‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 439 sur 552 · GUISCARD — GUISE · texte numérisé non relu

GUISCARD — GUISE

bert : au lieu de la laisser périr de faim, l’empereur l’attaqua le {8 octobre, et fut vaincu. Guiscard s’empara de la ville. Obligé, l’année suivante, de passer en Occident pour combattre Henri IV, empereur d'Allemagne, qui, gagné par Alexis, avait porté la guerre dans ses États, il laissa son fils Boémond dans la Grèce. Celui-ci ayant été vaincu, Robert repassa en Orient, où , après avoir éprouvé des revers et remporté des victoires, il mourut, en 1085, d’une maladie épidémique, dans l’île de Céphalonie : il était dans sa soixante-dixème année.

Guiscard avait sans contredit de grandes qualités, ae {æ bravoure, de la fermeté dans les revers; il était vaste dans ses projets, tenace dans ses résolutions, audacieux dans ses en treprises; il tenta beaucoup et réussit presque toujours ; mais il ternit léclat de ses exploits par une ambition insatiable. Th. DELBARE.

GUISCHARD (Cuarzes-GorrciE8), connu sous le nom de Quintus Icilius comme le favori du grand Frédéric, né en 1724, à Magdebourg, avait commencé par étudier la théologie, puis étaitentré au service. Frédéric IX fit sa connaissance par le duc Ferdinand de Brunswick, qui, en 1758, avait attaché à son état-major avec le grade de capitaine. Dans une conversation où il était question du centurion Ilicius dont parle Polybe, il arriva au roi de l'appeler Icilius, et le capitaine Guischard se permit de relever cette légère erreur. Frédéric IL, dissimulant son dépit, lui répondit : « J'entends qu’à l'avenir, et pour le restant de vos jours, vous ne vous appeliez plus autrement que Quintus Icilius. » Dans les campagnes de 1759 et 1760, Guischard commanda, avec le grade de major, un petit corps franc. Dans les années suivantes, il servit sous les ordres du prince Henri de Prusse. Au rétablissement de la paix , en 1763, son régiment fut licencié le jour de son entrée à Berlin; mais le roi le garda auprès de lui à Potsdam, et en 1765 il le nomma lieutenant-colonel. IL mourut à Berlin, le 15 mai 1775, avec le grade de colonel.

Guischard fut du petit nombre d'hommes que Frédéric le |

Grand honora de son amitié intime; mais, pour s’y maintenir, il dut bien souvent se prêter à ses caprices. Dans ses importants Mémoires sur les Grecsel les Romains (La Haye, 1758), et dans ses Mémoires critiques et historiques sur plusieurs points d'antiquités militaires ( Berlin, 1773 ),ila relevé un grand nombre d’erreurs du chevalier deFolard.

GUISE (en latin Guisium castrum, Guisia, Gusgia), place forte de France, dans le département de l’Aisne, à 23 kil. de Vervins, sur l’Oise, avec une population de 5,659 âmes, un château sur un escarpement à 50 mètres au-dessus de la ville, des filatures et tissages de coton, des huileries, des tanneries, et un grand commerce de bois, de lin, de chanvre et d’huile. Prise par les Anglais en 1423, reprise dès 1427; prise par les {mpériaux en 1536, reprise par François 1°; assiégée vainement en 1543, 1636 et 1650, il en est fait pour la première fois une mention authentique en 1050. Elle avait alors ses comtes particuliers. Ameline de Guise, héritière de ce comté, le porta en dot à Jacques d’Avesnes, mort en 1191. Bouchard, reur fils, fut aussi comte de Blois. Son unique héritière épousa Hugues de Châtillon, comte de Saint-Pol, mort en 1248. Cette nouvelle branche s'éteignit en 1291. En 1333, le comté de Guise fut apporté en dot au duc de Lorraine, Raoul, par Marie de Blois ou de Chàtillon, et fut érigé en duché par François I‘, en 1527. Il devint, avec Aumale, Mayenne, Joinville, Elbeuf, le lot d’une branche cadette de la maison de Lorraine-Vaudemont, dans la personne de Claude, cinquième fils du duc René IL (voy. ci-après). La maison de Guise se divisa en deux branches (Guise et Elbeuf), qui s’éteignirent, la première en 1672, la seconde en 1825.

On remarque à Guise un édifice immense, quia la forme d’un palais et qui sert d'habitation à plusieurs centaines de familles ; il a été bâti selon les règles de la théorie phalanstérienne el se nomme le familistère.

GUISE (Maison de). « Les Guises, dit Montesquieu, fu: rent extrêmes dans le bien et dans le mal qu'il firent à l'État. Heureuse la France s'ils n'avaient pas senti couler dans leurs veines le sang de Charlemagne! » La volonté ferme et persévérante de se substituer à la dynastie des Valois fut en effet la pensée dominante des princes lorrains, grandes physionomies historiques, qui dominèrent par leur énergie et leur habileté les guerres religieuses de la monarchie au seizième siècle.

GUISE (CLaune DE LORRAINE, comte D'AUMALE et

duc »£), cinquième fils de René II, duc de Lorraine, né

en 1496, porta d’abord le titre de duc d’Aumale, et vint s'établir en France. A dix-neuf ans (1515), 11 contribua, à la tête des troupes du duc de Gueldre, son oncle, au gain de la bataille de Marignan. En 1522, il battit les Anglais près de Hesdin, et les Allemands devant Neufchâteau. Ses exploits contre les insurgés de Misnie, de Thuringe, de Souabe et d'Alsace, qui, profitant de la captivité du roi François I‘, menaçaient de faire irruption en France (1525), lui valurent, ainsi qu'à Antoine, duc de Lorraine, son frère aîné, un témoignagne de la reconnaissance publique , dont le parlement de Paris se rendit l'organe envers les deux frères, vainqueurs des confédérés à Loupstein, Chenonville et Saverne. Ce fut en cette considération que le roi érigea en faveur de Claude I* ( janvier 1527) la terre de Guise en duché-pairie, et le nomma au gouvernement de la Champagne. En 1543, il concourut à la glorieuse défense de Lan: drecies contre Charles-Quint. L’année suivante, après la prise de Château-Thierry, il pourvut à la sûreté des Parisiens alarmés. Telle était l’origine de l’affection et du dévoûment dont ils ont donné tant de preuves aux descendants de Claude I" de Lorraine, dans Jes temps où leur ambition devint si fatale à la France. François I°* récompensa ce nouveau service par l'érection du marquisat de Mayenne {février 1545). Celle du duché d’Aumale (juillet 1547) fut Pun des premiers actes de Henri II à son avénement au trône. Claude 1 mourut à Joinville, le 12 avril 4550. LaAINÉ.

GUISE (Xrançois pe LORRAINE , duc ne), né au chàteau de Bar, le 17 février 1519, assassiné devant Orléans, le 24 février 1563. IL était l’aîné des six fils de ce prince lorrain que la France avait si imprudemment accueilli. Avec sa taille héroïque, sa bravoure indomptable, son naturel franc et généreux, il ouvrit la carrière de cette race brillante auprès de laquelle, disait-on, les autres princes semblaient du peuple. Quatre règnes furent témoins de l'emploi ou de Pabus de ses rares qualités. Sous François 1°, ce ne fut d’abord qu’un jeune guerrier plein de vaillance ; une blessure qu'il reçut au visage, en assiégeant Boulogne, lui valut le surnom de Balafré, que son fils porta pareïllement dans la suite au même prix. Sous Henri IX, la fortune et la gloire le comblent de leurs dons, et le placent au premier rang des grands capitaines. La France triomphe partout où il est, et succombe où il n’est pas. La belle défense de Metz et la bataille de Renti attestent son courage et ses talents : il accourt du fond de l'Italie pour réparer les désastres de la défaite de Saint-Quentin; et quand on croit tout désespéré, il emporte en huit jours la place de Calais, que les Anglais possédaient depuis deux cent dix ans, 1 étonne moins encore par ses exploits que pàr la grandeur d'âme et l’humanité qu’il associe à ses victoires, et dont les habitudes guerrières de son siècle ne lui donnaient pas l'exemple. Tant de services le rendent l’idole et le génie tutélaire de la France ; le parlement de Paris le proclame conservateur de la patrie ; on propose de le créer vice-roi du royaume, et l'on ne se croit pas exempt d’ingratitude en le nommant lieutenant général des armées au dedans et au dehors. Cette haute fo tune paraît si méritée, qu'on oublie volontiers ce qui en est dû à la faveur de la duchesse de Valentinois, Diane de Poitiers. Avec un prince léger, borné et subjugué par une femme comme Henri II, fl faut se féliciter quand le caprice de la favorite rencontre un grand homme.

Cependant, lorsque ce monarque périt dans les jeux d'un tournoi , il commençait à soupçonner le duc de Guise d’étre en effet un trop grand homme pour la monarchie; mais il n’était plus temps, etles dix-sept mois du règne de François II furent la proie des princes lorrains. La nouvelle reine était leur nièce, Marie-Stuart, que les plaisirs berçaient en attendant la hache des bourreaux. Le Balafré avait un frère, le fameaux cardinal de Lorraine, assez appliqué aux affaires, mais poltron et féroce comme les animaux carnassiers. Chargé des finances du royaume, il fit planter des gibets à sa porte, et menaça de mort quiconque l’importunerait de ses demandes ou de ses plaintes. La conspiration d'Amboise se forma contre la tyrannie des deux frères, et fut révélée avant l’exécution ; le cardinal ne s'en baigna pas moins dans le sang de ses ennemis, et, il faut bien le dire, François de Lorraine n'imita que trop ses cruautés. Il n’est point de vertus que ne corrompe une ambition effrénée. Le duc de Guise, qui exerçait de fait la puissance souveraine, se voyant placé entre la branche des Valois, qui déclinait, et la branche des Bourbons, qui devait la remplacer, parut s'attacher à opprimer la première et à détruire la seconde. Maitre du roi, il dégrada Antoine de Bourbon, en l’obligeant à se tenir devant lui debout et découvert ; et, sous de vains prétextes , il fit condamner à mort le prince de Condé par des commissaires. Sa tête devait tomber le jour de l'ouverture des états-généraux , et l'on délibérait si celle du pusillanime Antoine n’aurail pas le même sort, quand la mort de l'impuissant François II, au nom de qui se préparaient ces horreurs, amena d’autres événements non moins funestes.

Catherinede Médicis parut sur la scène avec l'enfant de dix ans qui fut Charles IX. Importunée de la puissance des Lorrains, elle affecta de favoriser les protestants et les princes de la maison de Bourbon, François de Guise comprit alors qu'une guerre de religion forcerait la reine mère d’abdiquer ce rôle factice; et l’odieux massacre de Vassi, qu'il provoqua lui-même, et que ses gens exécutèrent, eut en effet cette fatale conséquence. Rendu à la vie des camps, et sevré de la maligne influence de son frère, il sema au moins de quelques vertus cette arène de tous les crimes ; la prise de Rouen et la victoire de Dreux portèrent au plus haïf point sa popularité, ainsi que l’éclat de son génie belliqueux. On le vit, au sein des discordes civiles, comme en des temps plus prospères, affable, calme, prompt à réparer ses torts, chéri des femmes, adoré des soldats, protecteur du mérite, et si libéral, qu'il laissa dans sa succession 600,000 liv. de dettes. Ce fut devant Rouen qu’un protestant qui devait l’assassiner fut renvoyé par lui sain et sauf avec cette belle réponse : « Si ta religion t’oblige « d'ôter la vie à un homme qui, de ton aveu, ne t'a jamais « offensé, la mienne m’ordonne de te pardonner ; juge la- « quelle des deux est la meilleure. » Ce fut après la journée de Dreux qu'il partagea son lit avec le prince de Condé, qu'il avait fait prisonnier, et dormit d’un profond sommeil à côlé de son ennemi vaincu.

La guerre civile n'était pas digne de tant de magnanimité ; bientôt un gentilhomme de l'Angoumois, nommé Poltrot de Mérey, qui de catholique outré était devenu protestant frénétique, tua le duc de Guise avec une recherche de trahison et de lächeté que le fanatisme seul croit ennoblir. Le héros, se sentant frappé d’un coup mortel, finit en sage une vie qui n'était pas sans reproches, donnant à la reine des conseils humains et salutaires pour la paix et le bonheur de la France. Dans cette âme excellente, l’'ambiflon seule était mauvaise, Le parlement de Paris condampa Poltrot à la peine des régicides, et ces magistrats trouvèrent ainsi le moyen d’être flatteurs et factieux jusque dans l'ordonnance d’ua supplice, LémonTEY, de l'Académie Française,

GUISE (CHABLEs DE), connu sous le nom de cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, naquit à Joinville en 1525, Paul III l’honora de la pourpre romaine en 1547, Il fut envoyé la même année à Rome, où il plut extrémement

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