GREUZE — GRÉVY
déjà les plus heureuses dispositions. Ce fut après quelques années d’études dans cette capitale qu’il se fit connaître par sa première œuvre : Le Père de famille expliquant la Bible à ses enfants, tableau qui pouvait à lui seul faire une réputation. Il fut suivi d’un grand nombre d’autres, parmi lesquels nous nous contenterons de citer : La Mère bien aimée, Le Retour du Fils ingrat, Le Mauvais Père, La Damr de charité, Le Pèreparalylque, Le Gâteau des Rois, La petile Fille au chien, Lajeune Fille qui pleure son oiseau mort, L'Enfant au capucin, Sainte Marie Égyptienne, et au-dessus de tous, Z'Accordée de village, suave composition que la gravure a reproduite à l'infini.
Greuze alla en Italie étudier les sublimes peintures de l’ancienne reine du monde. Il voulait composer à son tour de grands tableaux d’histoire. Il ne lui suffisait pas d’exciter les douces émotions de la foule, il voulait encore commander à son admiration. Il échoua, et donna prise à la médisance de ses nombreux ennemis. L'Académie de Peinture, reconnaissant néanmoins à Greuze le rare talent qu’elle ne pouvait lui refuser sans injustice, l’invita à présenter un tableau pour sa réception. Greuze, jaloux de se présenter aux doctes académiciens avec le titre et les prérogatives de peintre d'histoire, n'eut pas de repos qu’il n’eût achevé son grand tableau de Seplime-Sévère reprochant à son fils Caracalla d’avoir voulu attenter à sa vie. Le malheureux fut mal récompensé de son ambition, et la haine que lui portaient ses futurs collègues n'eut qu’à s’applaudir du nouvel échec qu'il éprouva. Ils persistèrent à le refuser comme peintre d’histoire (titre qu’à la wérité il ne méritait pas), et ne voulurent Vadmettre que comme peintre de genre.
Greuze finit ses jours le 21 mai 1805. Père de deux jeunes filles, il ne subsistait avec elles que du mince produit de son travail. Son nom est le seul bien qu’il leur ait laissé.