‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 496 sur 552 · HARAS — HARCOURT · texte numérisé non relu

HARAS — HARCOURT

eonp d'État du 2 décembre 1851. 1 n'existe plus aujourd’hui | sième branche de la maison d’Harcourt, fondée par le troi-

qu'un seul haras en France, celui de Pompadour, et 24 dé- |

pôts d’étalons, à Abbeville, Angers, Arles , Aurillac, Blois, Braisne, Charleville, Cluny, Jussey, Lamballe, Langonnet, Le Pin, Libourne, Montier-en-Der, Napoléon-Vendée, Pau, Rodez, Rosières, Saint-Lô, Saint-Maixent, Saintes, Strasbourg, Tarbes et Villeneuve-sur-Lot. Ce haras et ces dépôts tiennent, à l’époque de la monte, leurs étalons à la disposition des propriétaires, qui viennent, moyennant une rétribution de cinq francs par tête, y faire saillir leurs juments. Souvent les éleveurs ne se sont pas trouvés bien de ce service, et quelques-uns, dégoûtés, ont ou cessé d'élever, ou bien recommencé à faire saillir leurs juments par des étalons du pays. Mais ce n’est point au système suivi qu’ils doivent s’en prendre; c'est à eux-mêmes, c’est à la liberté aveugle que la rétribution reçue force de leur laisser à tort dans le choix des étalons, car souvent ils n’ont point égard aux défauts qu’il faudrait corriger dans leurs juments, et ne voient que les beautés qui brillent dans tel ou tel étalon; aussi les plus mauvaises juments se trouvent-elles trop souvent-saillies par des chevaux admirables et ne donnent-elles que des produits sans valeur. Le choix de l’étalon est donc beaucoup plus important qu’on ne le pense; car de lui dépend l’amélioration ou la conservation d’une race.

Quant aux haras particuliers, on cite en France ceux de la Bastide (Haute-Vienne), Cognat-l Yonne (Allier ), Copens ( Haute-Garonne), Courteuil (Oise), Enveight ( Pyrénées- Orientales), Saint-Jcean-de-Ligonne (Haute-Vienne), Veauce (Allier ) et Viroflay (Seine-et-Oise). Aucun ne peut être comparé à ceux que possède l’Angleterre.

J. OpoLANT-DESNOs.

HARATSCH. Voyez CHARADI.

: HARBOURG, ville du Hanovre, dans le cercle de Lunebourg (Prusse), sur les bords de l’Elbe, qui y est encore navigable pour des navires d’un fort tonnage, compte une population de 16,643 habitants (1871). On y voit un château fortifiésuivant l’ancien système, et qui dé 152% à 1622 servit de résidence à la branche de Harbourg de la maison de Lunebourg; un collége, un pénitencier, ua moulin à poudre, des raffineries de sucre, des fabriques de toile à voiles et des blanchisseries de cire; et elle est en outre le centre dun commerce d'expédition et de transit des plus actifs, dont la construction du chemin de fer qui relie cette ville à Ha noyre, la création d’un port pour les bâtiments de long cours, et en 1848 l'érection de la ville en port franc, n’ont pas peu contribué à accroître l’importance, En 1869 il y est entré 661 navires marchands etil en est sorti 674. Le transport des marchandises entre Harbourg et Hambourg a lieu au moyen ie grands bateaux à voiles, dits ever

HARCOURT (Famille n°). Cette maison, l’une des plus anciennes de la noblesse de France, fait remonter son origine à l’un des parents ou compagnons de Raoul ou Rollon, Bernard le Danois, qui l’accompagna dans ses expéditions contre les Anglais et les Neustriens en 876. Quand Rollon eut achevé la conquête de la Neustrie, il donna à Bernard le Danois la terre d’Harcourt , située dans ses nouveaux États, pour le récompenser de ses services. Dès le règne de Philippe le Hardi, nous trouvons un Jean II, seigneur d'Harcourt, maréchal de France. En 1238, Philippe de Valois érigea en comté, en faveur de Jean 1V, la baronnie d'Harcourt, qui comprenait les terres d’Elbeuf et de Lillebonne. En 1340, Jean V épousa Blanche de Ponthieu, comtesse d’Aumale et princesse de Castille. Les trois enfants mâles issus de cette union formèrent autant de branches différentes. L'aîné, Jean VI, épousa, en 1574, Catherine de Bourbon, sœur de la femme de Gharles V, roi de France ; sa branche s’éteisnit avec Marie d’'Harcourt, fille de son fils Jean VII, qui, en 1440, épousa Antoine de Lorraine, comte de Vaudemont. J'1cques D'HarcouT, fils puiné de Jean V,

épousa, en 1374, Jeanne d'Enghien ; sa descendance s’éteignit

en la personne de Marie d’Harcourt, sa petite-fille, qui épousa

Jean d'Orléans, comte de Dunois et de Longueville, La troi- DICT. DE LA CONVEBS, == T4, X,

sième fils de Jean V, fhilippe, se subdivisa en deux lignes, celle d'Harcourt d'Ollonde et celle d'Harcourt Beuvron. Dans le grand nombre de personnages célèbres à titres divers que la famille d'Harcourt a fournis à l’histoire, nous ci« terons les suivants.

Geoffroy ou Godefroy, frère de Jean IV, mécontent de Philippe de Valois, passa au service d'Édouard III, roi d'Angleterre, et devint l’un des chefs de son armée, En 1346, Édouard, ayant vainement tenté une descente sur les côtes de Guyenne, s’en retournait en Angleterre, lorsque, cédant aux instances et aux conseils de Geoffroy d’Harcourt, il se décida à prendre terre sur les côtes de Normandie. Après avoir ravagé la Normandie et la Picardie, il remporta sur l’armée de Philippe de Valois la fameuse bataille de Créc y, si fatale à la monarchie française. Geoffroy d'Harcourt y commandait un corps considérable de l’armée anglaise, tandis que Jean IV d’'Harcourt, son frère, y trouvait la mort avec deux de ses fils. Jl revint pourtant à son souverain légitime après cette désastreuse journée ; mais il repassa à l’ennemi pour venger la mort de son neveu Jean V, qui avait eu la tête tranchée par ordre et en présence du roi Jean, lequel punissait en lui l’instigateur de la résistance générale apportée dans la province de Normandie à l’établissement des gabelles. Geoffroy envoya aussitôt un défi au roi Jean, en lui annonçant une guerre mortelle. Après s'être rendu de nouveau en Angleterre, il reconnut solennellement Édouard II} pour roi de France, et lui prêta foi et hommage pour les domaines qu'il possédait dans le Cotentin, et qui furent immédiatement saisis et confisqués par le roi Jean. Geoffroy débarqua peu de temps après en Normandie, ravageant tous les pays où il portait ses pas. Surpris près de Saint-Sauveur par un parti français supérieur en nombre aux forces qu’il avait en ce moment à sa disposition, il périt dans la mêlée.

Raoul ©’Harcourr, docteur en droit et chanoine de l’église de Paris, archidiacre des églises de Rouen et de Coutances, chancelier de celle de Bayeux, conseiller du roi Philippe le Bel, fonda à Paris , en 1280, le collége d’Harcotrt en faveur des diocèses de Coutances , de Bayeux, d’Évreux et de Rouen. Son frère, Robert D'HarcourT, évêque de Coutances en 1293, mort en 1313, se chargea de le terminer, Supprimé à l’époque de la révolution, ril fut rétabli en 1826, sous le nom de collége royal de Saint-Louis.

Dans les temps modernes, c’est la branche de Zeuvren qui a fourni les personnages les plus célèbres de la famille d'Harcourt. En 1593, les baronnies de Lamothe, Thury, Cléville et Varaville, érigées d’abord en marquisat, sous le nom de Lamothre-Harcourt, en faveur de Pierre, baron de Beuvron, mort en 1627, furent érigées en duché-pawie

| en faveur de Henri p’HarcourrT. Cette faveur était la ré-

compense du zèle et de l’habileté dont il avait fait preuve comme ambassadeur de Louis XIV à Madrid, en déterminant Charles II à tester en faveur du duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, au détriment de la famille de Habsbourg. Henri d’Harcourt, né en 1654, et qui prit d’abord le titre de marquis de Beuvron, avait commencé sa carrière en 1673, comme aide de camp de Turenne. L’année suivante, il assista aux affaires de Sentzheim, de Saint-François et de Turkheim. En 1675 il fut nommé colonel d’un régiment d’infanterie, et en 1677 il prit part aux opérations des siéges de Valenciennes, Fribourg et Courtray, à la tête du régiment de Picardie. Brigadier d’infanterie en 1683, il fut promu au grade de maréchal de camp en 1688, et servit en cette qualité au siége de Philipsbourg. C’est en 1697 qu’on lui confia l’importante ambassade de Madrid, poste dans lequel il fut admirablement secondé par sa femme, Marie- Anne-Claude de Brulard , et par la comtesse de Berlepsch, Pune des dames d’atours de la reine d’Espagne. Il mourut en 1718, laissant onze enfants, sept garçons et quatre filles. Deux de ses fils, François et Anne-Pierre D'HARCOURT, ont laissé une postérité aujourd’hui existante ; tous deux furent

maréchaux de France, Un seul a continué la descendance masculine.

Anne-François v'Harcourr, second fils d’Anne - Pierre, né en 1727, connu d’abord sous le nom de chevalier, puis de marquis de Beuvron, colonel en 1748, maréchal de camp en 176{, lieutenant général et cordon bleu en 1776, duc à brevet en 1783, prit le titre de duc de Beuvron, défendit bravement Louis XVI à la journée du 10 août,et mourut en 1796, à Amiens, où il s'était retiré avec sa famille.

Son fils, Marie-François, né en 1755, porta d’abord le titre de comte n’HarcourT, commanda un des corps de l’armée de Condé durant l’émigration, devint, à la Restauration, gentilhomme de la chambre du duc de Berry, prit en 1831 le titre de duc d’Harcourt, à la mort de son oncle, François-Henri, quatrième duc d’Harcourt, décédé à Londres, nommé pair de F ance, après la Restauration, et considéré en 1830 comme démissionnaire pour refus de serment. Mort en 1839 à Marseille, il a laissé quatre enfants, dont le puiné, François-Eugène-Gabriel, comte »'Harcourr, né à Jouy, Je 22 avril 1786, fut élu député par le collége départemental de Seine-et-Marne en 1827, réélu à Provins après la révolution de Juillet, fit partie de la majorité gouvernementale et se distingua à la tribune. Louis-Philippe l’en récompensa en lui confiant l’ambassade d’Espagne, et en l’élevant en 1837 à la pairie. Dans la chambre inamovible , il devint le champion du libre échange, et finit par tourner à l'opposition de la nuance la plus tranchée, Le défunt National couvrit de fleurs et d’éloges cette recrue nouvelle de l’idée démocratique, à qui la république de 1848, si elle lui enleva ses titres féodaux, donna du moins pour fiche de consolation , l’ambassade de Rome, avec mission de travailler en Italie à la propagation des principes qui venaient de triompher en France. Marié depuis 1807, il a plusieurs enfants , qui marchent sur ses traces et ne laisseront pas périr son nom. ,

Nous avons dit que l’héritière de Jean VII n’HarcourT avait porté à la maison de Vaudemont les biens et domaines de cette branche de la maison d’Harcourt. Née en 1398, et mariée à Antoine de Lorraine, comte de Vaudemont, Marie d’Harcourt mourut à l’âge de soixante-dix-huit ans, en 1476. Claude de Lorraine, petit-fils d’Antoine de Vaudemont, ayant eu en partage les comtés d’'Harcourt et d’Aumale, devint la souche d’une autre maison d'Harcourt, qu'il ne faut. pas confondre avec Ja première. Le personnage le plus célèbre de cette maison fut Henri de Lorraine, comte D’Hancourr, né en 1601, et surnommé Cadet la Perle, parce qu’il était le cadet de la maison de Lorraine-Elbeuf et qu’il portait une perle à l'oreille. Après avoir servi comme volontaire dans les guerres contre les hu guenots, et s’être distingué aux siéges de Saint-Jean-d’Angely, de Montauban, de La Rochelle, et au Pas de Suze, il füt investi par Louis XIII de commandements importants, et ne tarda pas à compter parmi les bons généraux de son siècle. Commandant de l’armée du Piémont en 1639, il battit devant Quiers le prince Thomas de Savoie et l’année suivante força Turin à capituler, Il ne se distingua pas moins en Espagne et en Flandre, Dans les guerres de la Fronde, il suivit d'abord, le parti de la cour, et fut chargé de conduire dans les prisons du Havre le prince de Condé. Cette mission, dont il n’apprécia pas la portée, lui valut dans le peuple le surnom de recors de Mazarin; et la mortification extrême qu’il en ressentit le poussa bientôt à se jeter dans le parti des princes, Après avoir combattu en Alsace avec avantage les troupes royales, il finit par être défait par le maréchal de LaFerté, et donna alors une nouvelle preuve d’inconstance politique en embrassant encore une fois le parti de la cour, On l'en récompensa par le gouvernement de l’Anjou. Il mourut subitement, en 1666, à l’abbaye de Royaumont.

HARDENBERG, famille noble originaire de Nœrten, en Hanovre, et qui compte aujourd’hui des branches établies en Hanovre, en Saxe, en Holstein, en Mecklembourg , en Bavière, en Prusse et en Danemark.

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