‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 467 sur 552 · HAIE — HAINAUT · texte numérisé non relu

HAIE — HAINAUT

soleurs ou de tous les animaux nuisibles le champ qu’elle ; “enserre : elle résulte de l'assemblage d’arbres ou d’arbustes épineux, tels que le grenadier, le genévrier, le jujubier, Vazerolier, le groseillier épineux, l’épine-vinelte , le noirprun, qui ont montré l'avantage d'etre productifs ; l'ajone, le prunellier, le rosier sauvage, l’aubépine, si chantée des poëtes, ete. On peut voir au Jardin des Plantes de Paris une collection complète de modèles de toutes ces variétés de clôtures. :

Il faut semer les haies plutôt que de les planter : elles croissent alors bien mieux, et acquièrent beaucoup plus de vigueur que des plants pris dans les bois ou dans une pépinière. On doit aussi veiller à ce qu’elles soient composées d’arbustes dont la croissance soit simultanée, les labourer au pied tous les ans, les sarcler fréquemment, les arroser même si cela semble nécessaire, et les tailler de temps à autre en leur conservant une hauteur convenable.

Si maintenant nous envisageons la haie du point de vue de la jurisprudence, nous trouverons que le législateur a tracé certaines règles à son égard : plusieurs articles du Code Civil établissent en principe que toute haie séparant deux héritages également clos, ou dont aucun ne l’est, est réputée mitoyenne; les arbres qui se trouvent dans la haie mitoyenne sont mitoyens comme elle ; enfin, l’article 671 du Code Civil, statuant à défaut de règlements particuliers et d’usages constants, défend de planter des haies vives ou des arbres de basse tige pouvant servir à les former, à une distance moindre d’un demi-mètre de la ligne séparative de deux héritages.

Au figuré, le mot Aaie s'emploie pour désigner une file de personnes rangées avec plus ou moins de symétrie : la troupe fait la haie de chaque côté du prince lorsqu'il se rend à quelque solennité, etc.

HAIE (La). Voyez Haye (La).

HAÏRK , grande pièce d’étoffe de laine blanche, qui forme une partie essentielle du costume arabe. Les hommes portent le haïk drapé autour du corps et attaché sur la tête par quelques tours d’un gros cordon de laine brune. Les femmes, quand elles sortent, s’en enveloppent soigneusement des pieds jusqu’à la tête, ne laissant apercevoir que leurs yeux.

HAI-NAN, île chinoise dépendant, sous le nom de Kioung-tchto, de la province de Canton, située au sudest du golfe de Tong-King , et séparée de la presqu'’ile de Liou-tchéou, formant l'extrémité méridionale du continent chinois , par le détroit du même nom, large de 14 kilomè-/ tres seulement et couvert de nombreuses îles. Elle est de forme ovale, et présente une superficie totale d’environ 700 myriamètres carrés. A l’ouest ses côtes sont plates, entourées de bancs de sable et de bas-fonds, à l’est géné ralement garnies de rochers escarpés, et échancrées par d’ex.cellents ports et des baies très-sûres. L'intérieur de l'ile est traversé par un plateau, celui du Ta-Outschi-Schän, qui envoie de nombreux enbranchements dans toutes les directions, en formant une foule de vallées sauvages et incultes pour la plupart, et desquelles s’échappent un grand nombre de cours d’eau. Le sol se compose d'ailleurs de plaines sablonneuses où, de savanes verdoyantes, interrompues çà et là par des rochers. Le climat, naturellement très-chaud , y est très-rafraîchi par les vents de mer, qui souvent s’y transforment en ouragans furieux. Des brumes fréquentes et d’abondantes rosées y entretiennent une constante humidité, qui favorise le développement de la plus riche végétation. La cûte orientale de l’ile est très-stérile, couverte en grande partie de forêts d’arecas ; mais la partie occidentale est très-fertile en riz, fruits de toute espèce, canne à sucre, tabac, coton, indigo, et patates sucrées, principale nourriture de la population. Les forêts des montagnes, qui abondent en bois de construction et de menuiserie et renferment en outre une foule d’essences précieuses, constituent une des princi- . pales sources de richesse dé Haï-Nan. On y trouve du bois de sandal, du bois de rose, du bois d’ébène, du bois de Brésil, des cocos, différentes espèces de noix de laloès,

DICT. DE LA CONVERS. — T. x.

une foule de plantes medicinales et vénéneuses, Elles ses: vent de refuge à toutes sortes d'animaux féroces , tels que le tigre, le rhinocéros, etc., à des singes, dont une espèce atteint la taille de l’orang-outang, à de grandes espèces de cerfs, à de nombreux serpents, à des boas notamment, et à des insectes de tous genres. L’apiciculture, pratiquée sur une large échelle, fournit beaucoup de cire pour l’exportation. Les côtes abondent en poissons et coquillages, en coraux et en tortues. Les rivières charrient du sable d’or, et les salines du pays donnent de riches produits.

Les habitants de Haï-Nan, quoique ressemblant aux Chinois par leur extérieur, par leur costume, leurs mœurs et leurs usages, parlent une langue tout à fait autre, Cette race paraît complétement différer de celle qui habite la province de Canton, et n'avoir adopté la civilisation de ses vainqueurs qu'à la suite d’une longue lutte. C’est une population misérable, loquace, hospitalière, polie, sans moyens de résister aux attaques auxquelle elle est exposée de la part des pirates de Tong-King ou deS parages de Formose et de la part des sauvages aborigènes, restés indépendants dans les montagnes de l’intérieur. Elle dépasse, dit-on, un million d’âmes. Le nombre des bourgades qui reconnaissent les lois de la Chine s'élève à 1203; celui des villes entourées de murailles à 14. La plus grande est Kioung-Tchéou-Fou ou Housch-e-Oug, située sur la côte septentrionale, dans une belle et riche contrée parfaitement cultivée, entourée d’épaisses murailles en briques, de 12 à 13 mètres de hauteur, bien bâtie et comptant près de 200,000 habitants, très-industrieux et entretenant de leur port des relations commerciales très-actives avec Canton, le Tunquin, la Cochinchine, Siam et même, depuis 1825, avec Singapore. A 8 kilomètres environ de cette ville est située Haï-Khcou-So, ville presque aussi peuplée, le principal port et le grand centre commerciale de toute l’île, résidence du gouverneur, bâtie sur un étroit promontoire, bier fortifiée, pourvue d’un môle et d’un bureau de douanes.

HAINAUT (en latin Hannonia, en allemand Hennegau), contrée située dans les parties wallones des Pays- Bas, autrefois la patrie des Nerviens, et appartenant aujourd’hui moitié à la France et moitié à la Belgique. Dès le neuvième siècle elle ohéissait à une puissante famille de comtes, qui avait pour souche Giselbert de Mansuarie, gendre de Charlemagne, et qui à la mort de son fils, Regnier au Long Cou, se divisa en trois branches : les ducs de la basse Lorraine, les comtes de Louvain, el les comtes de Hainaut. A l'extinction des deux premières de ces branches, Regnier III de Hainaut (mort en 970) devint d’une part la souche d’une nouvelle ligne de Louvain (de taquelle provinrent plus tard les ducs de Lorraine et de Brabant), et continua de l’autre la branche des comtes de Hainaut.

L’héritière de cette maison, Richilde (morte en 1006), apporta le comté en dot à Baudouin VI de Flandre, qui prit en Hainaut le nom de Baudouin 1°". Son fils, le comte Baudouin 11, fut dépouillé de la Flandre par son oncle Robert le Frison; mais déjà son arrière-petit-fils, Baudoin V, par son mariage avec Marguerite d'Alsace (1191), réunissait de nouveau les deux comtés, non toutefois sans avoir dû consentir à en céder à la France d'importantes parties. Baudouin VI (IX de Flandre), issu de ce mariage, devint en 1204 premier empereur latin de Constantinople, et laissa ses domaines à sa fille aînée, Jeanne, dont l’héroïque époux, le prince Ferdinand de Portugal, perdit en 1214 contre les Français la célèbre bataille de Bouvines. À Jeanne succéda, en 1244, sa sœur Marguerite, qui avait déjà été deux fois mariée : la première fois à Bouchard d’Avesnes, la seconde, après divorce, à ‘Gui de Dampierre. En 1246, la survivance du Hainaut fut assurée anx enfants issus du premier lit, et celle de la Flandre aux enfants issus du second ; et en 1280 Jean II d’Avesnes, petit-fils de Marguerite, parvint effectivement à régner dans le Hainaut, mais non sans avoir eu à lutter contr> sa grand’mère et ses fils. et sans que la discorde cessât de diviser les deux

Page 1