‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 412 sur 552 · GUELFES · texte numérisé non relu

GUELFES

partie des sept Provinces-Unies, dont elle était la première en titre. Elle comprenait la Province et le Haut-Quartier. La Province était divisée en trois quartiers : le Betuwe, où est Nimègue ; le Weluwe, où est Arnheim, etle comté de Zutphen. Le Haut-Quartier, proprement le duché de Gueldre, comprenait les villes de Gueldre, Ruremonde et Velo. Il fut cédé à l'Espagne par le traité de Munster, en 1648. La ville de Gueldre, qui a donné son nom au duché, fut cédée au roi de Prusse par le traité d'Utrechtde 1713, avec le pays de Kessel et le bailliage de Kriekendeek. Ruremonde, après avoir été prise et reprise plusieurs fois par les Hollandais et les Espagnols, fut délinitivement abandonnée à la maison d'Autriche par le même traité. Venlo fut adjugé aux états généraux par le traité de Barrière, de l’an 1715, avec les forts de Saint-Michel et de Stevenswert. Ces deux dernières villes, Ruremonde et Venlo, sont anjourd’hui comprises dans la province actuelle du Limbourg. La Gueldre hollandaise est donc bornée au nord par le Zuyderzée et l’Over-Yssel, à l’est par l’Over-Yssel et la Prusse, au midi par la Prusse et le Brabant septentrional, et à l’ouest par la province d'Utrecht, le Zuyderzée et

la Hollande méridionale, Elle compte une population de 437,819 âmes (1869), réparlie sur un territoire de 5,087

kil. carrés divisé en quatre districts : Arnheim, chef-lieu,

Nimèque, Zutphen et Thiel. Il faut encore citer comme localités importantes Nykerk, port sur le Zuyderzée, Wageningen, sur le Rhin, Bommel, sur le Wahal, Kuilenbourg, sur le Leck; les forteresses de Dæœsburg, sur l’Yssel, et d’Hardewyck, sur le Zuyderzée; enfin, le beau château de Loo, résidence d’été du roi des Pays-Bas.

Le sol de la Gueldré est en partie couvert de sables et de bruyères , excepté le terrain entre le Wahal et le Rhin, qui est très-fertile. Cette province est remplie de gentilshommes peu aisés; el quand les romanciers et les auteurs comiques hollandais veulent peindre un hoberean, ils ne manquent pas d’en faire un Gueldrois. La culture du tabac, l'exportation des fruits et l'entretien du bétail, la fabrication des toiles, de la bière, de l’amidon, du papier, des ouvrages de fer et de cuivre, les draps et autres tissus de laine, la tannerie, les briqueteries et tuileries , tels sont les principaux objets de l'industrie et du commerce de la Gueldre.

GUELFES (Maison des). Cette 1iustre maison princière, dont le nom allemand est Welfen, est originaire d’Italie, et vint au onzième siècle s'établir en Allemagne. Pendant longtemps elle régna sur plusieurs des plus belles parties de ce pays, et elle fleurit encore de nos jours dans les deux lignes dont se compose la maison de Brunswick : la ligne royale , et la ligne ducale. Dès le règne de Charlemagne, l’histoire fait mention d’un certain Warin, comte d’Altorf, dont:le fils Isenbrand, surnommé We/f, c’est-à-dire jeune chien, transmit, suivant les chroniques, à sa race ce sobriquet, dont il est devenu le nom générique. Sonfils, Welf 1°", sonche de l’ancienne ligne des Guelfes, fut le premier qui porta ce nom. Sa fille Jutta épousa l’empereur Louis le Débonnaire. C’est l’arrière-petit-fils de Welf I°", Welf III, qui en faisant cause commune avec le duc Ernest de Souabe contre l'empereur Conrad 1°", pendant une absence de ce prince en Italie, provoqua les luttes si longues et si acharnées qui plus tard eurent lieu entre le parti des Guelfes et le parti des Gibelins. 11 fut vaincu et chassé de ses Etats. Son fils, Welf III, obtint l'investiture du duché de Carinthie et de la marche de Vérone; ce qui le rendit assez puissant pour lutter avec succès contre l’empereur Henri II. IL mourut sans avoir été marié, léguant aux moines tous ses domaines héréditaires. Sa sœur Cunégonde avait épousé Azzo, de la maison d’Este en Italie, seigneur de Milan, de Gênes et d’autres villes. Le fils issu de ce mariage, Welf IV (comme margrave) ou We{f 1° (comme duc), s’empara de ces domaines, et devint le fondateur de la ligne cadette des Guelfes. Après la déposition d'Othon de Nordheim, il obtint, en 1070, de l’empereur Henri IV l'investiture du duché de Bavière, et hérita des biens et des domaines de la mai

son d'Este, Le fils de celui-ci, Welf Y (ou II), par son mariage avec Mathilde de Toscane, acquit de grands domaines en Italie, I mourut sans laisser de postérité, en 1120, léguant la Bavière et tous ses domaines à son frère Henri le Noir, qui épousa Wulfhide, fille de Magnus, duc de Saxe, et reçut en dot une partie des domaines de la maison de Lunebourg. A celui-ci succéda Zenri le Généreux; qui, par son mariage avec la fille unique de l’empereur Lothaire, acquit les immenses domaines héréditaires de Brunswick, Nordkeim et Supplinbourg. Il eut pour fils Henri le Lion (mort en 1195), duquel descendent, par son fils Guillaume (mort en 1213) et par son petit-fils Ofkon l'Enfant (mort en 1252), les lignes royale et ducale actuelles de la maison de Brunswick.

Un autre fils de Henri le Noir, Welf VI (ou III) continua encore pendant. quelque temps la race des Guelfes en ligne collatérale, A la mort de son frère Henri le Généreux, il revendiqua courageusement la Bavière, que, du vivant même de Henri, l’empereur Conrad HI avait octroyée à Léopold d'Autriche, et fut d’abord heureux dans ses entreprises. Mais Conrad marcha en personne contre lui, et le vainquit à la bataille de Weinsberg. C’est à cette occasion que les dénominations de Guelfes et de Gibelins devinrent en usage. Welf VI ravagea encore une fois la Bavière, mais sans pouvoir s’y maintenir. Ce fut plus tard seulement qu’il se réconcilia avec l’empereur. Au contraire, il servit très-

fidèlement l’empereur Frédéric 1°", qu'il accompagna en Italie, :

JL mourut en 1169, à Memmingen, sans laisser de postérité. GUELFES (Ordre des). Cet ordre de chevalerie fut institué en 1815, dans le nouveau royaume de Hanovre, par le prince régent d'Angleterre, devenu plus tard roi sous le nom de Georges IV, lequel lui donna cette dénomination en honneur des princes qui fondèrent, au moyen âge, la maison de laquelle est issue la famille qui règne aujourd’hui à Brunswick et en Hanovre de même qu’en Angleterre. fl se compose de trois classes, et confère les priviléges de la noblesse personnelle à ceux qui y sont admis. L'insigne de l’ordre, qui se porte suspendu à un ruban bleu de ciel moiré, consiste en une croix d’or à huit pointes, pommelée, anglée de léopards; au centre est un médaillon de gueule, chargé d’un cheval d’argent, lancé sur un tertre de sinople avec cette légende : Nec aspera terrent. Une couronne de chêne ou de laurier, entourant le médaillon, sert à distinguer les chevaliers civils ou militaires, et ces derniers ajoutent encore deux épées croisées eutre la croix et la couronne royale qui la surmonte. GUELFES et GIBELINS. Voyez GIBELINS.

GUELMA. Voyez GnELMA. .

GUEMENÉE (Faillite du prince de ROHAN). La catastrophe qui vers la fin du siècle dernier rendit ce nom faneux fut flétrie du nom de banqueroute, expression trop sévère, qui ne pouvait lui être appliquée dans Pacception légale ; car elle n’eut point pour cause l'intention criminelle d'augmenter la fortume de son noble auteur aux dépens de ses créanciers. IL était lun des plus riches seigneurs de France; sa fortune immobilière s'élevait à plus de quinze millions, ét il avait de grandes et lucratives charges, avec l'assurance d’en obtenir un jour de plus grandes encore, comme celle de grand-chambellan , après la mort de M. de Bouillon, dont il avait la survivance, « Il était d’une jolie figure, doux et agréable dans la société, maniant assez bien la plaisanterie et l’entendant encore mieux. Il passait l'hiver à Paris, chez l'archevêque de Narbonne, où logeait sa maîtresse , la seule qu’on lui ait jamais connue, et dont la mort seule le sépara après une liaison de plus de douze années; elle mourut avant l'événement fatal de 1783. Le prince passait l'été à Haute-Fontaine, chez le même archevèque : il y chassait le cerf avec un équipage monté à l’anulaise, selon la mode du temps, suivi de tous les jeunes Bens de la cour, et ne se montrait que très-rarement à la cour, où il jouait plus le rôle d'un bouflon que celui d’un grand scigueur (Mémoires de Besenval, par M. de Ségur ). »

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