‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 465 sur 552 · HAGEDORN — HAHNEMANN · texte numérisé non relu

HAGEDORN — HAHNEMANN

kes, émule de Hagedorn ; Liskow, le libraire Bohm , le médecin philosophe Zimmermann, Murray, théologien anglais, ete. tels étaient les hommes de mérile réunis alors à Hambourg, et au milieu desquels notre jeune poëte se plaisait à vivre. La table rassemblait souvent ces amis, qui s’y montraient plus fidèles aux leçons d'Épicure qu'aux préceptes de Socrate, et ne s’y piquaient pas de sobriété. La goutte et une hydropisie furent pour Hagedorn les suites de cette vie trop joyeuse, et le ravirent aux lettres le 28 octobre 1754, avant l’âge de quarante-sept-ans. 11 mourut au reste en digne ami de l'étude, un livre à la main. On pardonnait à Hagedorn un épicuréisme qu'il oubliait au sortir de table. Exempt de cupidité et d’ambition, il n’aimait que l'indépendance et les doux loisirs. Les beautés de la nature, la vie champêtre, dont il goûtait les charmes dans une campagne sur les bords de lAlster, annonçaient la douceur et la simplicité de ses mœurs, Comme Gessner, il a écouté son cœur en chantant le calme et le bonheur des champs, et il s’est dépeint dans ses ouvrages. Le mauvais goût introduit dans la poésie par Lohenstein et Hoffman-Waldau dominait en Allemagne, lorsque Hagedorn, formé par la lecture des. anciens et des meilleurs poëtes modernes, entreprit de réformer le Parnasse allemand. Son grand mérite, que l’époque rend très-remarquable, fut de faire parler aux muses germaniques une langue plus püre, et de mettre l’art poélique d'accord avec la nature et le goût. Le premier fruit de ses longs travaux fut un recueil de fables et de contes, qu’il publia en 1738, onze ans avant la naissance de Gœthe. Ses fables furent les premiers bons apologues composés en allemand. Gellert, Liskow, Lessing, vinrent après lui. La naïveté, la concision, l'harmonie, un style coulant et pur, signalent le talent de Hagedorn, comme fabuliste : c’étaient des mérites absolument nouveaux audelà du Rhin. Celui de l'invention lui appartient pour une partie de ses fables. Son poëme de Za Félicilé; son conte du Savelier en belle humeur ; Le Savant ; un autre poëme sur les At{ributs de la Divinilé, sont les compositions les plus admirées et les plus estimables de ce vrai père de la poésie allemande, digne de sa célébrité, quoiqu'il n’ait pas toujours su éviter, dans quelques-uns de ses essais poétiques, l’écueil du grotesque et du trivial. Mais c’est surtout ‘comme poëête lyrique, ou plutôt comme chansonnier, que Hagedorn est justement renommé en Allemagne. La gaieté, la naïveté, la finesse, une ironie philosophique, distinguent un assez bon nombre de ses œuvres légères. La Pelite Fille; Le mois de Mai; l'Éloge du Siècle, entre autres, ne seraient pas désavouées par les maîtres de la gaie science. Le recueil des Odes et Chansons de Hagedorn parut en 1747; ses Epigrammes virent le jour trois ans après, en 1750, AUBERT DE VITRY.

HAGIOGRAPHE, HAGIOGRAPHIE (de &ytoc, saint, et ypdpeuv, écrire). On donne le nom d’hagiographe en général à tout écrivain qui écrit sur la vie etles actions des saints. On cite les bollandistes comme les plus savants et les plus volumineux hagiographes : on peut y ajouter Palladius, Siméon le Métaphraste, Jacques de Voragine, dom Ruinart, Alban Butler, etc. (1 oyez Lécenne). L’hagiographie est la science des légendes et des écrits qui traitent de la vie des saints personnages. HAGUEN AU, ville d'Alsace (Bas-Rhin), sur la Mo- - der, à 23 kilom. de Strasbourg, avec 11,427 âmes, possède un collége, une bibliothèque, une école industrielle et des fabriques de garance, de savon, de chandelles et - de faïence. Ses fortifications ont été déclassées en 1867. Construite au douzième siècle, cette ville, déclarée bientôt impériale, du & à son importance d’être choisie comme la capitale de l’unon des dix villes d'Alsace (1354). La guerre de Tren te ans la Gt passer {our à {our sous le joug des Impériaux, des Suédois et des Français. Le traité de Westphalie l’ad jugea à ces derniers, Après la guerre de 1870, elle a suivi 12 sort de l'Alsace. Les principaux édifices d'Haguenau sont ses deux églises.

HAHNEMANN (Samuer-Cnnérien-Fnénéric), fondateur de la doctrine médicale à laquelle il a donné le nom d'homæopathie, naquit le 10 avril 1755, à Meissen (Saxe), de parents peu aisés ; son père était peintre sur porcelaine. Doué d’une constitution de fer, il montra dès ses premières années une intelligence prompte etavide, une volonté ferme, un caractère grave et studieux ; il était né observateur et persévérant. Aussi fut-il promptement distingué par le directeur de l’école provinciale, qui le fit répétiteur de ses camarades ; et plus tard, suppléant à la pauvreté de son père, il lui fitachever ces études à ses frais. Il avait parcouru le cercle des connaissances académiques : il savait le latin, le grec, le français, l'anglais, l’italien : ildut faire choix d’une profession, etc’cst à la médecine qu'il s’adonna. Ilse rendit à Leipzig pour l'étudier, muni de 20 ducats pour toute ressource; il avait vingtans. I] lui fallait pourvoir à son existence en même temps qu'aux dépenses universitaires ; il vint à bout de toutes ces difficultés. Il passait une nuit sur deux à traduire en allemand des ouvrages anglais et français. En 1777 il se rendit à Vienne, et au bout de neuf mois Quarin, médecin de l’hÔpital de Léopoldstadt, le distingua au point de lui confier les malades d’une salle et de le faire autoriser à expérimenter en ville son système. Peu de temps après, le gouverneur de Transylvanie l’appela à Hermanstadt, comme bibliothécaire et médecin privé; mais il n’y fit qu’un séjour peu prolongé, et se rendit à Erlangen, où, en 1779, il soutint une thèse pour le doctorat Sur les causes et le trailement des affections spasmodiques. Aussitôt après, Hahnemann commença une série de migrations, toutes marquées par de nouvelles études et par des travaux distingués : à Hesttædt, à Dessau, il étudia la chimie et la minéralogie; à Gommern près de Magdebourg, il se maria en 1785, avec Henriette Kuchler, fille d’un pharmacien. De 1787 à 1791 il habita Dresde, où ilsefit connaitre par de remarquables ouvrages de chimie, d'hygiène et de thérapeutique : aussi le vit-on bientôt à la tête d’une nombreuse clientèle dans cette ville.

Cependant Hahnemann abandonna tout d’un coup Dresde pour rentrer à Leipzig, et se livrer dans la retraite à des travaux de chimie et à des traductions (1792). Une pareille résolution, quand il avait devant lui un sibrillant avenir, quand il était chargé de famille (onze enfants ) et poursuivi des plaintes de sa femme, dut être inspirée et soutenue par un bien puissant motif : « C'était, écrivit-il à Hufeland, un supplice pour moi de marcher toujours dans l’obscurité lorsque j'avais à traiter des malades... Je me faisais un cas de conscience de traiter les états morbides inconnus de mes frères par des médicaments tout aussi inconnus, qui, en leur qualité de substances très-actives, peuvent faire passer de la vie à la mort ou produire des affections nouvelles et des maux chroniques. Devenir ainsi le meurtrier de mes semblables était pour moi une idée si affreuse et si accablante, que je renonçai à la pratique. » Mais de graves maladies qui atteignirent ses enfants le rappelèrent à la pratique de la médecine; trermblant comme père, et confiant dans les vues de la Providence, il pensa qu’elle ne pouvait avoir abandonné l’homme sans secours contre les dangers permanents qui assiégent sa santé et sa vie; il chercha donc, et en cherchant il crut qu'il devait trouver la solution du problème dans l'étude des médicaments sur l’homme en santé,

C’est alors que, traduisant l'article Quinquina dans la matière médicale de Cullen, il résolut d’essayer sur luimême les effets de ce médicament. Cette expérience, de laquelle il résulta pour lui une série d'accès analogues à ceux de la fièvre intermittente, lui révéla la loi des semblables. De nouveaux essais avec ce médicament et quelques autres sur lui-même, sur ses enfants et ses amis, le confirmèrent dans sa découverte; la lumière lui était apparue, ét dès ce moment toute sa vie fut consacrée à la médecine ou plutôt à la réforme de la thérapeutique médicale, Mais aussi dès ce moment, s’il trouva comme savant et comme praticien un bonheur jusque là inconnu dans les résultats de sa pratique, il eut à supporter comme homme mille persésutions

qu'il avaitignorées auparavant. Pendanttrenteans ilrencontra sur sa route toutes sortes d'obstacles, dans les différentes villes où il fut forcé de se réfugier, à Georgenthal, à Brunswick, à Kœnigslutter, à Hambourg, à Wittenberg, à Torgau; il ne cessa pourtant de poursuivre à la fois ses travaux d’expérimentation, la pratique la plus étendue et un euseignement à des élèves chaque année plus nombreux.

Il reparut à Leipzig en 1811, après avoir publié son Organon ; il y pratiqua et professa publiquement jasqu’en 1820, et il fit paraître son traité de Matière médicale pure, en 6 volumes. A cette époque, fatigué de la violence des persécutions, il accepta l'asile que lui offrait le duc Ferdinand à Anhalt- Kœthen. 11 y passa quinze ans, poursuivant les mêmes travaux physiologiques et cliniques, consulté de tous les coins de lAllemagne et même de l’Europe , aidant de ses conseils quelques élèves dévoués, et vivant dans l'indifférence la plus absolue sur les critiques dont il était l'objet. Sa première femme était morte en 1827; le 18 janvier 1835, dans sa soixante-dix-neuvième année, il épousa M'° d’Hervilly,

Page 1