‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 536 sur 552 · HÉBREUX — HÉCATÉE · texte numérisé non relu

HÉBREUX — HÉCATÉE

HECATE (du mot grec Exarov, parce qu’elle retenait cent ans sur le bord du St y x les âmes dontles corps avaient été privés de la sépulture) était fille de Jupiter et de Latone et sœur d’Apollon et de Diane. Adorée comme celle-ci et comme Proserpine, elle jouissait d’une triple puissance au ciel, sur la terre et dans les enfers. Au temps d’Homère, la Grèce ne la connaissait pas encore, Musée et Hésiode prétendent qu’elle était fille du Soleil, Bacchylide de la Nuit ; Orphée du Tartare et de Cérès; d’autres poëtes lui donnent encore d’autres origines, et varient en conséquence ses attributions et sa puissance. Selon Hésiode, c'était une divinité protectrice chérie de Jupiter; elle répandait ses bienfaits sur la terre, mettait les voyageurs dans le droit chemin, conseillait le bien aux rois, présidait aux accouchements et aux développements des enfants. Les poëtes qui luidonnent pour père et mère le titan Persée et Astérie en font une chasseresse infatigable, qui frappait indistinctement les bêtes et les hommes : empoisonneuse savante, elle fit, selon eux , périr son père, s’empara de son trône, et sur un autel consacré à Diane ordonna d’immoler tous les étrangers que la tempête jetterait sur les rivages dela Chersonèse-Taurique, On prétend qu’elle épousa Éétès, et qu’elle en eut Médée et Circé, dignes filles d’une si affreuse mère. Apulée soutient qu'Hécate ne différait pas de la vieille Isis; et il paraît en effet que le culté de la triple déesse fut apporté d'Égypte en Grèce. Rien de plus varié que les hommages adressés à cette étrange divinité. Dans les carrefours, on l'adorait comme déesse des expiations ; à Éphèse, à Délos, sur le Ménale, on confondait son culte avec celui de Diane; à Rome, on la nommaïit dea feralis, et on croyait qu’elle présidait à la mort. Alcamène, le premier, donna un triple corps à Hécate; selon Cléomède, ses trois faces expriment les trois aspects de la lune; mais Servius en donne une autre explication : il prétend qne les trois têtes représentent Lucine, la déesse des accouchements, Diane , protectrice dela vie humaine, et cette dea feralis, cette Hécate redoutable, qui fixe le dernier jour des mortels. Ici on la représentait armée d’une hache avec des têtes hideuses chargées d’affreux serpents ; là ses divers aspects sont doux, et des. roses la couronnent; plus loin, elle tient des chaines et un poignard. Lorsque Phèdre l'appelle dans Sénèque, elle a dans ses mains une torche ardente et une épée. Le nombre trois servait à la désigner. Les chiens lui étaient consacrés ; ceux qu’on lui sacrifiait devaient être noirs. A. GENEVAY.

HÉCATÉE de Milet, historien grec, naquit vers 550 avant J.-C. Il était fils d'Hégésandre, etappartenait à une des plus illustres familles de l'Ionie. Hérodote, qui le cite souvent, rapporte, entre autres choses, qu’il faisait remonter son origine à un dieu. Sa naissance, indépendamment de son talent, l'obligea à jouerun rôle dans l'insurrection des Ioniens contre Darius, l’an 503 avant J.-C. IL fit tous ses efforts pour les détourner de cette fatale entreprise, en leur en représentant la témérité., N'ayant pu leur faire entendre raison, il accepta résolument sa part de responsabilité dans leur folie, leur conseillant de se rendre maitres de la mer et de s’emparer des richesses du temple des Branchides , afin de pourvoir aux frais de la guerre. Cet avis ne fut pas adopté, et la révolte éclata. Aristagoras, tyran deMilet, sollicita vivement Cléomène, roi de Sparte, de prendre contre le roi de Perse la défense des loniens. Le roi refusa, malgré les offres d'argent qui lui furent faites. Abandonnés à eux-mêmes, les lonieus furent vaincus, et Aristagoras et ses partisans, ne se sentant pas assez forts pour défendre Milet, linrent conseil, afin de décider où ils se retireraient. Hécatée leur proposa de se fortifier dans l'ile de Péros, d'où ils pourraient reprendre Milet dès que l'occasion s’en présenterait, Pour lui, pendant que l’Ionie était sous le joug des Perses, joug qu'elle subit jusqu'à ce aue les victoires des Grecs d'Europe dans la deuxième guerre médique et le traité de Cimon eurent rendu l'Ionie indépendante de la Perse, il voyagea en Asie, en Grèce et dans plusieurs autres pays.

1 recueillit partout des matériaux;pour composer l’histoire

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