‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 424 sur 552 · GUEUX — GUI · texte numérisé non relu

GUEUX — GUI

une besace , comme en portent les moines mendiants, tenue ‘à deux tmains, avec ces mots : Jusqu'à porter la besace (voyez Pays-Bas).

GUEUX (Herbe aux). Voyez CLEMATITE.

GUEVARA Y DUENAS ( Louis-VeLEz DE), poëtée

dramatique espagnol, né en 1574, à Écija, en Andalousie, fut d'abord avocat à Madrid, et se fit une grande réputation, non moins comme poëte que par les spirituelles saillies qui lui échappaient à propos même des questions de jurisprudence les plus ardues. Ce fut à la sollicitation du roi Philippe IV qu'il se détermina à écrire pour le théâtre. Ses pièces se distinguent par une grande habileté dans la peinture des caractères et une rare richesse de traits comiques. La collection en a paru à Séville, en 1730. Le roi, qui lui-même était poëte aussi, faisait corriger ses propres œuvres dramatiques par Guevara, à qui il donna le titre de concierge des maisons royales, Le renom de Guevara est surtout fondé sur son Diablo coquelo, o novela de la otra vida (Madrid, 1641), roman où il décrit de la manière la plus ingénieuse et la plas piquante les mœurs de ses compatriotes et la vie de Madrid. En refondant cet ouvrage sous le titre de Le Diable boîteux (Paris, 1707), Lesage l’a popularisé dans toute l’Europe; mais la seconde partie qu'il ÿ a ajoutée

n’a pas à beaucoup près le mérite de la première. Guevara

mourut à Madrid, en 1646. Beaucoup de ses reparties son

demeurées populaires en Espagne.

GUEYMARD (Louis), chanteur français, néle 17 août 1822, à Chaponnay (Isère), est le fils de pauvres paysans. Jusqu'à l’âge de dix-neuf ans il partagea leurs rudes travaux. Il joignait à une voix forte et belle un goût singulier pour la musique et une mémoire remarquable. De temps à autre il allait à Lyon, et fréquentait surtout les théâtres de chant. Le chef d'orchestre du Grand-Th âtre, M. Rozet, le prit en amitié, lui donna des leçons et le mit à même d’être admis au Conservatoire de Paris. Après avoir remporté deux prix, le jeune Gueymard entra à VOpéra, grâce à la protection de Levasseur, et y débuta le 12 mai 1848, dans Robert le Diable. L'année suivante , il ‘joua, dans Le Prophète, le rôle de Jonas, l’un des trois anabaptistes, jusqu'au moment où, Roger étant tombé malade, il fut chargé de tenir à sa place le principal personnage. L’enthousiasme qu'il excita le mit dès lors au premier rang des chanteurs. On le vit créer, avec un succès croissant, les rôles de premier ténor dans Guillaume Tell, les Huguenots, les Vépres siciliennes, Rodand à Ronceviux, la Juive, Le Trouvère, etc. Cet artiste, digne successeur de Duprez, a résilié, en 1868, son engagem nt avec l'Opéra.

Sa femme, Pauline Laurers, née le 20 décembre 1834, à Ixelles (Belgique), qu’il a épousée en 1858, et dont il s’est séparé judiciairement en 1868, est une chanteuse distinguée, douée d'une charmante voix de mezzo-soprano. Élève du Conservatoire de Paris, elle a débuté au Thé4tre-Lyrique et a été admise, en 1857, à l'Opéra, où elle s’est fait applaudir dans de nom breuses créations à côté de son mari. P. Louisy.

GUGLIELMINTI (Domenico), célèbre mathématicien et ingénieur italien, naquit à Bologne, en 1655. Après avoir étudié les mathématiques, puis la médecine, il fut reçu en 1678 docteur en médecine à l’universilé de sa ville naiale. L'apparition de la comète de 1680 et 1681 lui donna occasion de publier un traité de Cometarum natura et Orêu (1681), dans lequel il proposait un nouveau système pour expliquer les différents phénomènes que présentent es Corps célestes; mais le monde savant n’accueillit point ses idées à ce sujet. Nommé en 1686 intendant général des cours d’eau du Bolonais, il fut amené à publier en 1690 et 1691 son excellent traité d’hydrostatique : Aguarum fluentium mensura, el en 1697 celui della Natura de Jiumi, ouvrage qui le classa au premier rang parmi les hydrauliciens. La juste réputation de Guglielmini engagea

les ducs de Mantoue, de Parme et de Modène, le grand-.

LICT, DE LA CONVERS. — T, x.

duc de Toscane, le pape Clément XI, les républiques de Venise et de Lucques, à le charger dans leurs États respectifs de la direction de divers grands travaux hydrauliques. En 1702, iléchangea sa chaire de mathématiques à Padoue contre celle de médecine. 11 mourut le 12 juillet 1710, à l’âge de cinquanle- cinq ans. L'Académie des sciences de Paris l'avait admis dans son sein dès 1696. La meilleure édition de ses œuvres est celle de Bologne, 1756, avec notes de Manfredi.

GUI (en latin viscus), plante parasite, qui naît sur le chêne et sur d’autres arbres, et qui sert encore à quelques usages en médecine. Les grives en étaient très-friandes, si l’on en croit les anciens. Le gui de chêne est célèbre dans les antiquités gauloïises. Les Gaulois avaient pour ce fruit une vénération toute particulière : d’ailleurs, chez eux le chêne était un arbre sacré. Il l'était encore plus que l'olivier dans l’Attique : c'était l’emblème de la puissance divine. Pline le naturaliste rappelle avec détail les pratiques observées à l'égard du gui, qui, dit-il, avait dans la langue gauloise un nom signifiant guérissant tout. C’était au premier jour de l’année, et avec une serpe d’or, que le prêtre, en grande cérémonie, coupait le gui, qu’on recevait sur un morceau d’étoffe d’une laine blanche et fine ; ensuite, on immolait deux taureaux blancs au pied du chêne. L'introduction du christianisme en Gaule fut loin de faire tomber toutes les superstitions gauloises. Il est certain qu’en Bourgogne, dans le Lyonnais, en Picardie, et surtout en Guyenne, il se pratiquait au premier jour de l’année des cérémonies qui rappelaient celle du gui : témoin cette vieille exclamation à gui l’an neuf! non point, comme l'ont prétendu quelques auteurs, empruntée aux druides, qui ne parlaient certainement pas français, mais qui était une antique traduction en langue romane de la fornule origiuelle dont ces prêtres se servaient. Auraïit-on quelque doute à cet égard, il serait dissipé par ce vers d’Ovide :

Ad viscum Druidæ clamare solebant;

C'est-à-dire : « Les Druides avaient coutume de crier au gui! au quil » Charles Du Rozom.

La botanique range le genre gui dans la famille des loranthacées, et le caractérise ainsi : Fleurs unisexuelles, monoïques ou dioïques ; trois, quatre ou cinq pétales, insérés au sommet du calice; rudiments des étamines nuls ; ovaire infère, uniloculaire ; stigmatc sessile, obtus ; baie pulpeuse, monosperme. Ce genre renferme une vingtaine d'espèces : celle que vénéraient les Gaulois est le gui blanc (viscum album, Linné), auquel on attribue encore dans plusieurs contrées des propriétés merveilleuses, de même que la médecine du moyen-âge en faisait un spécifique contre l’épilepsie et d’autres affectiuns nerveuses.

Les semences de ces plantes parasites germent sur tous les corps ; mais elles ne peuvent prendre d’accroissement que sur les arbres. Il en sort deux ou trois radicules terminées par un corps rond. Ces radicules s’allongent jusqu'à ce qu’elles aient atteint l’écorce; alors ces corps ronds s’ouvrent; leur orifice présente la forme d’un petit entonnoir, dont la surface intérieure est tapissée d’une substance jaune et visqueuse. Du centre et des bords de ces orifices sortent de petites racines qui s’insinuent entre les lames de l'écorce et parviennent jusqu’au bois sans y pénétrer : si on les y trouve engagées, c’est parce qu’elles ont été recouvertes par les couches ligneuses qui se forment chaque année entre le bois et l'écorce, Le gui se développe alors et devient un petit arbrisseau, divisé presque dès sa base en rameaux nombreux, dichotomes , articulés , d’un vert clair, un peu jaunâtre. Les feuilles sont épaisses, sessiles, oblongues, op posées. De Candolle a suffisamment établi que le gui tire sa nourriture de l'arbre sur lequel il végète, Aussi le culti vateur ne voit-il plus en lui qu’une plante extrémement nuisible , qu'il s'empresse de détruire aussitôt qu’elle commence à paraître; car s’il attendait, il se verrait bientôt obligé de couper la branche même qui porte ce parasite,

GUI ou BOME (Marine). C’est une longue pièce de bois de sapin qui fait partie de la mâture d’un navire. Elle sert à étendre la partie inférieure de la voile appelée brigantine.La bôme, soit qu’elle fonctionne ou qu’elle soit au repos, est placée très-près du pont, dont elle embarrasse l’espace : elle est supportée à son extrémité inférieure par le pied du mât de l'arrière, sur lequel elle tourne comme sur un centre, et se prolonge, dans le sens de l’avant à l’arrière, pour projeter au dehors du navire son extrémité qui retient le coin de la voile dont elle est l’auxiliaire. A l’état de repos, la bôme s'appuie sur un croissant en bois ou en fer, fixé sur le cintre supérieur de la poupe. Malgré l'importance de cette pièce, l'encombrement qu’elle cause sur le pont fait désirer qu’on parvienne à la remplacer, tout en conservant la voile qui emprunte son secours.

&UI ou GUIDO D’AREZZO, encore nommé Guy Aretin, moine bénédictin de l’abbaye de Pompose, né à Arezzo, vers l’an 990. Deux lettres de cet homme célèbre, rapportées par Baronius et Mabillon, sont les seules sources où soient contenus des renseignements sur sa vie et sa personne. Il paraît que Gui, s’étant livré dès son jeune Age à l’étude de la musique, fut chargé d’enseigner cet art aux religieux de son couvent. La méthode qu’il employait était tellement supérieure à celle qui était usitée dans les écoles de son temps que ses élèves faisaient des progrès rapides et parvenaient en une année à posséder parfaitement l’art du chant, qu'il fallait auparavant dix années pour apprendre. Le bruit de ses succès s’étendit jusqu’à Rome , où il fut appelé par le pape Jean XIX. Ce pontife l’accueillit avec bienveillance, parcourut l’antiphonier qu’il lui présenta, et fit lui-même application de la nouvelle méthode à un verset qu’il chanta tout de suite avec facilité. II permit ensuite à Gui de retourner dans son couvent, après avoir approuvé son système et encouragé ses efforts.

Les progrès que l’art musical fit au onzième siècle, la révolution qui s’opéra alors dans le système de notation et dans l’enseignement de la musique, l'invention de l’harmonie même, toutes ces innovations ont été attribuées à Gui d’Arezzo, quoiqu'il soit constant, par la lecture de ses ouvrages , qu’il a ignoré les unes, et que les autres étaient connues avant lui, Le seul de ses titres de gloire qui ne puisse lui être contesté, e’est le système assez ingénieux à l’aide duquel il simplifia la notation musicale.

On ignore l’époque de la mort de Gui d’Arezzo, qui vivait encore en 1030. Quelques-uns de ses ouvrages ont été réunis et publiés par l'abbé Gerbert, dans la collection Scriptores ecclesiastici de Musica sacra : le plus important est intitulé : Micrologus de Disciplina Artis Musicæ, dédié à l’évêque Teudalde, et divisé en 22 chapitres. La Bibliothèque impériale possède plusieurs manuscrits des traités de Gui d’Arezz0. F. Dansov.

GUI LE GROS ou GUI FOULQUES. Voyez CLÉMENT IV.

GUIBERT.,. Voyez CLémenr II, antipape.

GUIBERT (JACQUESs-ANTOINE-HiPPoLYTE, comte DE), maréchal de camp, naquit à Montauban, le 12 novembre 1743. Fils d’un lieutenant général de mérite, il reçut une éducation distinguée, et se voua à la carrière militaire, A treize ans il accompagnait son père à l’armée d'Allemagne, commandée par le maréchal de Broglie, et se faisait, durant les six dernières campagnes de la malheureuse guerre de sept ans, remarquer par sa présence d'esprit, par son courage, par la rectitude de ses observations sur les mouvements et sur les manœuvres des troupes. Après la guerre d'Allemagne, il s’occupa d’approfondir ses études. Bientôt, il quitta la plume pour reprendre l'épée, et alla faire la campagne de Corse, où il se distingua d’une manière brillante. 11 reçut à celle occasion la croix de Saint-Louis, et fut nommé colonel de la légion corse, qu'il avait lui-même organisée, En 1773 il fit paraître son £ssai général de Taclique : on sait que cel ouvrage grossit en même temps le nombre des partisans de son système et lui attira des inimitiés. 11 passa en Prusse la même année, et reçut du grand Frédéric l'accueil le plus

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