‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 426 sur 552 · GUIBRAY · texte numérisé non relu

GUIBRAY

d'église de Guibray, et qui parcourt les principales rues occupées par les marchands. Le maire et le conseil municipal la suivent. Sa rentrée à l’église est le signal de l'ouverture de la foire véritable, et le jour même, à cinq heures après midi, on peut déjà commencer à enlever les marchandises achetées. Cette vente de détail n’a guère lieu que pour le commerce des nouveautés. Il est rare que les affaires en gros, commencées dès le 13, ne soient pas toutes terminées au plus tard le 18. Les livraisons de marchandises et les règlements de compte ont lieu dans les jours qui suivent. Le 24, toutes les opérations doivent être terminées. Le 25 les payements s'effectuent, et le 26 les protêts. Le tribunal de commerce, la justice de paix et la mairie, qui depuis le 16 étaient venus s'établir par extraordinaire dans le faubourg de Guibray, rentrent le 25 en ville ; et les rues de la foire, ainsi que les champs voisins, redeviennent aussi déserts, aussi tristes qu’ils étaient animés et bruyants les jours précédents.

La foire de Guibray est pour les ma» ractures du nord et du nord-ouest de la France ce que celle de Beaucaire est pour celles du midi. Année commune, il se fait à la foire de Guibray de 15 à 16 millions d’affaires ; les rouenneries et les cuirs y ont la plus belle part, environ 1,500,010 francs, les draps, les flanelles, les batistes, l’épicerie, la quincaillerie, V'indigo, les bois de teinture, la bonneterie, les velours, la mercerie, les soieries, les nouveautés, les toiles, etc., etc., viennent après. Les opérations de la foire de Guibray coïncident avec une foire aux chevaux et aux bestiaux qui commence une semaine auparavant et dont on évalue l’importance à 1,500,000 francs.

GUICCIARDINI (F£-xcesco), dont nous avons fait Guichardin, naquit à Florence, le 6 mars 1482, de l’une des plus anciennes et des plus nobles familles de cette république. La nature le doua d’un esprit vif et pénétrant, d’une mémoire heureuse, d’une grand courage uni à beaucoup de sang-froid, et d’une constitution robuste. Une excellente éducation littéraire développa en lui le don de l’éloquence, qu’il avait reçu de la nature; enfin, la gravité, la sévérité même de son caractère le disposèrent de bonne heure au maniement des affaires d’État. Dès l’âge de seize ans il commença à Florence l’étude du droit civil, qu’il alla suivre à Ferrare, et ensuite à Padoue. 11 y fit de si grands progrès, qu'étant retourné à Florence en 1505, la Seigneurie le chargea d’expliquer les Institutes de Justinien , quoiqu'il n’eût que vingt-trois ans et qu’il ne fût pas encore reçu docteur. 11 obtint ce grade la même année; mais bientôt, ennuyé de l’enseignement public, il se livra tout entier aux exercices du barreau. Sa réputation engagea le gouvernement de Florence à lui confier plusieurs missions importantes, puis une ambassade à la cour de Ferdinand le Cathoäque, dont il sut gagner les bonnes grâces. A la fin de 1515, il fut choisi pour aller à Cortone recevoir, au nom de la république, le pape Léon X, qui venait faire, avec tout le faste d’un souverain et d’un Médicis, son entrée à Florence.

Juste appréciateur du mérite, le pontife distingua. Guicciardini, le nomma avocat consistorial, l'appela à Rome, le fit gouverneur de Modène et de Reggio, et bientôt après commissaire général de l’armée pontificale. Léon X venait d'ajouter à ces faveurs le gouvernement de Parme, lorsqu’il mourut. Guicciardini acquit beaucoup de gloire à la défense de cette ville, assiégée par les Français. Adrien VI le confirma dans tous ses emplois; Clément VIL fit plus: il lernomma d’abord gouverneur de toute la Romagne, où il fonda des établissements utiles, et devint en peu de temps l'idole de tous les partis. Quand la guerre eut définitivement éclaté entre le saint-siége et l'empereur, Clément le créa lieutenant général de l’armée romaine. Le mauvais succès de cette guerre ne peut être imputé à Guicciarini, aui y déploya ses talents et son activité ordinaires. :

A la mort de ce pontife, Guicciardini, qui servait non l'Église, mais les Médicis, sé refusa aux offres de Paul III, et se retira à Florence, auprès du duc Alexandre, Ses con-

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