‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 481 sur 552 · HAMBOURG · texte numérisé non relu

HAMBOURG

riche bibliothèque et de diverses collections scientifiques ; le Johanneum, ou école latine, inauguré en 1528 par Bugenhagen , aujourd’hui moitié école savante et moîtié école industrielle. On y compte en outre un grand nombre d'écoles primaires, tant payantes que gratuites, de sociétés savantes, de sociétés religieuses ou philanthropiques. La bibliothèque de la ville est riche de 200.000 volumes et de 5,000 manuscrits; celle du Commercium en compte 30,000. Depuis 1844 il existe un Muséum, provenant en partie de l’ancien Musée Rodeng. La ville possède aussi une galerie de tableaux, et depuis 1859 une exposition permanente des beaux-arts. On y compte trois théâtres : le Théâtre de La ville, Tivoli et

le Théâtre de Thalie, consacré à la comédie et à l'opéra,

Le Théâtre d’Apollon, fermé depuis 1813, ne sert plus que pour des concerts et des bals masqués. Un grand nombre de journaux paraissent à Hambourg ; les plus répandus sont les Hamburger Nachrichten (Nouvelles de Hambourg), le Hamburger umparteische Correspondent (Correspondant impartial de Hambourg), la Bærsenhalle, le Freischütz, la Réforme. On y compte aussi un bon nombre de sociétés d'assurances parfaitement organisées.

Le commerce constitue la principale source de prospérité de cette ville, qui est le principal entrepôt de marchandises existant sur le continent. Hambourg, on peut le dire, ne reconnait pour l'importance des transactions commerciales que la supériorité des places de Londres, Liverpool et New- Yorck. Entourée de rivalités oppressives ou ombrageuses, de gouvernements dont l'administration était fondée sur les restrictions fiscales et sur le monopole , cette ville, âme de la ligue Hanséatique, comprit de bonne heure les avantages qu’un grand port peut retirer de la liberté du commerce jointe à l'esprit d’entreprise et d'association. Dès la fin du seizième siècle, on voit la Hanse consacrer le droit des nentres intervenant dans les transactions des puissanses bellégérantes. En 1624, les premières compagnies d’assurances maritimes se créent à Hambourg, en mêmetemps qu’on constitue untribunal de commerce, etune banquedestinée à donner plus de sécurité aux échanges contre l’altération des monnaies. La ligue Hanséatique encourage par tous les moyens en son pouvoir l’industrie allemande, dont elle s’établit le facteur et dont elle exporte les produits, non pas seulement dans les différents ports de l’Europe, mais encore jusque dans le Nouveau Monde. Devançant de plus d’un siècle les grandes réformes économiques opérées il y a une dixaine d'années en Angleterre par le parlement d'Angleterre à la voix de Robert Peel, la Hanse abolissait en 1723 tous droits de transit et de sortie, et réduisait successivement jusqu’à 2 et même 1 pour 100 tous les droits d'entrée, avec exemption absolue de droits quelconques pour les grains, les farines, les boissons, les métaux, les fils et les toiles. Comme Brême, comme LEubeck, Hambourg s’empressait d'accueillir les ouvriers habiles et les commerçants industrieux que les persécutions religieuses des seizième et dix= septième siècles forçaient à fuir des Pays-Bas ou de France. L'indépendance des colonies anglaises de l'Amérique du Nord ouvrit une nouvelle ère de prospérité pour Hambourg, qui s’empressa d'établir aussitôt d’actives et multiples relations de commerce avec les contrées transatiantiques, Les funestes guerres de l'empire et le blocus continental portèrent sans doute une atteinte grave à cette prospérité ; mais on peut dire, en revanche, que Hambourg est avec Brême le port de l’Europe qui a le plus profité de limmense développement donné par quarante années de paix aux entreprises commerciales et maritimes de tous genres

L'ensemble du commerce de Hambourg en 1853 représentait une valeur de 1,527 millions de fr.; c'était déjà moilié plus que la moyenne des cinq années précédentes. Pour 1871 la valeur lot ale des importations et des exportations s'élevait à 2,202,187,5 00 francs. Pour apprécier l'importance de ces chiffres, il faut se rappeler qu'ils égalent la moitié de l'importance totale du commerce extérieur de la France, nation de 86 millions d'habitants,

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