GUADELOUPE — GUADET
toire de la colonie est divisé en communes, fl y a dans chaque commune une administration, composée du maire, des adjoints et du conseil municipal. Les maires, adjoints et conseillers municipaux sont nommés par le gouverneur. Un conseil général, nommé moitié par le gouverneur, moitié par les membres des conseils municipaux, vote les dépenses d'intérêt local, les taxes, contributions et emprunts, ete. Il donne son avis sur toutes les questions d'intérêt colonial dont la connaissance lui est réservée ou sur lesquelles il est consulté par le gouverneur. La justice est administrée par six tribunaux de paix, trois tribunaux de première instance, une cour d'appel et deux cours d'assises.
GUADET (Marçuenre-Éuie), naquit le 20 juillet 1758, à Saint-Émilion, C'est là qu'il fit ses premières études. A quinze ans il quitta sa ville natale pour aller à Bordeaux terminer son éducation ; puis, très-jeune encore, il alla s’asseoir au milieu de ce barreau et se mêler à cette société du haut commerce, qui formèrent de tout temps dans cette ville deux puissances parallèles et sans rivales. Lorsque l’Assemblée constituante se sépara pour faire place à l’Assemblée législative, Guadet, qui malgré sa jeunesse avait déjà obteny un grand nombre de suffrages pour la députation aux états généraux, fut désigné par son département pour aller siéger dans cette Assemblée législative, avec Vergniaud, Gensonné, Fonfrède, Ducos, etc., noms qui devaient être un jour célèbres et jeter un vif éclat sur la révolution française.
A leur arrivée à Paris, les députés de Bordeaux trouvèrent les partis fortement prononcés. Ils firent alliance dans l'assemblée avec les défenseurs de la constitution, hors de l'assemblée avec les jacobins. Guadet, jeune, ardent, impétueux, fort de son talent, fut l’un des premiers à se faire remarquer et à révéler un improvisateur chaleureux acquis aux principes nouveaux. De nombreux triomphes oratoires achevèrent de lui assigner une haute place dans l'opinion. La journée du 20 juin fournit aux girondins l’occasion de se dessiner plus franchement qu’ils ne l'avaient fait encore. Le général Lafayette, quittant ses troupes, se présenta le 28 juin, à la barre de l’Assemblée nationale pour demander au nom de l’armée, au nom de tous les honnêtes gens de France, la répression des insultes prodiguées au monarque. Guadet court alors à la tribune, et, après un discours marqué au coin de la plus haute raison et de l’éloquence la plus chaleureuse, demande que lé ministre de la guerre soit interrogé pour savoir s’il a donné un congé au général, ou bien s’il a quitté son poste sans autorisation du ministre, et que la commission des douze fasse le lendemain un rapport sur le danger d’accorder à des généraux le droit de pétition. Pour la Gironde aussi, cependant, les excès du 20 juin durent être un sujet de profondes et douloureuses réflexions : placés entre deux écueils, le despotisme et la licence, les girondins pensèrent qu’ils pouvaient encore attacher le roi à leur cause, maîtriser ainsi les partis, et faire triompher leurs principes, qui étaient ceux de la constitution ; c’est dans ce but et dans cet espoir que Vergniaud, Guadet, Gensonné, écrivirent cette fameuse lettre dont on fit plus tard tant de bruit. Dans cette lettre, ils demandaient au roi d’écarter les armées qui menaçaient la France, de faire choix de ministres patriotes, de donner au prince royal un gouverneur attaché aux principes constitutionnels et d’adhérer franchement lui-même à ces principes. Tel était l’objet de cette démarche, tant reprochée depuis aux girondins.
Le 26 juillet, Guadet, organe de son parti, lut un projet de message au roi, qui se terminait ainsi : « La nation seule saura sans doute défendre et conserver sa liberté; mais elle vous demande, sire, une dernière fois, de vous unir à elle pour défendre la constitution et le trône, » Le roi, fidèle à ses antécédents, persista dans sa conduite, Les girondins alors, désespérant de fonder en France une monarchie constitutionnelle, se décidèrent pour la république, qui, selon l'expression de M. Thiers, ne fut désirée par eux qu’en désespoir de la royauté, ils concoururent donc au 10 août,