GUIDAL
seils modérèrent souvent la prodigalité et l'ambition de ce prince, qui le regardait comme son père, Alexandre ayant été assassiné en 1536, les Florentins penchaïent pour le gouvernement républicain. Guicciardini fut presque le seul qui se déclara en faveur du gouvernement monarchique. Son éloquence l'emporta, et Cosme de Médicis fut proclamé. N'ayant pas obtenu dans les affaires la part qu’il s’attendait à y prendre, il se retira, en 1539, dans sa délicieuse campagne d’Aratri, Mais à peine y avait-il passé un an qu'il mourut, le 17 mai 1540, âgé de cinquante-huit ans. Il s'était marié, en 1505, avec une dame de l’illustre famille des Salviati, dont il eut sept filles. Charles-Quint l’honora d’une bienveillance particulière : les courtisans de ce prince se plaignant de ce qu’il leur refusait audience, tandis qu’il s’entretenait avec lui pendant des heures entières : « Dans un instant, leur répondit:il, je puis créer cent grands d’Espagne, mais dans cent ans je ne saurais faire un Guicciardini. »
Le rôle qu’il joua dans les affaires de son siècle suffirait pour transmettre sa mémoire à la postérité, mais c’estsurtout comme historien qu’il a rendu son non immortel. Il n’avait songé, dans le principe, qu’à écrire sa propre histoire, ou les mémoires de sa vie. Nardi lui suggéra l’idée plus grande de transmettre à la postérité tout ce qui de son temps s'était passé en Italie. Il travaillait à ce grand ouvrage depuis plusieurs années, lorsqu'il se retira des affaires. On lui a souvent reproché la prolixité de ses récits. Quelques événements occupent, il est vrai, dans la narration générale une étendue excessive et disproportionnée : la guerre de Pise, par exemple. On a critiqué aussi l’emploi trop fréquent et l’étendue invraisemblable des harangues qu’il met dans la bouche {de ses personnages : peutêtre ce défaut doit-il être attribué au siècle où il écrivait. La meilleure édition de son Zs{uria d'Italia est cèlle qu’en a donnée Rosini (10 vol., Pise, 1819). C%° ne BRapi.
GUICCIOLI (Comtesse). Voyez Byron.
GUICHARDIN. Voyez GuiccrARDINI.
GUICHE (Ducs de). Voyez GRAMONT.
GUICHET, petite porte pratiquée dans une autre, plus grande, et queiquefois à côté. On n’en voit guère qu’aux portes des places fortes, des forts, des châteaux et surtout des prisons.
A Paris, on nomme guichets du Louvre les arcades de ce palais qui servent de passage aux voitures et aux piétons.
On appelle aussi guichet une petite ouverture, ou fenêtre, pratiquée dans une porte, et par laquelle on peut parler à quelqu'un , ou: lui faire passer quelque chose, sans être obligé d'ouvrir la porte. 11 y en a beaucoup dans les prisons, où ils sont ordinairement grillés quand ils n’ont pour usage que de servir à la transmission de la parole. ËÉtre pris au guichet se dit figurément d’un homme arrêté au moment où il va s'évader.
En termes d’hydraulique, on appelle guichets des ouvertures pratiquées dans les grandes portes et vannes des écluses, pour introduire l’eau dans les petits bassins et y mettre à flot les navires qu’on y a radouhés. Ces guichets se ferment avec de petites vannes, qu’on lève et baisse à l’aide de crics, attachés sur l’entretoise supérieure.
Le guichetier est un valet de prison, qui ouvre et ferme les guichets, et à qui l’on confie la garde des prisonniers.
GUIDAL (MaximILiEN-Josepn), général de brigade, fusillé le 29 octobre 1812, dans la plaine de Grenelle, pour I part qu’il avait prise, avec Lahorie, à la fameuse conspiration du général Malet, était né à Grasse, en 1755. Entré de boune heure au service comme simple soldat, il parvint, grâce au mouvement de 1789, aux épaulettes étoilées. D’un caractère altier et violent, il eut avec plusieurs ministres de la guerre de nombreux démélés, par suite desquels on le mit à derni-solde. Enfin, son peu de ménagement dans l’expression de la haine profonde qu’il avait vouée à l’empereur, le fit arrêter par mesure de haute police et jeter à la Force. C’est dans cette prison qu’il fit la connaissance du générat Malet, détenu à peu près pour les mêmes motifs. C’est aussi
à la Force que celui-ci vint le prendre, le 24 octobre 1812, à cinq heures du matin, en vertu d’un faux ordre, pour en faire son second dans l’échauffourée à jamais célèbre à laquelle son nom est resté attaché. Enfin, c’est à la Force que, trois beures après, il conduisait et enfermait lui-même le préfet de police en personne, surpris dans son sommeil, M. Pasquier, lequel crut uaïvement à la mort de l’empereur, dont le bruit, bardiment répandu par les conspirateurs, avait eu pour résultat de leur donner le pouvoir pendant quelques heures. On sait que la présence d’esprit et la fermeté du général Hullin, commandant de Paris, firent échouer le complot au moment où tout semblait déjà consommé. Traduits devant une commission militaire, les conjurés furent condamnés à mort cinq jours après, et immédiatement exécutés. Le général Guidal marcha au supplice en vouant à l’exécration publique Napoléon et son système.
GUIDE. Il est des circonstances, physiques et morales, où l’homme, entrant pour la première fois dans des voies inconnues, court le danger de s’égarer et de périr. Un secours étranger lui est alors nécessaire : celui qui le lui donne s’appelle guide. Soit qu'il éclaire de son expérience les passions humaïnes, soit que, remplissant une mission moins élevée peut-être, il se borne à le conduire par la main dans des lieux nouveaux pour lui, dans des sentiers escarpés et coupés de précipices, le guide n’en a pas moins droit à sa reconnaissance. Nous ne parlerons ici ni du guide moral, dont tout le monde comprend la nécessité, ni des écrits divers, publiés sous ce titre, nous inspirant dans nos travaux, nos actions, nous donnant des conseils sur la manière d'accomplir certains devoirs, des instructions sur un art, des renseignements sur un pays, jusqu’au guide-ône populaire et naïf, ni de ces guides des Pyrénées, des Alpes, qui, un long bâton ferré à la main, font métier de partager les courses périlleuses et les longues explorations des voyageurs. Chacun a pu apprécier les dangers qu’ils courent. En temps de guerre, les troupes emploient à les conduire des hommes élevés dans les localités qu'elles parcourent; ces hommes portent aussi le nom de guides. Tant que l'armée opère sur la frontière, elle en trouve d'excellents dans les douaniers, les contrebandiers et la gendarmerie locale. En avançant dans un pays ennemi, il est plus difficile d’en trouver ; généralement il ne faut se fier que très-médiocrement à eux; on doit prendre des précautions pour qu’ils ne puissent s’enfuir.
Dans la théorie rilitaire, on appelle guides les hommes sur lesquels les autres doivent régler leurs mouvements et leurs alignements dans les évolutions : guides généraux, guide à droite, guide à gauche.
Le général Bonaparte, ayant failli être enlevé, le 30 mai 1796, par des coureurs ennemis, qui pénétrèrent dans le bourg de Valeggio , sentit la nécessité d’avoir une garde d'hommes à cheval, chargée spécialement de veiller à la sûreté de sa personne. Ce corps, auquel, par déférence pour le Directoire, il donna le nom de guides , fut immédiatement organisé par Bessières, alors simple chef d’escadron, et devint plus tard le noyau du beau régiment des chasseurs à cheval de la garde impériale. Les guides reparurent avec la république de 1848, lors de la formation de /armée des Alpes, mais autant l'uniforme des guides de l’empereur avait été brillant, autant celui des nouveaux guides (bleu foncé et lie de vin) fut sombre et triste. Dans le principe, on ne devait recruter ce corps, formant un seul escadron , que parmi des hommes parlant au moins une langue étrangère. On se relâcha bientôt de cette condition obligatoire, et le neveu de l’empereur, arrivant au pouvoir, porta cet escadron à un régiment, qu’il revêtit du brillant uniforme des guides du premier empire, et qu'il a incorporé dans la nouvelle garde impériale lors de sa formation. L'obligation imposée aux candidats de posséder au moins me “rs étrangère était depuis longtemps tombée en désuéluue,
Du reste, elle n'était pas inusitée dans ce corps : le 12