GRILLE — GRIMALDI
tradition de Héro et Léandre', n’annoncent point de progrès ‘de sa part, il est juste cependant de reconnaître qu’elles abondent en beautés d’un genre tout particulier, la dernière de ces pièces surtout, où brillent une délicatesse, une simplicité et une beauté plastiques peu ordinaires. Le drame de Grillparzer intitulé La Vie est un réve a obtenu un grand et beau succès sur toutes les scènes où on l’a représenté, quoiqu’on puisse lui reprocher, comme à toutes les autres productions dramatiques de cet écrivain , que l’élément lyrique y prédomine trop. On a aussi de lui plusieurs petits poèmes lyriques, où perce, au milieu de nuages assez transparents, le vif amour de la liberté. En résumé, Grillparzer, si d’autres l'ont surpassé sous le rapport des effets de scène et de la vigueur dramatique, ne le cède à personne sous celui des beautés poétiques, et a droit, comme auteur dramatique, à plus de renom qu'il n’en a obtenu jusqu’à ce jour. Il a en portefeuille plusieurs drames, dont on dit beaucoup de bien, par exemple un Annibal et un Rodol-
phe II. ‘
Cet écrivain célèbre est mort le 21 janvier 1872, à Vienne.
GRIMACE , GRIMACIER. La grimace est une contorsion du visage ou de quelqu’une de ses parties qu’on fait par affectation, par habitude, ou naturellement , pour exprimer quelque sentiment de l’âme. Au figuré, faire la grimace à quelqu'un, c’est lui faire mauvaise mine, mauvais accueil. Ce mot se prend aussi pour feinte , dissimulation : Nos politesses bien des fois ne sont que des grimaces. Enfin, une grimace est une boîte qui contient des pains à cacheter, et dont le dessus sert de pelote où l’on pique les épingles.
Le grimacier est celui qui fait des grimaces. Les enfants sont ordinairement grimaciers. Par extension, on traite familièrement de grimacière la femme qui minaude à l’excès ; et figurément, on en fait un synonyme d’hypocrite.
Un homme éprouve-t-il une violente douleur, est-il frappé d’étonnement, est-il saisi de crainte, aussitôt les muscles de sa face se contractent, ses rides se creusent d’une façon ou attendrissante, ou pénible, ou effrayante : il fait une grimace. Mais par affectation, par bouffonnerie, ou même par métier, change-t-il l'expression de ses traits en s’efforçant d’en exagérer le côté comique, c’est un grimacier. La moyenne société surtout abonde en loustics de cette espèce, qui, croyant se rendre ainsi aimables et intéressants, contractent la déplorable habitude de faire à tout bout de champ mentir leur visage; mais rarement la nature et la vérité renoncent à leurs droits, et la plupart finissent par se repentir d’un malheureux tic qui leur reste et qui les signale, beaucoup plus qu’ils ne s’y attendaient, à la risée publique. A défaut d'autre moyen d’arriver à la réputation, et même la fortune, maint spéculateur a su de nos jours tirer un heureux parti de l’art des grimaces. Le grimacier de l’ancien Tivoli, rue de Clichy, a longtemps, par ses étonnantes contorsions, pleurant d’un œil, riant de l’autre, attiré la foule dans ce jardin, sur la fin de l’Einpire etsous les premières années de la Restauration.
Dans tous les théâtres sérieux , néanmoins , comme dans le monde, ce sera toujours un rire de mauvais aloi que celui que provoqueront accidentellement les contractions de la physionomie; et la qualification de grimacier, Sur une scène qui se respecte, sera constamment aux yeux des juges impartiaux une déplorable recommandation.
GRIMALDI (Famille). Elle venait la quatrième en rang après celles des Fiesque, des Doria et des Spinola, parmi les anciennes familles nobles de Gênes. A partir de l'an 980 elle posséda la seigneurie de Monaco, érigée plus tard en principauté ; avec les Fiesque, elle joua constamment un grand rôle dans l'histoire de Gênes, notamment lors des luttes entre les guelfes et les gibelins, Les deux familles appartenaient au premier de ces partis. De riches possessions en France et en Italie ajoutèrent à l’influence de la famille Grimaldi, du sein de laquelle sortirent plusieurs hommes célèbres, En vertu du traité de Péronne de i641, Monace