GRÊLE — GRENADE
de la ville, qu’elle avait couverts à la hauteur de plusieurs centimètres : elle fut accompagnée de violents coups de tonnerre. La forme de la grêle varie beaucoup : ce sont tantôt des cubes arrondis, tantôt des parallélipipèdes, quelquefois des polyèdres irréguliers. M. Lecoq a observé des cristaux dans la grêle qui a une forme ovale ; et il a remarqué qu’il n’y à de cristaux réguliers que vers les pôles des grêlons, tandis que vers l'équateur il n’y a que des couches de glace sans forme régulière : il attribue cet effet à ce que la vitesse du mouvement étant moindre aux pôles qu’à l'équateur, les cristaux produits ne se sont pas fondus comme ceux de l'équateur , qui ont probablement éprouvé une fusion ou n’ont pu se former à cause de leur extrême vitesse.
Pour empêcher les ravages de ce terrible météore, on a imaginé des paragréles, dont l'invention, quoique fort simple, ne laisse pas que d'offrir de l'intérêt : ils consistent dans une perche de huit à dix mètres, armée d’une pointe métallique à l’une de ses extrémités, et à laquelle est attaché un conducteur de même nature, qui descend jusqu'à la partie inférieure de la perche : on la prévient encore ou on l’apaise par de grands feux, et même par des explosions ; on s’en est parfois préservé en soutirant de l'électricité aux nuages noirs et comme déchirés qui la portent, avec des cerfs-volants arinés d’une pointe aimantée, ou avec des ballons captifs, munis de paratonnerres. C. FAYROT.
On a évalué à près de quarante millions les dégâts occasionnés chaque année par la grêle depuis 1803; et ils s’élevèrent à deux cent cinquante millions dans la seule année 1839. Afin de porter remède à de tels sinistres, il s’est formé en France depuis quelque vingt ans de nombreuses sociétés d'assurances mutuelles contre la grêle.
GRELE (lutestin). Voyez INTESTIN.
GRELIN, cordage formé de plusieurs aussières, et ne diflérant du câble que par sa grosseur, qui est plus petite. Sa fabrication diffère de celle des aussières en ce que celles-ci sont faites de torons, et qu’il n’est formé que de ces aussières. Les grelins, comme les câbles et toutes les manœuvres des bâtiments de l’État, contiennent un fil de couleur destiné à les distinguer des mêmes objets appartenant à la marine marchande. On fait particulièrement usage à bord de grelins pour affourcher le vaisseau après le mouillage, dans le but de l'empêcher de déraper sous l'effort de la marée et du vent.
GREMIL, genre de la famille des borraginées, composé de plantes herbacées ou sous-frutescentes, dont les plus remarquables sont : le grémil officinal, appelé vulgairement herbe aux perles, à cause de la couleur et du luisant de ses fruits; etle gremil tinctorial, plus connu sous le nom d’orcanette.
GREMILLET. Voyez Myosonis.
GRENACHE (Vin de). Vin fabriqué suivant un procédé particulier avec une espèce de raisin originaire du midi de la France, qui porte également ce nom. Ce procédé consiste à écraser le grenache, à en exprimer le moût qu’on fait bouillir pendant une heure , à le verser dans des tonneaux, à y mêler un seizième d’eau-de-vie de vin et à le bien clarifier. C’est à Mazan (Vaucluse) que se fabrique le vin de grenache, destiné à la consommation de Paris, et inconnu presque partout ailleurs. Dans d’autres contrées du midi de la France, dans le Gard, dans les Pyrénées- Orientales, à Narbonne surtout, il se fait par le procédé or-
vins de France dont la réputation remonte aux époques les plus reculées de notre histoire, et dont il est le plus souvent question dans nos vieux fabliaux.
GRENADE (Bolanique). La grenade est le fruit du grenadier, C’est une baie globuleuse très-grosse, à écorce coriace, couronnée par les découpures du calice, partagée intérieurement par un diaphragme transversal en deux cellules inégales, la supérieure plus grande, divisée en cinq à neuf loges, et l’inférieure, plus petite, en trois ou quatre; graines nombreuses dans chaque loge, entourées d’une pulpe acide, rafraîchissante et un peu astringente. Dans le midi de la France, on distingue les grenades en douces, mi-aigres et aigres. C’est en général un fruit assez agréable, mais qui n’a rien de bien nourrissant.
GRENADE (Art militaire). La grenade de guerre a reçu ce nom, audire du Dictionnaire de Trévoux, de ce qu’elle est pleine de grains de poudre, comme le fruit du grenadier est plein de pepins. Elle n’est en quelque sorte qu'une petite bombe, de 500 grammes à 2 kilogrammes, se composant d’un petit globe de fer creux, qu’on remplit de poudre par la lumière, et où l’on met le feu, comme aux bombes, avec une fusée de composition. Lorsque la fusée est bien allumée, on lance la grenade à tour de bras, et la poudre en s’enflammant la fait crever comme une bombe. Autrefois, on les lançait au moyen d’une espèce de grande cuillère dans laquelle on les plaçait; mais aujourd’hui on les jette à la main, ou avec des fusées, ou quelquefois encore avec de l'artillerie. On connaissait les grenades avant 1523, puisque Baptiste Della Valle enseignait, à cette époque, la préparation des grenades à la main. Les Français en firent usage pour la première fois au siége d’arles, en 1536. Au siége d’Ostende , en 1602, on jeta dans la place 50,000 grenades, et 20,000 furent lancées de la place sur les assiégeants. Au siége de Candie, en 1669, les assiégés consommèrent 100,960 grenades à la main et 4,874 grenades de verre. On fait entrer aujourd’hui habituellement 40,000 grenades à la main dans un approvisionnement de siége, et 3,000 grenades de rempart, avec 26,000 grenades à la main, dans celui d’une place assiégée.
On s’est servi de grenades en carton, en verre, en métal de cloche, en bronze et en fonte de fer. On n’en fabrique plus que de ce dernier métal. Les grenades à la main ont varié dans leurs dimensions ; on n’en coule plus que de 0,08 de diamètre, pesant un kilogramme environ. Les fusées dont on les munit ont 20 secondes de durée. Les hommes exercés les lancent à 25 mètres, età 100 mètres au moyen d’une ficelle imprimant à la grenade un mouvement de rotation comme une fronde. On jette des masses de grenades sur un même point avee un mortier, des pierriers, des obusiers, etc.,etavec un seau en boïs cerclé en fer. «Comme les pierres et les grenades, à dit Vauban, font plus de mal encore que les bombes et qu’elles tuent et blessent beaucoup plus , il faut s’en précautionner. »
Le jet des grenades occasionnant souvent des accidents graves parmi les soldats qui les lançaïient, on y exerça, pour les prévenir, des hommes ehoisis, qu'on nomma grenadiers. Mais dès que les grenadiers formèrent des compagnies et devinrent l'élite de l'infanterie, ils ne furent plus
| exercés au jet de la grenade, qu’ils ignorent aujourd’hui. | Les troupes du génie seules lancent maintenant ce projectile.
dinaire. Le meilleur est le grenache blanc de Rodez et de |
Conflent en Roussillon. Là eroît aussi un raisin grenache noir, qui donne un vin parfumé doux et spiritueux à la fois. Celui de Banyols-sur-Mer, de Port-Vendre, de Collioure, de Rivesaltes, est velouté et délicat. Au lieu d’en faire opérer la fermentation sur le marc, on le laisse fermenter dans les futailles, ou si lon à recours au premier procédé, on l'y soumet une quinzaine de jours; mais il faut bien attendre dix à douze années pour qu’ se dépouille entière. ment. Alors aussi, il devient délicieux, et on l'exporte à Vétranger sous le nom de Rancio. Le grenache est un des
GRENADE, jadis royaume de l'Espagne, qui relevait de la couronne de Castille, d’une superficie de 336 myriamètres carrés, avec un million d'habitants, dépendait autrefois de la capitainerie d’ Andalousie, et forme aujourd’hux
les provinces de Grenade 1468,193 hab., en 1864), d’AImeria (338,649 hab.), et de Malaga (473,028 hab.). La première confine au nord à celle de Jaen , à l’est à celle d’Almeria, à l’ouest à celles de Cordoue et de Malaga, et au sud à la Méditerranée. Mais les limites de l’ancien royaume de
| Grenade étaient bien autrement étendues à est et à Pouest,
et allaient jusqu’à Séville et à Murcie. Sous la domination romaine, Grenade faisait partie de la Bétique. Quand les rai
Arabes en eurent fait la conquête, ils l’adjoignirent d’abord au royaume de Cordoue; mais à partir de 1231, quand les progrès toujours croissants des armes chrétiennes eurent de plus en plus réduit la partie de l'Espagne occupée par les Maures, elle forma un royaume indépendant. Son territoire, d'environ 28 myriamètres de longsur 10 de large, comprenait
52 grandes et 97 petites villes, 3 millions d'habitants, et pou-"
vait meltre 100,000 hommes sous les armes. La rare fertilité du sol, à la culture duquel le plus grand soin était apporté, suffisait à l'alimentation de cette énorme population, qui faisait avec l'étranger, avec l’Italie plus particulièrement, un commerce important de fruits secs, de grains, de vin, d'huile et surtout de soie; commerce dont les ports d’AIlmeria et de Malaga étaient les grands entrepôts. Dès l'an 1248 les rois de Grenade furent obligés de reconnaître la suzeraineté de la couronne de Castille et de lui payer un tribut annuel. Muley-Aboul-Haçen s'étant refusé à acquitter ce tribut en 1476, lors des négociations entamées avec lui pour le renouvellement de la trêve, et s'étant même emparé, en 1481, par surprise, de Zahara, petite ville fortifiée d’Andalousie appartenant aux Espagnols, une guerre éclata la même année entre les souverains de Grenade et Ferdinan dle Catholique et sa femme Isabelle. Après avoir duré onze ans, cette guerre se termina en 1492, par la conquête des diverses parties du royaume de Grenade et par l’expulsion du dernier roi maure, Boabdil, qui fut réduit à se réfugier en Afrique. Le 3 septembre 1492 la ville de Grenade tombait au pouvoir des vainqueurs, et c’en était fait de la domination des Maures en Espagne.
GRENADE, chef-lieu de la province, est située au confluent du Xenil et du Darro, et reliée par un chemin de fer à Cordoue, au milieu de la fertile Vega da Granadale Verger de Grenade ), si célébre pour avoir été pendant deux cents ans le théâtre des hauts faits des chevaliers maures et chrétiens, sur un plateau, au pied d’un embranchement de la Sierra Nevada. A Vépoque de la domination des Maures, au quatorzième siècle, on y comptait 70,000 maisons et une population de 200,090 âmes, portée même plus tard au chiffre de 460,000, par suite des progrès toujours croissants des armes chrétiennes, refoulant de plus en plus les Maures devant elles. Grenade possédait alors 30 écoles savantes et 70 bibliothèques. Elle était entourée d’une épaisse muraille, percée de sept portes et surmontée de 1030 tours servant à la défense de la ville. Le palais des rois maures, l'A {kambra, était si vaste, qu’il pouvait contenir à lui seul 40,000 hommes. Les antiques murailles de Grenade existent encore en grande partie avec leurs tours; et chacun des quatre quartiers dont se compose la ville a son enceinte murée particulière. Le plus beau et le plus grand, qui forme à bien dire la ville de Grenade, renferme un grand nombre de beaux édifices, de places et de fontaines jaillissantes, PAZhambra et les faubourgs A1baecin (habité par. une population qwon regarde comme provenant des anciens Maures restés dans le pays lors de la conquête) et Antequeruela, dont la population est presque entièrement industrielle. La population de Grenade comptait, en 1864, 100,678 habitants. Cetteville est le siège d’un archevêché et d’une université, dont les cours sont suivis par environ 800 étudiants. On y compte 25 églises. Son plus bel édifice après l’Alhambra est sa cathédrale, longue de 142 mètres et large de 83, avec un maitreautel de toute beauté et un dôme soutenu par 22 colonnes, On y voit les tombeaux de Ferdinand le Catholique et de sa ferme Isabelle, et de Gonsalve de Cordoue.
GRENADE, ville de France. Voyez GARONNE (Département de la Haute -).
GRENADE, lune des petites Antilles, dans les Indes occidentales, appartenant à l’Angleterre et comprise dana le gouvernement de Saint-Vincent, compte sur une superficie de 3 myriamètres carrés une population (1861) de 36,672 âmes, presque entièrement composée d'esclaves affranchis. Découverte en 1493 par Christophe Colomb