‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 425 sur 552 · GUI — GUIBRAY · texte numérisé non relu

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bienveillant. C’est dans cette partie de l'Allemagne que se développa plus particulièrement son goût pour la littérature militaire, goût auquel il se livra tout entier pendant les deux années qu’il habita ce pays.

Le comte de Saint-Germain, nommé ministre de la guerre en 1775, rappela Guibert en France, l’employa près de lui, et fut redevable à ses conseils des changements qui s’opérèrent bientôt dans les différentes parties de l’administration de la guerre et dans l’organisation des troupes. Il prit surtout une part très-active à la rédaction de la belle ordonnance de 1776 sur les manœuvres de l'infanterie, reproduite, avec de légères modifications, dans les ordonnances de 1791 et 1831. En 1779, deux ans après la tenue du camp de Vaussieux, en Normandie, il publia sa Défense du Système de querre moderne, œuvre qui n’eut pas le succès de l’'Essai général de Tactique, maïs qui lui est bien supérieure dans la pensée des militaires. Nommé successivement brigadier en 1782, membre et rapporteur du”conseil d’administration de la guerre en 1787, maréchal de camp, avec l'emploi d’inspecteur d'infanterie, en 1788, il apporta dans chacune de ces fonctions un zèle, une activité et une aptitude vraiment remarquables. C’est surtout comme rapporteur du conseil de la guerre que s'établit sa réputation. Il coopéra d’une manière très-active à tous ses travaux , et rédigea la plus grande partie des ordonnances qui en sont émanées. Les nombreuses occupations de Guibert ne l’empêéchèrent pas de seconder son père dans l’administration de l'hôtel des Invalides, dont celui-ci avait été nommé gouvernenr en 1782. Il fut très-utile à cet établissement, et s’en occupa avec tout le zèle, toute la sollicitude d’une sage philanthropie. La réforme de nombreux abus, la réduction dans l’armée d'emplois et de cadres inutiles, que l’on attribua au rapporteur du conseil de la guerre, lui firent un grand nombre d’ennemis. On l’accusa à tort d’avoir voulu introduire dans les régiments l’usage des coups de bâton et autres pénalités d’une sévérité révoltante, Cette accusation injuste fit échouer sa candidature aux états généraux, et il publia à cette occasion un curieux Mémoire au public et à l'armée sur Les opérations du conseil de guerre.

Il s’essaya aussi dans l’art dramatique : sa tragédie du Connétable de Bourbon, qui parut en 1775, et qui excita un vif enthousiasme à la lecture, n'eut aucun succès à la représentation sur le théâtre de la cour à Versailles. Deux autres tragédies de lui, Za Mort des Gracques, et Anne de Boulen , ne furent point jouées et n'ont été imprimées qu'après sa mort, On lui doit encore des Éloges de Catinat, . du chancelier de L'Hospital, du roi de Prusse, de M"° de l'Espinasse. Le Traité de la Force publique fut le dernier ouvrage qu’il publia. Sa veuve fit paraître ses Voyages en Allemagne, en Suisse et en France. En 1786 l’Académie Française lui avait ouvert ses portes; il succédait à Thomas. Son discours de réception fit grand bruit dans certains cercles, mais pas au delà. Il eut, au reste, de brillants succès près des femmes : on connaît ses relations avec M! de l’Espinasse, qui lui écrivait : « Mon ami, je souffre, je vous aïme et je vous attends. » M"®° de Staël nous a laissé de lui un éloge qui frise le panégyrique. II mourut à Paris, à quarante-sept ans, le 6 mai 1790, en s’écriant, dans le délire de la fièvre : « Ma conscience est pure, ils me rendront justice. »

GUIBRAY (Foire de). Elle se tient dans l’un des faubourgs de la petite ville de Falaise. Elle fut fondée au onzième siècle, par Robert, duc de Normandie, Il l'avait établie au bas des remparts même de Falaise; Guillaume le Bâtard la transféra dans les champs avoisinant l’église de Guibray, devenus avec la suite des temps l’un des faubourgs de Falaise, et c’est là encore qu’elle se tient aujourd’hui. Les opérations en ont lieu quinze jours après celle de la foire de Beaucaire. Le déballage des marchandises a lieu dès le 13 août; et la vente en gros commence aussitôt. Les upérations de détail, qui constituent la foire proprement dite, | s'ouvrent le 15 août, par une procession solennelle sortie de

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