‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 476 sur 552 · HALLE · texte numérisé non relu

HALLE

1853, l empereur, étant allé visiter les travaux, les fit immé:diatement suspendre,

L’ordonnance lourde et bizarre du nouvel édifice, que le Parisien avait déjà plaisamment baptisé du nom de fort de la halle, soulevait en effet les plus justes critiques. D’autres plans furent présentés par MM. Armand et Flachat; en même temps MM. Baltard et Callet modifièrent leur projet, en se conformant au programme tracé, Ce fut encore leurs nouvelles études qu’adopta définitivement le conseil municipal, le 30 décembre 1853.

Les halles centrales comprennent actuellement (1874) dix pavillons entièrement achevés, partagés en deux groupes égaux par un boulevard large de 32 mètres. Pourcompléter le plan primitif, il reste encore à bâtir deux pavil. lons et à relier cet ensemble de bâtiments à la halle au blé, qui formerait la tête du grand marché parisien. IL reste peu probable que cette dernière partie du projet de 1854 soit exécutée avant de longues années, car elle exigerait des opérations d’expropriation et de construction devenues trop dispendieuses pour le budget de la ville. D'ailleurs les pavillons ouverts suffisent amplement à tous les be oins d’approvisionnement.

La superficie totalecouvertepar les halles est de 60,000 mètres; leur construction, évaluée à 8 millions, en à coûté 50 environ. « Le groupe de l’ouest, rapporte M. Joanne, se rattache à la halle au blé par deux pavillons de. forme concave. Chacun de ces groupes se compose de six grands pavillons couverts d’une immense toiture en zinc, supportée par des colonnes en fonte, et que séparent entre eux trois larges rues. L'ensemble du groupe forme un parallélogramme al\ongé d’un développement de 166 mètres sur 124; les quatre pavillons d’angle mesurent 542 sur 42, ceux du milieu 54" sur chacune des faces. Chaque pavillon se compose, sur les faces latérales perpendiculaires à la ligne du milieu, de neuf arcades de 6" chacune formées par de légères colonnes en fonte, et sur les faces parallèles, de sept arcades pour les pavillons d'angle et de neuf pour ceux du milieu. $ auf les assises de la construc. tion, en pierre brune des Vosges, et un mur léger de 2® de haut en briques de couleur, tout est en métal : colon: nes d'appui, arcades, ferrures et charpente de la toiture, La partie supérieure des arcades et les lanternons percés dans la toiture des pavillons sont fermés par des persiennes en verre dépoli ou par des toiles. Des places ou bouliques de 22,9 environ sont disposées dans chacun des pavillons, excepté dans celui qui est destiné à la vente en gros du beurre. A l’un des coins du pavillon d’angle, un escalier en pierre conduit aux caves, dont les voûtes sont soutenues par un immense quinconce de colonnes en fonte : on y a pratiqué une série de caveaux ou resserres, séparés par des grillages, et correspondant en nombre aux places de l'étage supérieur. Des fontaines dans les pavillons et des puisards dans les caves fournissent l’eau à tous les services.» Le sous-sol de quelques uns des pavillons sert d’abattoir pour les volailles et les menues viandes de lapins et d'agneaux; au n°9 ily a un réservoir d’eau eourante pour la conservation du poisson vivant. Le n° 10 (beurre, œufs et fromages, vente en gros) possède un laboratoire souterrain où se fail chaque matin, aux bouzies, l'opération du mirage des œufs par l'intermédiaire de 65 agents désignés sous le nom de compteurs-mireurs.

Les halles centrales relèvent à la fois de la préfecture de la Seine et de celle de police; le décret du 10 octobre 1869 a réglé le partage de leurs attribulions respectives.

On remarque à Londresla même disposition qu’à Paris, C’est au centre de la vieille cité, dans le quartier populeux, que sont situés les marchés les plus considérables, ceux qu’on peut appeler les balles ; ils sont au nombre de six, tous plus mal con: ruits, plus mal disposés les uns que les autres , Newgate .e principal marché de la viande, où l’on abat aussi les pestiaux ; Snilhjield, qui est le Poissy ou le Sceaux de Londres; Leadenhall, affecté à la vente de la volaille, du

HALLE — HALLEBAKDIERS

gibier, du beurre, des œufs et des cuirs; Billingsgale, marché aux poissons; Farringdon, reconstruit il y a peu de temps, et où l’on vend des légumes, des fruits, de la viande; Honey-Lane. Les autres marchés sont disséminés dans l'étendue de Pimmense ville. Quelques villes secondaires de la Grande-Bretagne ont de magnifiques établissements de ce genre, par exemple Newcastle, Liverpool, Birkenhead.

En Belgique, en Hollande, en Alemagne, les denrées se vendent partout sur la voie publique ou sous de frêles échoppes mobiles; nous citerons seulement comme exceptions la poissonnerie et la vieille boucherie d'Anvers, élégant monument gothique, le marché des Récollets à Bruxelles. Enfin les bazars de Constantinople sont à bon droit ‘célèbres.

HALLE (Dames de la). C’est probablement par ironie qu’à une époque où les femmes nobles seules s’appelaient dames on donna ce nom aux marchandes et revendeuses des halles. Quoi qu’il en soit, sous l’ancien régime, ces braves grosses commères, ainsi que celles de la place Maubert, à la naissance d’un fils de France, lors d’un mariage royal ou d’une victoire remportée, au premier jour de l'an, etc., avaient le privilége d'être introduites jusque dans la galerie du château de Versailles et d'y complimenter le monarque à genoux. On leur donnait ensuite à diner au grand-convnmun , et c'était un des premiers officiers de la maison du roi qui en faisait les honneurs. Le repas était splendide. Elles partageaient encore avec les charbonniers le droit d'occuper la loge du roi et celle de la reine aux représentations gratis. Quand éclata la révolution, la dame de la halle fit taire un moment ses instincts monarchiques; on en vit, aux £ et 6 octobre, courir à Versailles pour ramener à Paris le boulanger, la boulangère et le petit mitron. Napoléon, en reconstruisant l'édifice social, ne pouvait pas oublier de restituer aux dames de la halle toutes les attentions gracieuses qu'avait eues pour elles l’ancien régime. On les revit donc aux Tuileries comme ci-devant. Elles ont aussi été l’objet des attentions du nouvel empereur, qu’elles acclamèrent en plusieurs circonstances, et qui après le 2 décembre leur fit donner un bal, dans une salle immense, construite à grands frais sur le marché des Innocents.

Le langage des dames de la halle est à bon droit passé en proverbe ; il a donné naissance à un genre de littérature longtemps à la mode, le genre poissard Vadé en est le Corneille. Après une séance de l’Académie bien polie, bien savante, bien correcte et bien rhétoricienne, le bon Dumarsais s’en allait se placer derrière les piliers des halles pour se désennuyer, au riche développement des tropes extraordinaires inspirés par la seule passion à ces êtres incultes et grossiers. C'était aussi un des amusements favoris du comte d'Artois que d’aller incognito, après un déjeûner à la Petite Hotte (cabaret alors en grand renom), se faire engueuler par les poissardes ; ces dames ont en effet pour caractère commun une effronterie qui leur met sans cesse l’injure à la bouche, et quelles injures !.. Du reste, elles font courageusement un rude métier, et quelques-unes sont plus qu’à leur aise. Les énormes bijous, les lourdes dentelles constituent leur grand luxe. NV.-A. DucKkErrT.

HALLE (Foris dela). Voyez FORTS DE LA HALLE.

HALLE (JEAN-NoeL), né à Paris, en 1754, fut d’abord destiné à la profession de son père, peintre et recteur de l’Académie de Peinture ; mais un médecin alors célèbre, Lorry, qui était son oncle, le détermina à étudier la médecine, En 1777, Hallé obtint le grade de docteur de la faculté de Paris; il ne tarda pas à prendre rang parmi les notabilités du temps dans sa profession, puisqu'il fut admis parmi les membres de l'Académie de Médecine, et s’y fit remarquer par diverses observations, par des expériences ainsi que par des recherches. Après la tourmente révolutionnaire, Hallé fut chargé de divers emplois : il fit partie d’une commission . instituée pour publier des livres élémentaires ; il fut nommé professeur à la nouvelle École de Médecine, et enfin un fauteuil de l’Institut lui fat décerné. À l'École de Médecine,

Hallé fut chargé de l’enseignement de l'hygiène et de la physique médicale ; ses leçons , faites dans un style élégant, attirèrent un grand nombre d'élèves. Malheureusement la prononciation de l’orateur était embarrassée au point d’être pénible pour l'oreille des auditeurs ; il se jetait en outre dans des prolixités telles, qu'aucun de ses cours ne fut complétement achevé dans sa carrière scolaire. On espérait que la presse obvierait à ces défauts, et un traité d'hygiène qu’il avait souvent promis de publier fut vainement attendu; il en traça seulement le cadre, dans l'Encyclopédie méthodi que. Tourtelle, professeur à l’École de Médecine de Strasbourg , s’en empara pour y renfermer des éléments d’hygiène , ouvrage estimé. En société avec Nysten , Hallé publia aussi dans le Dictionnaire des Sciences médicales un long article sur l’hygiène. C’est surtout à l’Institut que Hallé brilla par des expériences et des recherches pour apprécier la valeur de diverses découvertes importantes : telles furent entre autres la vaccine et le galvanisme. Plusieurs rapports témoignent de la variété et de l'étendue de ses connaissances , ainsi que de son zèle pour combattre le charlatanisme. On lui doit encore la traduction d’un ouvrage anglais de Good win sur la connexion de la vie avec la respiration; il surveilla aussi lédition des Œuvres de Tissot. Tourmenté depuis longtemps par un calcul urinaire , il lui fallut recourir, en 1822, à l’opération de la taille, la seule ressource qu’on eût alors dans cette grave affection : il suceomba aux accidents de ce remède extrême. D' CHARBONNIER. HALLEBARDE , mot dérivé de l’allemand, et composé de bard ou barthe, vieux mot teutonique, qui signifie hache ou lance, et peut-être de hell, claire ou brillante; car on dit'en allemand hellebarde. Cette arme d’hast est d'invention danoise ; les Allemands et les Suisses l’adoptèrent comme arme offensive ; et ce furent ces derniers qui lintroduisirent en France. Elle fut d’abord l’arme de l’infanterie d'élite de chaque corps , et ensuite l'arme des sergents. Voila pourquoi les Italiens l’appelaient sergentina. Il y avait déjà des espèces de hallebardes au temps de Philippe-Auguslte; mais on appelait becs-de-faucon, fauchards, Jauchons, gquisarmes, pertuisanes, les diverses armes à fer, de formes bizarres, antérieures à Louis XI. Ce fut l’admission des Suisses, sous le règne de ce prince, qui répandit en France l’usage de l’arme positivement nommée hallebarde. Celle qu’on désignait ainsi, par opposition au longbois, se composait d’une hampe, ou d’un manche, de deux mètres au plus de long, et d’un fer, de forme particulière, adapté par une douille à l’extrémité de la hampe. Ce fer formait au-dessus de la douüle, d’un côté tantôt une hache, tantôt un croissant tranchant, à pointes aiguës, et de l’autre un dard droit ou crochu; il se continuait, dans le prolongement de la hampe, en une lame, à deux tranchants, large à sa base, et se terminant en pointe aiguë. La hallebarde était susceptible de recevoir divers ornements : le manche était garni de drap, de velours, de couleur vive; la douille se cachait sous une houppe, ou gland, à franges d’or, d’argent, ou de soie; le fer, découpé à jour, était parfois ciselé avec art, et, afin de rendre l’arme plus meurtrière, on avait, dans les derniers temps, adapté sur la douille deux canons de pistolet. Les Suisses excellaient à manier la hallebarde , et ils en donnaient des leçons. Le duel à la hallebarde était sévèrement défendu, à cause de la gravité des blessures que faisait cette arme d’estoc et de taille. Elle cessa d’être en usage dans l’infanterie française au commencement de la guerre de 1756; mais les cent-suisses, gardes à pied ordinaires de nos rois, l’ont conservée jusqu’en 1789, et les sergents de l’armée anglaise jusqu'en 1815. Maintenant encore, dans la plupart de nos cathédrales, les suisses marchent fièrement, tenant d’une main une hallebarde, de l’autre une canne de tambour-major. HALLEB1\RDIER , infanterie d’élite qui en quelques pays faisait partie de la garde des souverains. En Piémont, jusqu’en l’an vi, il a existé des corps de hallebardiers; à Rome il y en à encore, chargés de la garde du

pape; en Autriche, ils s'appellent {rabans. I] n’y a ras eu en France de corps spécialement nmmé Aallebardiers. Louis XI arma de la hallebarde les Suisses qu’il prit à son service. Les francs- archers, certaines enseigne:, les légions de François Ier, étaient en partie composés de hallebardiers; le reste était des piquiers et arquebusiers.

HALLECRK (Hexrr-WaAcer ), général américain, naquit en 1816, à W esternville, près d’Utique (État de New- York). Élève de l’école militaire de Westpoint, il en sortit dans l’arme du gé nie avec le grde de sous-lieutenant et gagna celui de capitaine en 1846 dans la guerre du Mexique. Démissionnaire en 1854, ilalla s'établir à San-Francisco où ilse fit homme de loi et agent d’affaires. Iorsque les États du Sud eurent proclamé leur séparation Halleck offrit ses services au président Lincoln, qui le chargea d’organis:r les armées fédérales et de préparer le plan des opérations militaires. C’est à lui que l’Union dut ses succès. Appelé au conmandement de l’armée de l'Ouest (novembre 1861), il y établit une discipline sévère, fit fusiller les espions et arrêter les rebelle s, et plaça la navigation, du Mississipi et du Mis:ouri sous le contrôle de l’autorité militaire, En 1862 il occupa de vive force Corinthe et Chatt:nouga. Son double talent de {acticien et d'administrateur le fit investir, le 11 juillet 1862, des difficiles fonctions de général en chef des armées fédérales; il donna une plus vive impulsion aux mouve ments militaires, remit son commande ment au général Grant (1% mars 1864), et devint chef d'état-major gén éral. Après la guerre Halleck commanda dans le Sud, puis dans l'Ouest. 11 est mort, le 7 jauvier 1872, à Louisville, On a de lui des £lements of military art and science, traité de tactique estimé,

HALLER (AzBerT DE) , le prince des physiolozistes, était né à Berne, en 1708, d’une famille de patriciens. Enfant précoce, à quatre ans, il lisait la Bible et l’expliquait aux gens de son père; à huit ans, il faisæit des extraits dans Bayle, où sans doute il puisa le goût de la polémique ; à neuf ans, il savait le grec, à dix le chaldéen; et il avait à peine quinze ans qué déjà il avait composé des comédies, des tragédies, et un poëne de 4,000 vers.

Ayant fait sa philosophie sous un médecin, cet enseigne-

ment lui inspira le goût de la médecine, et bientôt il partit pour l’université de Tubingue, où il eut pour maître le célèbre Camerarius. Le jour même où il soutint son premier acte public, s'étant promené dans la campagne avant le lever du soleil, il composa son Ode au matin , une des poésies les plus intéressantes parmi celles qu’il a imprimées. Ensuite, quittant Tubingue pour Leyde, il devint, vers 1725, un des disciples les plus assidus et les plus chéris du grand Boerhaave, dont il a depuis commenté plusieurs ouvrages. II soutint sa thèse doctorale à l’âge de dix-neuf ans, en 1727 ; et cette thèse, de même que le mémoire qui l'avait précédée, eut pour objet la réfutation d’une erreur anatomique due à un nommé Coschwitz, homme alors célèbre. Il gâta quelquefois son bonheur et s’aliéna quelques contemporains par des disputes inutiles. Après cela vinrent les voyages, de 1727 à 1728 : voyage à Londres, où il se lia avec Cheselden, Douglass et le jeune Pringle, le Desgenettes des Anglais ; voyage à Paris, où il connut J.-L. Petit, Ledran, l'illustre Winslow, les deux Jussieu d'alors, Antoine et Bernard ; voyage à Bâle, où il reçut les leçons de mathématiques de J, Bernoulli, Enfin, revenu à Berne après quelques temps d'absence, vers la fin de 1728, ce fut alors qu’il étudia les plantes de la Suisse, dont il publia plus tard le savant catalogue, renfermant près de 4,500 variétés. Alors aussi il dirigea la bibliothèque publique, se livra à d'immenses recherches d’érudition, et publia le recueil deses poésies, lesquelles ont eu dans l’espace de vingt-cinq ans plus de trente éditions en diverses langues, Quant à la médecine pratique, on devine bien que l'érudition et la poésie ne lui laissèrent pour elle ni beaucoup d'aptitude ni assez de loisir,

Durant huit ans, depuis 1728 jusqu’en 1736, il parcourut

constamment les Alpes pendant la belle saison, toujours

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