‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 482 sur 552 · HAMBOURG · texte numérisé non relu

HAMBOURG

* fandis qu’on n’en compte à Hambourg et dans toutes ses dépendances que 337,940; qu’ils approchent très-près de l'importance Lotale du commerce extérieur du Zollverein, qu'ils l'emportent de beaucoup sur le commerce extérieur de l’Autriche, excè dent de 3 à 400 millions ceux de l'Espagne et de la Belg ique, et qu’ils répondent à plus du double de tout le commerce extérieur de la Russie, ce vaste empire aux 69 millions d'habitants. Sur ce total de 2,202 million s d'échanges, les opérations du commerce maritime comptent pour 1,349 millions, c’est-àdire un peu plus de moitié; le reste appartient aux échanges par la voie de terre, et surtout par la voie de l'Elbe, ce beau fleuve qui directement ou par ses affluents met Hambourg en communication avec les plus riches centrées de l'Allemagne, avec la Bohème, la Silésie, la Thuringe, la Saxe, le Hanovre, le Mecklembourg, etc., et qui traverse des contrées d’une richesse et d’une fertilité incomparables. Les marchandises arrivées par mer et par Altona proviennent principalement d'Angleterre et de la Plata, des États-Unis, des Pays-Bas, de la France, des Antilles et de l’Australie. Sur les provenances de terreles chemins de fer de l'Allemagne, à eux seuls, prennent ou apportent pour près dé 600 millions, et l'Elbe environ 250 millions. Les bois, les lins et les chanvres du Nord, les blés de l’intérieur, les sucres, les cafés, les tabacs, les cotons, îes peaux brutes d'outre-mer, les houilles, les métaux , les tissus, les boissons, les objets fabriqués d’Europe, constituent le gros des importations, auxquelles viennent s’ajouter, à la réexportation, les articles spéciaux à l’industrie allemande, objets d'un commerce fort actif sur les marchés de l'Amérique du Sud. Grâce à la réforme du tarif des denrées alimentaires opérée en Angleterre par Robert Peel, Hambourg expédie aujourd’hui à Hull, à Leith, à Londres, à Hartlepool et à Newcastle d'immenses quantités de céréales et de bétail fournies par les contrées septentrionales de l'Allemagne, eten particulier par les duchés de Schleswig-Holstein. Cette ville est aussi le grand entrepôt des vins de France pour le nord de l’Europe; et par suite &’encombrement, il n’est pas rare d'y voir vendre les produits de nos principaux vignobles à bien meilleur marché qu'aux lieux mêmes de la production. Nos soieries, nos lainages, nos spiritueux, nos porcelaines, nos bronzes, nos papiers, nos livres et vingt autres articles de notre fabrication sont également bien reçus sur ce marché, avec lequel nous effectuons par mer seulement pour 20 à 25 millions

d'échanges par an. | Le mouvement maritime du comwerce de Hambourg est à l'entrée de 5,439 navires (1871), qui y apportent 2,516,673 tonnes de marchandises, Son effeciif maritime est considérable , moins par le nombre que par l’importance croissante des bâtiments; il était (marine côlière non comprise), au 31 décembre 1871, de 406 navires de long cours, jaugeant ensemble 230,637 tonnes métriques. Dans cet effectif les plus forts font l'office de paquebots, et desservent les lignes de l'Amérique et les transports d’émigrants. La flotte marchande de Hambourg est huit fois plus considérable que celle de la Belgique et près du double, en tonnage, de celle du Danemark et de la Belgique réunis. La prospérité toujours croissante des marines de Hambourg et de Brême s’explique surtout par l'extension qu’a prise dans ces derniers lemips l’émigration allemande pour Ÿ Amérique du Nord, pour le Brésil, pour l'Australie et pour la Californie. Sans doute à cet égard Brême a encore l'avantage sur sa rivale; mais le courant de l’émigration commence aussi à se diriger sur Hambourg, come on en pourra juger par les chiffres suivants : en 1851 il ne s'était embarqué à Hambourg que 13,127 émigrants. L'année suivante, 1852, ce nombre dépassa 25,000, en 1854 il fut d'environ 34,000; et il ne cessa d'augmenter jusqu’à nos jours. En 1869 l'émigrafion y comptait 47, 294 individus, en 1870, 32,556; eten 1871, 42,224. Dans cette dernière année Brême en avait transport transporté 60,516.

Si Londres est le grand marché d’or de l’Europe, on peut

dire que Hambourg en est le grand marché d'argent; et la

banque de cette ville est une des plus importantes institutions de crédit qui existent en Europe (voyez Banque). Les assurances maritimes y donnent lieu aussi à d’immenses affaires. Pour la seule année 1851 les risques assurés par les différentes compagnies d'assurances s’élevèrent à la somme de 488,287,375 francs. L'industrie manufacturière ne laisse pas non plus que d'y avoir pris de grands développements. Sans parler des diverses industries qui se rattachent à la construction et à l'armement des navires, nous citerons ses immences raffineries de sucre, ses fabriques de cigares, ses fonderies de fer, de cuivre (on y affine la plus grande partie du minérai de cuivre provenant des mines du Chili), ses fabriques de biscuit, ses ateliers pour la préparation des viandes salées (on en fournit à l’Angleterre seule pour plus de 10 millions de fr. par an), ses fabriques de voitures, d’articles de sellerie et de harnachement, de meubles, ses moulins à bois de teinture, etc. Depuis 1846 un chemin de fer relie Hambourg à Berlin.

La fondation de Hambourg est attribuée à Charlemagne, qui, au commencement du neuvième siècle, fit construire sur la hauteur séparant l’Elbe de la rive orientale de l’Alster un château fort, destiné à teniren respect les populations païennes du voisinage. La situation sur les rives de l’Alster et de la Bille, au point où la marée cesse de se faire sentir dans l’Elbe, en faisait d'avance un point tout à fait privilégié pour le négoce. Dès le douzième siècle il en est fait mention comme d’une importante place de commerce. L'empereur Frédéric [°' en affranchissant, en 1199, de tous droits de douanes la navigation de l’Elbe depuis Hambourg jusqu'à son embouchure, et l'empereur Othon IV, en l’érigeant en ville libre impériale, ne contribuèrent pas peu à sa prospérité. Elle était déjà en possession d’un territoire important et de grandes immunités, lorsqu’en posant par son traité d'alliance conclu, en 1290, avec Lubeck les bases de la confédération marchande devenue bientôt après si célèbre sous le nom de Hanse, elle ne fit depuis lors que toujours devenir plus riche et plus puissante. Vers la fin du quatorzième siècle de dangereuses discordes civiles éclatèrent entre le sénat et les bourgeois; mais les périls extérieurs que la Hanse eut alors à combattre y mirent fin. Les habitants eurent longtemps à lutter péniblement contre les déprédations des Vitaliens, et plus tard contre les entreprises du roi de Danemark Christian I°", jaloux de leurs richesses et de leur commerce. Après la décadence de la Hanse, Hambourg n’en maintint pas moins jusqu’en 1810 son étroite ailiance avec les villes de Brême et de Lubeck. La réformation y fut introduite sans difficultés en 1529. La guerre de trente ans, pendant toute la durée de laquelle elle jouit de la plus profonde tranquilité, lui valut un accroissement notable de population. Mais alors recommencèrent les conflits entre le sénat et la bourgeoisie; conflits qui en 1708 amenèrent une insurrection si grave, que les bourgeois notables durent à cette époque invoquer Pintervention de l’empereur; et c’est alors que fut publié le recès impérial, qui aujourd’hui encore, comme nous l’avons déjà dit, sert de base à la constitution politique.

Les nombreux émigrés qui vinrent alors des bords du Rhin, des Pays-Bas et de France, se fixer dans ses murs contribuèrent au développement de sa prospérité, toujours croissante; et les industries spéciales qu’ils y apportèrent l’affranchirent d’une foule de tributs qu’elle avait d& jusque alors payer à l'étranger. La révolution francaise en y attirant plusieurs milliers d’émigrés, de tous les rangs en fit pour ainsi dire un ville toute française. Au commencement du dix-neuvième siècle Hambourg était donc une des plus riches et des plus heureuses républiques qu'il y eût au monde. L'invasion du Hanovre, en 1803, par une armée française fut le premier événement politique qui porta une grave atteinte à sa prospénité. Hambourg dut alors avancer aux états de Hanovre une somme de 2,125,000 marcs

banco. En 1806 les Français s'emparèrent du bailliage de Ritzebüttel, pour barrer l’Elbe aux Anglais; et par représailles une escadre anglaise vint étroitement bloquer l’embouchure de ce fleuve. Le commerce de Hambourg fut alors réduit à faire ses expéditions par Husum et par Tœnningen et à munir tous ses envois de marchandises en Hanovre ou bien en remontant l’Elbe de certificats d’origine non britannique. Après la paix de Tilsitt, les troupes françaises l’évacuèrent; mais elle ne récupéra alors qu’une ombre de son indépendance passée. Les généraux de Napoléon la pressuraient toujours à qui mieux mieux; et enfin un décret impérial, en date du 13 décembre 1810, l’incorpora formellement à l'empire français pour en faire le chef-lieu d’un nouveau département, celui des Bouches de l’Elbe. Le colonel russe Tettenborn en ayant pris possession le 18 mars 1813, à la tête d’un petit corps d'armée, Hambourg s’empressa de rétablir son ancienne constitution; mais dès le 30 mai suivant les Français commandés par le maréchal Davoust s’en rendaient de nouveau maitres. Tant pour pourvoir aux frais des fortifications dont il entoura la ville que pour la châtier de sa défection, le général français yleva une contribution de guerre de 48 millions de francs. Plus tard, il saisissait la banque de Hambourg, dont les caisses contenaient encore près de onze millions de francs ; enfin, dans les derniers jours de cette même année 1813, Davoust, pour diminuer le nombre des bouches à nourrir, expulsait impitoyablement de la ville, par toute la rigueur de l'hiver, plus de 30,000 individus, sans distinction d'âge ni de sexe, en même temps qu’il faisait brûler aux approches de la villeles habitations de plus de 8,000 individus laissés ainsi sans asile. L'armée russe aux ordres de Benningsen, qui vint alors investir la place, étant trop faible pour entreprendre un siége régulier, se borna à la tenir étroitement bloquée ; et ce ne fut que le 31 mai 1814 que Davoust se vit obligé de capituler et de faire arborer à ses troupes la cocarde blanche. Les pertes éprouvées de 1806 à 1814 par la ville de Hambourg ne s'étaient point élevées à moins de cent quarante millions de marcs banco, soit environ 200 millions de francs.

La paix lui permit de réparer bientôt ces pertes cruelles. L'événement le plus mémorable qu'offre depuis lors son histoire, c’est le grand incendie qui du 5 au 8 mai {842 en consuma une grande partie. 4,219 maisons formant 75 rues, trois églises et un grand nombre d’édifices publics furent entièrement réduits en cendres: et cent individus environ perdirent la vie au milieu des flammes. Cette affreuse catastrophe provoqua une sympathie générale ; elle n’affaiblit en rien l’immense crédit de la ville, que l’on reconstruisit plus belle que jamais, avec une rapidité jusque alors inouie. Les événements de 1848 y eurent aussi leur contre-coup. Une assemblée constituante s’y forma pour rédiger une constitution plus en rapport avec les idées actuelles; mais à la suite de Poccupation de la ville par un corps d'armée prussien, cette assemblée dut se dissoudre; et la constitution ne put être réformée qu’en 1860. La guerre de 1866 entre la Prusse et l'Autriche eut pour résullat de faire entrer Hambourg dans la Confédération de l'Allemagne du Nord, c’est-à-dire de placer cetle ville sous la piotection immédiate de la Prusse. Depuis janvier 1871 elle fait partie, à titre d’alliée, de l'empire d'Allemagne restauré.

HAMECON (tiré du latin anus, crochet), petit crochet de fer ou de f&! d’archal, sriné en dessous, à son extrémité, d’une pointe appelée barbe ou ardillon. On attache les hameçons à des lignes ou à des filets; on en recouvre la partie qui forme le crochet d’un appât, auquel le poisson vient mordre : aussitôt qu'il a avalé l’hameçon , il veut le rejeter; mais, se trouvant retenu par la barbe, il ne peut plus se dégager.

La plupart des peuplades sauvages auxquelles la pêche procure une partie de leur nournture se servent aussi de hameçons, fabriqués quelquetois avec beaucoup d'art : des os et des arêtes de poisson leur suftisent à cet eflet, Outre

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