‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 432 sur 552 · GUILLAUME — GUILLELMITES · texte numérisé non relu

GUILLAUME — GUILLELMITES

France et d'Angleterre. Ce qu'il y a de certain, c’est qu’il n'existait plus en 1193 ; car à celte époque nous trouvous le siége de Tyr occupé par un archevêque d'un autre nom, Son ouvrage capital est intitulé : Historia rerum in parlibus transmarinis geslarum «a lempore successorum Mahometis usque ad annum Domini 1184. Il est divisé en vingt-trois livres, dont les quinze premiers vont jusqu’en 1149. Les huit autres sont consacrés au récit des faits dont Auillaume de Tyr fut témoin, et auxquels il prit une part assez importante. Il avait aussi écrit, à la demande d’Amaury, une Histoire des Arabes, depuis la venue de Mahomet jusqu’à l’année 1184 ; le manuscrit n’en a pas été retrouvé.

GUILLAUME LE BRETON, célèbre poëleet historien, surnommé Arrnoricus, ou Brito-Armoricus, né en lannée 1165, dans le diocèse de Léon, en Bretagne, mort, avec le titre de chanoine deSenlis, vers 1230, remplit longtemps les fonctions de conseiller intime auprès de Philippe-Auguste, dont il avait d’abord été chapelain. Ce prince l’envoya, à diverses reprises, à Rome pour y négocier l'annulation de son mariage avec Ingelburge, et lui confia plus tard l'éducation de son fils naturel Pierre Charlet. Guillaume était auprès de lui à la bataille de Bou vines. Témoin des hauts faits de cette immortelle journée, il entreprit de les célèbrer dans un poëme intitulé {a Philippide, qui, dans ses douze livres, ne contient pas moins de 9,000 vers, et qui comprend l’ensemble des quarante-trois années du règne de Philippe- Auguste. « Ce poëme, dit M. Guizot, sort de la sécheresse d’une narration pure. Si le poëte ne peint pas, du moins il décrit; lesmœæurs des peuples, la situation des lieux, la forme des armes et des machines, les phénomènes de la nature, entrent dans sa composition, et y font passer quelque chose du mouvement intellectuel qui commençait à se produire en France, » On lui doit aussi une histoire en prose latine des Gestes de Philippe-Auguste.

GUILLAUME DE CHARTRES, né vers 1210, mort vers 1280, fut chapelain de saint Louis, qu'il suivit deux fois à la croisade, et dont il partagea la captivité. Il s'était fait dominicain dans l'intervalle de ses voyages. Il à écrit une suite à la vie du saint roi composée par Geoffroy Beaulieu, dans laquelle on ne trouve guère que des particularités relatives aux vertus du pieux monarque. Elle est intitulée : De Vita et Actibus inclytæ recordationis regis Francorum Ludovici, el demiraculis quæ ad ejus sanclitatis declarationem contigerunt, et se trouve dans divers recueils, notamment dans ceux des Bollandistes et des historiens de France. On a aussi de lui trois sermons demeurés manuscrits, et la vérité nous oblige d’ajouter qu’ils ne méritent guère d’être publiés.

GUILLAUME DE LORRIS naquit à Lorris, près de Montargis. Les particularités de sa vie, comme la date de sa naissance, sont inconnues. Fauchet pense qu’il étudia la jurisprudence : on croit qu’il mourut vers lan 1240; du moins telle est l'opinion du savant Raynouard. On lui doit les 4,150 premiers vers du célèbre Roman de la Rose, que Jehan de Meung, dit Clopinel, continua en 1280.

GUILLAUME DE NANGIS, historien du treizième siècle et moine bénédictin de l’abbaye de Saint-Denis, est auteur de trois ouvrages d’une haute importance pour notre histoire nationale, à savoir : d’une Vie de saint Louis et de Vies de ses frères, Philippe le Hardi et Robert, dédiées à Philippe le Bel, ainsi que d’une chronique qui remonte jusqu’à l’origine du monde, en s'appuyant sur les chroniques précédentes, dont elle reproduit presque textuellement le récit, notamment sur celle de Sigebert de Gernbloux , mais qui devient originale à partir de l’an 1113, pour s'arrêter en 1301. Peu de chroniques sont écrites avec autant de judicieuse critique, et présentent les faits sous un Jour aussi propre à intéresser le lecteur aux souffrances du peuple. Elle a été continuée par plusieurs écrivains. M. Guizot en a donné une traduction dans sa collection de Mémoires sur l’histoire de France.

GUILLAUME DE NORMANDIE , trouvère anglo-normand, contemporain de Jean sans Terre, de Philippe

Auguste, et de saint Louis, est auteur du Besant de Dieu, poème dans lequel les rois, les princes et les prêtres sont fort malmenés, ainsi que d’un grand poëme intitulé : Zi Bestiaire divins, espèce de zoologie appliquée à la religion. Ce livre est surtout curieux à cause des renseignements que l’on y trouve sur les croyances du peuple en histoire naturelle à l’époque où le poëte rimait. C’est ainsi qu’il décrit, entre autres animaux , le phénix et les syrènes. Dans un autre poëme, il raconte les aventures de Frégus, héros dont le nom ne se rencontre nulle part ailleurs, et qui appartient au cycle d'Arthur. Il est encore auteur de deux fabliaux : La male Route, imbroglio peu compréhensible, et Le Prétre et Alison, conte fort licencieux. On ne connaît de Guillaume de Normandie que son prénom et sa qualité de clerc de Normandie.

GUILLAUME (Gros). Voyez GRoS-GUILLAUME.

GUILLAUME (Monsieur). Ce dansomane, dont la célébrité est bien passée de mode, était, sous le règne de M. Léon Pillet, directeur de l’Académie royale de Musique par la grâce de M. Thiers, et encore sous le règne de M. Duponchel son successeur, un vieux garçon, amateur tellement passionné de la chorégraphie, des jetés battus et des pirouettes, qu’en dépit de cinquante bonnes mille livres de rente, gagnées Dieu sait où, il s'était mis maître à danser et tenait école publique, disons mieux, académie de danse, à l'usage de l’un et de l’autre sexe. Sa prétention était de former des Taglioni, des Elssler, des Carlotta Grisi, des Vestris, de les élever à la brochette et d’en avoir toujours au moins une paire de rechange à la disposition des grandes scènes de l’Europe qui lui feraient l'honneur de le charger de recruter leur corps de ballet. L'école chorégraphique de monsieur Guillaume devint peu à peu un sanctuaire duquel les initiés n’approchaient qu'avec componction et après de minutieuses formalités, destinées à tenir à respectueuse distance les profanes, qui n’en grillaient que plus démesurément d'envie de forcer la consigne. Monsieur Guillaume fut à un raoment donné tellement le lion du jour, que l'opinion publique, toujours si prompte à s’alarmer quand on essaye de lui dicter des choix ou de lui imposer des réputations, ne trouva rien à objecter quand on vint un beau matin lui apprendre qu'il allait passer officiellemeut directeur de l’Académie royale, à laquelle il faisait royalement don de ses cinquante mille francs de rente pour payer sa bien-venue. Ce que c’est pourtant que de savoir mourir et surtout tester à propos! S'il eût fait à ce moment ce sacrifice, monsieur Guillaume vivrait encore fout au moins dans la mémoire des artistes reconnaissants, fandis que nul peut-être ne nous saura gré de lui avoir consciencieusement assuré ici la bien faible part d’immortalité que notre ami Eugène Briffaut, en nous décrivant les soirées de l'hôte! Castellane, s'était engagé à lui accorder pour prix des services qu’il rendait journellement à l’art de la danse ainsi qu’à l'éducation des bayadères chargées d’en transmettre les vrais principes à nos arrière-neveux et nièces.

GUILLAUME (Ordre militaire de). Cet ordre de chevalerie fut créé en avril 1815, par le roi des Pays-Bas, Guillaume I**, pour récompenser les services rendus à l'État. Il est divisé en grands-croix, en commandeurs et chevaliers de première et seconde classe. Les croix de chevalier de seconde classe sont réservées aux sous-officiers et soldats, auxquels elles valent une haute paye. La décoration que les titulaires portent suspendue à un ruban orange, liseré de bleu, consiste en une croix d’or (et d’argent seulement pour les chevaliers de la seconde classe), à huit pointes, émaillée de blanc, surmontée de la couronne royale, avec ces mots hollandais pour devise : Voor moed, beleid, trouw (pour la bravoure, le talent, la fidélité).

GUILLAUME DE VAUDONCOURT. Voyez Vau- DONCOURT.

GUILLAUME TELL. Voyez TELL.

| GUILLELMITES ou GUILLELMINS, ordre de religieux, fondé en 1154, var un gentilhomme français appelé

Guillaume de Malleval, canonisé par la suite. On rapporte qu'après avoir embrassé le parti des armes et vécu dans la dissipation, Guillaume, décidé à changer de vie, entreprit un voyage à Rome, puis un pèlerinage à Jérusalem , et qu’à son retour en Europe, en 1153, il alla se fixer dans une vallée déserte du territoire de Sienne, appelée alors l Étable de Rhodes, où vinrent se grouper peu à peu autour de lui quelques fidèles, désireux de partager ses austérités et ses pénitences pour s'assurer avec lui le royanme éternel. C’est là qu’il mourut, quatre ans après, le 10 février 1157. Le pape Alexandre approuva, en 1256, les statuts de l'ordre des Guillelmites, ou Guillelmins, qui se répandit en Allemagne , en Flandre, en Italie, et surtout en France. Ce fut de leur couvent des Machabées, à Montrouge, qu'ils vinrent, à la fin du treizième siècle, s'établir à Paris ; dans l’ancienne maison des Servites, nommés Blancs-Manteaux. Ils n’avaicnt plus de cloîtres en France longtemps avant la révolution de 1789; mais c'était dans leur monastère de Bourges qu'avait pris naissance, en 1594, la réforme des Petits-Augnstins. Quant à leurs propres statuts, ils différaient peu de ceux des Bénédictins.

GUILLEMINOT (Armanp-Cnarces, comte), lieutenant général et pair de France, né le 2 mai 1774, à Dunkerque, combattit d’abord dans les rangs des Brabançons soulevés contre l’Autriche, et entra ensuite au service de France. Promu an grade de sous-lieutenant, il fit la campagne de 1792 à l’armée du nord. La défection de Dumouriez, à l'état-major duquel il était attaché, eut pour résultat son arrestation ; cependant, il ne tarda pas à être employé dans son grade à l’armée de Pichegru. Envoyé ensuite, avec le grade de capitaine, à l’armée d’Italie, il y fit la connaissance de Moreau, qui se l’attacha en qualité d’aide de camp ; et il remplit auprès de lui ces fonctions, notamment pendant les campagnes du Rhin. Quand éclata la conspiration de Georges Cadoudal, ses relations avec Pichegru et Moreau portèrent ombrage à Bonaparte, qui pendant plus d’une année le laissa en traitement de réforme. Mais ses rares connaissances topographiques furent cause qu’on se décida à lui rendre son emploi lors de la campagne de 1805, pendant laquelle il fut attaché au grand quartier général; en 1806 on le promut au grade d’adjudant commandant; en 1808 il passa de l’état-major de Berthier à celui de Bessières, chargé d’un commandement en Espagne. La manière brillante dont il se comporta à l'affaire de Médina del Rio Secco, lui valut sa nomination au grade de général de brigade. Après avoir été employé dans ce grade à l’armée d'Italie en {809, il revint en Espagne en 1810. Pendant la campagne de Russie en 1812, il fut d'abord attaché au grand quartier général ; mais pendant la retraite il fit partie de l'état-major du prince Eugène. En 1813 il fut chargé du commandement d’une brigade du quatrième corps d'armée. Il se comporta d’une manière brillante aux affaires de Lutzen et de Bautzen, battit le 5 septembre le général Dobschutz à Zahme, et repoussa le 28 l'attaque des Suédois contre Dessau, faits d'armes que Napoléon récompensa par le grade de général de division. En cette qualité, il contribua beaucoup à sauver à Hanau les débris de l’armée française, Au retour de Napoléon de lfle d’Elbe, le gouvernement royal le nomma chef de l'état-major de l’armée réunie sous les ordres du duc de Berry, pour marcher contre l’empereur. Après la bataille de Waterloo, il remplit les mêmes fonctions dans Parmée réunie sous les murs de Paris aux ordres du prince d’Eckmuhl. Désigné pour la délicate mission de commissaire du gouvernement provisoire chargé de traiter avec les généraux étrangers, il se rendit à Saint-Cloud, auprès de Blücher, accompagné de Bignon et de Bondy, @ signa la suspension d'armes du 3 juillet. Plus tard il suivit l’armée sur les bords de la Loire.

Après avoir été chargé en 1816 d’opérer la démarcation de la frontière de France sur les rives du Rhin, il réorganisa le dépôt de La guerre ,eten fut nommé directeur général. En cette qualité, il eut mission de dresser le plan

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