‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 468 sur 552 · HAINAUT — HAINE · texte numérisé non relu

HAINAUT — HAINE

lignes. En 1299 la Hollande et la Zélande étaient en outre | péniblement. Il y a ici un mouvement de l'âme pou ne

échues à Jean IT, et ce fut la cause de longs démélés entre Jui et la Flandre. Quoïque ses alliés, les Français , eussent été complétement battus en 1302 par les Flamands, son fils Guillaume 1, dit Ze Bon, réussit à se maintenir; et l’époque de son règne (1304 à 1307) est l’une des plus florissantes de l’histoire du Hainaut. En 1345 Guillaume II entra en lutte contre les Frisons; et il légua ses États à sa sœur aînée Marguerite, laquelle, comme femme de l’empereur Louis LV, porta le Hainaut, avec la Hollande et la Zélande, dans la maison de Bavière. Après elle régnèrent en Hainaut ses fils : Guillaume IT, sous lequel commencèrent les luttes intestines des cabillauds et des hoeks, et qui mourut fou, en 1359; puis Albert, mort en 1404. Le fils d'Albert, Guillaume IV, frère du belliqueux évêque de Liége Jean de Bavière, régna de 1401 à 1417; et après lui Jacobée ou Jacqueline de Bavière, princesse aussi légère qu'héroïque, laquelle après avoir soutenu les attaques les plus multipliées et les plus acharnées finit par céder, en 1433, le Hainaut et ses autres possessions à la maison de Bourgogne, pour racheter la liberté de son quatrième mari, le comte d’Ostrevant , fait prisonnier par Philippe le Bon.

C’est de la sorte que le comté de Hainaut passa, en 1477, avec le reste de l’hérilage de la maison de Bourgogne à la maison de Habsbourg, dans la possession de laquelle il demeura jusqu’à la révolution française, de 1556 à 1713 dans la branche espagnole , et ensuite dans la branche autrichienne. Voyez Pays-Bas.

Dans l'intervalle toutefois la partie méridionale du Hainant, dont Valenciennes est le chef-lieu et qui fait aujourd’hui partie du département du Nord, avait été cédée à la France, en 1649, par la paix des Pyrénées. En 1815 on constiftua avec le reste du Haïnaut, auquel on incorpora alors le Tournaisis, ancien pays flamand, le district de Charleroy, ancienne dépendance du pays de Namur, et quelques parcelles du Brabant et du pays de Liége (qui avaient précédemment constitué le département de Jemmapes), la province belge actuelle du Hainaut, qui, sur une superficie

de 3,721 kilom. carrés, contient (1866) une population de 847,775 habitants. Ce pays, qui est arrosé par la Sambre, par l’Escaut et par un d: ses affluents, la Haine, petite rivière d’où la contrée tout entière a reçu son nom, est plat et fertile au nord; au sud , la forêt des Ardennes en occupe la plus grande partie, laquelle est riche en gisements houillers, dont l'exploitation, en 1851, produisit 4,754,186 lonnes, et en 1869, 9,841,000, ayant une valeur de 120 millions et demi. Le nombre des puits d'extraction en activilé élait, à cette dernière date, de 192, et celui des ouvriers employés s'élevait à 67,660,

L'indnstrie, extrèmement active dans ces contrées, comprend la fabrication du fer , du cristal et des glaces ; et on estimait pour cette même année 1851 la valeur de ces trois seuls articles à 21,000,000 de francs ; elle s'occupe aussi de la fabrication des toiles, des lainages, des tapis (notamment à Tournay), des dentelles, etc.

D’après sa division adininistrative actuelle, la province comprend : 1° les trois arrondissements {jadis parties intégrantes du comté) de Mons, avec la ville du même nom pour chef-lieu (population, 24, 338 hab. }, de Soignies, avec la ville du même nom pour chef-lieu (e,724 hab.), et A4, chef-lieu la ville de mème nom (8,437 habitants) ; 2° les trois arrondissements nouveaux de Tournay, chef-lieu la ville du même nom (31,525 hab.), de Charleroy, chef-lieu la ville du même nom, et de Thuin, chef-lieu la petite ville dn

même nom (4,335 hab. ). Comme ce pays a presque toujours !

été le tliéâtre des guerres contre la France, on peut encore citer permi les localités remarquables qu'il contient, les champs de bataille de Fleurus (1623,1690 et 1794), de Saint- Denys (1678), de Malplaquet (1709), de Fontenoy (1745), de Jemmappes (1792), et de Tournay (179%).

HAINE, La haine est un sentiment actif de l'âme, qui la porte à s'éloigner et à se délivrer de l'objet qui l'affecte

ES — a

plus souffrir, comme dans le désir il y a un mouvement de Pâme pour se porter au-devant de la connaissance, Cette idée de mouvement répulsif ou rétroactif est très-bien ex. primée par le mot aversion , synonyme de haine (avertere: se). Le point de départ de la haine est bien un phénomène simple de la sensibilité, une affection pénible. Mais, s’il en restait là, il ne se développerait pas, il n’existerait pas. Il faut pour que l’âme haïsse, qu’elle sorte de l’état passif et que le pouvoir actif vienne en aide. Assurément cet’e activité n’est pas réfléchie ; car la haine est , Comme l’amour, un sentiment spontané. Mais l’activité n’est pas toujours volontaire ; il y a aussi une activité spontanée instinctive , comme celle de l’homme qui recule devant un danger, qui porte ses regards vers un objet qui atlire sa curiosité.

Le sentiment de haïne est susceptible d’une vivacité et d’une énergie qui l’ont fait ranger parmi les passions : à cet état en effet il en a tous les caractères. Ce qu'il a avant tout de commun avec elles, c’est de porter le trouble dans l’âme au point de la rendre insensible à la voix de la raison et d’obscurcir eu elle ce précieux flambeau. Elle en absorbe pour ainsi dire toutes les facultés au moment où elle la possède , la domine tout entière et la préoccupe exclusivement de l’objet de son aversion. Mais elle a cela de bien distinct des passions qui se manifestent par un mouvement attractif, qu’elle agit précisément dans un sens contraire, qu’elle porte l’âme à fuir l’objet haï, à léloigner d’elle autant que possible, ou même à lattaquer pour le détruire. Dans l'amour, l’âme tend à s’unir à l’objet aimé et à vouloir son bien; dans la haine, elle tend à se séparer de l’objet haï et à vouloir son mal, son anéantissement.

La haine a pour objet tout ce qui est la négation ou l’opposé de ce qui a droit à notre amour. Comme il y a deux sortes d’amours, l'amour désintéressé et l'amour intéressé, de même il y a deux sortes de haiïnes, celle que nous ressentons pour Les objets qui ne sont pas nous, qui ne contrarient point notre bien-être individuel, mais que nous. naïssons en eux-mêmes ; et celle que nous ressentons pour les objets qui s'opposent à notre bien-être, qui blessent notre intérêt ou ce que nous croyons notre intérêt. L’erreur ou le mensonge, le mal moral, le laid, seront pour l’homme l’objet le sa haine, mais d’une haine toute désintéressée. Cette espèce de haine n’en sera pas moins active ni moins violente. Ainsi, les haines politiques ou religieuses ne conseillent ni moins de folies ni moins de crimes que les haines privées; seulement, elles ont un caractère moins bas, parce qu’elles sont pures d'égoïsme. Si nous maudissons les hommes du parti que nous combattons, ce n’est pas parce qu'ils ont porté atteinte à notre bienêtre, mais parce qu’ils représentent à nos yeux ce que nous haïssons, le contraire de la vérité ou du bien, dont nous. nous déclarons les défenseurs au péril de notre fortune et de notre vie. Aussi excuse-t-on cette espice de haine en la couvrant du nom de fanatisme. La haine qui a l’intérêt personnel pour mobile est de deux sortes. Elle est injuste où mérilée. Elle est méritée quand celui qui en est l'objet a agi sans droit et avec intention de nous nuire. Elle est injuste quand celui qui a lésé ce que nous croyons notre intérêt a agi dans la plénitude de son droit naturel et sans aucune intention de nous faire du tort, Ainsi, rien n’est plus déraisonnable que la haine qui à pour source l'envie. De ce qu'un homme est plus puissant ou plus riche que nous, ou supérieur à nous par son esprit, ses talents, sa réputation, nous lui vouerons une haine mortelle, qui n'aura point d'excuse, puisqu'il n’a nullement cherché à nous nuire, et que la nature, le hasard ou ses légitimes efforts seront les seules causes de sa supériorité, Les femmes n'ont souvent d'autre motif de se hair entre elles qu'une cer= taine différence que la nature a mise dans la régularité ou. l'expression de leurs traits. Rien n’est plus odieux ni plus bas que la haine ainsi fondée sur l'égoisine. Mais si la haine

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