‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 413 sur 552 · GUELFES — GUÉNÉE · texte numérisé non relu

GUELFES — GUÉNÉE

Depuis la mort de sa inattresse, le prince de Guémenée ne venait plus passer l’hiver chez l'archevêque de Narbonne ; mais il habitait pendant cette saison le vaste appartement qu’oceupait aux Tuileries la princesse son épouse, en sa qualité de gouvernante des enfants de France. A l'exemple de quelques seigneurs du temps, il y avait fait établir un théâtre, où les acteurs, chanteurs et danseurs des trois grands théâtres de Paris donnaient des représentations. 11 n’était bruit à la cour el à la ville que des charmants spectacles des Tuileries ; car ils étaient précédés de brillants concerts, et suivis de soupers délicieux : les bals, le jeu, terminaient ces fêtes somptueuses. Le prince avait établi dans ce même palaïs un café où étaient admis indistinctement et à ses frais tous ceux qui le connaissaient. « On s’émervaillait, dit encore M. de Ségur, de la galanterie et de l'intelligence de ces fêtes, surtout de la dépense qu’elles occasionnaïent. La chose aurait paru simple si on avait su qu’acteurs, ouvriers et fournisseurs ne touchaient jamais un sou, mais seulément des pensions ou des contrats viagers qui soldaient tout. M? de Guémenée faisait aussi de grands frais de représentation ; sa charge semblait l’y autoriser, mais ses dépenses excédaient de beaucoup ses revenus , et elle y suppléait, comme son mari, par des contrats d’obligation et des rentes viagères qui s’accuuulèrent au point que la castastrophe arriva pour tous deux en même temps ; et lorsqu'il fallut en venir au bilan, le déficit s'élevait à trente-trois millions. Tel était le bruit public. Mais dans-un mémoire publié par M. Roy {alors avocat, conseil et mandataire de quelques milliers des créanciers du prince Guémenée, et devenu depuis ministreet pair de France), on voit qu'elles ne s’élevaient qu’à quinze millions. La princesse fut contrainte de se démettre de sa charge de gouvernante des enfants de France, et cette charge fut donnée à Me de Polignac.Le prince de Guémenée avait écrit au roi: il avouait ses turts : il avait été plus imprudent que coupable. 11 n'obtint que des lettres de surséance de trois mois : la justice après ce délai devait reprendre son cours si les affaires du prince n’étaient pas arrangées ; et c’est ce qui arriva,

Cet arrangement eût pu avoir lieu si le fisc ne fût intervenu pour une réclamation de plusieurs millions. L’actif du prince se composait, outre un riche mobilier et de somptueux équipages : 1° d’une rente au capital de onze millions ; 2° des seigneuries de Châtel etde Carnian ; 3° des fiefs de Lorient et de Recouvrance, dont la concession, faite à la maison de Guémenée, n’était pas ancienne. L'État n'avait pu concéder à une famille le port de Lorient et une partie du port etde la ville de Brest; aussi, depuis l’avénement de Louis XVI au trône, ces deux ports avaient-ils été échangés pour la principauté de Dombes. La liquidation ne fut terminée qu’en décembre 1792. L’échange des ports de Brest et de Lorient fut annulé par un décret de la Convention. Louis XIV avait donné l'exemple de ces aliénations du domaine publie, 11 avait doté chacun de ses enfants illégitimes de vastes démembrements de plusieurs provinces. La princesse de Guémenée périt sur l’échafaud, en 1793. Son fils, le prince Louis-Victor Mériade de Rohan-Guémenée figura à la tête des corps d’émigrés, et finit par passer au service de l'Autriche en qualité d'officier général. Durey (de l'Yonne),

GUÉNÉE (ANroInE, abbé), né à Étampes, de parents pauvres , le 23 novembre 1717, étudia à Paris, embrassa l'état ecclésiastique, et en 1741 fut agrégé à Puniversité de cette ville. 11 devint professeur de rhétorique au collége du Plessis. 11 imprima différents ouvrages religieux traduits de l'anglais, et après vingt ans de professorat, Guénée, déclaré émérite, suivant l'usage, reçut une faible pension, et s'appliqua exclusivement à l'étude de la religion. Sa première édition des Lettres de quelques juifs portugais, allemands el polonais, à M. de Voltaire, parut en 1769, et obtint nn succès prodigieux. Avec l'arme de la plaisanterie il défendait la Bible contre les sarcasmes de Voltaire. Il lui fut d'autant plus redoutable, qu'il ne cessa d'applaudir à ses efforts pour réformer la société, établir la tolérance, la liberté et l'égalité civiles, et provoquer toutes les améliorations populaires, A

GUÉNÉE — GUÉPE

son tour, Voltaire rendait justice à Guénée. Il appréciait son esprit etses connaissances, ajoutant qu’il était Wäalin comme un singe, et qu’en faisant semblant de baiser la main , il mordait jusqu'au sang. Effectivement, ses moqueries, qui consistent pour l’ordinaire à relever les méprises , les bévues de Voltaire, par l’exposition simple, mais fine de la vérité, sont souvent sanglantes. Il est presque superflu de dire qu’un tel homme approuva la constitution civile du clergé.

En 1778, il avait été nommé associé de l’Académie des Inscriptions et BelleæLettres, peu après sous-précepteur des enfants du comte d’Artois. On donna à Guénée, en 1785, l’abbaye de Leroy, dans le diocèse de Bourges. Il en jouit peu de temps. La révolution changea son existence. Enlevé à ses élèves , il se retira à la campagne, dans un bien qu’il avait acheté près de Nemours. Sous la terreur, il fut enfermé dans la maison d'arrêt de Fontainebleau. Après une détention de plus de dix mois, il retourna à ses travaux champêtres. Guénée vendit ce domaine quand l’âge lui interdit les soins qu’il demandait. Il se retira alors avec son frère à Fontainebleau, où il mourut, le 27 novembre 1803,

BorpAs-DEMOULIN.

GUENILLE , nom qu’on donne à de vieux morceaux d’étoffe, à des chiffons, des haillons, des lambeaux déchirés de vêtements, et que, par extension, on applique au pluriel à des hardes vieilles et usées. Les guenilles sont souvent l'apanage de la 1aïsère ; mais autrefois, comme de nos jours, la vanité, qui tire parti de tout, a été jusqu’à s’enorgueillir des haillons qui la couvrent : témoin dans l'antiquité le fameux cynique Diogène, et dans les dernières années de la Restauration Chodruc Duclos , l’homme à la longue barbe du Palais-Royal,

GUENON. Ce nom, que l’on applique vulgairement à la femelle d’un singe quelconque, a été employe par Buffon pour désigner tous les singes de l’ancien moude dont la queue est aussi longue ou plus longue que le corps. Erxleben a remplacé cette dénomination par celle de cer copithèque. M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire compte 21 espèces dans ce genre, dont il sépare le talapoin et un autre singe, formant pour lui le genre miopithèque. Les guenons, se réduisant ainsi aux cercopithèques de M. I. Geoffroy, ont pour caractéristique : Formes assez grèles; membres et queue longs (mais moins que chez les semnopithèques ); mains assez allongées , ayant souvent les doigts réunis à leur base par des membranes; pouces antérieurs bien développés , béaucoup moins cependant que les postérieurs ; ongles en gouttières; crâne médiocrement volumineux, déprimé et sans front (dans l’état adulte); crêtes sourcilières très-peu prononcées, et même nulles pendant une grande partie de la vie de l'animal ; museau assez court ; angle facial de 50° environ; yeux médiocres; nez très-peu saillant, à narines arrondies, inférieures, très-rapprochées lune de l’autre; callosités ischiatiques très-prononcées ; pelage bien fourni, plus ou moins tiqueté; abajoues trèsamples; incisives médianes supérieures très-développées ; canines très-longues, comprimées , tranchantes en arrière ; mâchelières toutes quadrangulaires, à quatre tubercules non pointus ; taille de 4 à 6 décimètres (du museau à l'anus).

Les jeunes guenons s’apprivoisent facilement. Mais, apprivoisés ou non, ces singes deviennent en vieillissant d’une grande méchanceté. D'une espèce à l’autre, le naturel varie; chez tous il offre une grande mobilité. 11 n'existe pas d’animal qui passe plus rapidement qu’un cercopithèque de Ja tristesse à la joie, de la joie à la colère. « On le voit, dit M. L. Geoffroy, désirer ardemment un objet, témoigner la joie la plus vive s’il parvient à l'avoir, et presque aussitôt le rejeter avec indifférence, le briser avec colère. On le voit se complaire dans la société d'un autre individu, lui donner, à sa manière, des marques de tendresse, et tout d’un coup girriter contre lui, le poursuvre en jetant des cris rauques, et le mordre comme un ennemi; puis la paix se fait, et les caresses recommencent, Jusqu'à ce qu'un nouveau cçaprice amène une nouvelle crise, »

EE

Les principales espèces de guenons sont le cercopithèque hocheur, le blanc-nez,le cercopithèque barbu, etc. L'une des plus belles est le cercopilhèque mone (cercopithecus mona , Erxleben); elle vient de Guinée, et est assez commune dans les ménageries; elle présente, comme plusieurs de ses congénères, des couleurs fort différentes selon les régions du corps : la tête est olivâtre; les joues sont d’un olivâtre clair; une tache noire s’étend de la partie supérieure de l'orbite à l'oreille, et l’on remarque sur le front une ligne d’un blanc verdâtre; le dos, les épaules , les flancs, sont d’un roux tiquété de noir; la croupe est noire, à l’exception de deux taches elliptiques blanches, placées à droite et à gauche de l’origine de la quoue; les mains et la face externe des membres sont noires; les parties inférieures et le dedans des membres sont d’un blanc pur'; la queue est variée de jaune et de noir.

GUÉPARD , ou Ligre des chasseurs (felis jubata, Linné), animal du genre chat, est de la même taille que la panthère, avec une queue aussi longue; mais il a le corps plus élancé et la tête plus petite. Le fond de son pelage est blanc jaunâtre, et il est couvert de taches noires, rondes, entièrement pleines, de trois centimètres de diamètre. Le dessous de son corpsest presque blanc, ef une bande noire règne de l’œil au coin de la bouche. Sa queue est couverte de taches noires, et de longs poils placés au-dessus du cou lui forment une sorte de crinière. Ses doigts sont allongés comme ceux des chiens , ses ongles moins +rochus et moins rétractiles que dans les autres chats. Cet animal se trouve dans plusieurs contrées de l'Afrique et dans toute l’Asie méridionale. IL se laisse facilement apprivoiser, et on le dresse pour la chasse. Il paraît que pour s’en servir on le conduit les yeux bandés, puis, lorsqu'on est à la portée du gibier, on lui rend la vue ct on lelâche ; il s’élance alors

avec impétuosité, et en deux ou trois bonds il a saisi la

proie. | DÉMEZIL.

GUEPE, genre linnéen d'insectes de l’ordre des hyménoptères , que les entomologistes modernes ont transformé en tribu sous le nom de vespiens , réservant celui de guêpe à un genre plus restreint, le seul dont nous nous occuperons ici, et dont les principaux caractères sont : Mandibules courtes ; mâchoires allongées ; labre court et arrondi; lèvre inférieure également courte ; antennes coudées ; pattes postérieures simples, avec les jambes pourvues de deux épines à l'extrémité; ailes ployées longitudinalement pendant le repos. Les guêpes se rencontrent dans toutes les parties du monde, mais plus abondamment dans les régions les plus chaudes. Leurs mœurs offrent la plus grande analogie avec celles des abeilles; même division en mâles, femelles et neutres; même rôle pour chacune de ces catégories. Cependant les sociétés, permanentes chez les abeilles, ne sont qu’annuelles chez les guêpes ; aussi, à la fin de la belle saison, les mâles ayant peu survécu à la fécondation des femelles , et les ouvrières venant à mourir, il ne reste plus que les femelles, qui, abandonnant leurs demeures, vont se cacher dans les fissures des vieux murs, où elles passent l’hiver dans un engourdissement complet. Le printemps les ranime; chacune va alors construire isolément son nid, pondre ses œufs , soigner ses larves, pourvoir à tous leurs besoins. Ces larves eroissent rapidement, et se transforment en insectes parfaits; c’est alors que les ouvrières agrandissent l'habitation, donnent leurs soins aux nouvelles pontes, et que le genre de vie des guêpes offre la plus grande ressemblance avec celui des abeilles.

La matière première des guépiers, ou nids de guêpes, consiste en fibres de bois, le plus souvent déjà mort. A l’aide de leurs puissantes mandibules, les guëpes divisent ces fibres en parcelles, qu’elles agglutinent au moyen d’un liquide visqueux secrété par elles. Cette matière ainsi préparée, elles Ja triturent et la réduisent en feuilles minces, papyracées. Cinq ou six de ces feuilles, superposées, servent ordinairement à construire l'enveloppe du guêpier que ces insectes établissent, tantôt dans la terre, tantôt dans le creux des

arbres ou entre leurs branches. C’est avec ces mêmes feuilles aw’ils construisent les gdteaux. Le premier est fixé au sommet du nid par un pédoncule; le second est attaché au premier de la mêrue manière, et ainsi de suite.

Parmi les guêpes dont le nid est souterrain, une des plus connues est la guëépe commune (vespa vulgaris, Linné), noire, agréablement variée de jaune vif, et employant pour ses constructions une substance papyracée d’un gris cendré, obseur, tres-fortement gommée et assez solide pour que : On puisse ecrire dessus. Ces nids, souvent pratiqués à une assez grande profondeur, renferment ordinairement des milliers d'individus. La guêpe commune habite l’Europe, et n’est pas rare aux environs de Paris. Il en est de même du frelon (vespa crabro, Linné) et de la guépe rousse (vespa rufa, Linné). Cette dernière, plus petite que la guêpe commune, s’en distingue par son abdomen roussâtre, avec des bandes circulaires brunâtres. Elle établit sa demeure entre les branches des arbres, ce qui lui a fait donner par quelques auteurs le nom de guépe des arbustes.

GUÉPE DORÉE. Voyez Carysine.

GUEPIER (Ornihologie), genre d’oiseaux de l'ordre des passereaux, famille des syndactiles, ainsi nommés à

cause du genre de leur nourriture, qui se compose d'in- |

sectes hyménoptères, et plus particulièrement de guêpes et d’abeilles. Ce genre a pour caractères : bec allongé, arrondi, recourbé, pointu , mince surtout à l'extrémité, un peu comprimé, à arête vive; narines latérales arrondies ou en fente longitudinale ; tarses courts, grêles ; doigt externe profondément soudé à celui du milieu ; queue longue, égale, étrgée ou fourchue,

Le guépier commun (merops apiaster, Linné) est la seule espèce de ce genre que l’on trouve en Europe, particulièrement en Grèce, en Italie, dans le midi de Ja France et en Espagne. Il est long de 0%, 30 environ. Son plumage est d’un blanc nuancé de verdâtre.

GUÉR ANDE , ville de France (Loire-Inférieure), à 5k 1. de l'Océan, avec6,705 âmes (1872), est un des endroits de la Bretagne qui ont le mieux conservé les mœurs et le costume traditionnels. Son nom lui vient d’un évêque de Nantes, Quérec, qui y faisait, en 1055, sa résidence. Parmi les sièges nombreux qu’elle eut à soutenir un des plus fameux est celui où, en 1342, Louis d’Espagne la prit d’assaut et y mit tout à feu et à sang. Trois fois ses murailles furent renverséeset ses habitants exterminés; les remparts, percés de portes fortifiées, qu’on y voit encore sont l’œuvre du duc Jean V (1431). Le seul édifice remarquable est Saint-Aubin, restauré en 1860. On y a élevé, en 1856, un grand hôpital. Les marais salants des environs donnent lieu à uneexploitation considérable, produisant en moyenne 80 millions de kilogr. de gros sel et rapportant à l'État 13 à 14 millions de droits.

GUERAZZI ou mieux GUERRAZZI (FrANCESCO- Domenico ), célèbre comme écrivain et comme homme po litique, naquit en 1805, à Livourne, d’une famille pauvre. A force de travail et de privations, il parvint à se faire recevoir avocat; mais il plaïida peu. Encouragé par l’accueil fait à son premier roman historique, Za Battaglia di Benevento (Florence, 1818), il en fit encore paraître deux autres, {’Assedio di Firenze et Isabella Orsini. Ensuite, il publia un drame historique Z Bianchi ed à Neri, et trois nouvelles(1847) Ces diverses productions abondent en idées élevées, en sentiments nobles , en descriptions fines et délicates, en situations neuves; le style en est original et pittoresque , et elles témoignent d’un talent peu ordinaire, Par contre, on peut reprocher à l’auteur de trop souvent viser à l'effet, d’être exagéré dans la forme et dans l’expression, et de hasarder des jugements extravagants. Comme oraleur, Guerazzi a les mêmes qualités et les mêmes défauts,

Peu satisfait de l'éclat littéraire qui s’attachait à son nom et désireux de jouer à tout prix un rôle, Guerazzi se jeta dans les conspirations et devint l’un des membres les plus éminents etles plus actifs de toutes les sociétés sécrètes, mais sur

GUÈËÈPE — GUERCHIN

tout de celle que Mazzini fonda sous lenom de Jeune Italie. Cependant, en raison de ce qu’il y a d’hésitation naturelle dans son esprit, jamais ses frères en conspiration ne lui accordèrent une confiance sans réserve. L’agitation provoquée dans toute l'Italie par les tendances émancipatrices de Pie IX accrut l'influence politique de Guerazzi en Toscane, Le gouvernement, qui le redoutait, Ini attribua les troubles qui éclatèrent à Livourne au commencement de janvier 1848. Soupçonné d'avoir rédigé et répandu une proclamation révolutionnaire où le gouvernement était insulté à cause de sa résistance à l'esprit de réforme et où on proclamait la nécessité de placer le pouvoir entre les mains des démocrates, il fut arrêté le 10 janvier 1848 et cliargé de chaines par ordre du ministre Ridolfi, qui le fit enfermer dans les prisons de Porto-Ferrajo. Mais la marche rapide des événements politiques netarda pas à le rendre à la liberté; et le 26 octobre suivant le grand-duc Léopold II le nommait même ministre de l'intérieur et président du conseil. Dans cette position, ses actes furent loin d’être ceux que le parti révolutionnaire avait espérés de lui. Cependant quand le grandduc se fut décidé, le 7 février 1849, à quitter Florence pour se réfugier à San-Siephano, Guerazzi fut encore nommé meiubre du gouvernement provisoire, En prenant le rôle de dictateur, en s’effurçant de rétablir l’ordre , il irrita vivement le parti des exaltés. 11 combattit de tout son pouvoir

| la proclamation de la république et l’adjonction de la Toscane

à la république romaine. Il consacra tout ce qu’il y avait chez lui d'énergie et d’habileté et sacrifia même ce qui lui restait encore de popularité et d'influence morale pour dissuader les Toscans d’envoyer des représentants à la Constituante italienne. Il pensait encore bien moins que la Toscano dût se rattacher au Piémont, comme le voulait la grande majorité du parti libéral. Quand la réaction des 11 et 12 avril 1849 rétablit en Toscane l'autorité du grandduc, Guerazzi essaya de gagner Livourne; mais il fut trahi et jeté en prison. Le mémoire qu'il écrivit pour sa défense, Apologia della vita politica di F.-D. Guerazzi (1851), est aussi remarquable par la puissance de dialectique que par la haute éloquence dont il y fait preuve; ce qui ne l’empêcha pas d'être condamné à l'exil. Les événements lui rendirent un rôle politique : après la constitution du royaume d'Italie il entra au parlement et siégea parmi les députés de l'extrême gauche. On a encore de lui deux romans historiques : Bectrice Cenci (1554 )et Pasquale Paoli (1865), ainsi qu'un recueil humouristique intitulé Z’Asino, Il est mort le 24 septembre 1873.

GUERCHIN ( Gran -Francesco BARBIERI, dit LE) peintre célèbre de l’école bolonaise. Le nom de Guerchin lui fut donné, parce qu’il louchaït de l’œil droit ( guercio , louche). II naquit le 8 février 1591, à Cento, près de Bologne, Né de parents pauvres, il fut envoyé à l’école pour y apprendre seulement à lire et à écrire. Cependant, à l’âge de dix aus il aftirait déjà attention générale par sçs heureuses dispositions pour la peinture. Il peignit sur la porte de la maison paternelle une vierge fort remarquable. Son père le piaça alors chez un peintre de son village, afin d'y cultiver ses dispositions ; mais celui-ci n’eût fait que les étoufler, si la vue des chefs-d’œuvre que renfermait Bologne n'avait dessillé les yeux du jeune artiste, Le Guerchin entrevit alors lebut donties notions vicieuses qu’il recevait l’auraient écarté sans son travail opiniâtre et consciencieux. Il existe dans les tableaux du Guerchin beaucoup de rapport pour le coloris avec ceux deCara vage. Son dessin est nobleet hardi, bien qu'on remarque souvent peu de justesse dans les proportions des personnages. On lui a souvent reproché aussi d'être monotone dans la composition de ses sujets. Cette monotonie nous semble toute naturelle lorsque nous examinons sa vie privée, et lorsqu’au lieu d’une vie d'artiste, turbulente et passionnée, nous avons devant nous l'austère existence d'un cénobite. Jamais pour lui un jour ne passa sans prières. Jamais on ne le vit figurer dans de somptucuses orgies, comme quelques-uns de ses confrères,

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