‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 54 sur 552 · FUSILIER — FUSION · texte numérisé non relu

FUSILIER — FUSION

pape s'ouvre du dehors en dedans. Quand on veut charger ! mènes et de résultats ? Non, assurémant. Nous ne connais-

l'arme, on prend une pompe foulante, on Padapte à cette dernière soupape et on foule de l'air daus le réservoir, Plus on y introduit de ce fluide, plus son ressort augmente, La balle ou tout autre projectile étant placé dans le canon, on presse la détente, une soupape s'ouvre et se referme à Pinstant; une partie de l'air contenu dans le réservoir s’introduit avec impétuosité dans le canon, et chasse le projectile avec une certaine force, qui va en diminuant d'énergie à mesure que le réservoir se vide, On peut tirer ainsi vingt ou trente coups.

Les autorités ont sagement défendu l'usage du fusil à vent. T'EYSSÈDRE, FUSILIER. Cemot s’est d'abord écrit fuzelier, fuselier, pour signifier des hommes de cavalerie légère, portant l’arquebuse à rouet, l’arquebuse à fusil ; on les distinguait par là des cavaliers portant mousquet à mèche. La loi a rendu technique ce terme, en l’appliquant à des corps d'infanterie qui, au lieu d’être armés en partie de piques, en partie de mousqnets, n'étaient armés que de fusils ayant une platine à silex : ces fusiliers fantassins n'étaient en réalité que des canonniers, ou plutôt des garde-canons, dont on surehargea le nom d’un génitif sans signification, quand on les appela fusiliers du roi. Les ordonnances de Louis XIV dénommaïent technique-

ment soldats les autres hommes d'infanterie qu’actuellement | on appelle fusiliers. Quand le régiment des fusiliers du roi | semétamorphosa en corps d’artillerie eten canonniers, le mot |

fusilier s’effaça pour ne reprendre vigueur que dans les guerres du milieu du dernier siècle ; il fut dès lors appliqué à des corps spéciaux d'infanterie légère ; l’usage le consacrant à distinguer les compagnies du centre des compagnies d'élite. G2! Barpin.

FUSILLADE, On donne le nom de fusillade à un engagement partiel ou à un combat dans lequel la mousqueterie joue le principal rôle. Il semblerait, d’après cette définition, que les deux mots fusillade et mousqueterie sont synonymes, et pourtant il n’en est rien. La fusillade est plutôt un feu d'infanterie décousu qu’un tir en salve, à commandement, à explosions réglées, comme la mousqueterie. On repousse par des fusillades rasantes les attaques de chemin couvert; on défend de même une banquette. Ce qu'on appelait autrefois chandelier de tranchée et corbeilles défensives étaient autant de moyens de nowrrir une fusillade à l’abri. Ce n’est pas par la fusillade, c’est généralement par les feux d'ensemble , à petite portée, qu'il faut recevoir les charges de cavalerie. Quand aux charges d’infanterie, le mieux est de marcher résolument à sa rencontre. Il est peu d’exemples de batailles où la fusillade ait joué le principal rôle. Pourtant, à Lutzen, où la cavalerie manquait presque totalement à l'empereur, la fusillade et Partillerie décidèrent seules la victoire. Le gain de la bataille de Montereau fut dû en partie à la vive fusillade qui éclata sur l’une et l’autre rive de la Seine, particulièrement dt côté de la ville et sur le pont. À Waterloo, une fusillade chaudement engagée sur la gauche, de la route de Paris à Bruxelles, allait ranger la victoire du côté des Français, lorsque tout à coup apparut sur les derrières de l’armée le corps prussien de Blücher. L'histoire de la première révolution retrace à nos souvenirs le tableau déchirant des malhenreux habitants de Toulon, qui le 19 décembre 1793, lors de la reprise de la place, trouvèrent la mort dans cette horrible boucherie ordonnée par les proconsuls de la Convention, et trop connue sous le nom de fusillade de Toulon.

FUSILLER. Ce mot, qui signifie fuer à coups de fusil, ne s’emploie guère qu’en parlant d'une personne condamnée à être passée par les armes (voyez EXÉGUTION MILITAIRE). Si c’est un militaire, il est dégradé auparavant.

FUSION. L'Académie fait ce mot synonyme de fonte, fiquéfaction. Cependant, quand nous disons Ziguéfaction ou fonte de l’eau glacée, nous indiquons un changement complet dans l’état physique de l’eau. Mais à l'égard d’une

sons pas d'état intermédiaire entre la glace fondante et l'eau à l'initiale de la liquidité ; tandis qu'entre un corps gras, un métal, un alcali, simplement ramollis à un degré plus ou moins avancé, et l’état de complète liquidité de ces mêmes corps , il y a une infinité de degrés de ramollissement, pendant lesquels nons ne savons pas s’il existe, ni à plus forte raison dans quelle proportion il se combine du calorique qui devienne latent. Nous ne voyons qu’un ramollissement plus ou moins avancé ; et dans le progrès de ce ramollissement la chaleur indiquée par nos thermomètres et pyromètres en point de contact avec le corps en voie de liquéfac-) tion dénote un accroissement continuel de température.

Il est extrêmement probable, pour ne pas dire certain, que l’universalité des corps de la nature sont soumis au passage de l’état de solidité à celui de liquidité par l’effet d’une accumulation de calorique qui les pénètre et en écarte les molécules : les exceptions qu’on a cru trouver à cette loi générale, en observant qu’une classe assez nombreuse de substances passait immédiatement de la solidité à la gazéité, ne tiennent sans doute qu’à l’instantanéité de l’effet, qui ne permet ni à nos sens ni aux instruments dont nous les aidons , d'apprécier le passage par l’état intermédiaire. Les accumulations de chaleur nécessaires pour amener au point de fusion les divers corps solides marquent les degrés d'une échelle fort étendue, dont une des extrémités règle la liquéfaction des graisses, des huiles concrètes, de la cire, de la cétine, de certains alliages métalliques très-fusibles , d’un petit nombre de métaux , des alcalis, etc., etc., tandis que le progrès de cette échelle, en marquant une infinité de degrés intermédiaires de chaleur, vient s'arrêter aux dernières limites que nos moyens de calorification aient pu jusque ici produire. Là nous trouvons la mesure du calorique qu’exige la fusiun des métaux les plus réfractaires, de la plupart des oxydes métalliques appelés terres, etc. La liquéfaction de certaines substances, que nous n’avons pas encore pu opérer, telles que le charbon et un petit nombre d’autres, est à des degrés en dehors des limites de cette échelle, déterminées par linsuffisance de nos moyens actuels, mais qui probablement seront un jour franchies ; car, raisonnant d’après les lois de la plus stricte analogie, nous pouvons d'avance considérer tous les corps de la nature comme soumis à celle du passage par l’état de liquidité. Déjà , aidé de l’appareïl à combustion du gaz oxy-hydrogène, nous avons obtenu un commencement de ramollissement du charbon.

Depuis le mercure, qui est fusible à 39° au-dessous de zéro du thermomètre centigrade, jusqu'aux métaux infusibles au feu de forge, comme le titane, le cérium, etc., on rencontre des corps d’une fusibilité qui passe par tous les degrés intermédiaires. Ainsi le potassium entre en fusion à + 58° ; le sodium, à 4- 90° ; étain, à Æ 210°; le bismuth, à + 236°; le plomb, à +- 260°; le zinc, à + 373° ; l’argent, à 20° du pyromètre de Wedgwood ; le cuivre, à +- 27°; l’or, à + 32°; la fonte de fer, à +- 130°; le fer malléable, à + 158° ; le manganèse et le nickel, à 4- 160° du même pyromètre. Cette énorme différence dans les points de fusion des divers corps ne peut s’expliquer que par la considération des phénomènes qui doivent résulter de la force de cohésion moléculaire : la force expansive du calorique est l’unique cause de la fusion; or, le degré de cohésion variant dans des limites très-étendues pour chaque corps, il en doit nécessairement résulter que la fusion ne s'opérera que dans des limites également fort étendues, c’est-à-dire à des températures très-différentes. PELouzs père.

FUSION (La). Sous ce nom demeurera célèbre dans l’histoire contemporaine une combinaison politique au moyen de laquelle, à la suite de la révolution de Février 1848, certains partisans de la maison de Bourbon espérèrent un instant opérer une nouvelle Restauration ; combinaison, ou mieux intrigue, dont, il faut le dire, l’idée première était

rultitude d’autres substances, y a-t-il identité de phéno- ! éclose dans les conciliabules orléanistes. Louis-Philippe une

fois mort, il n’y avait plus, suivant ces profoïds politiques, d’obstacle sérieux à une franche et complète réconciliation entre la branche aînée et la branche cadette. Dès lors plus de divisions, plus de tiraillements dans le sein du grand parti monarchique, lequel, dominant bientôt la situation, imposerait facilement au pays ses préférences dynastiques. Parmi les derniers ministres de Louis-Philippe, il s’en trouvait un, M. de Salvandy, qui, envoyé de France à Turin à l’ées du fameux pèlerinage de Belgrave-Square (1842), vait noblement refusé de s'associer à un vote de colère et de haine par lequel le cabinet que présidait nominalement le maréchal Soult, mais en réalité M.Guizot, avait essayé de Jlétrir cette démonstration, plus puérile que dangereuse, des amants de la légitimité. Ce fut sur lui qu’on jeta les yeux pour cette délicate négociation à laquelle le rendaient plus propre que tout autre la complète honorabilité de ses antécédents politiquesvet surtout le langage généreux qu’au prix d’une brillante position il n'avait point hésité à tenir dans cette mémorable circonstance. M. de Salvandy fat reçu à Froschdorf avec les plus sympathiques égards, et réussit si bien dans sa mission, que quelques mois plus tard M. le duc de Nemours, passant par Vienne, était admis à présenter ses hommages au chef de sa maison.

Tout semblait donc aller suivant les vœux des fusionnistes ; mais malheureusement pour eux M. Thiers refusa de s'associer à leurs efforts, vraisemblablement parce qu’il ne pouvait guère espérer d'obtenir jamais l'oubli de ses rapports avec l’infâme Deutz et du rôle qu’il avait joué dans l’avortement de l’échauffourée tentée en Vendée par M°° la duchesse de Berry en 1832. Il se forma denc sous son drapeau un parti d'antifusionnistes, dont les menées patentes et les intrigues occultes tendirent à contrecarrer autant que possible les projets de leurs monarchiques adversaires. Dans ce camp-là, les imprescriptibles droits de M. le comte de Paris , basés sur la charte bdclée le 7 août 1830 par les 221, étaient proclamés articles de foi; tout comme pouvaient l’être dans l’autre camp les droits Zégitimes de M. de Chambord, l'aîné des petits-fils de saint Louis et de Henri IV. Ajoutons que, par l’attitude pleine de réserve qu’elle gardait à Eisenach, la mère du jeune prince dont on persistait à faire un prétendant quand méme, madame la duchesse d'Orléans, semblait protester contre une intrigue qui allait droit à défrôner son fils une seconde fois.

Les fusionnistes et les antifusionnistes n’étaient d'accord que sur un point : la nécessité de se servir, en attendant, du président de la république pour tirer les marons du feu au profit de l’une ou de l’autre branche de la maison de Bourbon, sauf à lui promettre, s’il était sage, de le récompenser quelque jour suivant ses mérites. La coalition des partis monarchiques ne servit qu’à aflaiblir la république et à rendre possible le coup d’État tenté par les bonaparlistes le 2 décembre. Bien souvent, depuis cette époque, on vit se produire dans certains journaux la nouvelle que la fusion allait être accomplie entre la branche aînée et la branche cadette des Bourbons, Mais toujours l'événement venait démentir les faiseurs de nouvelles. Cette alliance. intime, que pouvait commander l'intérêt, rencontrait une barrière insurmontable dans la fidélité aux principes. Il paraît cependant hors de doute que l’un des membres de la branche cadette, le duc de Nemours, reconnaissait dès lors pour son seul roi légitime le représentant de la branche aînée.

Après la chute du second empire on essaya de ressusciter, centre la république, ce projet de la fusion, Mais d'abord les intrigues de quelques meneurs se brisèrent contre l'attitude du comte de Chambord, qui s’pposait fermement à toute espèce de transaction. Dans un manifesle, daté du 5 juillet 1871, ce prince écrivait : « La France, cruelliment désabusée par des dé-astres sans exemple, comprendra qu'on ne revient pas à la vérité en changeant d'erreur, qu'on n'échappe pas par des expédients à des nécessités éternelles, Elle m’appellera , et je

FUSION — FUSSLI

viendrai à elle tout entier, avec mon dévouement, mon principe et mon drapeau, Henri V ne peut abandonner le drapeau blanc d'Henri IV.» Quelques mois après, le même prince protestait avec force contre les projets de fusion qu’on faisait de nouveau courir et contre toute idée d’abdication en faveur de la branche cadette. Par suite de ces déclarations redoublées et si nettes, la fusion semblait devenue plus que jamais impossible. Cependant des journaux l’annonçeient toujours comme probable et des royalistes con. servaient encore l'espoir de la réaliser. Une démarche du comte de Paris, chef de la branche d'Orléans, viut en effet donner à croire qu’ils ne caressaient pas une chimère. Ce prince rendit visite, le 5 août 1873, au comte de Chambord, et s'inclina pour lui et sa famille, devant son droit à la couronne. La fusion était donc accomplie entre les princes; il restait à savoir si elle pourrait s’accomplir entre leurs deux partis, si éloignés l’un de l’autre par les principes et les faits.

FUSIONIENS , dénomination sous laquelle on a désigné des sectaires qui avaient pour chef un médecin nommé Louis de Toureil, originaire du Vaucluse, et mort vers 1865. Homme instruit, d’un caractère doux et humain, il avait entrepris la singulière tâche de fondre ensemble les théories de Saint-Simon, de Fourier, de Cabet, et d’en faire une seule, sous le nom de religion fusionienne. La base de cette religion était légalité sociale, appuyée elle-même sur le sentiment religieux. On n’y reconnaissait d’autres principes que l’existence d’un Dieu juste et bienfaisant, et l’immortalité de l’âme humaine dont le devoir était de pratiquer les préceptes de la morale naturelle et la destinée usionner après la mort avec Dieu, M. de Toureil a publié plusieurs brochures pour exposer cette théorie plus puérile que dangereuse. ,

FUSSEN, ville de Bavière, dans le cercle de Souabe, sur le Lech, avec 2,000 âmes, possède une fabricalivu de toiles et d'instruments de musique. Un traité y fut con clu, en 1745, entre la Bavière et l'Autriche.

FUSSLI ou FUSELI, nom de célèbres artistes suisses.

Jean-Gaspard Fussr, portraitiste, né à Zurich, en 1706, mort en 1781. Ses portraits eurent un immense succès ; la plupart ont été gravés. Il chercha aussi à faire connaître ses idées en matières d’art. Indépendamment d’une histoire desartistes suisses et d’un catalogue des principaux graveurs, on a de lui : Choix de Lettres de Winckelmann à ses amis en Suisse ( Zurich, 1778), et Idées de Mengs sur le beau et le goût dans la peinture ( Zurich, 1792 ).

Son fils, Jean-Henri Fusscr, peintre d'histoire, en dernier lieu directeur de l’Académie royale de Peinture de Londres ( où on avait coutume d'écrire son nom Fuseli), né à Zurich, en 1742, étudia à Berlin sous Sulzer, voyagea, en 1791, avec Lavater, et se rendit ensuite en Angleterre, où les conseils de Reynolds le déterminèrent à s’adonner exclusivement à la peinture. Après avoir profondément étudié l’œuvre de Michel-Ange à Rome de 1772 à 1778, il revint en Angleterre, où on le regarda comme le plus grand peintre après West. Il mourut à Puttney-Hill, près de Londres, le 16 avril 1825, et fut enterré dans l'église Saint-Paul, à côté de son ami Reynolds. Parmi ses tableaux, on estime surtout L'Ombre de Didon, le Combat d'Hercule contre les chevaux de Diomède, et sa galerie miltonienne, composée de soixante figures pour le poëme de Milton, I] fit paraitre, en 1801, des Leçons sur la Peinture, dont on critiqua avec raison le style peu convenable, et où on releva les jugements par trop tranchants qu’il se permettait à l’égard de quelques chefs-d’œuvre généralement admirés.

Jean-Rodolphe Fussui le jeune, né à Zurich , en 1709; mort en 1793, se forma à Paris, sous Loutherbourg aîné , et parvint à être un remarquable peintre en miniature, On a aussi de lui quelques dessins d'après Raphael et autres grands maitres, et un Dictionnaire universel des Artistes (Zurich, 1763), fruit de trente ans de travail. Son fils,

. Jean-Henri, mort à Zurich, en 1839, en a donné la suite,

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