta sur sa théorie de l’évaporation par l'intensité des rayons solaires, ont dit que ce qui empêche l’échauffement des nuages lorsque la grêle se forme, c’est la violence des vents d'inspiration, à l'influence desquels elle est soumise.

Les observations failes par M. Lecoq sur le Puy-de- Dôme lui ont suggéré quelques raisonnements qui modifient presque en entier la théorie de Volta, et qui ont sur elle l'ayantage d’être le fruit d'observations, et non d’une imagination ingénieuse et savante. Ainsi, M. Lecoq a remarqué que la grêle se forme pendant les vents d’impulsion, et non d'inspiration; qu’il faut deux couches de nuages superposées et deux vents différents pour produire le météore ; que les grêlons ne vont pas d’un nuage à l’autre, comme le supposait Volta, mais qu’ils sont animés d’une grande vitesse horizontale , et qu'ils voyagent poussés par un vent très-froid; qu’il est probable que le nuage supérieur soutient par sa puissance électrique le nuage inférieur, presque entièrement formé de grélons, qui éprouvent à l'extrémité antérieure du nuage un phénomène de tourbillonnement très-remarquable ; que le bruit que l’on entend dans latmosphère au moment où il va grêler, et que les physiciens comparent à celui d’un sac de noix fortement secoué, ne vient point du choc des grêlons les uns contre les autres, mais bien de la vitesse avec laquelle ils traversent l'air; que ces grêlons sont tous animés d’un mouvement de rotation très-rapide; que l’eau qui provient de la grèle n’est point pure, mais qu’elle contient des chlorhydrates et des sulfates ; enfin, pour déterminer les causes de la formation du météore, de sa course, de son tourbillonnement et desa chute, M. Lecoq pense, comme Volta, que son accroissement est dù à l’évaporation de la surface des grêlons, évaporation qui les refroïdit considérablement, et qui est augmentée par leur vitesse ; l'extrémité du nuage pénétrant dans un air chaud condense une partie de l’eau qui s’y trouve en volatilisant l’autre, et forme ainsi des couches successives autour du noyau. Le nuage grêleux répète plusieurs fois cette opération sans tomber , parce qu’il est soutenu par l’affinité électrique du nuage supérieur et par la résistance de l'air. Peu à peu le nuage inférieur augmente, il occupe un espace plus considérable, ses bords s’éloignent du nuage électrisé , et lorsque l'équilibre électrique est établi, les grélons se repoussent mutuellement, parce qu’ils ont alors une électricité de même nature : ils offrent ce tourbillonnement qu’on aperçoit et qui chasse dans tous les sens les grêlons, que le vent réunit en leur imprimant sa direction.

On a remarqué que la grêle est plus petite lorsqu'elle tombe sur les montagnes que dans la plaine, fait qui n’a pas besoin d'explication ; qu'elle est encore électrisée après sa chute; que chaque coupYde tonnerre la fait redoubler; que lorsqu'elle est petite , elle tombe presque toujours mêlée de pluie ; que lorsqu'elle est grosse, elle précède toujours cette dernière , effet dù à la différence de densité; qu'il grêle plus souvent le jour que la nuit; mais qu'il grêle la nuit, fait bien prouvé, et qui dément l’assertion de quelques physiciens célèbres, qui avaient prétendu qu'il ne gréle que le jour : telle est par exemple la grêle qui tomba à Montpellier, : le 30 janvier 1741, à neuf heures du soir, et en quantité telle, qu’elle mit vingt-quatre heures à fondre sur les toits

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