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par son air noble, sa taille majestueuse , son frain magnifique, ses manières affables , ses lumières et son éloquence. À son retour en France il fut en grande faveur à la cour, et dut à ses services d'antichambre un grand nombre deriches bénéfices. 11 se signala, en 1561, au colloque de Poissy; l’année d’auparavant il avait proposé d'établir l’inquisition en France, le seul moyen qui lui parût propre à empêcher les progrès du calvinisme, Le chancelier de L'Hospital s'y opposa, et le roi, prenant un moyen terme, attribua la connaissance du crime d’hérésie aux évêques, à l'exclusion des parlements; mais leurs remontrances suspendirent l’enregistrement de l’édit.
Le cardinal de Lorraine parut avec beaucoup d'éclat au concile de Trente; il y parla avec chaleur contre les abus qui s'étaient glissés dans la cour de Rome, et se prononça fortement pour la supériorité du concile sur le pape. I y fit le premier la proposition d’élablir une ligue contre le protestantisme, projet que réalisa son neveu Henri de Guise. Sous le règne de Charles IX il gouverna les finances du royaume plutôt avec la générosité d'un grand seigneur qu'evec l’économie d’un homme d’État. Après la mort de ce prince , il se rendit à Avignon, à la rencontre de Henri IT; au sortir d’une procession il fut saisi d’une fièvre violente qui le mit au tombeau , le 26 décembre 1574.
Le cardinal de Lorraine avait des connaissances trèsétendues et une vive éloquence ; toute sa vie il fut le Mécène des savants et des artistes. Il traita cruellement les huguenots, et pourtant la cruauté ne lui était pas naturelle. Catholique zélé, il n’en fut pas moins toujours l'adversaire de la cour de Rome, si bien que Pie V l'avait surnommé Le pape d'au delà les monts.
GUISE (Louis 1‘ pe LORRAINE, cardinal pe), frère des deux précédents, naquit en 1527, fut évêque de Troyes, ensuite d'Albi, puis de Sens et enfin de Metz. Il fut promu au cardinalaten 1552. Il n'eut jamais qu’une influence très-secondaire dans les affaires de son temps, car c'était un homme médiocre, uniquement préoccupé des besoins matériels de l'humanité et dépensant ses immenses revenus à Les satisfaire largement. L’Estoile l'appelle le cardinal des bouteil. Les, parce qu’il les aimait plus que de raison. J1 mourut à Paris le 28 mars 1578.
GUISE (Hexrt pe LORRAINE, duc ne), dit Le Balafré, fils aîné de François, naquit le 31 décembre 1550, et porta d’abord le titre de prince de Joinville. Confirmé dans la charge de grand-maitre, pendant que son frère avait la promesse du cardinalat et que le duc de Mayenne était nommé grand-chambellan, Henri de Guise, enfant encore, révèle toute sa haine contre l'amiral Coligny : en sortant de l’assemblée de Moulins, où l’on essaya vainement une réconciliation officielle entre les deux maisons de Guise et de Chàtillon, on entendit le jeune prince s’écrier : « Coligny, ne suis participant en tout ceci; je te défie, toi et les tiens, pour venger la mort de mon père. » La tuerie de l'amiral et de ceux de son parti, dans les sanglantes journées de la Saint- Barthélemy, réalisa pleinement cette pensée. Le duc de Guise avait alors vingt-deux ans; sa faille était haute, sa complexion robuste, sa physionomie noble et belle : tête exaltée et d'une activité prodigieuse, il fut le principal mobile de cette vengeance populaire qui voulut en finir par des exécutions barbares avec les huguenots; ce fut lui qui se chargea de l'expédition dirigée contre l'amiral Coligny, et on l'aperçut encourageant les assassins, car il avait hâte d'en finir avec celui qu'on désignait comme le meurtrier de son père.
La Saint-Parthélemy n'avait pas avancé cependant la question catholique : presque partout les calvinistes avaient pris les armes; on avait essayé la violence pour éviter le champ de bataille, et en définitive on retombait encore dans les guerres civiles les plus acharnées, car il y avait eu trahison contre un parti qui devait s'en souvenir. Ce fut dans une de ces rencontres armées avec les reîtres du prince de Condé que Henri de Guise reçut l’estocade qui