‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 415 sur 552 · GUERILLA — GUÉRISSEURS · texte numérisé non relu

GUERILLA — GUÉRISSEURS

ces honorables fonctions, il partit pour Roïe, revint à Paris en 1829, retourna ensuite à Rome, où il mourut, le 16 juillet 1833. I1 avait été nommé officier de la Légion d'Honneur, membre de l’Institut en 1815, et successivement baron et chevalier de l’ordre de Saint-Michel.

GUERIN (JEan-Bapriste-PAULIN), peintre qui a eu quelque célébrité, naquit à Marseille, en 1783. Après avoir exposé plusieurs portraits au salon de 1810, il fit de la peinture d’histoire et de la peinture religieuse; et on vit successivement de sa main : Caïn après le meurtre d'Abel (1812) ; un Christ mort (1817); un Christ sur les genoux de la Vierge (1819); Anchise et Vénus (1822); Ulysse en butte au courroux de Neptune (1824 Musée : de Rennes); Adam et Eve chassés du paradis (1827); La mort du Christ, le Dévoüment du chevalier Roze pendant la peste de Marseille (1834); Sainte Catherine (1838), et la Conversion de saint Augustin (1844). On doit aussi à Paulin Guérin un nombre très-considérable de portraits. On se rappelle ceux de Charles Nodier (1824) et de Lamennais (1827). Les deux meilleurs tableaux de cet estimable artiste, le Caïn et Anchise et Vénus, acquis par le gouvernement, ornèrent la galerie du Luxembourg du vivant de leur auteur, mort le 19 janvier 1855.

GUERISON. Ce substantif, qui désigne le recouvrement complet de la santé, provient probablement, comme le verbe guérir, de l'italien guarire. La guérison, qui est un des buts de la médecine, s'obtient par des ressources dont l’art thérapeutique se compose, et souvent par leffet de la nature, par cette puissance conservatrice de la vie dont les êtres organisés sont doués. On reconnaît qu’elle est obtenue quand l’exercice des organes, qui avait été troublé, redevient libre et facile au point que leur jeu est inaperçu, comme dans l’état de santé. Il semble, d’après ce signe que la délivrance entière des maladies est facile à constater : il n’en est point ainsi, et les erreurs commises à ce sujet sont souvent déplorables. La restauration présumée de la santé se borne souvent au passage de l’état aigu à l’état chronique. Par exemple, un rhume accompagné de fièvre, d’ardeur extrême dans la poitrine, d’une toux déchirante, perd graduellement cette violence, et il n’en reste plus qu’une petite toux habituelle; on le considère alors comme guéri, on cesse d'y faire attention, et le temps s'écoule dans une sécurité dangereuse, jusqu’à ce qu’une phthisie pulmonaire se manifeste pour se terminer par la mort. S'il est difficile dans un grand nombre de maladies de porter un jugement certain sur la guérison, quand elles semblent être éteintes, il l’est plus de prévoir à leur début qu’on pourra en triompher. Plusieurs affections ont une marche si régulière, si connue, qu’on peut en annoncer sûrement les phases : telles sont la petite vérole, la scarlatine, etc.; mais aucune personne sage ne peut affirmer que la fin sera heureuse : on peut sealement l’espérer d’après l'expérience, et si telle ou telle occurrence fâcheuse ne se présente pas. C’est le propre du charlatan de ; romettre à tousles maux une guérison infailibie. D" CHaRBONNIER.

GUERISSEURS, On appelle ainsi dans quelques contrées de la France ces parodies de médecins qui infestent nos campagnes , et qu’il faut espérer voir un jour figurer dans les codes criminels, à la suite des empoisonneurset des assassins. J1 paraît qu'autrefois tout le monde se mêlait de médecine, s’il faut s’en rapporter à ces vieux vers :

Fingunt se medicos doctos idiota, sacerdos, Judæus, monachus, histrio, rasor, anus,

Les jugeurs d'urine furent en honneur, surtout dans le serzième siècle : c'est ce que nous dit, entre autres, Bayle, à l'article Fennez. Il est question dans l'Année littéraire de 1764 d’un charbonnier qui doit prendre rang parmi ces « guérisseurs de hasard, ces singes de médecins , » comme les qualifie Sangrado. Ce charhonnier, venu des bois de ia Lorraine, disait sans cesse à tout venant qui le consultait : « Dans trois jours, il faut que tout part; » sans doute ma-

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