‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 478 sur 552 · HALLER — HALLEY · texte numérisé non relu

HALLER — HALLEY

mand , et il s’opposa à ce qu’elles fussent traduites tant que Voltaire et lui seraient tous les deux de ce monde, Voltaire ne comprenait pas l'allemand, Sa réputation d’universalité était si bien établie, que le prince de Radziwill trouva ingénieux de le nommer général-major dans son armée de confédérés polonais. La ville de Berne, pour mieux $e l’atlacher et lui complaire, créa pour lui seul expressément des magistratures qui devaient s'étendre après sa mort. Qu'on dise donc que les républicains n'ont ni courtoisie, ni munificence, ni gratitude envers le génie! Mais le temoignage d'estime auquel il fut le ylus sensible, ce fut la visite que Jui rendit l'empereur Joseph 11, celui-ci ayant point fait le même honneur à Voltaire : Marie-Thérèse avait en effet défendu au jeune prince d’aller à Ferney, qu'elle considérait comme le théâtre de lirréligion.

Haller mourut le 12 décembre 1777. Il avait si parfaitement conservé sa connaissance jusqu’à l’heure suprême, qu’il continua d’étudier son pouls jusqu’à sa dernière pulsa-

tion, ayant soin de marquer par un signe de tête le moment |

précis où il devint insensible. Joseph 11 acheta pour Puniversité de Pavie, qui les possède aujourd’hui, les vingt mille volumes composant la bibliothèque de Haller.

D' Isidore Bourpox.

HALLER ( Cuarues-Louis pe ), petit-fils du précédent, né à Berne, en 1768, fut nommé en 1793 secrétaire du petit conseil à Berne : plus fard il entra dans administration autrichienne; puis il revint, en 1806, se fixer dans sa ville natale, où il obtint une chaire d'histoire à l’université, et où,

commencement de 1830 professeur à l’École des Chartes;

| car il était de ces hommes chers à la congrégation que celle- | ci avait à cœur de fourrer partout, et surtont de convena- | blement nantir d'emplois grassement rétribués. La tour-

mente de Juillet n'eut qu'a soufiler sur cette fortune, aussi éphémère que la réputation qui en était le prétexte, pour la faire crouler ; Haller s'en retourna en Suisse, où il devint l’un des meneurs du parti ultramontain, toujours d'autant

plus choyé dans les jésuitiéres et les sacristies qu'il était

protestant converti. 11 est mort à Soleure, le 20 mai 1854.

HALLEY (Eswoxv), célèbre astronome et naturaliste, né le 29 octobre 1656, à Haggerston, hameau voisin de Londres et aujourd’hui englobé dans cette capitale, se consacra d’abord à l'étude de la littérature et des langues anciennes, mais plus tard exclusivement à celle de l’astronomie, pour laquelle it se sentit pris tout à coup d’un entrainement irrésistible. Après avoir, à l’age de dix-neuf ans, résolu le diflicile problème de lexcentricité des plans, il reçut, en 1676, du gouvernement la mission d’aller à lle de Sainte- Hélène faire des observations relatives à l'hémisphère aus-

| tral). Son Cufaloqus Slellarum Australium (Londres, 1679) | futle fruit de ce voyage, au retour duquel la Société royale

en 1814, il fut admis membre du grand et du petit conseil. | ” Ü découvrit une comète qui, d’après lui, a été nommée co-

Pour se venger de l'esprit révolutionnaire, qui l'avait forcé à abandonner sa patrie, il conçut le projet de l’attaquer dans ses principes et ses idées. Il composa à cet effet sa Restauralion de la science politique (tomes I à [V, Winterthur, 1816-1820 ; tome V, 1822; tome VI, 1834 ), ouvrage qui n’est que le mélange indigeste d’un prétendu système territorial, des doctrines de Hobbes et de fantaisies théocratiques, mais qui n’en eut pas moins un grand retentissement, grâce aux circonstances au milieu desquelles il parut. La sainte-alliance s’occupait alors de reconstituer l’Europe et d’y détruire à jamais le germe du venin révolutionnaire que la littérature et ensuite les victoires des Français avaient successivement inculqué à toutes les nations. Lois, “mœurs, institutions, sciences, idées, on prétendait alors tout renouveler; ou du méins on se proposait de les faire rétrograder de quelques siècles. De là une lutte dont le résultat final ne devait pas être douteux, mais au début de laquelle les arans de la rénovation monarchïque et religieuse des idées ne laissèrent pas que de développer beaucoup d'activité. Haller, avec son lourd galimatias, se trouva là à point nommé pour que la réaction le proclamät le Montesquieu monarchique. 11 voulut être conséquent avec les principes qu’il préconisait, et abandonna le protestantisme , religion de la révo'te, pour embrasser le catholicisme. Sa conversion fit encore bien autrement de bruit que son livre, et devint de la part des protestants l’occasion des plus viyes attaques. On reprocha amèrement au néophyte la dissimulation qu'il avait apportée dans cet acte si solennel de sa vie, accompli dès 1820 et rendu public une année seulement après; délai pendant lequel il avait cauteleusement conservé des fonctions rétribuées incompatibles avec sa nouvelle religion, et dont force lui fut de se démettre enfin en 1821. Le parti clérical, qui gagnait de plus en plus la haute main en France, crut s'assurer d’un puissant moyen d'action sur l’opinion en enrôlant à sa solde le res/aurateur de la science politique. On attira donc à Paris Haller, qui y fut choyé par le parti dominant comme ne l'avait

de Londres et l’Académie des Sciences de Paris s’empressèrent de l’accueillir dans leur sein. La première de ces compagnies savantes, qui l'avait noramé son secrétaire, lenvoya à Dantzig, à l'effet d’y reraplir les fonctions d’arbitre à propos d’une discussion scientifique survenue entre Mooke et Hevelius. Plus tard, elle lui confia encore des missions scientifiques en France et en Italie. Entre Calais et Paris,

mète de Halley, et qui cette année là fut deux fois visible.Il Pobserva ensuite à l'Observatoire royal, dont la construction était toute récente. En 1703 il fut nornmé professeur de géographie à Oxford, et en 1720 astronome royal à Greenwich en remplacement de Flamsteed. C’est là qu’il remania sa théorie de la lune, afin de la perfectionner assez pour la faire servir, autant que possible, à la détermination des longitudes en mer.

Halley mourut le 14 janvier 1742, à l’âge de quatre-vingt-six ans. Sesprincipaux écrits, composés les uns en latin, les autres

| en anglais, sont : Calaloqus Stellarum Australium. Théo-

rie des Variations de l’Aiquille Aimantée et Carte des Variations de l'Aiguille Aimantée. (Ces deux ouvrages,

| fruit de longues et pénibles observations, furent publiés dans

toutes les langues dès qu’ils parurent, à cause de leur grande utilité pour la navigation : joints aux travaux du même auteur sur les vents qui règnent dans les mers placées entre les tropiques, ils lui ont mérité le nom de grand capitaine, titre que lui donnèrent les marins au retour de ses expéditions lointaines); Miscellanæa curiosa, mélanges composés d’un grand nombre de discours lus à la Société royale de Londres, et renfermant la description des principaux phénagnènes de la nature; Tabulæ astronomicæ, qui ne parurent qu'après sa mort (Londres, 1749), et dont Lalande publia une nouvelle édition dix aas plus tard. Il faut encore ajouter à cette liste les mémoires imprimés dans les Transactions philosophiques, et diverses traductions d’ou-

| vrages anciens.

Signalons maintenant les plus importantes découvertes de Halley. Nous placerons en première ligne le calcul du mouvement des comètes. Pressé par les sollicitations de

| notre savant, Newton avait publié son livre des Principes,

encore jamais été aucun étranger, et à qui on donna tout ,

auséïñt une sinécure de 12,000 francs au manistère des

affaires étrengères. De 1824 à 1830, Haller enrichit pério- |

* diquement de sa prose plus allemande que française les colonnes du Drapeau blanc de Martainville et du Mémo-

rial catholique de l'abbé de Lamennais, et fut nommé au |

qui anéantissait le système eartésien. Pour lui porter le dernier coup et établir d’une manière invincible la nouvelle philosophiede son illustre compatriote, Halley résolut d’appliquer la méthode de Newton à la détermination des orbites paraboliques des comètes. Le travail était immense, mais il ne l’effraya point. Il calcula la carrière fournie par 24 comètes qui avaient été assez exactement observées depuis 1347 jusqu'à 1698; et ce travail lui fit découvir que la comète de 1682 avait déjà paru en 1456, 1531 et 1607, et il en conclut que sa révolution devait être de soixante-quinze ans. Il pré-

dit en conséquence son retour pour l’année 1758 ou 1759, et Pévénement a justifié la hardiesse de cette prédiction. C'était pour la première fois que, d’après des observations astronomiques et des principes.mathématiques, on parvenait à découvrir la nature du mouvement des comètes et la durée de leur révolution. Clairaut eut ensuite la gloire de déterminer avec précision l’époque de leur retour.

Nous devons encore à Halley la méthode la plus simple pour obtenir les distances des astres. Durant son séjour à Sainte-Hélène, il avait remarqué un passage de Mercure su le disque solaire, et dès lors il avait pressenti que les immersions des planètes inférieures pouvaient servir avec le plus grand avantage à la détérmination de la parallaxe du soleil, de laquelle dépendaient toutes les dimensions du système planétaire. Après bien des calculs, il annonça qu’un passage de Vénus ferait connaître la distance du soleil à la terre avec la plus grande précision. Il ne vécut pas assez pour voir ses calculs vérifiés par l'observation; mais tous les astronomes de l’Europe ont profité de son beau travail, et l’on ne saurait plus s'occuper des dimensions de notre système sans rappeler le souvenimde Halley. En suivant les calculs qui l'avaient dirigé dans cette importante recherche, il se convainquit que la parallaxe et le diamètre des étoiles devaient être insensibles. Il les plaça donc à une distance infinie de notre globe, et, après avoir observé qu’elles avaient des mouvements particuliers, il enseigna qu’elles devaient être autant de soleils destinés à échauffer et à éclairer d’autres terres.

HALLIER ou TRÉMAIL, espèce de filet perpendiculaire qu’on emploie notamment dans la chasse aux cailles.

HALLIG (au pluriel Halligen). C’est le nom sous lequel on désigne, le long du littoral de la mer du Nord, des districts de Marches qui n’ont point encore été mis à l’abri des fureurs des vagues au moyen de digues ou bien que la rupture de leurs digues a remis dans leur état primitif, Sur les côtes des duchés de Schleswig-Holstein, on le donne plus particulièrement aux petits îlots qui les flanquent, par opposition aux grandes îles protégées par des dunes et des digues. Cestlots, élevés d’un mètre au plusau-dessus des marées ordinaires, sont souvent, dans les mois d'hiver surtout, recouverts deux fois par la mer dans la même journée. Les plus grands ont à peine deux kilomètres de superficie et ne sont souvent habités que par une seule famille ; les plus petits, qui demeurent inhabités, ne servent qu’à produire du foin un peu court et très-fin. Dans les uns et les autres on chercherait vainement le moindre arbre, le plus petit arbrisseau ou de l’eau douce; partout l'œil ne découvre que la triste verdure des endroits recouverts d’un épais limon verdâtre ou bien de prairies souvent interrompues par des flaques d’eau stagnante, où le mouton, habitué à vivre de peu, trouve à grand-peine sa nourriture. Cet animal constitue l'unique richesse des habitants des #alli. gen, qui n’ont pas même la ressource de la pêche, pce que le poisson évite avec soin les parages que la mer couvre et abandonne tour à tour. Ils construisent leurs habitations sur de petits tertres artificiels et les assujettisent au sol à l’aide de pilotis. Ces tertres ont rarement plus d’espace qu'il n’en faut pour laisser autour de la hutte un étroit passage ; et il n'est pas rare de voir les agues engloutir ces frêles constructions. Quelques-uns de ces lots s'accroissent constamment var alluvion; d’autres, au contraire, voient chaque jour la mer empiéter davantage sur leurs limites. L’habitant peut suivre de l'œil l'invasion des flots et calculer de la manière la plus précise l'époque où l'hérilage de ses enfants aura tout entier disparu. Et cependant, quelque misérable que soit un tel séjour, l'habitant lient aux lieux où il est né, aime à leur donner le doux nom de patrie; et à peine a-t-il échappé à une inondation qui lui a enlevé tout ce qu'il possédait, qu'il se reconstruit une nouvelle demeure à quelques centaines de pas plus loin.

HALLI\VEÉLL (James ORCHARD), critique anglais, né en 1820 à Chelsea, a débuté dans les lettres par une édition

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