‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 449 sur 552 · H. GAULTIER DE CLAUBRY · texte numérisé non relu

H. GAULTIER DE CLAUBRY

GUZ. Voyez Coupée.

GUZÉRATE, GUJÉRATE ou GOUDJÉRATE, en langue indienne Kattiwar , en arabe Gezirah ou Djezirah (c’est-à-dire île ou presqu'ile), province de l’Inde, au nordouest de la péninsule, entre le 21° et le 24° latitude septentrionale, d’une superficie de plus de 1,200 myriamètres carrés, est baignée à l’ouest par la mer d'Arabie, où les golfes de Koutsch ( Katscha) et de Cambay font une véritable presqu'île de la plus grande partie de cette province. Dans sa partie orientale, elle est traversée par les Ghattes occidentaux ; à l’ouest, au contraire, elle offre un pays plat, tantôt marécageux et sablonneux, tantôt couvert de la plus riche végétation. Cette contrée est arrosée par le Myhi, la Nerbudda et le Tapty ; et à l’époque des pluies, qui dure de juin à septembre, il arrive souvent qu'elle est ravagée par leurs inondations. En été, le climat y est très-chaud, et dans les terres basses extrêmement malsain; mais, en hiver, il est plus froid qu’on ne devrait s’y attendre, à tel point que la nuitil y gèle fréquemment. Les produits de cette province sont d’ailleurs absolument les mêmes qui ceux du reste de PIndostan. Les habitants sont au nombre d'environ trois millions, dont un dixième tout au plus d’Indous; tout le reste professe le mahométisme. On y trouve aussi quelques débris des anciens Parsis ou Guèbres. La classe laborieuse vit sous l'oppression la plus écrasante, à laquelle la condamnent les castes dominantes. Par suite des origines différentes des populations diverses qui habitent ce pays, on y parle plusieurs langues, dont la plus répandue est le quzérati ou gouzérati. Une partie de cette province est placée sous l’autorité immédiate de l'Angleterre ; une autre {le royaume de Baroda) dépend du Guicowar mabratte; une troisième, enfin, est gouvernée par de petits princes indigènes tributaires soit du Guicowar, soit des Anglais.

Après Surate, ses villes les plus importantes sont 4/medabad, jadis capitale de tout le pays, et au dix-septième siècle l’une des plus belles et des plus importantes cités de l’Asie, mais qui, bien qu’elle ait horriblement souffert des dévastations des Mahrattes, n’en à pas moins toujours 120,000 habitants et un grand nombre de beaux édifices ; et Baroda , dont la population dépasse 100,000 âmes. Les Portugais y possèdent aussi une petite étendue de territoire, avec les villes de Damaoun et de Diou.

Jusqu'à la fin du douzième siècle le pays de Guzérate fut gouverné par ses propres princes, quoiqu’à partir du onzième siècle il ait eu beaucoup à souffrir des invasions des mahométans. En 1196 il fut conquis par les Afghans, qui s’en maintinrent en possession jusqu’à lan 1397, époque où une dynastie mahométane y surgit. Celle-ci gouverna le pays jusqu’à la fin du seizième siècle, qu’elle devint l’une des parties de la monarchie du grand Mogol, dont elle partagea ensuite les distinées, et avec laquelle elle finit gar tomber au pouvoir de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Consultez Ali-Mohammed-Khan , Te political and statistical History of Gujarat (traduit du persan par Bird; Londres, 1835).

GUZÉRATE ou GOUDJÉRAT, petite ville du Pendjab (Indes orientales ), dans l’ancien État des Sikhs, à 10 myriamètres au nord de Lahore , non loin du Tshinab, est célèbre par la victoire complète que les Anglais, commandés par Gough, y remportèrent le 21 février 1849, après une lutte qui dura toule une journée, sur l’armée sikhe, commandée par Sher-sing, et sur les Afghans aux ordres de Dost-Mohammed, Elle décida de la guerre du Pendjab, qui le 29 mars suivant fut officiellement incorporé à l'empire indo-britannique.

GWALIOR, chef-lieu de PÉtat mabratte du mème nom, dans l'intérieur de l'Indostan, située sur la crête escarpée d’une montagne rocailleuse, est entourée de tous côtés de fortifications, Elle‘n’a qu'une seule entrée, formant une suite de terrasses, que protégent successivement trois portes différentes, Elle ne manque pas d’eau, et contient assez de terres arables pour suffire aux besoins de sa population, Aussi l’a-t-on surnomméele Gibraltar de l'Inde, quoiqu’elle ait déjà été prise plusieurs fois.

GUZÉRATE — GYLLENBORG

L'État de Gwalior, territoire compacte, d’une surperficie de 1,240 myriamètres carrés, avec une population dé 3,228,512 d'habitants, est un pays montagneux , mais fertile et richement arrosé, Le prince qui l’avait jusqué alors gouverné, le Mahratte Shenka-Shie-Rao-Scindiah, qui avait un million de liv. st. de revenu et une armée respectable, étant mort, le 7 février 1845, sans laisser d’héritiers directs, ses États, aux termes de la loi musulmane, eussent dû alors faire retour au gouvernement indo-britannique, en sa qualité de représentant de l’empereur de Delhy. Mais comme il convenait mieux aux intérêts anglais d’entretenir là un fantôme de prince indépendant, la Compagnie des Indes permit à la veuve que laissait le défunt, princesse âgée de douze ans , de prendre un époux dans une ligne collatérale de la maison de Scindiah. Son choix tomba sur Seadjy-Rao-Scindiah, prince âgé de neuf ans, qui, de l’agrément du gouvernement anglais, monta alors sur le trône de Gwalior. Dès la fin de la même année, l’expulsion du ministre Mama-Sahib, adjoint par la Compagnie au souverain encore mineur, personnage complétement dévoué aux intérêts anglais, amenait une guerre contre les Mahrattes. Le 29 décembre 1843, les forces anglaises sortaient victorieuses, mais non sans avoir subi des pertes cruelles et dû faire des efforts extrêmes , de deux batailles livrées, l’une à Puhniar, l’autre à Maharadjpour. Gwalior ouvrit ses portes aux Anglais le 2 janvier 1644, sans coup férir, et la paix était détinitivement conclue le

14. L'État cessa dès lors d’être indépendant, et perdit même une portion assez considérable de son territoire.

La capitale de cet Elat, située à 48 kilom. dAgra, compte 50,000 âmes. Durant l’insurreclion des cipayes, en 1857, elle devint, malgré le maharadja qui resta fidèle aux Anglais, un des points de ralliement des rebelles, qui l’occupèrent toute une année.

GYGES, chef de la dynastie des Mermnades, qui remplaça celle des Héraclides sur le trône de Lydie, était d’abord, selon les traditions des Grecs, l’un des principaux officiers et le favori de Candaule, le premier roi de Lydie dont les historiens de l'antiquité aient parlé avec détail. Ce prince ayant lorcé Gygès à voir la reine nue, celle-ci mit l'officier dans la cruelle alternative de périr ou d’assassiner son prince, et de devenir maître de son lit et de son trône. Suivant Platon et Cicéron, Gygès, simple berger de Lydie, ayant trouvé dans les flancs d’un cheval d’airain un annea u merveilleux, qui rendait invisible celui qui le portait, profita de ce précieux talisman pour séduire la reine, femme de Candaule, et pour assassiner ce prince, qu'il remplaça sur le trône, lan

708 ou 718 avant J.-C. Quoi qu'il en soit, Gygès, dont le règne fut d’abord troublé par une sédition qu’excitait l'horreur de son crime, n'en fut pas moins roi de Lydie pendant trente-hait ans. Il mourut l'an 680 avant J.-C.

GYLLENBORG, nom d’une famille de comtes suédois, qui à fourni à l’histoire de la Suède un certain nombre de personnages distingués. Elle descend d’un apothicaire allemand, appelé Wolimhause, qui se méêlait aussi d'astrologie et qui vint s'établir à Upsal, en 1640.

Le second de ses fils, Jacques, qui, de même qu'un frère aîné, fut élevé au rang de comte sous le nom de Gyllenborg, appuya avec une sévérité extrême, comme sénateur du royaume, les mesures de confiscation ou de revendication à laide desquelles le roi Charles XI contraignit ses nobles à restituer des domaines importants dont ils s'étaient induement mis en possession à la faveur de la confusion et de l’anarchie générales, et s'attira ainsi des haines ardentes et implacables. I mourut en 1701.

Le fils de Jacques, Charles, comte bE GYLLENRORG, né en 1679, prit en 1717, comme ambassadeur de Suède à Lond res, et par ordre du ministre comte de Gœrtz, une part importante à la conspiration tramée contre le roi Georges 1°" ; fait pour lequel il fut arrèté. Quand ileut été remis en liberté, il alla, comme ministre plénipotentiaire , négocier aux iles d'Aland la paix avec la Russie; mais la mort de Charles XIE rompit les négociations, 11 devint alors le chef

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