GUARINI — GUATEMALA
vante, parce que ce fut, dit-on, la servante du geblier, dont Joseph Guarneri avait touché le cœur, qui se chargeait de fournir bien secrètement au malheurœux prisonnier les matériaux nécessaires à son travail. Cette filie quêtait chez les autres luthiers les restes de leur vernis, et Joseph Guarneri vernissait ses instruments avec l’amalgame provenant de ces différents vernis. Aussi les reconnait-on facilement aux couches granuleuses de leur vernissure. La maîtresse de Guarnerius s’en allait ensuite vendre pour un morceau de pain ces instruments, que plus tard les amateurs devaient se disputer et payer au poids de l’or, à cause de l’éclat tout particulier de leur son qui les rend précieux pour les solos. Ses violons sont datés de 1717 à 1740.
Il yeut aussiun Pierre GuaRNeRr, qui de Crémone alla s'établir à Mantoue, On prétend qu'il était fils d'André; quoique remarquables pour la pureté et le fini de leur exécution, les violons de ce luthier sont moins estimés que ceux des autres Guarneri.
GUASPRE, Voyez Ducrer.
GUASTALLA , pays de la haute Ifalie, entre l'ancien duché de Modène et le Lombardo-Vénitien, qui comptait une jopulalion de 10,000 âmes, répartie sur environ 10 kilonètres carrés, dépendit au moyen âge de Crémone, puis de Milan, et fut érigé en comté par le duc Marie Visconti de Milan , l’an 1406, en faveur de Guido Torelli, mari de sa cousine, Ludovica Torelli, restée veuve sans enfants % vendit, en 1539, son comté au vice-roi de Naples, Ferdinand I°° de Gonzaga. A la mort de Joseph de Gonzaga, arrivée en 1746 sans qu’il laissât d’héritiers, l'impératrice Marie-Thérèse s’empara du comté de Guastalla, qui précédemment avait été érigé en duché, à titre de fief tombé en déshérence; et en 1748 elle donna au duc de Parme le duché de Guastalla en y ajoutant les duchés de Sabionette et de Bozzolo, situés sur,la rive gauche du Pô, En 1796 les Français s’emparèrent de Guastalla, comme du reste des États du duc de Parme, pour l'incorporer à la république italienne. En 1805 Napoléon donna le duché de Guastalla à sa sœur Pauline, dont le mari, le prince Borghèse, fut créé duc de Guastalla, En vertu des stipnlations arrétées au congrès de Vienne, en 1815, il fut accordé à titre de souveraineté indépendante avec Parme et Plaisance, mais sous la réserve des duchés de Sabionette et de Bozzolo, à Marie-Louise, épouse de Napoléon ; et par une convention, en date du 10 juillet 1817, il fut stipulé qu’à la mort de cette princesse, il passerait sous la souveraineté du duc de Lucques. En 1847 le duc de Lucques céda son duché à la Toscane; bientôt Marie-Louise vint à mourir; mais en incorporant Lucques à ses États, le grand-duc de Toscane devait céder quelques parcelles à Modène, Ces pays se révoltèrent contre cette séparation, et par suite Guastalla passa sous le due de Modène. En 1859 il se réunit au Piémont, et fit partie de la province de Reggio.
Guastalla, chef-lieu du duchéet siége d’un évêché, est batie au confluent du Crostolo et du Pô, dans une plaine marécageuse, traversée par denombreux canaux; sa population est de 3,000 habitants. On y voit un château dont la construction remonte au seizième siècle, une cathédrale, huit églises, un collége, une biblothèque publique, un théâtre.
GUATEMALA ou GUATIMALA, la plus grande des cinq républiques de l'Amérique centrale entre lesquelles s'est divisée l’ancienne capitainerie générale de Guatemala, est bornée au nord par le Mexique, le district anglais de Honduras et la baie de Honduras, à l’est par l'État de Hon-duras, au sud par Nicaragua et San-Salvador , et à l’oues par locéan Pacifique, Sur une superficie de 7 2,000 kilom. carrés, on y compte 1,200, 000 habitants (1865); elle est partagée en 17 départements : Guatemala (316 myriam. carrés, avec 84,000 hab.), Sacaltépèque, Totoniacapan, Quesaltenango, Chiquimula, Vera-Paz, Salola, etc. Cet État occupe en grand partie le plateau dit de Guatemala, qui s'étend depuis la plaine de Comayagua jusqu'au cap de Téhuantépec, se prolonge à l’est dans la presqu'ile de Yucatan,