‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 451 sur 552 · GYPSE — GYROSCOPE · texte numérisé non relu

GYPSE — GYROSCOPE

GYPSIES. Voyez BonÉmiEns.

GYPSITE , hydrate d'alumine, qui existe dans la nature : on peut le préparer artificiellement, en traitant le chlorure d’aluminium par l’ammoniaque, et-en dissolvant dans la potasse le précipité d’alumine. Le gypsite renferme trois équivalents d’eau, ce qui le distingue du diaspore ou monohydrate d’alumine. L'un et l’autre font pâte avec l’eau.

GYRATOIRE (Mouvement). Voyez GmatoiRs (Mouvement).

GYROMANCIE (du grec yüpos cerele, et puvreia divination), un des vieux moyens de connaître sa destinée. Il consistait à tracer un cercle sur la terre. Puis autour de ce cercle où l’on avait semé çà et là des lettres séparées et insignifiantes , on tournait, en marchant ou en courant, jusqu’à ce qu’étourdi par la rotation, plusieurs fois recommencée, on tombât, mais à différentes reprises, sur quelquesuns des caractères, qui, recueillis à chaque chute, formaient certains mots dont on tirait des présages. DENNE-BARON.

GYROME. Voyez CoNCEPTACLE.

GYROSCOPE (de yüpoç, mouvement circulaire, et cxoméw, je regarde). L'appareil ainsi nommé par son inventeur, M. Léon Foucault, est destiné à constater expérimentalement l'existence du mouvement diurne de la terre. Sa construction repose sur ce principe de mécanique : Si un corps solide, symétrique par rapport à un axe, reçuit un mouvement de rotation autour de cet axe , sans qu’aucune force vienne ensuite modifier ce mouvement, il continue à tourner indéfiniment autour de ce même axe de symétrie, dont ia direction reste invariable dans l’espace. Or, si l’on peut transformer cette hypothèse en réalité pour un corps qui, quoique placé à la surface de la terre, soit soustrait à l’action de la pesanteur ou du moins placé dans des conditions telles que cette action ne trouble en rien le mouvement de rotation dont nous le supposons animé, il est évident que l’axe de ce corps, par suite de l’invariabilité de sa direction dans l’espace, semblera tourner autour de l'axe terrestre, en sens contraire du mouvement diurne de la terre: C’est à ce résultat qu’est arrivé le gyroscope.

La pièce principale de l'appareil est un disque métallique, que nous désignerons par la lettre D, très-massif et renflé sur son contour de manière à offrir la figure d’un tore ; la matière dont il est formé est ainsi accumulée à sa circonférence. Ce disque est monté sur un axe soutenu à ses deux extrémités par deux pivots autour desquels le disque peut tourner librement. Ces deux pivots sont portés par un anneau a, muni de deux couteaux analogues au couteau de suspension d’un fléau de balance, lesquels reposent par leurs arêtes dans des échancrures pratiquées en deux points diamétralement opposés d’un anneau vertical A. L’anneau A estsuspendu à un filun peu long, de manière à pouvoir tourner facilement autour de la verticale suivant laquelle ce fil se dispose; mais, pour éviter que cet anneau, avec tout ce qu’il porte, puisse osciller comme un pendule sous l’action dela moindre cause qui le dérangerait de sa position d'équilibre , on l’a muni inférieurement d’une pointe déliée qui pénètre dans un trou assez large pour qu’elle puisse y tourner librement sans éprouver de frottement. Ce mode de suspension du disque D, que son auteur compare avec justesse à celui des montres marines à bord des navires, permet de donner à son axe une direction quelconque. L'appareil étant construit avec assez de soin pour que le centre de gravité du disque D et celui de l'anneau a se trouvent exactement sur l'axe adapté au disque , si l’on donne à ce disque un mouvement de rotation, l’action de la pesanteur n’a aucune influence sur ce mouvement et ne peut par conséquent faire varier la direction de l'axe autour duquel il s'exécute.

Pour faire l'expérience, on enlève le disque D et l'anneau a qui le supporte; on installe cette partie de l’appareil dans une machine diposée de manière à communiquer un mouvement de rotation très-rapide au disque D, par l’intermédiaire d’une roue dentée dont son axe est muni, On replace le tout dans l'anneau A. L'axe du disque D étant horl :

GYROSCOPE — GYULAY

zontal fait généralement un angle avec la ligne des pôles (exeepté quand on se trouve sous l'équateur); il doit donc sembler se mouvoir autour de l’axe terrestre. Mais ce mouvement apparent exige que l'anneau @ tourne peu à peu autour des couteaux qui le supportent, et qu'en même temps l'anneau vertical A tourne autour du fil de suspension. C’est ce dernier mouvement qui peut être facilement observé à l’aide d’un microscope installé à côté de l'appareil, et dirigé vers une petite plaque-graduée que porte l'anneau A ; on voit les divisions de cette petite plaque passer successirement derrière les points de croisement des fils d'un réticule adapté au microscope.

Le gyroscope donne donc, quant au mouvement diurne de la terre, les mêmes résultats que le pendule. Mais ce n’est pas tout : M. Foucault y observe trois phénomènes distincts, qu’il nomme déviation, orientation etinclinaison, et dont M. Quet a établi la raison analytique. Nous venons de parler de la déviation. L'orientation et linclinaison se produisent quand on rend fixe un des modes de suspension du disque D. Que l’on supprime le jeu des couteaux, l'axe du disque se trouve assujetti dans le plan horizontal , et se montre aussitôt sollicité par une force qui le ramène dans le plan du méridien, comme l’aiguille d’une boussole de déclinaison, seulement avec cette différence que l’axe du gyroscope se place non pas dans le méridien magnétique, mais dans le méridien vrai : telle est l'orientation. Rendons maintenant leur liberté aux couteaux, en disposant leurs tranchants perpendiculairement au méridien ; enrayons la suspension de l'anneau vertical A; lançons enfin le disque mobile , et nous verrons l’axe se mouvoir dans le plan du méridien jusqu’à ce qu’il se soit disposé parallèlement à la ligne des pôles : nous aurons constaté l’inclinaison. L’explication de ces deux faits remarquables appartient aux plus hautes théories de la mécanique; nous la résumerons, d’après M. Foucault, en ce simple énoncé : « Quand un corps tourne autour d'un axe principal, et qu'aucune force étrangère ne vient agir sur lui, il y a fixité absolue du plan de rotation. Mais quand une force, ou un système de forces, tend à produire une nouvelle rotation non parallèle à la première, l'effet résultant est un déplacement progressif de l’axe de rotation primitive qui se dirige vers l'axe de rotation nouvelle par le chemin qui tend à les rendre toutes deux parak Rles. »

Pour bien apprécier les résultats des belles expériences de M. Foucault, résumons-nous en disant que, grâce au gyroscope, chacun de nous peut, sans voir une étoile, sans jeter un seul regard sur le ciel, en un mot sans sortir de son cabinet, déterminer , rien qu’à l’aide de ce petit appareil qui tiendrait sous un globe de pendule ordinaire : 1° la direction et l'intensité du mouvement diurne de la terre; 2° la position du méridien du lieu de l'observation; 3° la direction de l’axe terrestre. E. MERLIEUX:;

GYROWETZ (AnarBerr), compositeur célèbre, et artiste de première force sur le violon et le piano , né le 19 février 1763, à Budweiïs, en Bohême, montra de bonne heure les plus grandes dispositions pour la musique, et composait déjà alors qu’il était encore sur les bancs de l’école, Ilétait allé étudier le droit à l’université de Prague, quand la faiblesse de sa santé d’une part et de l’autre l’exiguité de ses ressourees le forcèrent de renoncer à cetle carrière , qui exige de si longs sacrifices. Le comte François de Funfkirchen fut le premier protecteur qu'il rencontra ; et quand, à quelque temps de là, il vint à Vienne, ce fut Mozart qui

se chargea de le lancer dans le monde, où ses symphonies !

obtinrent un succès d'enthousiasme, Il en résulla pour jui. Ja possibilité d'entreprendre un voyage en Italie et à Naples. IL s’initia, sous la direction du maître de chapelle Sala, à la composition des fugues. II se rendit ensuite à Paris, où il fut accueilli de la manière la plus honorable; mais la révolution qui y éclata sur ces entrefaites ne lui permit pas d'y faire long séjour, et il passa alors à Londres, où il jouitide la faveur toute particulière du prince de Galles. Sa santé chancelante le força de retourner trois ans après en Allemagne ; mais arrêté en route à Bruxelles, par les Français, il fit encore un tour à Paris et plus tard se rendit d’abord à Berlin, puis à Vienne, où en 1804 il fut nommé chef d'orchestre au théâtre de la cour. Mis à la retraite en 1827 avec pension, il mourut en 1850. On a de lui vingt-quatre opéras, parmi lesquels Z'Oculiste, Félix et Adèle, Agnès Sorel, et d’autres encore obtinrent un grand succès tant en Allemagne qu’en Italie. 11 est aussi l’auteur de quarante-cinq ballets, et d’une foule de duos, de trios, de quatuors, de quintettes, de sonates, de symphonies, de nocturnes, et de nombreux morceaux de musique d'église, dont neuf messes. En 1848 il publia à Vienne son autobiographie.

GYULAY DE MAROS NEMETH ET NADASKA, vieille famille de Transylvanie, qui s’est souvent distinguée au service de l’Autriche, et qui, élevée:en 1694 au rang de baron, obtint en 1704 la dignité de comte.

GYULAY (IcnAce, comte) né en 1763, à Hermannstadt, entra au service en 1781, fit avec le grade de major la campagne contre les Tures, puis à partir de 1793 toutes celles qui eurent lieu contre la France. En 1797 il était parvenu au grade de général-major. Dans les campagnes de 1799 et 1800 il se distingua à diverses reprises comme commandant de l’arrière-garde, et en fut récompensé par le grade de feld-maréchal-lientenant. Après avoir, d'accord avec le prince de Liechtenstein, conclu en 1805 la paix de Presbourg, il fut nommé en 1806 ban de Croatie. En 1809 il commanda en Italie le neuvième corps et couvrit alors la retraite de l'archiduc Charles; l’opinion publique luiattribua la responsabilité des fautes graves de stratégie qui livrèrent alors à l’ennemi le cœur de la monarchie. Créé feldmaréchalen 1813, ilcommanda glorieusement l'aile gauche à la bataille de Dresde. A Leipzig, il laissa Napoléon, déjà complètement cerné, s'échapper de ses mains; mais il prit sa revanche aux journées de Brienne et de Bar-sur-Aube en 1814. Nommé en 1830 président du conseil aulique de guerre, il mourut à Vienne, le 11 novembre 1831.

GYULAY (François, comte), fils du précédent, né à Pesth, en 1799, entra au service en 1816. En 1839 il était déjà parvenu au grade de général-major ; en 1846 il obtint celui de feld-maréchal-lieutenant, et en 1847 le commandement du littoral de Trieste. Dans l’exercice de ces fonctions, il contribua beaucoup, en 1848 , à conserver le matériel de la marine autrichienne, et fit aussi fortifier Trieste, Pola, ainsi que d’autres points importants du littoral, De juin 1849 à juillet 1850 il tint à Vienne le portefeuille de la guerre, et fut ensuite chargé d’un commandement militaire à Milan. La guerre de 1859 le mit de nouveau en évidence : chargé de commencer les hostilités contre le Piémont, il passa le Tessin et parut un instant menacer la capitale. C’est lui qui commandait en chef à Magenta, où l’on sait que ses dispositions faillirent déterminer la victoire en faveur des Autrichiens. Révoqué sur sa demande, il combatlit encore à Solferino à la tête du rég ment dont il était propriétaire. Le 22 septembre 1868 il mourut à Vienne,

db,

H , huitième lettre de notre alphabet. Les grammairiens ae sont pas d'accord sur la nature de ce caractère : les uns fui refusent le nom de Zettre; ceux-ci rangent le À parmi es consonnes ; ceux-là prétendent qu'il n’est qu'un signe d'aspiration. Malgré ces dissidences, le À figure comme lettre et comme consonne dans toutes nos grammaires classiques. Il est dans notre langue muet ou aspiré ; dans ce dernier cas, il se prononce à l’aide d’un souffle qui sort du fond du palais, la bouche ouverte, sans toucher aux dents : c’est le 2 véritable; car l'aspiration est l'essence de cette lettre. Dans l'alphabet phénicien et hébreu, c’est une consonne représentée par un signe particulier. Dans l'alphabet gree, elle se transforme, sous le nom d'esprit, en une espèce d’accent , ou de virgule, qu’on place sur la première voyelle d’un mot et sur la consonne. L'esprit est double : rude ou doux : le second n’est pas plus sensible à notre oreille que le 2 muet français; le premier est une véritable consonne. C’est ainsi que les Romains l’ont employé, nonseulement pour les mots grecs, maïs encore pour ceux de leur langue. Chez eux l'aspiration appartenait beaucoup plus au sermo ruslicus qu'au sermo urbanus, qui pourtant l’adopta plus tard; elle avait été presque nulle à certaines époques, puisqu'ils ont pu dire : A non est littera, et qu'on n’en tient pas compte dans la poésie pour scander les vers. Les Romains se servaient aussi du 2 pour renforcer les consonnes 7, £ (rh, th), et pour modifier le p de manière à en faire une lettre sifflante, remplaçant le o grec (philosophus, phænix), valeur que le ph a conservée dans les langues romane et germanique. Ils remplaçaient aussi par ch et quelquefois par 2 (y76p10c, hortus) la gutturale grecque y. Ce ch s’est conservé dans les langues modernes; seulement, en français, au lieu d’être guttural, il est palatal, et se prononce comme # dans les mots tirés du grec ; Quelquefois il est dental et sifflant, comme dans les mots non dérivés du grec : chanvre, chien, chose, etc.

L’X, fréquemment placé en tète des mots dans les langues germaniques, y avait sans doute primitivement quelque chose de guttural; car de Ælo{har, Lothaire, la nouvelle école historique n’a-t-elle pas fait CAlotar (Khlotar), et de Hludowig, Louis, Chlodwig (Khlodwig). Dans Hradchine, Hrabanus et beaucoup d’autres noms slaves et allemands, VA est placé devant lr, usage qui paraît avoir été commun dans les langues scandinaves, où il précède souvent le w, comme dans Awit, dont les Anglais ont fait wAite, blanc. Chez nos voisins d’outre Manche, l’2 change souvent de valeur : kume s’y prononce youme; ii s’y accouple aussi avec certaines consonnes, surtout avec le £ (42), qu’il rend très-sifflant. Dans l'italien , il est peu sensible et disparaît même complétement : 2omo devient uomo : habitare devient abilare. Il en est de même du portugais. Dans l’espagnol il ne se prononce que devant les diphthongues ie et ue (häerro, huevo). Il manque dans les alphabets lithuanien, wende, bohème et russe, mais non dans les alphabets slaves en général, temoin Aospodar, qui devient en russe gospodine,et Hulitch, qui se transforme en Galitch.

En français , l'usage seul détermine dans quels mots le A est aspiré, ou muet, et dans quels cas il faut le lier avec là consonne qui précède,

Comme abrésiation sur les monuments, H signifie quelquefois en latin have, ancienne forme du mot ave, et hic, ici. Hos représente Hostis ou Hospes ; HL, hoc loco; HE, hoc est; HA, hujus anni. Comme signe numéral l’'H vaut 200, ou 200,000, selon qu’il est ou n’est pas surmonté d’un trait horizontal.

Dans la musique allemande, c’est la note si; dans les monnaies françaises, c'était autrefois la marque de La Rochelle.

Dans les formules chimiques, H désigne l'hydrogène ; Hg (abréviation d’Aydrargyrum), le mercure,

HAAM. Voyez Aa.

HABACUC, huitième des petits prophètes, dans l’ordre des livres sacrés, fut transporté à Babylone par un ange, qui le déposa dans la fosse aux lions, où Daniel était enfermé. Il futensuite ramené en Judée de la même manière, et y mourut, deux ans environ avant la fin de la captivité. Là se borne tout ce qu’on sait de la vie de cet homme de Dieu, dont les prophéties ne forment que deux chapitres, le premier composé de 17 versets, lesecond de 20, se distinguant tous deux par une imaginatiou vive et féconde, une diction brillante, des figures hardies sans exagération, des tableaux saisissants. Au milieu des prédications menaçantes qu'il fait aux Juifs, à Nabuchodonosor , à Joakim, à Ithobal, roi de Tyr, et à un quatrième souverain, qu’il accuse d’avoir enivré son ami du fiel de sa colère, on remarque un cantique dans lequel il intercède instamment pour la délivrance de ses frères, et demande à Dieu de l’accomplir dans le temps qu’il a fixé. On a attribué à Habacuc diverses prophéties qui ne sont point dans son livre : ainsi, le retour à Jérusalem , la venue d’une grande lumière dans le temple, la ruine de Sion par un peuple d'Occident. On a prétendu aussi, mais à tort, qu'il avait écrit l’Æistoire de Suzanne, de Bel et ses dragons , et de son miraculeux voyage à Babylone : la distribution des livres canoniques réfute d’elle-même cette opinion. Longtemps on a montré le tombeau d’Habacuc à Céla, près d'Éleuthéropolis; Sozomène rapporte même que son corps y fut découvert au temps de Théodose l’Ancien, et l'Église, en mémoire de cette invention, célèbre le 15 janvier la fête de ce prophète , à laquelle on a joint celle de Michée. Une abbaye de l’ordre des prémontrés, placée sous l’invocation d’Habacuc, fut fondée dans le diocèse de Jérusalem, pendant que les chrétiens disputaient aux Sarrasins la possession du saint sépulcre.

+. L'abbé J. Durzessis.

HABEAS CORPUS (Acte d’). Dans la langue judiciaire des Anglais, ces mots Habeas corpus désignent en général une décision rendue par un juge et aux termes de laquelle un détenu est, dans l'intérêt de la justice , transféré d’une cour de justice à une autre. Ces décisions, suivant le but spécial qu’elles ont en vue, reçoivent des dénominations différentes ; et il existe, par conséquent’, diverses espèces d'ordonnances d’Habeas corpus. Les deux les plus fréquentes sont l'Habeas corpus ad faciendum et recipiendum et l'Habeas corpus ad subjiciendum. La première de ces formules est employée en'matières de droit civil, lorsque sur la demande du défendeur la cause est transportée d’un tribunal inférieur à la cour supérieure de Westminster : et comme, lors de la tradition du défendeur,

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