‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 55 sur 552 · FUSTANELLE — FUTAINE · texte numérisé non relu

FUSTANELLE — FUTAINE

FUSTANELLE, partie du costume national grec, mais particulière cependant aux hommes; c’est ce qu’on appelle aussi la chemise albanaise. Ce mot est dérivé du turc fystän, et signifie au propre un vêtement de femme. Avant leur révolution, les Grecs armés, les Klephtes notamment, portaient pour la plupart la fustanelle; et plus tard elle a été conservée pour les milices irrégulières du royaume. Sur le continent grec, elle est généralement portée par les gens de la campagne ; car une fois hors d’Athènes, on ne retrouve plus guère le costume européen que dans les grandes villes. Depuis que la Grèce a été élevée au rang de puissance indépendante et que des populations grecques on à fait une nation ; depuis que le roi Othon a Ini même adopté la fustanelle, comme partie essentielle du costume national, les Grecs, dans les villes surtout, y attachent beaucoup plus d'importance qu’antrefois, et apportent infipiment plus de soins à la confectionner de même qu’à en fabriquer l’étoffe. La fustanelle, d’une éclatante blancheur, allant de la taille aux genoux, retenue et fixée sur les hanches au moyen d’une ceinture, est faite d’une fine étoffe de coton ; celle des gens de la campagne, ou de la milice, est d’étoffe plus grossière, et va jusqu'aux genoux en faisant ile larges plis, qui sont l'objet d’un soin tout particulier et que, à l’aide du fer et de l’empois, on maintient fermes et unis. Chez les riches, le bord inférieur en est plus ou moins orné de broderies , et, comme les autres parties du costume pational grec, la fustanelle fournit une vaste carrière à la vanité et au désir de plaire; aussi les fashionables grecs ont-ils fait de l’art de porter la fustanelle l’objet de l’étude la plus approfondie. A certains égards cette partie du costume grec rappelle le chitôn des anciens Hellènes, et présente quelque ressernblance avec le vêtement macédonien. Au lieu de fustanelles , les habitants des îles et des ports de mer portent de larges pantalons bouffants, en cotonnades de couleurs bariolées et quelquefois aussi en soie.

FUSTET (Bois de), produit d’une espèce de sumac, qui croit au midi de la France, maïs qu’on trouve également à la Jamaïque, à Tabago, et dans quelques autres des Antilles. Le bois de fustet est entouré d’un aubier blanc; l’intérieur est jaunâtre , quelquefois d’un jaune assez vif, mêlé de vert pâle : l’alternation de ces deux couleurs le fait alors paraître veiné. Il est peu compacte, et cependant assez dur, noueux et tortueux. 11 est mis assez souvent dans le commerce, tronc et souche, d’une seule pièce. La racine est plus estimée que les branches. Il arriveen paquets de baguettes, en branches refendues, dépouillées de leur écorce , et quelquefois, mais rarement, en tiges tortueuses un peu grosses. Ce bois donne une teinture jaune. Il sert aussi aux luthiers, aux ébénistes et aux tournenrs. PELOUZE père

FUSTIGATION, action de fouetter, de faire subir à quelqu'un le supplice du fouet, application sur le corps de coups de fouet ; punition longtemps pratiquée dans les armées de France, et encore en usage dans quelques contrées du Nord. En vertu de l’ordonnance du 10 décembre 1570, les goujats coupables devaient être fustigés à coups de fouet, les femmes suspectes ne devaient être battues que de verges. Sous Henri IV, le manche de la hallebarde tirait raison des infractions des fantassins ; cette correction s’appelait aussi le morion. Sous Louis XIII, les cavaliers, au lieu d'êtres bâtonnés (voyez BASTONNADE), n'étaient punis qu’à coups de plat de sabre, parce que, dit l’ordonnance, ils sont en grande partie gentilshommes. La distinction dont la législation avait favorisé l’homme de cheval fut maintenue par la pénalité de 1727; il n’était battu qu'avec de l'acier; le piéton, qu'avec du bois. Le ministre Saint-Germain rêvait sans doute déjà l'abolition des priviléges quand il étendait à tous les hommes les coups de plat de sabre : c’était leur dire : Vous êtes tous gentilshommes. La galanterie avait décru en 1764 : ce n’était plus à coups de verges, mais à coups de fouet que les femmes saisies au camp de Compiègne étaient fiagellées. La bastonnade prussienne s’infligeait jadis, sur la place, à la parade : c'était une des récréations des habitants et

DICT, DE LA CONVERS, == T, Xe

de la garnison. La schlague autrichienne se distribuait à coups de baguettes de coudrier, ou à coups de canne : ceux que touchait la canne avaient l'honneur d'être châtiés de la main des officiers ou des sergents ; les autres ne l’étaient que par des caporaux. La canne de Pierre 1° était un niveau, suspendu sur ses troupes : un général n'était pas plus exempt de ses atteintes qu’un fifre. Voilà comment le despotisme entend l'égalité. Le knoutf, qui n’épargne pas les épaules des Russes , s’appesantit sur celles des Mantchous ; enfin le chat à neuf queues rappelle parfois lutilité de la sobriété aux soldats anglais, qui en sont un peu trop oublieux. y G*! BaRDIN.

FEUT (en latin fustis, bâton). On appelle ainsi en architecture la partie de la colonne comprise entre la base et le chapiteau. Les fûts sont des conoïdes , excepté ceux des colonnes dites {orses, qui ont la forme d’un titre-bouchon, comme on en voit aux autels des égiises du Val-de-Grâce et des Invalides. Les fûts de l’ordre dorique grec sont des cônes tronqués, c’est-à-dire qu'ils diminuent régulièrement de grosseur de la base au chapiteau. Les fûts des ordres ionique, corinthien, et dorique dit romain, sont renflés à partir du tiers de leur hauteur ; mais la courbure de leur profil est assez arbitraire; elle dépend du capriceet du goût de l’architecte, Les fûts diffèrent de proportions : on en voit qui n’ont en hauteur que 4 ou 5 diamètres, tandis que d’autres en ont 7, 8, 9, suivant les ordres. Les colonnes d’ordre dorique, ionique et corinthien, sont tantôt lisses, tantôt cannelées, en tout ou en partie. Les fûts ornés ont des rudentures dans leurs cannelures; d’autres sont incrustés de bandes de marbre ornées de sculptures délicates ; enfin, on rencontre des fûts tout couverts de feuillages, de rinceaux, etc. Dans plusieurs arts mécaniques, le mot jüt est synonyme de bois ; on dit le füé d’un fusi}, pour la pièce de bois qui forme la crosse, et sur laquelle est ajusté le canon. Le fût d’une varlope est le morceau de bois qui porte le fer, la poignée de l'outil, etc. On appelle /ü£ d'une girouette un bois plat comme une latte et large de quatre doigts, où la girouette du vaisseau est fixée. TEYSSÈNRE FÜT, FUTAILLE, se disent des tonneauxoù l’on met lesspiritueux etles huiles. Lesfutailles vides, surtout celles qui ont servi au premier de ces usages, sont encore l’objet d’un certain conmerce. On enexpédie en Belgique et en Hollande où elles sont employées pour les genièvres ; étant déja imbibées d'esprit, elles donnent moins de perte de liquide. Les futailles imprégnées d’huile servent à la pêche de la baleine, et le commerce de Marseille en emploie une grande quantité pour aller chercher des huiles dans le Levant. EUTAIE, bois qu’on a laissé croître au-deia de l’époque ordinaire des coupes, et qui a été éclairei de manière à ce que chaque sujet pût atteindre son maximum en grosseur et en hauteur. Avant:cette opération, vers l’âge de quarante ans, le bois reçoit le nom de futaie sur taillis; dix ou quinze ans plus tard, c’est demi-futaie ; enfin, les boisde quatre-vingts, cent ans et plus, sont haute futaie. Les arbres des futaies sont les grandes espèces, telles que le chêne, | charme, le sapin, etc. , dont le tronc et les branches princi pales sont employés à confectionner des bois de charpente, Toutes les terres ne conviennent pas à la culture des futaies : celles qui sont maigres et sèches, peu profondes ne fournissent pas de sucs assez abondants; elles produisent des arbres qui poussent lentement, et qui se couronnent avant d’avoir atteint de grandes dimensions ; les terres trop abreuvées de sucs, portent au contraire, des bois qui se développent avec rapidité, mais dont la texture n'est pas dense : ces bois ont le double inconvénient de peu résister aux chocs ou aux poids qu’ils ont à soutenir et de tomber facilement en vermoulure. P. GAUDERT.

EUTAINE, étoffe croisée simplement ou double, qu'on fabrique avec une chaîne en fil et une trame en coton. Quand elle est double, elle n’a pas d’envers. Il existe des futaines à poil. Dans les fabriques, on les garnit comme les draps ou les couvertures aux chardons,

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FUTÉ, fin, rusé, adroit. En termes de blason, füté se | combat désavantageux abandonnent en désordre le champ

dit du Lois d’une javeline, d’une lance, d’une pique, d’un arbre ou d’une forêt, lorsque le fer ou les feuilles sont blasonnés d’un émail, et que le tronc ou le fût l'est autrement : D'or à trois javelines de gueules, fätées de sable.

FUTILE, FUTILITÉ. Suivant l'Encyclopédie, ces mots nous viendraient de la langue des Romains, où J'ulile aurait fté le nom d’un vase, à large orifice, à fond très-étroit, dont on se servait dans le culte de Vesta. Il se terminait en painte, afin que l’on ne pôt le poser àterre sans répandre la liqueur qu’il contenait. Ainsi, futile, en français, deviendrait une sorte de terme allégorique. L'homme futile serait donc celui qui aurait peu de fonds et qui ouvrirait une large bouche pour ne dire que des niaiseries ou des choses frivoles, Une partie de notre existence se passe à s'occuper de Futilités. Renarquons cependant que ce mot a souvent un sens relatif, déterminé par la direction d’esprit de celui qui l’emploie. Ainsi, le géomètre, le physicien trouvera J'uliles les occupations du poëte, tandis que le banquier, l'agent de change regardera comme très-futiles les calenls et les recherches du savant. It est cependant des futilités sur lesquelles il n’y a qu’une opinion : dans la science, par exemple, ces laborieuses recherches de quelques érudits sur des questions historiques sans intérêt pour nous; dans la poésie, ces acrostiches, ces bouts-rimés, etc., tours de force, n’ayant que le mérite très-mince de la difficulté vaincue. Oury.

FUTUR, tout ce qui est dans l’avenir. On appelle communément futur, ou future, celui ou celle qui se trouvent liés par une promesse ou plutôt par un projet de mariage. Les choses futures peuvent être l’objet d'obligations et de conventions. Néanmoins la loi interdit comme immorale toute stipulation faite au sujet d’une succession future.

Futur, en termes de grammaire, sert à désigner le temps du verbe qui marque qu’une chose se fera. Ainsi, dans ces phrases : La victoire sera pour nous, nous {riompherons de nos ennemis, les deux verbes étre et{riompher sont employés au futur, parce qu’ils ont à indiquer simplement que tel ou tel événement arrivera dans un temps qui n’est pas encore. On distingue dans les conjugaisons deux sortes de futurs, le futur simple ou absolu et le futur passé, que des grammairiens appellent aussi futur antérieur.

Nous avons déjà cité des exemples du futur simple.

Le futur passé ou antérieur marque l'avenir avec rapport au passé, c’est-à dire qu’il fait connaitre que dans le temps qu’une chose arrivera une autre chose, qui n’est pas encore, sera consommée, Ainsi, lon emploie le futur passé quand on dit : Lorsque j'aurai fini ma lâche, j'irai vous voir, ou J'aurai fini ma tâche : lorsque je vous irai voir ; de Pune et de l’aufre façon, la tâche à finir est considérée coinme étant au passé par rapport à la visite qui est aussi à faire. Il est des cas où le présent tient la place du futur, comme dans ces expressions : Je reviens tout à l'heure : Je pars demain pour la campagne ; ce qui veut dire énidemment ; Je reviendrai tout à l'heure; Je partirai demain, ete. L'indicatif présent a encore la signification du futur quand il est précédé de la conjonction conditionnelle si, comme dans cette phrase : Nous sommes préls à combattre, si nous rencontrons l'ennemi. C’est comme si l’on disait : Nous sommes prêts à combattre quand nous rencontrerons l'ennemi. Le prétérit indéfini se prend. quelquefcis pour un futur passé ; on dit de cette mänière : Avezvous bientôt écril votre lettre? pour: Aurez-vous bientôt écrit votre lettre? Quelquefois le futur simple à la signification de l'impératif. Ainsi, dans le Décalugue : Vous airerez Dieu de tout votre cœur ; vous ne tuer ez point, ete., signifient : Aimez Dieu de tout votre cœur; ne tuez point, etc, CuawpAGNAG,

FUTURS CONTINGENTS. Voyez ConrinGenr.

FUYARD, nom dont on flétrit les soldats qui après un

de bataille, cherchant leur salut dans une fuite honteuse. Si, pressée par des forces supérieures, une armée bat en retraite avec ordre, elle impose toujours à l'ennemi par son attitude. La fuite, au contraire, a pour conséquence inévitable une déroute complète; le soldat se précipite de tous côtés, se jette dans une rivière, dans un marais, dans un défilé, dans un bois, d’où il se tire plus difficilement que d’un combat en règle qu'il aurait eu à soutenir contre l'ennemi.

Chez les nations germaniques, les fuyards étaient noyés et étouffés dans un bourbier. La loi salique imposait une amende à quiconque, sans preuve, accusait un Franc d’avoir jeté son bouclier pour fuir et le traitait de lièvre. Les capitulaires déclarent infâme celui qui tourne le dos à l’ennemi et refusent son témoignage en justice, Au temps de la féodalité, le fuyard descendait dans la classe des gens taillables etcorvéables à merci. Les ordonnances de François 1°* et de Henri El le fout passer par les piques. La loi du 21 brumaire an v punit de trois ans de fer celui qui jette ses armes et frappe de mort celui qui abandonne son poste devant l'ennemi. S'il s’agit d’une troupe entière, les six plus anciens soldats subissent le même sort.

FUZELIER ( Louis), né à Paris, en 1672, mort le 19 septembre 1752, travailla pour tous les théâtres, et se distingua plns par sa fécondité que par le mérite de ses pièces. I donna au Théâtre-Français : Cornélie, en société avec le président Hénault; Momus fabuliste ; Les Amusements de l'automne; Les Amazones modernes ; Les Animaux raisonnables; Le Procès des Sens. L'Opéra représenta de lui : Les Amours déguisés ; Arion ; le Ballet des Ages; Les Fétes grecques et romaines ; Les Amours des Dieux; Les Amours des Déesses ; Les Indes galantes ; L'École des Amours ; Le Carnaval du Parnasse ; Les Amours de Tempé ; La Reine des Péris; Jüpiter et Europe; Les Romans, opéra en trois actes, mis en musique par Gambiui; et le ballet de Phaétuse. Fuzelier composa, en outre, pour le Théâtre-Italien beaucoup de pièces, notamment : L'Amour maitre de langues ; Le Mai; La Méridienne ; La Mode ; La Rupture du carnaval; Le Faucon; Mélusine; Hercule Jilant; Arlequin Persée; Le Vieux Monde; Les Noces de Gamache; Les Débris\des Saturnales; Amadis cadet; La Bague magique; enfin, il fit un grand nombre d'ouvrages pour l’Opéra-Comique et même pour les Marionnettes de la Foire, tantôt seul, tantôt avec Le Sage, d'Orneval, etc., etc. ; tels que Arlequin grand-vizir ; Arlequin défenseur d'Homère ; Le Réveillon des Dieux; La Matrone d’Ephèse. 1] fat rédacteur du Mercure, conjointement avec La Bruère, autre faiseur d’opéras; et sa collaboration à ce recueil dura depuis novembre 1744 jusqu’en septembre 1752. J1 était petit, trapu, avait le cou très-court, se faisait rouler dans une brouette, et appelait l’homme qui la tirait son chevulbaptisé. Quoi qu'en ait dit La Harpe, il ne manquait ni d'itaagination ni de talent poétique. CHAMPAGNAC.

FYEN. Voyez Fionie.

FYT (Jan ), peintre, né à Anvers, vers 1625, peignit beaucoup de toiles en collaboration avec Rubens, Jacob Jordaens et Th. Willebort. La fécondité de son pinceau était telle qu’il est aujourd’hni peu de galeries de quelque importance qui ne possèdent de ses tableaux. Il excellait dans les sujets de chasse, de même qu'à représenter les quadrupèdes à l’état sauvage ou à l’état de domesticité, les oiseaux, les fruits, les fleurs et les has-reliefs. Son dessin, tout en reproduisant la nature avec une grande fidélilé, est toujours noble; son coloris a du feu et de la force, et il sait si bien assortir ses couleurs aux eflets de lumière, qu’à cet égard il rivalise avec de Voes et Snyders, Il excellait aussi dans la gravure à l’eau-forte. On ignore l'époque de sa mort, David Kouing {ut le plus célèbre de ses élèves.

Ge DEEE mme

GA septième lettre de l’alphabet latin que nous avons adopté, est en même temps la cinquième des consonnes; c'est la troisième de l’alphabet des Orientaux et des Grecs. Le G était appelé gamma par les Grecs, gimel par les Hébreux et les Phéniciens, gomel par les Syriens, et gum par les Arabes. Le sanscrit possède un G simple et un Gaspiré. Dans les langues slaves, G, tantôt quatrième lettre de l'alphabet, comme en russe, en serbe, tantôt septième, comme en polonais, etc., est toujours la gutturale douce du grec. Dans quelques-unes seulement elle reçoit une légère aspiration. En allemand, cette aspiration est beaucoup plus fréquente, surtout devant des syllabes finales. Cependant, dans certaines parties de l'Allemagne, on prononce les deux g comme dans le mot français gué. Souvent aussi cette lettre s’y confond avoir li. En italien et en anglais, le g devant e et à se prononce comme dje, dji; mais cette règle pour l'anglais ne s'applique qu'aux mots d’origine romane. Le g espagnol est une gutturale moins douce qu’en français.

Il y à une affinité bien prononcée entre le G et le C. Avant que le G prit place dans l'alphabet latin, le C seul représentait les deux articulations, la forte et la fable, que et que. Mais, pour dissiper tous les doutes à l’egard de l’exacte prononciation, les Latins donnèrent à chaque articulation un Caractère particulier. Alors on prit pour exprimer la faible le signe même de la forte C, en ajoutant seulement à l’extrémilé de sa partie inférieure une petite ligne verticale, indiquant que l'expression du C devait être affaiblie : de là le G tel que nous l'avons recu des Latins. A l'instar de ce peuple, nous avons conservé dans l’orthographe de quelques mots le signe de l'articulation forte, comme pour retenir la trace de l’'étymoiogie, tandis que dans la prononciation nous ne faisons sentir que l’articula. tion faible. Ainsi, nous écrivons second, et nous prononcons segond. Il est d’autres cas, au contraire, où tout en employant le G, caractère de l'articulation faible, nous prononçons la forte, comme lorsque l’on écrit rang éminen!, qui doit se prononcer rank éminent.

Notre lettre G s'appelle aujourd’hui ge, parce que réellement elle exprime plus souvent l'articulation je que larticulation gue , qu’on lui donnait primitivement. Du reste, ce changement dans la prononciation n’en a point amené dans l'orthographe. Nos règles relativement à cette lettre sont assez capricieuses. G devant les voyelles a, 0, «&, conserve la valeur de l’articulation gue ; devant les voyelles e, à, il prend foujours la valeur de l'articulation je. Dans l'élision, il ne prend jamais un son dur. Quand le g final se lie avec une voyelle, il prend quelquefois l'articulation forte du %. Aveclalettre n, leg formeune prononciation mouillée, comme dans ces mots digne, agneau, signal; mais dans queiques mots dérivés du grec ou du latin, ces deux lettres ont unie prononciation plus dure ou plus sèche : gnomonique, agnation.

Le G chez les anciens était une lettre numérale, qui signifiait quatre cents ; lorsqu'il était surmonté d’un tiret , il avait la valeur de quarante mille. Le y grec représente le nombre rois, et le nombre trois mille s'il est précédé d'un petit trait, y. Dans les inscriptions romaines, le G avait différentes significations ; seul, il signifiait, ou gra-

lis, ou gens, ou gaudium ; accompagné, il éfait sujet aux mêmes variations : G. V. élait pour Genio urbis ; G. P. R. Gloria populi romani. Dans le comput ecclésiastique, le G est la septième et dernière lettre dominicale; dans les anciens poids, il signifie un gros ; sur les monnaies françaises il indique la ville de Poitiers, Genève sur les monnaies suisses, et Stettin sur les prussiennes,

En chimie, G1 désigne un équivalent de glucynium.

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