‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 411 sur 552 · GUÉBRIANT · texte numérisé non relu

GUÉBRIANT

fait le commandement d'une des compagnies de ses gardes. En 1635, il accompagna en Allemagne le cardinal de Lavalette, qui allait rejoindre le duc Bernard de Saxe-Weïimar, à la tête d’une armée de 15,000 hommes. En récompense des services qu’il avait rendus pendant la désastreuse retraite qui termina cette campagne, le cardinal le chargea à son retour d’aller défendre Guise contre les Espagnols. En 1637 il fut envoyé dans la Valteline, à l’armée du duc de Rohan, avec le grade de maréchal de camp; et après la campagne, il ramena cette armée en Franche-Comté, où il s’empara de diverses places. Envoyé ensuite de nouveau en Allemagne au secours du duc Bernard de Saxe- Weimar, il aida à remporter quelques avantages sur les Impériaux ; et après la mort du prince il retint au service de la France son armée, avec laquelle il s’empara de plusieurs places fortes dans le Palatinat, puis opéra à Bacharach, le 28 décembre 1639, ce fameux passage du Rhin qu’on citera toujours comme un modèle de hardiesse, de précision, et qui lui permit d'effectuer à Erfurt sa jonction avec Baner, sous les ordres duquel il dut se ranger. Après la mort de Baner, il livra successivement aux Impériaux les deux batailles de Weissenfels (18 mai 1641) et de Wolfenbüttel (15 juillet). La dernière coûta à l'ennemi 2,000 hommes et quarante-cinq drapeaux.

Le grade de lieutenant général et l’ordre du Saint-Esprit furent la récompense de ces deux victoires, à la suite desquelles Guébriant se sépara de l’armée suédoise , et ramena ses troupes dans le duché de Juliers. Apprenant que l’armée ennemie recevait chaque jour des renforts et en attendait encore , il résolut de prévenir le coup, et le 17 janvier 1642 il attaqua bravement les Impériaux à Kempten, dans l’électorat de Cologne. L’ennemi perdit 2,000 mortset 5,000 prisonniers, et ce beau fait d’armes valut à Guébriant le titre de maréchal de France. Pendant la campagne de 1643, après avoir secouru Tortenson, qui assiégeait Leipzig, et avoir ensuite opéré une glorieuse retraite, il vint appuyer le siége de Thionville, entrepris par le duc d’Enghien, et fit ensuite celui de Rottweil, place forte de la Souabe, qui ne tarda pas à lui ouvrir ses portes. Mais quelques jours après, le 24 novembre 1643, ilsuccombait aux suites d’une blessurereçue sous les murs de cette place et qui avait nécessité une amputation.

Il avait épousé, en 1632, Renée du Bec, femme d’une in-

telligence supérieure. Après la mort du maréchal, en 1645, M2 de Guébriant fut nommée ambassadrice de France en Pologne. Sa mission consistait à conduire au roi Ladislas IV Marie-Louise de Gonzague, qu’il avait déjà épousée. par procuration. Elle réussit pleinement. Elle prenait une part active aux négociations qui amenèrent la conclusion de la paix des Pyrénées , lorsqu'elle mourut à Périgueux, le 2 septembre 1659.

GUEBWILLER , ville industrielle d'Alsace (Haut- Rhin), située dans Ja plus riante vallée des Vosges (le Blumenthal), sur la Leuch et au pied d’une montagne, comptait, avant 1830, 3,900 hab... et en 1866, 12,218. Fondée en 1271, elle garde encore quelques restes du moyen âge, entre autres l’église Saint-Léger, avecses deux tours carrées et son clocher octogonal, celle des chevaliers Teutoniques convertie en manufacture, et celle des Dominicains, qui sert à la fois de halle et de salle de réunion, ainsi que de vieilles maisons et, dans les environs, les ruines du château de Hugstein, résidence des princes-abbés de Murbach. Son plus bel édifice moderne est l'ancienne collégiale, bâtie en 1766. Guebwiller doit son accroissement actuel à son industrie : on y voit des ateliers de construction de machines, des filatures de coton et de laine, des fabriques de draps. Mais la guerre de 1870, en la séparant de la France, a atteint profondément sa prospérité,

GUELDRE ( Gelderland), province de Hollande, éri- !

gée en comté en 1079 et en duché en 1329. Son premier

comte fut Othon de Nassau, En 1371, elle passa à la mai- ,

son de Juliers ; bientôt après elle fut gouvernée par la maison d’Egmond, à laquelle l’enleva l’empereur Charles- Quint. La Gueldre, étant entrée dans l’union d’Utrecht, fit

DICT. DE LA CONVERS, == T, Xe

Page 1