‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 386 sur 552 · DICT. DE LA · texte numérisé non relu

DICT. DE LA

s… GRILLE

y est donné par six professeurs; on y compte quatre-vingts élèves. La blouse et le chapeau de paille constituent l’uniforme de l’école.

La société de Grignon a conservé l'exploitation des 474 hectares de terre. Trois cents têtes de gros bétail, dont un grand nombre vient d'Angleterre, de Suisse et même des États. Unis, une superbe bergerie, une fabrique d'instruments aratoires, une fromagerie, une féculerie, une magnanerie et généralement toute l'exploitation, servent à l’enseignement des élèves.

La réunion annuelle du comice agricole de Seine-et- Oise a lieu à Grignon.

GRIL, ustensile de cuisine, composé de plusieurs verges de fer parallèles, fixées à distance l’une de l’autre, reposant sur quatre pieds, peu élevés, muni d’un manche appelé queue, et sur lequel on fait rôtir de la viande ou du poisson, On a beaucoup perfectionné cet ustensile en employant des verges creuses étlamées qui reçoivent la graisse et l’empéchent de tomber dans le feu. La grillade est ou la manière d’apprêter certaines viandes en les grillant, ou les viandes grillées elles-mêmes,

Au figuré et familièrement, éfre sur le gril se prend pour souffrir beaucoup de corps ou d’esprit. Il est des con, versations horripilantes pendant lesquelles l’homme qui se respecte est sur le gril.

Le gril était aussi un instrument de supplice en usage dans les persécutions que les empereurs romains firent subir aux premiers adeptes du christianisme. Il ne différait guère que pour la grandeur, de celui que nous avons cité plus haut. Parmi les martyrs qui expirèrent sur le gril, une mention particulière est due à saint Laurent. Plus tard, des chrétiens se servirent aussi du gril ; c’est ainsi que les Espagnols traitèrent Guatimosin pour lui faire déclarer où se trouvaient ses richesses.

GRILLAGE. En métallurgie, c’est une opération qu’on fait subir aux minerais de cuivre ou autres, pour les débarrasser des matières volatiles, telles que le soufre et l’arsenic, qu’ils contiennent le plus ordinairement. Le grillage consiste à soumettre ces minerais à un certain degré de chaleur ; les matières volatiles quittent le métal, et vont se condenser dans la cheminée du fourneau. Par là on obtient le métal dans un état plus voisin de la pureté et plus disposé à la fusion.

GRILLE. C’est en général un assemblage de pièces de bois ou de fer croistes ou entrelacées, qui sert à fermer une enceinte. Les grilles de bois ne sont pas’ordinairement fort ornées ; mais celles de fer, dont on ferme le chœur des églises, les chapelles, celles qui servent à fermer les avantcours, les jardins, les entrées des villes, sont plus ou moins ornées d’enroulements , de feuillages, et sont soutenues par des montants, des pilastres, surmontés de couronnements plus où moins riches : telles sont celles des cours et des jardins de Versailles. Les grilles de croisées sont formées de barreaux de fer, retenus, de distance en distance, par des traverses qu’on scelle dans les tableaux de croisée. il y en a qui sont en dehors, qu’on nomme grilles en saillie ; Il y en a qui sont à carreaux, et qu’on nomme maillées ; on leur donne le nom de grilles hersées lorsqu'elles sont armées de pointes de fer.

Souvent les grilles sont dorées dans les principales parties et ornées d’attributs relatifs aux lieux dont elles défendent l'entrée. Telles sont les belles grilles du Palais de Justice et du Palais des Tuileries à Paris. Les grilles qui séparent le chœur de la nef dans les églises sont appelées grilles de chœur. Le fer en est ordinairement poli au lieu d’être peint, comme celui des grilles extérieures. La grille du chœur de Saint-Germain-l’Auxerrois, celle du chœur de la cathédrale de Paris, étaient jadis regardées comme les plus beaux ouvrages en ce genre. .A.-L. MiLLIN, de l'Iusütut,

Paris a perdu sous Louis-Philippe un des plus grand: ouvrages de serrurerie d'autrefois, la grille de la place Royale, remplacée aujourd'hui par une misérable grille en fonte.

La grille posée dans ces derniers temps autour du Louvre est lourde devant la colonnade, peu en harmonie avec le monument qu’elle enserre. La grille de l'hôtel de ville est ridieule. D'autres monuments , des squares, sont encore entourés de grilles, dans la composition desquelles Part est plus ou moins intéressé. L. LOUVET.

GRILLON, genre d'insectes de l’ordre des orthoptères, de la famille des sauteurs (Cuvier). Le grillon domestique (gryllus domesticus, Linné), que l’on trouve partout en Europe, a environ 12 à 15 millimètres de longueur; sa couleur est d’un brun jaunâtre. Comme les autres espèces de ce groupe, il a les pattes postérieures très-développées et propres au saut. La femelle porte à l'extrémité postérieure de son corps une tarière saillante, Ce petit animal habite l'intérieur des maisons, et se niche de préférence près des lieux où l’on fait du feu. Le petit bruit aigu que font entendre les mâles lorsqu'ils appellent leurs femelles, et qui leur a fait donner vulgairement par onomatopée le nom de cri-cri, se produit en frottant l’un contre l’autre les bords intérieurs des élytres, disposées comme la peau d’un tambour, ou en froissant le bord postérieur contre les cuisses, qui les font vibrer en quelque sorte à la manière d’un archet. Ces insectes, très-timides, ne sortent de leur retraite que la nuit, Ils étaient chez quelques nations de l'antiquité l’objef d’une terreur superstitieuse, et rangés parmi les animaux sacrés auxquels il était défendu de toucher. Le grillon champétre (gryllus campestris, Linné) est d’une taille un peu plus forte que le précédent et d’une teinte plus foncée.

D° SAUCEROTTE.

GRILLPARZER (François), célèbre poëte dramatique allemand, né à Vienne, le 15 janvier 1791, occupa d’abord un modeste emploi à la chanceïlerie, En 1823 il passa rédacteur à la chancellerie, et obtint en 1832 la place de directeur des archives, En 1843 il entreprit en Grèce une tournée semblable à celle qu’il avait autrefois faite en Italie, mais qui fut troublée par la révolution grecque de septembre , avec laquelle coïncida son voyage. Le fondement de sa réputation fut L’Aïeule (Vienne, 1816; 6° édit., 1844), ouvrage dans lequel la fatalité, cet élément dont avant lui Zach. Werner dans son 24 Février et Mullner dans son Expiation, avaient tiré un si grand parti, a été rabaissée au rôle de spectre, et où l’homme n’est plus que le jouet involontaire d’un simple revenant. En faisant ainsi en quelque sorte la caricature du destin, du fatum des anciens, il a, sans le vouloir, beaucoup contribué à discréditer dans les bons esprits la tragédie de fatalité, encore bien qu’aujourd’hui même L’Aïeule se maintienne au théâtre et y trouve de nombreux admirateurs. En somme, c’est un égarement de l'esprit qui fait le charme involontaire de cette pièce, grâce à un style éminemment lyrique et mélodieux , plein de douceur et de vivacité, et aussi grâce à l’imprévu, au saisissant et à l’horrible de quelques-unes de ses situations. Le grand succès qu’elle obtint ne fit point illusion à Grillparzer ; et dans sa Sapho (1819) il sut traiter d’une manière vraiment noble et artistique un sujet qu’il appropria à la scène allemande par une conception et une exécution toutes modernes et cependant ne contredisant point trop la tradition antique.

Grillparzer réussit moins dans la trilogie dramatique ayant pour titre La Toison d’Or (1822), dont l’une des parties, Médée, se soutint seule pendant quelque temps au théâtre, grâce au jeu admirable de Sophie Schræder. Sa tragédie historique Fortune et fin du roi Ollokar, qu’il ne fit représenter à Vienne qu'après beaucoup d’hésitations, parait être dans les détails une œuvre pleine de vie dramatique, et constitue dans son répertoire une création vigoureuse et même originale. Si les autres ouvrages que Grillparær a publiés depuis, comme la tragédie Un Serviteur fidèle de son maître (1830); la comédie Malheur à celui qui ment! où l'élément comique manque presque com- Plétement, Melusina (1833), et la tragédie Les Vagues de l'amour et de la mer , pièce dans laquelle il a traité la

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