‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 535 sur 552 · HÉBRAIQUES · texte numérisé non relu

HÉBRAIQUES

productions postérieures de la littérature juive; ils ont pris paissance en partie chez les Juifs de la Palestine, en partie chez kes Juifs alexandrins. Le caractère des livres apocryphes est celui du judaïsme d’alors, sans liaison et sans suite : cela provient de l'influence étrangère, dont se ressentait à cettémême époque la civilisation juive. Tels de ces écrits se rattachent aux derniers livres canoniques ; et si ce qui originairement était écrit en hébreu ou en chaldéen existait encore dans ces langues, la transition des livres canoniques aux livres apocryphes paraîtrait toute naturelle, Ces livres sont ou didactiques ou historiques. Mais cette différence n’y est pas toujours assez tranchée, parce que l’histoire y devient quelquefois conte, et la forme didactique souvent narration. En résumé, on peut dire que la poésie occupe une grande place dans la littérature hébraïque.

Quant à la manière dont nous sont parvenues les Saintes Écritures, on n’a là-dessus que des conjectures. Suivant Eichhorn, plusieurs Hébreux ont dû avoir dès les temps des rois, pour leur usage particulier, des copies des livres qui composent le Pentateuque; et après l'exil de Babylone ces copies ont probablement servi à la confection de la nouvelle bibliothèque du temple. Samuel, Les Rois, les Chroniques sont sans doute des sommaires de travaux plus considérables uont il est quelquefois fait mention; et comme ces abrégés servaient en quelque sorte de manuels, il a dû en exister plusieurs exemplaires. Zsaîe, les Petits Prophètes et les Psaumes, recueils extraits de poésies prophétiques et lyriques, ont dù se trouver répandus parmi les Israélites et avoir servi au compilateur des Saintes Écritures. Esdras, Nénémie et d’autres savants, que les fsraélites appellent les gens de la grande synagogue, auraient fondé, propagé et conservé la collection biblique. Pour ce qui concerne l’ordre qu’on assigne aux différents ouvrages de cette collection, on n’est pas plus d'accord sur ce point que sur le précédent ; seulement, cet objet étant d’une moindre importance, nous épargnerons au lecteur les conjectures auxquellesil a donnélieu. Nous l'avons dit et nous le répétons, la Bible, considérée même sous le point de vue rationnel, et quelle que soit son histoire, est et restera toujours un monument d’une haute importance. C’est le développement historique du genre humain, dont Pinteliigence est dirigée pendant une longue suite de siècles par la Providence, dont aucun honnue de sens ne nie l'influence sur Ja marche des événements. Les saines idées contenues dans le Pentateuque ont débordé, et le dogme de l'unité de Dieu fera la conquête du monde,

S. CAHEN, traducteur de la Bible,

HÈBRE : Acuve de Ja Turquie d'Europe. Voyez BALKAN.

HÉBHEU X. On appelle ainsi les descendants d Abraham, lequel, 2000 ans avant J..C., émigra de la Mésopotamie , au delà de l’Euphrate, dans le pays de Canaan ou Palestine. Aussi fait-on dériver leur nom du mot eber, qui en hébreu signifie au delà. Le monothéisme, la circoncision et la promesse de la possession future furent transmises par Abraham à son fils Isaac, lequel les transmit au plus jeune de ses fils, Jacob ou Israel, et passèrent de celui-ci àses douze fils. A la suite d’une famine, Jacobquitta la terre de Canaan avec ses soixante-dix enfants, petits enfants ct arrière-petits enfants, pour venir s'établir à Goshken en Égypte, où l’appelait son fils Joseph, devenu puissant à la cour d'Égypte. Pendant le séjour de quatre cent trente années qu'ils firent en Égypte, les Hébreux en étaient arrivés à former un total de 2,500,000, dont 600,000 hommes en état de porter les armes, qui protégèrent et couvrirent le mouvement d’émigration organisé sous Moïse et combattirent les peuples qu’ils rencontrèrent sur leur route pendant une marche qui ne dura pas moins de quarante années. Au milieu des fatigues de cette longue pérégrination à travers des déserts et des populations ennemies, le génie des Hébreux s’aguerrit, et la législation sévère que sur imposa leur chef introduisit dans leur esprit des idées d'ordre, de règle et d’obéissance en même temps que la erainie de Dieu, Quand ils eurent enfin atteint sous Josué

DICT. DE LA CONVERS — 7,

— HÉBREUX Pb

la terre promise, vers le milieu du quinzième siècle avanr

-C., leurs douze tribus, à savoir les dix tribus descendant des fils de Jacob : Ruben, Siméon, Juda, Dan, Naphtali, Gad, Asser, Isaschar, Zabulen, Benjamin, et les deux tribus descendant des fils de Joseph, Zphraïn. et Manassès, se partagèrent le pays ; et par suite de ce partage les tribus de Ruben et de Gad et la moitié de celle de Manassès allèrent s'établir au delà du Jourdain. L'agriculture devint la base de leur état social. La tribu de Zévi, au lieu d'une province en propre, reçut trente- -cinq villes situées dans les autres provinces, plus le dixième de tous les fruits de la terre. De même que la caste des prêtres en Égypte, elle forma une classe à part (voyez Lévires), qui, dans la constitution théocratique des Hébreux fondée par Moïse, agissait au nom du Dieu éternel, comme roi invisible ; et en possession d'exercer le sacerdoce, réservé à la seule famille d’Aaron, elle gouvernait le peuple en lui imposant des lois religieuses, des lois civiles et des lois de police : prérogatives qu'elle sut conserver même sous les rois.

Les 350 années qui s’écoulèrent entre Josué et Samuel, et qu’on appelle l’époque des juges, à cause des guides et des chefs suprêmes appelés juges auxquels la nation obéissait alternativement, furent l’âge héroïque de l’antiquité hébraïque. Parmi ces juges on remarque surtout Gédéon,Jephté,lefortSamsonet Débora, la femme juge. Fatigués de leurs luttes intestines et de l'influence qu’elles permettaient aux peuples voisins d’exercer sur eux, les Hébreux exigèrent et obtinrent, sous Samuel, environ 1080 ans avant J.-C., l’établissement d’un roi. Le premier qui fut revêtu de cette dignité, Saül, de la tribu de Benjamin, n’avait encore ni cour ni résidence fixe. Saül s’étant attiré sa colère par diverses offenses, Samuel sacra roi à sa place Da vid, fils d’Isaï, qui avait tous les dons de l'esprit et du corps. Son règne glorieux (de l’an 1058 à lan 1018 avant J.-C.) fut l’époque la plus florissante des Hébreux. Les habitants aborigènes et idolâtres du sol furent complétement subjugués, d’heureuses conquêtes étendirent les limites du royaume jusqu'aux confins de la Syrie et de lIdumée, et Jérusalem devint la résidence du monarque. Sous son fils et successeur, Salomon, l'architecture fit de grands progrès, notamment par la construction du magnifique temple de Jérusalem; et il en fut de même de Ja poésie. Le culte reçut des bases plus certaines et plus fixes ; l’industrie fut favorisée ; on noua des relations commerciales avec la Phénicie, Arabie et l'Égypte, eton tenta même de naviguer dans les mers de l'Arabie et de l'Inde. Néanmoins, le règne de Salomon contribua déjà à la décadence de cette puissance de si fraîche date, parce que les dépenses énormes de ce monarque le contraignirent à surcharger son peuple d'impôts. À sa mort, arrivée l’an 978 avant J. C., le royaume des Hébreux se divisa en deux États, par suite de la jalousie qui existait déjà depuis longtemps entre la puissante tribu de Juda et les autres tribus.

Le fils de Salomon, Roboam, ne parvint à conserver sous son autorité que les tribus de Juda et de Benjamin, avec la ville de Jérusalem; et ces deux tribus formèrent alors le royaume de Jud a, tandis que les dix autres tribus se donnaient pour roi Jéroboam, €e la tribu d'Ephram, et forinaient le royaume d’fsrael.

Ce partage affaiblit là puissance politique de la nation, Une suite de dix-reuf rois de familles diverses, dont bien peu parvinrent au trône autrement qu’en égorgeant leurs prédécesseurs, gouverna alors le royaume d’Israel, qui, quoique plus peuplé et plus étendu que Juda, devint pourtant beaucoup plus tôt que lui la proie des conquérants assyriens. Salmanassar s'empara de Samarie, capitale d’Israel, et transporta les populations vaincues et subjugutes dans les montagnes de la Médie, l'an 720 avant J.-C.

Parmi les vingt rois de Juda de la race de David, on distingue surtout Josaphat (917 à 892 avant J. C. DE Osias ($09 à 758), Hiskias (726 à 696) et Josias (639 à 608), princes qui eurent les qualités vécessaires aux souverains,

et firent preuve du plus grand zèle pour le service de Dieu. Les autres furent plus ou moins infidèles à la religion et aux luis de leurs pères , et, incapables de résister aux puissances égyptienne, assyrienne et babylonienne, devinrent tributaires tantôt de l’une, tantôt de l’autre, jusqu’à ce que le roi de Babylone, Nabuchodonosor, finit par s'emparer de Jéru-

salem, l’an 586 avant J.-C. Il brüla le temple après l'avoir |

pillé, fit crever les yeux au dernier roi Zédécias, et emmena avec lui à Babylone les premiers et les plus riches de la nation. Dès lors le nom d’Hébreux disparaît insensiblement, à partir surtout de l’époque dite l'exil, et est remplacé dans l’usage par la dénomination de Juifs ou Israélites.

HÉBRIDES, appelées Western-Islands par les Anglais, et Ebudæ par les anciens géographes, groupe d'îles rocheuses qui borde’ la côte occidentale de l'Écosse sur une grande étendue. On en porte le nombre à 500 , dont

120 seulement sont habitées (1871) par une population de

150,000 4mes, sur une superficie d’à peu près 111 myriam. carrés. Les habitants, qui professent en majorité la religion catholique, vivent de la pêche, de la chasse, de l’éducation des bestiaux, fabriquent de la soude, cultivent quelques céréales et exploitent quelques mines. L'édredon, qu’ils récoltent avec de grands dangers, est aussi pour eux un objet de commerce. Ces îles paraissent avoir été habitées dès l’origine par des Celtes, qui furent soumis dans le onzième siècle, par Harald Haarfager, et que la bataille de Langs fit passer sous la souveraineté nominale des rois d'Écosse, et dans la réalité, sous la puissance des Macdonald et d’autres chefs écossais. De nos jours encore, la plus grande partie du sol appartient aux ducs d’Argyle, aux Macleod, aux Macdonald, aux Campbell, etc.

On divise ordinairement les Æébrides en méridionales, moyennes et septentrionales. Les premières dépendent du comté d’Argyle; les autres, des comtés de Ross et d'Inverness. Les principales parmi les Hébrides méridionales sont, sans parler d’Zcolmkill, Islay, îlot assez bien cullivé et riche en wines de plomb et de cuivre; Mull, une des plus grandes, ayant 11 myriamètres carrés de superficie, dont Tobermorey est le chef-lieu, Tiree ou Tiry, Lismore, Coll, Gigha, Jura, Colomsay, et surtout St affa, où se trouve la fameuse grotte de Fingal. Au nombre des Hébrides Moyennes on doit mentionner comme les plus remarquables Skye, d’une étendue de 26 myriamètres carrés, la plus grande de tout le groupe, pays de montagnes et de pâturages, riche surtout en oiseaux de mer; Raa, Say, Rum, Eigg et Canna, avec le rocher de la Boussole. Aux Hébrides seplentrionales, enfin, qui comprennent cinq grandes Îles et une multitude d'ilots s'étendant parallèlement à la côte de PÉcosse, et portant le nom de Long-1sland, appartiennent South-Uist et North-Uist, Harris, Lewis, Rona, les Shiantet les sept Flannan-Islands. L’ilot rocailleux de Xilda, situé à une grande distance de la côte, dans l’océan Atlantique, est peuplé d'environ 150 habitants, qui vivent presque uniquement de la chasse des oiseaux de mer et'qui se font remarquer par la pureté de leurs mœurs.

HEBRIDES (Nouvelles). Voyez NouvELLES HÉBRIDES.

HEBRON, l’une des plus anciennes villes de la Palestine, dans la tribu de Juda, à environ 30 kilomètres de Jérusalem , g’appelait autrefois Kiriatharba, et par la suite servit pendant quelque temps de résidence au roi David avant qu'il eût fait choix de Jérusalem. La magnifique église qu'Hélène, mère de Constantin, fit construire sur l'emplacement où, au dire de la tradition, se trouvait enterré Abraham, a été convertie en mosquée. On y montre encore le tombeau du patriarche, ainsi que les caveaux où sont enterrés plusieurs membres de sa famille. Les murailles en sont décorées d’étoffes de soie richement brodées en or, qui le Brand-seigneur fait de temps à autre renouveler à ses frais, La désignation actuelle de ce lieu, el Khalil, c'est-àdire ami de Dieu qui est aussi le surnom donné à Abraham, indique que, suivant les musulmans, c'est ici que résidait ce palriarche,

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