HALLEY — HALLUCINATION
des Voyages de sir John Mandeville (1839). En 1842 il donna un vieux roman en vers, du quinzième siècle, Torrent of Portugal, découvert par lui dans une bibliothèque. La même année, il fut chargé par la Shakespeare Society de publier le manuscrit original des Merry Wives of Windsor; et ce travail le conduisit à faire une étude toute particulière de tout ce qui a été écrit jusqu’à ce jour au sujet de Shakespeare, En 1845, il fut accusé d’avoir dérobé des manuscrits précieux dans la bibliothèque du collége de La Trinité à Cambridge: mais l'instruction commencée contre lui fut plus tard abandonnée. En 1852 il entreprit, par souscription, ‘une édition complète et de grand luxe de Shakespeare, en 20 volumes in-folio. On a de lui une Histoire de La Franc-Maçonnerie en Angleterre, un recueil des Letters of the kings of En-
gland (2 vo., 1846), et un Dictionary of archaic and
provincial words (6° édit., 1868, 2 vol, in-8°), qui est le
plus utile de ses ouvrages.
HALLOREN (Les). Voyez HALLE en Saxe.
HALLUCINATION. Ce mot dérive du latin allucinatio, lucis alienatio vel aberratio. L'Académie définit l’hallucination : erreur, illusion d’une personne qui croit avoir des perceptions qu’elle n’a pas réellement. Ce n’est pas ainsi qu’il faut l'entendre. Les perceptions qu'éprouve celui qui a des hallucinations sont très-réelles pour lui; ce qui n'existe pas, c’est l’objet produisant sur ses sens extérieurs les sensations qui font naître dans son esprit la perception d’un objet qui n’existe point. Le Dictionnaire de Boiste explique le mot kallucination par : illusion des yeux. Celte explication s'approche davantage de l'emploi qu’on a dû en faire originairement ; mais elle est incomplète ou inexacte, du moins d’après l’usage qu’on en fait actuellement dans la science. L’erreur ou l'illusion, dans l’hallucination, peut avoir lieu non-seulement par les sensations de l'organe de la vue, mais encore par celles de l’ouie ou de tout autre sens, Ainsi, celui qui croit sentir l'odeur du soufre, d’un cadavre, ou d’une rose, qui ne sont pas à la portée de son odorat; celui qui croit entendre une sonnette, le cri d’une femme ou le bruit du tonnerre, qui n’ont pas lieu réellement ; celui qui sent dans sa bouche le goût du vinaigre, de la viande, ou d’un fruit qu'il n’a pas goûté; celui qui croit être saisi par les cheveux, ou qu’une main froide lui passe sur la figure, elc.; comme celui qui croit voir une étoile brillante, une personne, des oiseaux ou un corps quelconque devant ses yeux , tous sont dans un état d’hallucination. Les nerfs des sens extérieurs, dans cette circonstance, doivent éprouver ce mode d’être, ce mouvement intime, complétement identique à celui qu'ils ont éprouvé lorsque autrefois ils ont ressenti l'impress éelle de Pobjet qui fait actuellement leur hallucination. Xl faut donc regarder l’hallucination comme une affection morbide des nerfs des sens, où, pour parler plus précisément encore , de la seule partie cérébrale destinée à percevoir les impressions des divers sens extérieurs. On aperçoit dans ce phénomène un jeu de réminiscence, et c’est pour cela que les hallucinés ne perçoivent que des choses déjà connues par eux.
Les hallucinations peuvent être regardées en quelque sorte comme les monomanies des sens extérieurs. L'hallucination est généralement passagère; si elle se prolonge, si elle dure longtemps , elle fait naitre facilement le désordre dans les fonctions des organes du cerveau , et donne origine au d élire, à la monomanie, à la folie. C'est pour cette raison que les auteurs qui ont traité des aliénations mentales ont confondu généralement l’hallucination avec le dérangement des facultés morales et intellectuelles. Esquirol, après avoir dit que les hallucinations affectent les idées non-seulement de l'organe de la vue, mais aussi celles appartenant aux autres sens, confond ensuite ces affections avec le délire, les visions ot les monomanies. Quoiqu'il soit vrai que dans le langage ordinaire on puisse étendre la signidcation du mot Aallucination à des afiections cérébrales de diverses nalures , tious insistons sur la nécessité que les savants n6 l'emploient désormais que pour ivdiquer le dérangement;ou |