‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 450 sur 552 · GYLLENBORG — GYMNASE DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

GYLLENBORG — GYMNASE DRAMATIQUE

du parti dit des chapeaux (parti Gyllenborg), en opposition au parti des bonnets ( parti du comte de Horn). La faction" des chapeaux l'ayant emporté, Gyllenborg devint président de la chancellerie (1738). C’est à ce moment qu’éclata la guerre si malheureusement menée contre la Russie. La paix honteuse qui la termina à Abo (1743) ayant rendu Gyllenborg l’objet de lanimadversion générale, celui-ci réussit à donner le change à l'opinion sur son compte en sacrifiant impitoyablement plusieurs généraux, qui périrent victimes des colères du peuple, et il réussit de la sorte à se maintenir au pouvoir jusqu’à sa mort, arrivée en 1748.

Son neveu, Gustave-Frédéric, comte DE GYLLENBORG, né en 1731, mort en 1808, conseiller de chancellerie et membre de l’Académie Suédoise, s’est fait un nom comme poëte. On a deluiun poème héroïque : Toget æfver Bolt (L'expédition sur les Belt), des satires, des odes, des fables : toutes proproductions parfaitement accueillies par ses compatriotes, mais qui de nos jours sont à peu près oubliées.

GYMNASE, en grec yvuvéoto, dont la racine est yu.v6s, nu. Le gymnase était un des principaux édifices publics chez les Grecs; consacré aux exercices corporels, lutte, pugilat, courses à pied, à cheval , en char, tir de l'arc et du javelot, jeu de la paume, du disque et du ballon, il #y tenait en même temps une école de philosophie et de belles-lettres. En effet, la civilisation antique, à la différence de la civilisation chrétienne, qui prêche l'oubli du corps pour exalter l'âme, ne séparait pas ce que Dieu avait réuni, et croyait que la vigueur de lesprit dépend de la santé et de la force physique. Il n’y avait pas une ville, pas une bourgade, qui n’eût son gymnase. On y formait la jeunesse à tous les arts de la paix et de la guerre; les hommes faits y venaient également se livrer aux exercices gymniques, qu’ils aimaient avec passion; les jeunes filles même, en quelques endroits, s’y montraient à visage découvert et prenaient part aux luttes et aux jeux. De tout temps ce fut un trait saillant du caractère national que ce goût prédominant pour la g y mnastique, etles Grecs lui durent peut-être une des plus belles faces de leur génie, cette incontestable supériorité dans les arts plastiques que les temps modernes n’égaleront jamais. C’était aux gymnases que leurs grands artistes trouvaient, se produisant dans les attitudes et les poses les plus variées , des modèles aux formes superbes, des types parfaits de la plus belle race humaine , et cela seul explique leur prodigieuse entente de la musculature, eux qui ignoraient l’anatomie.

Les gymnases, on le conçoit, n’étaient pas tous absolument semblables , la mode et le caprice y apportaient quelques changements d’une ville à une autre; mais le plan général était partout le même. Vifruve, dans son cinquième livre, nous en a laissé une description détaillée . Un gymnase se composait d’une cour oblongue ou carrée, encadrée d’un portique donnant accès à différentes salles, les unes destinées aux conférences des philosophes et des rhéteurs, les autres aux bains froids et chauds avec toutes leurs dépendances, si compliquées. On pénétrait ensuite dans une sorte de préau, planté d'arbres, bordé, à droite et à gauche, d’une galerie couverte qui servait pendant l’hiver aux exercices particuliers des athlètes, et terminé par un vaste stade, réservé aux jeux publics. La plupart de ces édifices, d’ailleurs, étaient décorés avec ce goùtexquis dont les Grecs avaient le secret; leur destination multiple permettait de varier, plus que partout ailleurs, l’ornementation ; l'œil ne rencontrait de tous cotés que statues, fresques, hermès, autels et bas-reliefs. Olympie, Élis, Thèbes , Sparte, Anticyre, Smyrne, Naples, Tarente et beaucoup d’autres villes de l'antiquité, avaient des gymnases renommés; PAcadémie etle Lycée d'Athènes étaient surtout fameux. On peut encore se faire une idée de l'importance de ces sortes d’édifices lorsqu'on voitles ruines de ceux d’Éphèse et d’Alexandria Troas.

Solon avait édicté de sages règlements sur la police de ces établissements ; ils ne pouvaient s'ouvrir avant le lever

du soleil et devaient se fermer à son coucher; les esclaves n’y étaient pas admis ; des heures différentes étaient assignées aux enfants et aux citoyens. Mais ces lois tombérent en désuétude, au grand dommage des mœurs publiques, et les gymnases, confondus désormais avec les palestres ou écoles d’athlètes, devinrent des lieux de plaisir et de débauches infâmes.

Un officier, nommé gymnasiarque, dirigeait ces établissements : c'était une charge municipale et honorifique, qui obligeait à de grandes dépenses celui qui en était revêtu. Il avait sous ses ordres immédiats le æystarque , chef des athlètes, les cosmètes , les sophronistes, les gymnastes, les pædotribes , chargés, à différents titres, de la surveillance et de l'éducation des jeunes gens; les sphéristiques professeurs de balle et de balon ; les aliptes , instructeurs subalternes, à qui revenait le soin d’oindre d’huile et d’assouplir les membres de leurs élèves, etc.

Les Romains ne connurent les gymnases que sur la fin de la république : encore n’en exista-t-il longtemps que dans les palais et les villas de quelques riches particuliers. Plus tard, Néron et Commode en firent construire chacun un pour les plaisirs de la multitude ; mais ces jeux des Grecs, où l’on ne versait pas de sang, ne l’amusèrent point; le ci rque avait pour elle de bien autres attraits.

En Allemagne on donne le nom de gymnases aux étaplissements d'instruction publique qui répondent à peu près à nos colléges ou lycées ; seulement l’enseignement y est plus libre et plus varié, n'étant pas astreint à l’unité de méthode, comme en France. W.-A. DuCKETT.

GYMNASE DRAMATIQUE. Ce théâtre, dont le privilége fut accordé, sous le ministère Decazes, à un sieur Delaroserie, et cédé par ce dernier à Delestre-Poirson et Cerfberr, s’ouvrit le 22 décembre 1820. Son nom, assez bizarre, lui avait été en quelque sorte imposé par le cercle étroit dans lequel le renfermait la conception ministérielle. Il ne devait être en effet qu’un gymnase dramatique, une espèce de succursale du Conservatoire, un théâtre d'essai, où s’exerceraient des élèves dans des fragments de pièces, ou tout au plus dans de petites comédies en un acte. Mais il ne tarda pas à étendre ses attributions : favorisé par la protection puissante de la duchesse de Berry, devenu, grâce aux ingénieux ouvrages de M. Scribe, un des spectacles les plus fréquentés de la capitale, son privilége fut bientôt assimilé à ceux des autres théâtres de vaudeville. Dès 1826 la société avait, par ses dividendes, remboursé aux actionnaires les 1,300,000 fr. qu’avaient coûté la construction de la salle, l'achat des terrains, etc.

Après la révolution de 1830, ce spectacle dut quitter Je nom de Théâtre de Madame pour reprendre celui de Gy/xnase; mais s’il cessa de figurer à la suite des théâtres royaux, l'habile directeur Poirson continua de le maintenir à la tête des théâtres secondaires. Un grand nombre d’ouvrages de MM. Scribe, Mélesville, Ba y ar d, etc., yattirèrent la foule : peu de succès de vogue sont comparables, dane les fastes dramatiques, à ceux du Mariage de raison, de Michel Perrin et du Gamin de Paris. Un autre élément de réussite pour le Gymnase, c’est l’ensemble avec lequel y fut toujours jouée la comédie. Destalents du premier ordre, Perlet, Gontier, Bouffé, Léontine Fay, Paul Allan, Ferville, Numa, M°° Allan, Jenny Vertpré, Eugénie Sauvage, etc., y ont successivement brillé. OurRY.

En 1842, M. Poirson ayant voulu modifier les conditions que lui avait imposées la Société des Auteurs dramatiques, son théâtre fut mis en interdit, et il dut recourir à des talents naissants pour refaire son répertoire. Le Gymnase iustifia son titre pour les auteurs imberbes. Cependant, le directeur y succomba. En 1844, il céda le privilése de son théâtre à M. Montigny, qui y ramena le succès et se raccommoda avec la Société des Auteurs. Privé de Bouffé , que les Variétés lui avaient enlevé a prix d’or, le Gymnase trouva dans M Rose Chéri une brillante interprète de ja petite comédie marivaudée qu: semble être sa spécialité, M°° Sand

mi à aussi valu de beaux succès par ses petits drames champêtres. De plus le ministre d'État a donné au directeur da Gymnase le droit de représenter des comédies de genre en trois actes, et même en cinq actes moyennant une autorisation spéciale. L. LOUVET.

GYMNASE MUSICAL MILITAIRE. Cet établissement, fondé en août 1836, rue Blanche, dans l'ancien hôpital des gardes du corps, devenu celui de la maison du roi Louis-Philippe, avait pour but de former des chefs de musique pour les divers régiments de l’armée. La direc- {ion en {ut d’abord confiée à un professeur du Conservatoire, M. Berr, habile clarinette; puis elle passa en 1838 dans les mains de M. Carafa, qui la conserva jusqu’à la suppression de l'établissement, en 1854. :

Le Gymnase musical militaire contribua puissamment aux progrès de nos musiques militaires. Chaque régiment était tenu d’y envoyer un élève choisi par le colonel, sur, les renseignements du chef de musique, entre les mili-; taires et les enfants de troupe qui montraient des dispositions pour cet art. Cet élève, astreint à contracter un engagement militaire, devait être âgé d’au moins dix-buit

ans et n’en pas avoir plus de vingt-cinq. Les études, qui

duraient deux ans, se composaient d’un cours de solfége complet, d’un cours d’un ou deplusieursinstruments, d’un

cours de composition, d’un cours d'ensemble et de direc-*

tion. À sa sortie, l'élève devait se montrer bon instrumentisie, capable de conduire une musique militaire, et pourvu de notions nécessaires pour établir un gymnase musical dans son régiment. Un arrêté ministériel du 19 mars 1840 porta que les chefs de musique seraient dé-" sormais choisis, autant que possible, parmi les élèves de l'établissement de la rue Blanche, après examen. |

Rien n’était à la charge de l'État dans cette institution :

appointements des professeurs, frais d'achat des instruments, des partitions, dépenses d’entretien matériel, tout incombait au directeur. Chaque corps de l'armée payait un abonnement modique au Gymnase musical. Cet établissement, malgré son utilité, fut fermé en 1854; les jeunes gens qui se destinent à la musique militaire sontreçus depuis cette époque au Conservatoire de Paris ; il y a chaque année 50 admissions pour tous les candidats de l'armée.

GYMNASTIQUE (du grec yuuvés, nu). C’est l’art des mouvements du corps. Le mot el la chose sont d’origine grecque; car c’est en Grèce que ces mouvements furent érigés en art. Il vint de l’île de Crète à Sparte, et passa de là à Athènes, où il perdit le caractère rude et martial qu'il avait eu jusque alors. On distinguait trois espèces de gymnastiques : la gymnastique militaire, qui avait trait à l’attaque et à la défense ; la gymnastique diététique, qui avait pour but d’accroïtre les forces physiques et de conserver la santé; la gymnastique athlétique, la plus célèbre de toutes, qui devait son origine au plaisir et au désir de donner des preuves publiques de son adresse et de sa force.

La première de ces espèces de gymnastique consistait dans les exercices de la course à pied, à cheval et en char , à sauter, à lutter, à lancer des jets et à tirer à l'arc; la seconde à quelques-uns des exercices dont nous venons de faire mention ajoutait la danse, le jeu de paume, les bains et les onctions. De la troisième dépendait tout ce qui est nécessaire à un athlète pour remporter la victoire dans les jeux publics. Cette troisième espèce de gymnastique recevait tantôt le nom d'alhlétique, parce que les exercices consistaient en luttes, tantôt de gymnique, parce qu’on combattait nu, tantôt d'agonistique, parce que la lutte constituait la partie principale des jeux publics.

Platon exclue athlétique de l'éducation, dont la gym nastique faisait pourtant partie. L'athlétique passait pour un métier qui souvent déformait le corps, mais faisait grand profit à l'esprit; la gymnastique, au contraire, formait le Corps en même temps que l’acvrit, On peut ranger les mou-

GYMNASE DRAMATIQUE — GYMNOSPERME

vements du corps eu six classes principales, À savoir les mouvements qui sont exécutés par la seule action du corps et ceux auxquels vient s’ajouter un mobile étranger. A la première appartiennent la marche, l’action de se balancer, la course, la danse, l’action de sauter (voltige }, de grimper, de lancer des jets, de manier la fronde, la lutte, l'escrime et la natation ; la seconde comprend l'équitation et la course en chars. Pour que ces différents exercices soient pratiqués par principes, la gymnastique doit s'appuyer sur une théorie empruntant ses principes aux lois de la mécaniqne; et dans ces derniers temps les exercices gymnastiques ont pris une importance toute particulière aux yeux de ceux qui s’occupent d'instruction publique.

GYMNIQUES (Jeux), terme générique sous lequel on désigne les grandes fêtes populaires et religieuses de la Grèce ( Voyez Jeux }).

GYMNOSOPHISTES, philosophes indiens et éthiopiens, ainsi nommés à cause de leur nudité (du grec yuuvés, nu, el coptoris, faux sage), parce que ceux de l’Inde surtout affectaient de ne porter qu’une simple tunique d'étoffe grossière, qui laissait découvertes certaines parties du corps. Les gymnosophistes de l’Indus et du Gange étaient divisés en trois sectes : les brahmanes, les sarmanes et les hylobiens (de ÿn, forêt, et Bios, vie), ainsi appelés par les Hellènes parce que cette secte, un peu farouche , faisait sa demeure des bois les plus impénétrables , pour mieux se livrer à la contemplation de la nature. Leurs vêtements étaient les écorces des arbres. Les sarmanes, plus mondains, abaissaient volontiers leurs regards sur ce globe. Ils se mélaient de médecine, d’enchantements, de prédictions, etallaient jusqu’à donner des conseils aux rois et aux magistrats. Une même doctrine, au reste, de ces trois sectes n’en formait qu’une. Elle croyait à l'existence d’un Dieu éternel, immuable , à l’immortalité de l’âme et à sa transmigration, ou plutôt à sa propagande dans les corps vivant de la vie animale qui passent sur la terre; dogme que les Grecs ont traduit par le mot composémétempsychose. Il est vraisemblable que Zén on le stoïque (fondateur du Portique) a pris aux gymnosophistes ce dédain de la vie et de ses voluptés , et même de la douleur, qui caractérise son austère philosophie, dont l’Encheiridion (le Manuel) du sage Épictète est le plus beau monument. La sobriété, la continence des gymnosophistes, devaient leur être d’ailleurs une assurance contre les infirmités, et une garantie dans la vieillesse; car ils assuraient avoir renoncé au vin et aux femmes. Calanus était gymmosophiste.

Outre les gymnosophistes de l'Inde, il y en avait aussi, dans les temps reculés, en Afrique, en Ethiopie, qui vivaient la plupart, non en communauté, mais solitaires, et quelquefois errants. Les marabouts de notre colonie d'Alger en sont des restes. Les antiques et vrais gymnosophistes d’Afrique, constitués en collége, s'étaient retirés dans la péninsule de Méroé, au sein du Nil, solitude où ils s'occupaient à mettre en ordre les hiéroglyphes éthiopiens. Démocrite, qui visita ces cénobites, écrivit sur eux un traité particulier, que nous n’avons pas. Philostrate les vante beaucoup. On leur doit, dit-on, l’alphabet syllabique dont on se sert de nos jours dans la Nubie et l'Abyssinie, Diodore et Strabon font mention de cette secte éthiopienne : elle reconnaissait, comme l'indienne, un Dieu auteur de toutes choses, incompréhensible par sa nature, mais dont les œuvres racontent et attestent la présence. Le culte par symboles lui est encore dà, Ses lumières, qui montraient déjà l’homme libre, même devant Dieu, son créateur et son seul roi, offusquèrent les yeux des rois de la terre: sous Ptolémée Philadelphe, un petit tyran, Grec d’origine, les fit tous massacrer en un jour, et jeter dans le Nil.

Dans la Judée, aux rives du Jourdain, apparut aussi un des plus purs modèles des gymnosophistes, le fils de Zacharie, saint Jean-Baptiste. DENNE-BARON,

GYMNOSPERME (de yuuvés, nu, et onépua, graine ). Cette dénomination s'applique aux plantes dont les graines

GYMNOSPERMES — GYPSE

paraissent dépourvues d’épisperme : telles sont les conifères. Linné donnait le nom de gymnospermie au premier ordre de la didynamie, dans lequel il plaçait toutes les plantes didynames dont les graines sont à nu.

GYMNOTE (de yuuvés, nu, etv@ros, dos), genre de poissons malacoptérygiens apodes, de la famille des anguilliformes, et ainsi caractérisés : Ouïes en partie fermées par une membrane qui s’ouvre au-devant des nageoires pectorales ; anus placé fort en avant; nageoire anale régnant sous la plus grande partie du corps, et même jusqu’au bout de la queue ; dos entièrement dépourvu de nageoires.

L'espèce la plus remarquable de ce genre estle gymnote électrique ( gymnotus electricus), vulgairement anguille électrique, qui doit son nom spécifique à une propriété remarquable. Ce gymnote est en effet doué d’une puissance électrique plus considérable que celle destorpilles. Lorsqu'on applique sur lui les deux mains suffisamment séparées, on éprouve une violente secousse. Le gymnote électrique peut ainsi renverser des hommes, des chevaux.

Le gymnote électrique se trouve en abondance dans les rivières et les marécages de l'Amérique méridionale. Ce poisson atteint jusqu’à deux mètres de longueur. Sa peau est nue, son museau arrondi, sa mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure. Sa tête est percée de petits trous laissant échapper une humeur visqueuse, qui donne à sa chair un goût fétide. Sa couleur est noirâtre, avec des bandes longitudinales plus foncées.

GYNANDRIE (de yum, femme, et ävñp, avèpés, homme), vingtième classe du système sexuel de Linné (voyez BoraniQue), caractérisée par la réunion des étamines et du pistil. Linné l’avait divisée en sept ordres, d’après le nombre des étamines : 1° la gynandrie diandrie, 2° la gynandrie triandrie, 3° la gynandrie tétrandrie, 4° la gynandrie pentandrie, 5° la gynandrie hexandrie , 6° la gynandrie décandrie, 7° la gynandrie polyandrie.

GYNECEÉE (de yuvaxeïov, mot dérivé de yuvf, femme). On appelait ainsi chez les Grecs l'appartement réservé qu’habitaient les femmes et où leurs époux seuls avaient le droit de pénétrer. Le gynécée ressemble beaucoup au harem des Orientaux ; et les femmes de l’antiquité vivaient, à la polygamie et au voile près, de la même façon que les femmes musulmanes, sortant peu, toujours séparées dela société des hommes, et sous la surveillance de gardiens qui étaient souvent des eunuques. Le gynécée, situé à l'arrière de l'habitation, se composait ordinairement d’un grand salon (0ïx05), où se tenait la maitresse du logis, occupée à filer ou à tisser, d’une chambre à coucher (6&auoc) et d’une autre pièce , où se tenaient les esclaves chargés de la servir (äue1@dhauocs). Il y avait à Athènes des magistrais (yuvatxovouot) chargés de veiller au maintien des bonnes mœurs chez les femmes,

Chez les Romains le mot gynécée se prenait dans un autre sens ; il s’appliquait exclusivement aux palais et maisons que les empereurs possédaient dans diverses villes, destinés à garder les meubles, le linge et les objets de leur garde-robe ; de nombreux ateliers d’hommes et femmes y travaillaient aux ameublements impériaux, ordinairement moyennant un salaire, quelquefois par corvée et par punition. Les intendants de ces maisons s’appelaientprocuratores yynæciorum.

GYNÉCIE, Voyez BONNE DÉESSE.

GYNOPHORE (de yuvñ, femme, pris pour pistil, et çopés, qui porte). Mirbel a donné ce nom à un support né du réceptacle, et qui soutient seulement le pistil. Cette dénomination est plus juste que celle de carpophore, adoptée par Link.

GYOENGNOESY (Srerman), l’un des plus anciens poêtes hongrois et, à bien dire, le créateur de la poésie populaire en Hongrie, né en 1620, dans le comitat de Gœmoær, attira déjà à l’âge de vingt ans par les rares et brillantes qualités de son esprit l'attention du comte François Wesselenyi, qui le nomma intendant de son château de Fulek. Après étre restétreize ans dans cette position, où il eut dans

DICT, DE LA CONVERS — T, X

Wesselenyi bien moins un maître qu'un ami, il fut élu par le comitat de Gœmcær assistant à la Table du comitat, plus tard député à la diète d'Œdenburg et en 1686, à l’unanimité, vice-président du comitat, fonctions dans l'exercice desquelles il fit preuve autant de fact que d’habileté et qu’il conserva jusqu'à sa mort, arrivée en 1704. Ce fut le sentiment de la reconnaissance qui éveilla chez lui les talents du poëte, et l’enthousiasme qu’il ressentit pour la femme de Wesselenyi, la célèbre héroïne de Murany, Marie Szecsy, Jui inspira le poëéme intitulé Muranyi Venus (Leutschau, 1664). Après un long silence, il fit rapidement paraître l’un après l’autre Kozsa Lossoru (1690), Kemeny Janos (1693), Cupido Csalardsagai (1694), À magyar Nympha Palinodiaja (1695), Kariklia (1700). Les poésies de Gyœænænœæsy se distinguent toutes par la vigueur, par la richesse des pensées et des images et par le sentiment, mais surtout par la manière heureuse dont il y emploie la langue populaire. Aussi sont-elles demeurées jusqu'à nos jours dans la mémoire du peuple, et les réimprime-t-on souvent encore.

GYPAETE (de y}, vautour, et &exéc, aigle), genre établi dans l’ordre des rapaces pour un oiseau dont les formes et les habitudes sont intermédiaires à celles des aigles et des vautours. 1l a pour caractères : Bec trèsfort, droit, renflé vers la pointe, qui se courbe en crochet; narines ovales, recouvertes par des soies roides dirigées en avant; tarses courts, emplumés jusqu'aux doigts; ongles faiblement crochus; ailes longues; un pinceau de poils roides sous Le bec. Ce genre, nommé griffon par G. Cuvier et Lesson, phène par Savigny et Vieillot, ne renferme qu’une espèce, le gypaète barbu des ornithologistes modernes (gypaetus barbatus, Cuvier; phene ossifraga, Savigny), décrit par Buffon sous le nom de vautour doré, et connu des habitants des Alpes sous celui de læmmer-geyer (en français, vautour des agneaux). A l’état adulte, son manteau est noirâtre, avec une ligne blanche sur le milieu de chaque plume; son cou et tout le dessous de son corps sont d’un fauve clair et brillant; une bande noire entoure sa tête. Sa taille est de 1°,50, et il a jusqu'à 3 mètres et plus d’envergure. C’est donc le plus grand des rapaces de l’ancien continent, où il habite les plus hautes montagnes. Les rochers les plus inaccessibles et les plus escarpés lui servent de retraite. Il y construit son nid, dont les dimensions sont considérables et dont les principaux matériaux sont de petites branches et de la mousse. La femelle pond ordinairement deux œufs blanchâtres, tachés de brun.

GYPSE (de y6oc , plâtre, dérivé de yñ, terre, et ëbe, cuire). On désigne sous le nom de gypse des variétés fort nombreuses et fort importantes de chaux sulfatée, qui se présentent assez fréqueminent en masses considérables dans la structure du globe, et qui forment des éléments constitutifs importants dans des terrains souvent fort étendus. II ne faut donc pas attacher au mot gypse l’idée d’une masse plus ou moins volumineuse de sulfate de chaux; il faut entendre sous ce nom une roche géologique puissante, dans laquelle le sulfate de chaux entre essentiellement et comme élément dominant, mais dans laquelle aussi une multitude d'espèces minéralogiques différentes peuvent se développer accessoirement.

Dans toutes les couches où on le rencontre, et dans toutes les variétés de texture qu’il présente, le gypse paraît être le résultat d’une précipitation chimique, opérée dans

| le sein d’un liquide qui tenait en dissolution les éléments

dont il est formé; et jamais il ne parait avoir été formé par voie de sédimentation, ainsi que l'ont évidemment été la grande majorité des roches calcaires et marneuses : cette différence dans le mode de formation devient manifeste toutes les fois que l’on rencontre des feuillets de gypse aifernant avec de minces couches de roches finement sédimentaires.

La texture du gypse varie dans des limites assez étendues. Tantôt, et c’est le mode le plus fréquent, cette texture est

. fissile et feuilletée; alors les lamelles gypseuses peuvent

être transparentes ou nacrées, opaques ou translucides : c'est le gypse lamellaire. Tantôt la cristallisation est irrégulièrement confuse; alors le gypse est compacte, et l’on distingue toujours dans sa texture la disposition cristalline de ses molécules : c’est l'a1b dtre gypseux. Le gypse niviforme est formé par la réunion d’une multitude de petites paillettes gypseuses, d’un blanc nacré comme des lamelles de talc, qui s’agglomèrent entreelles , et qui constituent de petits rognons d’un gypse particulier dans les couches gypseuses elles-mêmes. Mais la modification de texture la plus singulière du gypse est celle que l’on désigne sous le nom de gypse fibreux ou soyeux. Cette forme du gypse est surtout commune dans les roches marneuses du keuper : là, le gypse se présente fréquemment sous forme de fibres droites ou ondulées, d’une blancheur éclatante et d’une ténuité extrême, qui imitent à s'y méprendre ces tresses soyeuses que l’on obtienten travaillant le verre à la lampe d’émailleur.

Ainsi que nous l'avons déjà indiqué, un grand nombre d'espèces minérales concourent avec le sulfate calcaire à former les roches gypseuses, ou se rencontrent accidentellement disséminées dans leur masse. Ces espèces minérales différentes, avec les différences de texture que nous avons indiquées, et quelques autres modifications qui se lient à l’histoire géologique de la roche, constituent les diverses variétés du gypse. Parmi les minéraux les plus importants que l’on rencontre disséminés dans les roches gypseuses, il faut citer le mica, la stéatite, le fer oxydulé, le fer sulfuré, le soufre, la sélénite, l’anhydrite, le silex corné, la chaux carbonatée, le quartz, le grenat, l’arragonite, etc. Mais la variété la plus commune, et en même temps la plus précieuse, soit que l’on envisage son importance géologique ou ses applications à l’industrie, c’est le gypse grossier, dont on extrait le plâtre, et plus communément désigné sous le nom de pierre à plâtre, gypse dans lequel la chaux carbonatée est mélangée avec le sulfate calcaire, en des proportions assez considérables, pour qu’il soit parfois difficile de distinguer au premier aspect la roche gypseuse d’une roche crétacée ou marneuse; et cette distinction devient d’autant plus difficile que ce gypse fait effervescence avec les acides.

Si l'on en excepte les époques primordiales, le gypse paraît exister parmi les terrains de toutes les époques. Ses caractères géologiques sont assez constants : il se présente presque sans exceplion en couches peu puissantes, horizontales ou inclinées à l'horizon, et allernant avec des roches de marnes argileuses ou calcaires ; assez fréquemment aussi le gypse accompagne les mines de sel-gemme, sans qu'il ait été jusqu'ici possible d'établir la loi de cette singulière coïncidence. Dans ses caractères oryctognostiques, le gypse présente des différences assez essentielles suivant les diverses époques auxquelles il paraît avoir été formé ; et ces différences attestent soit des modifications considérables dans les conditions mêmes de la formation de la roche, soit des modifications non moins importantes survenues dans cette roche postérieurement à l’époque de sa formation, et qui se lient intimement aux révolations géologiques du globe. BELFIELD-LEFÈVRE,

Les cristaux da gypse sont des fables quadrangulaires ou hexagonales, dont les grandes faces répondent au clivage le plus facile; ces grandes faces sont entourées d’an double anneau de petites facettes allongées et trapézoïdes. Deux de ces cristaux, réduits souvent à la forme lenticulaire par des arrondissements, s’accolent fréquemment en donnant une variété (très-commune à Montmartre), que l’on nomme gypse bilenticulaire, où gypse en fer de lance, parce que ces doubles lentilles se laissant cliver tout d’une pièce, les fragments que l’on en détache par la Verscussion ressemblent généralement à un coin échancré àsa base, Le gypse cristallisé est souvent parfaitement limpide ; ses grandes faces de clivage présentent assez ordinairement un éclat nacré. Les colorations qu'il offre quelquefois sont accidentelles, Son poids spécifique est 2,8.

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