GUATEMALA
en pierre est réservé pour les combats d'animaux. Un aquedue pourvoit la ville et ses faubourgs d’eau potable, et la cime du F'olcano de agua (volcan d’eau) les fournit abondamment de glace à rafraîchir. Parmi les nombreux établissements d'instruction publique, il faut surtout citer l’université de San-Carlos, fondée en 1676.
Ilexiste à Guatemala Nueva de grandes manufactures de coton, de nombreuses fabriques de cigares, de faïence et de poteries, des distilleries de pulque , des raffineries de sucre et des indigoteries, et la population compte dans son sein beaucoup d'excellents ouvriers eb d'artistes distingués. Quoique cette ville ne possède ni port de mer ni fleuve navigable, elle n’en est pas moins le grand centre du commerce du pays. Elle a déjà changé successivement quatre fois d'emplacement. Fondée d’abord, en 1527, sous le nom de San-1ago, par Pedro de Alvaredo, conquérant du pays, elle fut presque complètement détruite dès le 11 septembre 1541, par une éruption volcanique. La ville fondée ensuite, deux lieues plus loin au nord, et nommée aujourd'hui Antigua Guatemala, essuya de 1565 à 1773 dix terribles secousses de tremblement de terre; puis, du 3 au 7 juin 1773, elle fut dévastée de la manière la plus effroyable par les deux volcans voisins, qui l’inondèrent de torrents d’eau bouillante et de lave enflammée; enfin, cette catastrophe se termina par l’ouverture subite d’un abîme qui engloutit la plus grande partie de la ville avec toutes ses richesses et 5,000 fanilles. C’est cetfe même année 1773 que fut construite, a 20 kilom. plus à l'est, la ville nouvelle actuelle. Après elle, les villes Les plus importantes de la république sont : Chiquimula (37,000 hab.), Guatemala Antigua (18,000 hab.), Quesaltenango (14,000 hab.), Coban (14,000 hab.), Totoniacapan (12,000 hab.) et le port d'Om:a, dans la baïe de Honduras.
A la suite de troubles qui éclaièrent au mois de janvier 1845 contre le président Carrera, mais que celui-ci parvint bientôt à réprimer, les faibles liens qui depuis 1842 seulement réunissaient les Etats-Unis de l'Amérique Centrale se trouvèrent de nouveau rompus. Par un décret en date du 21 mars 1847, le Guatemala déclara se séparer des Etats Centro-Américains. Les mesures habiles prises par Carrera pour réformer l'administration, ranimer le commerce, etc., eurent pour résuliat d'accroître notablement les revenus publics. Mais une nouvelle révolution éclata contre lui dès le mois d'octobre. Le Père Lobos proclama la monarchie; el les révoltés, qui en février 1848 étaient arrivés à présenter un effectif de 1,000 hommes sous les armes, battirent les troupes du gouvernement à Santa- Cruz. En 1850 la capitale fut encore le théâtre des plus déplorables excès. La même année éclata une guerre entre le Guatemala d’une part, et San-Salvador tt Honduras de l'autre; guerre dans laquelle les troupes du Guatemala batlirent leurs adversaires, le 21 janvier 1851, à San-José. Carrera fut nommé président à vie, le 21 octobre 1854. Quoique fils d’un Indien et d’une négresse, et arrivé au pouvoir par suile d’une insurrection indienne, il s’appuya principalement sur les anciennes familles de race blanche et sur le clergé. Les métis et les blancs d’une date récente dans le pays se voyant écartés des affaires, tandis qu'ils remplissaient l’armée et les carrières industrielles, conçurent peu à peu contre Carrera une hostilité dont sa prudence arrêla les effets, mais qui fut à plusieurs reprises la cause de troubles inquiétants. En 1863, la guerre éclata entre le Guatemala et le San-Salvador. Le président de ce dernier Etat, Parrios, avait proposé de reconstituer l’unité centro-américaine; Carrera, sans faire une opposition absolue à cette idée, ne voulait consentir qu'à des liens généraux, et exigeail que l’autonomie de chacun des États restat intacte. Un article offensant pour lui ayant été publié dans la Gazette officielle du Salvador, il rompit immédiatement les relations et franchit la frontière le 18 février, à la Lê&e de 2,700 hommes, Mis en déroute,
et entoure la baie de Honduras de hautes montagnes formant une suite de terrasses. Ce plateau est entrecoupé par de profondes et fertiles vallées, que séparent des crêtes de montagnes se prolongeant au loin, avec une altitude d'environ 1,560 mètres, couvertes de la plus riche végétation et des fleurs les plus odoriférantes, et qu’arrosent seulement un petit nombre de cours d’eau de peu d'importance, allant se, jeter les uns, comme le Rio-Grande ou le Rio-Motagua et le Rio-Cohaban, dans la mer des Antilles, par le Go/fo duice, et les autres dans l’océan Pacifique.
La cordillère de Guatemala, qui forme la haute paroi occidentale de ce pays de plateaux, commence le plus souvent, et de la manière la plus abrupte, à quelques myriamètres seulement de la côte dont la sépare une plaine torride ; et elle est dominée par un grand nombre de pics isolés, parmi lesquels se trouvent quatorze volcans en ignition. Quoique d'immenses savanes couvrent la partie la plus élevée du plateau, on y rencontre aussi de vastes forêts vierges. Dans les hautes terres, où l'atmosphère est imprégnée de plus de fratcheur, les plantes de la zone tempérée réussissent àmerveille; dans les profondes vallées, où la chaleur et l'humidité sont extrêmes , la luxuriante végétation des tropiques brille de tout son éclat. Les produits du sol sont les mêmes que ceux du reste des États Centro-Américains, sauf qu’il faut signaler ici la cochenille comme constituant en outre une importante source de richesses et un puissant moyen d’échange. La culture de la cochenille fut introduite pour la première fois à Guatemala en 1817, par le président Bust a-
mente, qui la fit venir d’Oaxaca au Mexique, Les exnortations de cochenille, malgré la dépréciation des prix due à la découverte et à l'emploi de uouvelles matières tinctoriales, seront encore longtemps les plus importantes de ce pays; en 1869 elles s’élevaient à 6,333,065 fr. Viennent ensuite les cuirs (475,830 fr.), le café, l’indigo, et le caoutchouc (1,399,480 fr.), qui provient en grande partie du Soconusco, province mexicaine voisine. La valeur totale des exportations était, en 1864, de 9 millions de fr.; en 1869, de 12,485,000 fr.; celle des importations est restée à ces deux dates entre 7 et 8 millions.
Les éléments de la population sont ici les mêmes qu'au Mexique; seulement les mœurs y sont plus douces, le peuple plus industrieux. La civilisation y est plus avancée que dans les autres États Centro-Américains, sans doute parce que lors de la guerre de l'Indépendance on n’en expulsa ni les anciens Espagnols ni les blancs. Les Espagnols, les créoles et les métis forment le quart de la population; les trois autres quarts se composent d’Indiens, dont plus de la moitié, appelés Zadinos (Indiens latins) sont à demeure fixe et ont embrassé le christianisme, tandis que le reste est encore à l’état de nature dans les montagnes. Depuis la déclaration d'indépendance, l’esclavage à été Supprimé. En ce qui touche les affaires ecclésiastiques, le pays est placé sous l'autorité d’un archevêque et de trois évêques. Quant à l'instruction publique, elle est presque exclusivement entre les mains du clergé.
La capitale, Guatemala la N'ueva, est siluée à 3,566 m. au dessus du niveau de la mer, dans la fertile vallée du Rio Vacas, où règne un printemps perpétuel, à 70 kilom. de l’océan Pacifique, dans la partie méridionale du plateau limitée à l'ouest par les trois volcans de Pacuyo, de Fuego (4,100) et de Agua (5,934), qui offrent l’aspect le plus majestueux. La ville, où l’on compte 45,000 habitants, est magnifiquement bâtie , en forme de carré régulier, avec de larges rues, bien pavées et coupées à angles droits. En raison de la fréquence des tremblements de terre, les maisons n’ont généralement guère plus d’un étage; mais elles sont commodément distribuées. Les plus beaux édifices, qui entourent la place du marché sont le palais archiépiscopal , le palais du président et autres autorités supérieures, le collège des Infantes, V'Audiencia, la chambre des comptes, l'hôtel de ville, la prison, la halle aux grains et la douane, Un bel amphithéätre
le 24 du même mois, il reforma son armée, s’allia au Nicaragua, fut à son four vainqueur le 16 juin, força Barrios à prendre la fuite et le Salvador à changer de président. Après la mort de Carrera (14 avril 1865), la chambre des représenta nts élut à la présidence le général Vicente Cerna, qu’il avait désigné pour son successeur. Celui-ci continua la même politique et parvint à maintenir la tranquillité, qui fut cependant troublée dans les premiers mois de 1867 par un mouvement sédilieux à la tête duquel se trouvait le général Serapio Cruz, et que l'énergie du gouvernement fit avorter.
Aux termes de la nouvelle constitution en vigueur depuis le 2 octobre 1859, le pouvoir exécutif repose entre les mains du président, élu pour quatre années, par une assemblée générale composée de la chambre législative (52 députés), et du conseil d’État (24 membres), la première élue par les citoyens, la seconde par les députés. Le budget des dépenses s'élevait, en 1869, à 3,175,571 fr., et celui des recettes à 3,938,706; mais il y avait une dette publique évaluée, en 1865, à 13,294,000 fr, et qui s'est accrue depuis. Indépendamment de l’armée permanente, dont l’effectifest de 3,200 hommes et d’un corps de volontaires, la milice nationale en état de porter les armes présente un tolal de 13,000 hommes.
GUATIMOZIN , le dernier empereur indien du Mexique, avait succédé à Quotlavaca. Forcé, après un long siège, de rendre sa capitale à Fernand Cortez, celui-ci eut Ja cruauté de le faire étendre sur un gril ardent pour le forcer à révéler le lieu où il avait caché ses trésors. Guatimozin endura courageusement ce supplice, et n’en mourut pas; maïs il fut pendu quelque temps après.
GUAYAQUIL, ville de larépubliquedel’Équateur, chef-lieu du département de ce nom, sur le fleuve du même nom , à 8 kil mètres de la mer, 225 de Quito et 250 de Bogota, l’un des principaux ports de la mer du Sud défendu par 3 forts, renferme un grand arsenal et de vastes chantiers de construction. C’est l’un des marchés les plus importants du pays pour le cacao, le quinquina, le tabac et les bois de teinture. Siège d’évêché, et au total assez mal construite, Guayaquil fut presque entièrement détruite par un incendie, en 1764. Sa population est évaluée à 25,000 habitants, dont un grand nombre vivent sur des radeaux appelés balzas. Tout le commerce étranger de l'Équateur se fait par cette ville, qui, importé ou exporté, att ignait en 1870 une valeur de 38 millions et demi de francs.
GUDIN (Tnéonore), peintre de marine, est né à Pa ris, le 15 août 1802. Après avoir travaillé dans l’atelier de Girodet il rompit bien vite avec la manière de son maître. Au début de sa carrière, M. Gudin faisait à la fois du pay-age et des marines. Son talent fut tout à fait mis en lumière aux salons de 1822, de 1824 et. de 1827, et dès lors la sympathie du publie lui fut acquise de même que celle du gouvernement, qui le 9 avril 1828 le nommait chevalier de la Légion d’honueur, Le Sauvetage des passagers du Columbus (1831) vint mettre le sceau à sa réputation. Ce tableau, qu’on admire au musée de Bordeauxest resté l’un des meilleurs de Pauteur, C’est aussi une scène lrès-dramalique que le Coup de vent dans la rade d'Alger qu'on conserve au musée du Luxembourg (1835). Lorsque la décoration du palais de Versailles fut entreprise, on eut besoin d’un peintre de marine ; M. Gudin était naturellement désigné par son talent, par sa renommée et par Ja promptitude de son exécution. De 1838 à 1848, il improvisa pour les galeries de ce mnsée soixante-trois tableaux, dont plusieurs sont d’assez grande dimension. JI avait presque épuisé tous les sujets glorieux que peut fournir l'Histoire militaire de Quincy, lorsque la révolution de Février vint meltre brusquement un terme à cette produelion trop rapide. À tort ou à raison, le public crut reconnaitre que le faire de M. Gudin devenait successivement lâché; ses toiles vides, où l’immensité du ciel et de la mer ne remplaçait pas au gré des curieux ins
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