GUIDAL — GUIDE
vendémiaire an xu, un arrêté des consuls avait prescrit la formation d'une compagnie de guides-interprètes, qui devait être employée près de l’armée d’Angleterre : il fallait, pour obtenir la faveur d'en faire partie, quelle que fut lanationalité du postulant, qu’il parlât et traduisit l'anglais, qu’il eût habité l'Angleterre et qu'il en connût la topographie.
Les guides d’un cheval consistent en une espèce de rêne en cuir, attachée à la bride d’un cheval attelé, et servant à le guider. Payer les guides, payer les guides doubles, c’est payer au postillon qui nous conduit le droit prescrit pour chaque poste ou le droit double,
GUIDE (Gumo RENI, plus connu sous le nom du), péintre célèbre de l’école bolonaise, naquit à Bologne, le- 4 novembre 1575. De bonne heure on devina ce qu’il devait être plus tard. Son père, Daniele Renr, musicien distingué, voulait lui enseigner la musique; tous ses efforts n’aboutirent qu’à un faible résultat, mais il n’en fut pas de même à l'égard du dessin, Denys Calvaert, peintre flamand, qui lui donnait des leçons, fut bientôt surpassé par sorr élève. La supériorité d’Annibal Carrache sur son premier maître le frappa; il voulut suivre les leçons d’Annibal, et peu de temps après il avait mis de côté la manière flamande et la couleur sombre qu’il avait empruntée au Caravage, pour suivre l’école de son nouveau maître. Orphée et Lurydice fut le sujet du premier tableau, qui attira à son auteur des félicitations générales. Le Guide voulut mériter encore de nouvelles louanges, et pour les acquérir il se mit à peindre à fresque, Après un travail opiniâtre , il parvint à établir d’une manière incontestée sa réputation, qui ne tarda pas à se répandre jusqu'à Rome. Encouragé par ses nombreux succès , et désireux de visiter le sanctuaire des arts, il partit pour aller visiter Annibal Carrache, qui travaillait à la galerie Farnèse. Son maîtrele présenta à Josépin, au Pomerancio et à Gaspard Cilio, qui accréditèrent à Rome la réputation du Guide, en opposition à celle du Caravage, leur mortel ennemni. De là cette lutte incessante qui ne se termina qu’à la mort des antagonistes. Timide et faible, le Guide répondait à peine aux insultes et aux provocations du furieux Caravage, qui se: faisait des partisans parmi les gens timorés, qu’il menaçait de son épée s'ils refusaient de l’admirer. Josépin employa son influence, qui était grande, à faire supplanter le Caravage. Ce dernier avait ébauché, pour le cardinal Borghèse, le Martyre de saint Pierre : le tableau fut retiré de ses mains pour être continué par le Guide, à la condition cependant qu’il le terminerait à la manière de celui qui l’avait commencé,
Dans la suite, ceux-là même qui l’avaient protégé se repentirent de leur conduite ; ils se reprochèrent d’avcir donné l'essor à un talent qu'ils craignaient de voir les éclipser tous. Ses ennemis déployèrent toute la ruse imaginable pour l’empêcher de recevoir les sommes qu’on lui devait pour ses peintures. Le trésorier du pape, gagné par eux, lui suscita mille contrariétés. Le Guide, humiliéet irrité en mêmetemps, quitta secrètement Rome, et partit pour Bologne. Le pape Paul V, ayant appris le départ du peintre, bläma sévèrement ceux . qui lavaient laissé partir, et il envoya sur - le - champ: son nonce auprès de lui avec l’ordre formel de le ramener. Ce ne fut qu’après de vives instances qu’il consentit à revenir à Rome. Le pape le reçut avec beaucoup d'égerds, et le chargea d'importants travaux, entre autres du soin de décorer la chapelle de Monte Cavallo. Aussitôt ses engagements remplis, il quitta Rorne de neuveau pour retourner dans sa ville natale : là du moins il n'avait pas à redouter la jalousie de ses ennemis. C’est à cette époque qu'il fit ses tableaux les plus remarquables,
Le Guide peignait avec une étonnante facilité : on dit que plus de deux cents tableaux de grande dimension sont surtis de son atelier. Le détail de toutes ces peintures serait trop long. Nous nous bornerons à indiquer les principales compositions : Les Travaux d'Hercule, La Toilette de Vé-