‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 550 sur 552 · HÉLIOPOLIS — HÉLIOTROPE · texte numérisé non relu

HÉLIOPOLIS — HÉLIOTROPE

de l'antiquité consacrées au Soleil. La plus célèbre, située dans la Basse-Égypte, est connue sous le nom de Matariéh. Son nom primitif était On, qui signifie soleil dans l’ancienne langue égyptienne. C’est ainsi qu’elle est désignée dans le texte hébreu de la Genèse et de l'Excde. Ézéchiel la nomme Aven. Jérémie l'appelle Beth Chémès, maison du soleil. Cette ville est en effet célèbre par son magnifique temple du dieu de la lumière, par les débris du sphinx dont a parlé Strabon, et par son superbe obélisque, qui peut être comparé à celui de Luxor. Sa hauteur est de 20,27; ses quatre faces ont 1,80 de largeur à la base, et 1,17 à l'extrémité supérieure. C’est dans le temple d’'Héliopolis qu’on nourrissait le bœuf Mnévis, symbole du soleil; il y était, comme le bœuf Apis à Memphis, l’objet d'un culte particulier. Là aussi le Phénix, prenant son vol de l'Orient, après une vie de quatorze cent soixante-un ans, venait mourir sur un bûcher de myrrhe et d’encens, et renaître de ses cendres. Lors de l'expédition française en Égypte, l'enceinte de briques de l’ancienne Héliopolis, encore fort reconnaissable, avait 4 à 5 mètres de hauteur sur 18 à 20 d'épaisseur, et enfermait un espace d'environ 1,400 mètres de long, sur 1,000 mètres de large. Avec ses démolitions, fbrahim- Pacha a fait construire, tout près de là, un mur autour de ses jardins.

En Algérie, on a donné le nom d’Héliopolis à une section de Ghelma.

HELIOPOLIS ( Bataille d ). Kléber s'était engagé par la convention d'El-Arich à abandonner l'Égypte, à condition que son armée rentrerait en France avec tous les honneurs de la guerre. Il avait déjà rendu plusieurs places fortes, quand le commandant des forces anglaises, lord Keith, lui notifia qu’il avait ordre de ne consentir à aucune capitulation, si l’armée française ne mettait bas les armes. Kléber y répondit par une victoire. Il rappela à la hâte de la Basse-Égypte et du Saïd toutes ses forces disponibles. Il y avait urgence : l’insurrection gagnait du terrain, et le grand vizir, avec Ibrahim-bey et ses. mameluks, approchait du Caire, à la tête de 80,000 hommes. L'armée française, qui n’en comptait que 10,000, prit position dans la plaine de Boulac. Friant commandait la droite; Régnier, la gauche; Leclerc, la cavalerie, qui formait le centre. Le 20 mars 1800, à trois heures du matin, Régnier se dirigea sur Matarkt ( Héliopolis )}, où s'étaient retranchés, avec une artillerie formidable, les 6 à 7,000 hommes de l’avant-garde turque. Huit compagnies de grenadiers marchèrent, au pas de charge, à l’attaque des retranchements, sous les boulets et la mitraille. En ce moment, les janissaires tentent une sortie ; mais, arrêtés par un feu vifet soutenu, ils jonchent la terre de cadavres; ce qui échappe périt sous la baïonnette. Quand les redoutes sont emportées, l’infanterie turque se jette, en partie dans les maisons, où elle est massacrée, en partie dans la plaine, où elle est fusillée par la division Friant, ou sabrée par la cavalerie. Le gros de l’armée ennemie, pressée de soutenir son avant-garde, prend position entra les villages de Serikhaurt et d’El-Marck, d’où, après quelques engagements partiels, dans lesquels notre artillerie fait taire la leur, ils s’ébranlent en masse, et se précipitent sur le carré de droite de Friant, qui les laisse approcher à demiportée de mitraille. Arrêtés par les premières décharges, il: s'éparpillent en tirailleurs ; mais, écrasés par le feu continuel de notre artillerie, ils prennent la fuite. Le vizir, qui attendait au village d’El-Marck le résultat de cette pre- Mière attaque, fractionne sa cavalerie, qui enveloppe l’armée française, Cependant, le feu de nos carrés tient partout l’envemi en respect, et le vizir, à son tour, s'enfuit vers son camp d'El-Khanka. Nos troupes s’y emparèrent de tous ses bagages, et refoulèrent les vaincus jusque dans les profondeurs du désert.

HELIOS, chez les Romains So/, le dieu du soleil, ancienne divinité grecque, d’origine orientale, fils du Titan Hypérion et de Théia ou Euryphæssa, conducteur du char du soleil, attelé de quatre chevaux (Pyroüs, Eoüs, Æthon,

et Phlegon), dont ie palais est situé'à l’est, derrière la Colchide. Après avoir fourni sa course journalière, un char ailé et d’or massif le ramène en Colchide, le long des rives septentrionales de l'Océan. À une époque postérieure, mais cependant pas avant Eschyle, il se confondit avec Apollon ou Phœæbus..On l'appelle souvent Tifan ou Hypérion, à cause de son origine. Son culte était trés-répandu. Il avait des temples à Corinthe, à Argos, à Trézène, à Élis, etc., mais surtout à Rhodes, où chaque année on lui sacrifiait un attelage de quatre chevaux qu’on précipitait dans la mer. On lui offrait aussi des agneaux blancs. Parmi les autres animaux , le cheval, le loup, le coq et l'aigle lui étaient consacrés. À part le So/-Phæbus de l'époque romaine, c’est à Rhodes seulement que l'art s’occupait de multiplier son image ; la plupart des pièces de monnaie frappées dans celte île représentent sa tête vue de face, avec des formes arrondies et des, cheveux épars, semblables à des rayons. Quand il est représenté en entier, il est le plus souvent vêtu, placé sur son char et {conduisant ses chevaux un fouet à la main.

HELIOSCOPE (de fo, soleil, et cuonetv, regarder), instrument dont on se sert pour regarder le soleil et affaiblir sa lumière, de façon que l’œil puisse la supporter. Il y en a de deux espèces : ceux avec lesquels on regarde directement le soleil au moyen de verres colorés, soit à l’oculaire, soit à l'objectif, on bien encore au moyen de glaces que lon enduit d’une mince couche de noir de fumée; et ceux où on reçoit l’image du soleil dans une chambre obscure. Les premiers sont préférables pour toutes les observations qui exigent une rigoureuse exactitude.

HELIOSTAT (de loc, soleil, ef otarés, qui s'arrête), instrument propre à observer le soleil et les autres astres, et à les fixer pour ainsi dire dans la lunette, de manière que le mouvement diurne continuel d’un astre n’apporte point d’obstacle à l'observation. A cet effet, il est nécesgaire que la lunette soit montée sur un axe parallèle à l'axe da monde, ainsi que les lunettes parallactiques, et que l’axs soit, en outre, conduit par un mouvement d'horloge qui lui fasse décrire un cercle en vingt-quatre heures.

HELIOTROPE (Botanique ), de floc, soleil, et tpére, je tourne. Les héliotropes appartiennent à la famille des borraginées de Jussieu, à la pentandrie monogynie de Linné. Ce genre présente un calice monosépale, à cinq divisions profondes; une corolle monopétale hypocratériforme, à limbe dépourvu de dents, et divisé peu profondément en cinq parties ; cinq étamines courtes, situées dans la gorge de la corolle, et deux à quatre nucules non portées sur un réceptacle (gynophore). Le genre héliotrope est formé de plantes herbacées, ou d’arbustes à feuilles entières, alternes, à fleurs disposées en épis terminaux; presque toutes sont exotiques, deux seulement sont indigènes. De ces deux espèces, l’une, l’héliotrope couché (heliotropium supinum, Lin.), se trouve dans le midi de la France, ct n'offre aucun intérêt ; l’autre, l’'Aéliotrope d'Europe (helivtropium Europæum, Lin.), croît dans les lieux sauvages et incultes, et n'offre pas plus que lespèce précédente de propriétés marquées, bien qu’on lui ait octroyé le nom de herbe aux verrues. Pline a longuement disserté sur les propriétés médicinales de la plante qui nous occupe. « Quatre grains de l’héliotrope, dit-il, guérissent de la fièvre quarte ; trois de la fièvre tierce. » Vers l’époque où vivait ce célèbre naturaliste, on citait généralement Fhéliotrope comme souverain contre la piqüre du scorpion. Mais notre héliotrope est-il celui des anciens? Rien ne peut le faire penser, car aucune espèce de ce genre n’a droit au nom qu’il porte; chez aucune, on n’a remarqué que les fleurs fussent constamment tournées vers le soleil, ainsi que laffirmaient Pline et Dioscoride. De toutes les espèces exotiques , et elles sont nombreuses, l’héliotrope du Pérou (heliotropium Perw vianum, Lin.), remarquable par la suave odeur de vanille que répandent ses fleurs, est presque exclusivement cultivé dans nos jardins. On donne le nom d’Aélio/rope d'hiver au

tussilage fragrant, dont les Heurs exhalent une odeur assez analogue à celle de l’héliotrope du Pérou. : BELFIELD-LEFÈVRE.

HELIOTROPE ( Miné glogie ). C’est un quartz transucide, se rapprochant de lagate, à plaques opaques, ont le fond, d’un vert plus ou moins foncé, est parsemé le points sanguinolents : ce minéral se rencontre en Sicile, n Bohême, et dans l’Asie méridionale,

HÉLIOTROPE, instrument inventé par M. Gauss,et composé de deux miroirs plans et perpendiculaires unis à un télescope. L’un de ces miroirs sert à projeter la lumière du soleil sur un point donné, très-éloigné, de telle sorte qu'on y voit le miroir vivement éclairé. L'autre est destiné à donner au premier la position nécessaire. Car si on regarde par le télescope vers un point éloigné, et que l’on tourne les deux miroirs de telle sorte que le rayon solaire réfléchi par l’un soit projeté par l’autre dans le télescope, ce dernier miroir projettera le rayon solaire vers le point où le miroir doit être visible. Cet appareil très-ingénieux est employé avec beaucoup d'avantage dans les opérations géodé- Siques comme signal, et remplace les signaux, autrefois si difficiles à des stations éloignées. La lumière solaire ainsi réfléchie par le soleil est tellement intense qu’on ne peut pas la considérer, même à plusieurs myriamètres de distance, autrement qu’en protégeant sa vue par des verres noircis. La lumière réfléchie par un héliotrope s’aperçoit très-distinctement à plus de 120 kilomètres.

HELLADE, pays primitivement habité par les fellènes, était à l'origine, suivant la tradition commune, le nom d’une ville et d’une contrée de la Thessalie, postérieurement désignée sous le nom de PAthiotide, d’où les anciens donnaient aussi quelquefois ce nom à la Thessalie tout entière. Quand les tribus helléniques s’étendirent au sud jusqu’à l'isthme de Corinthe, le nom de Hellade reçut une plus large signification, et désigna plus particulièrement la Grèce proprement dite ou centrale : ce qu’on appelle aujourd’hui la Ziv adie avec ses huit provinces. Par la suite on y comprit aussi le Péloponnèse, et enfin on s’en servit pour désigner toute la Grèce avec ses colonies et ses îles (voyez GRÈCE. )

HELLADIUS, grammairien grec, auteur d’une CArestomathie en vers iambiques, dont on possède encore aujourd’hui quelques fragments conservés par Photius, florissait à l’époque de Constantin, et était né, dit-on, à Antinoé en Égypte.

HELLANICUS, logographe grec, orignaire de Mitylène, dans Pile de Lesbos, florissait peu de temps avant Hérodote, vers 450 avant J.-C, 11 écrivit une histoire de l’Attique, des notices sur les pays situés hors de Grèce et sur les événements accomplis depuis les guerres médiques jusqu’à la guerre du Péloponnèse. Sturz (Leipzig, 1787 ; 2° édition, 1826) et Miller (Paris, 1841) en ont publié des fragments dans leurs Æistoriæ Grecæ Fragmenta. TS

HELLE, sœur de Phryxus, fils d’Athamas, roi de Thèbes, et de Néphélé, sa seconde épouse. Le jeune prince son frère se vit accusé d’inceste avec Ino, sa belle-mère, première femme quittée et reprise du tyran. 11 n’eut que le temps de fuir en Thrace, Hellé, sa sœur, victime désignée par l’oracle pour expier ce prétendu forfait, l’y suivit. Un bélier, à la toison rousse ou dorée, se trouvait sur la rive; ils montèrent dessus, le poussèrent vers la plage, et entrèrent dans les flots. A mi-chemin du rivage d’Asie, Hellé tomba dans la mer, et y périt. On l’appela depuis, de son nom, Hellespont, mer d’Hellé, aujourd’hui canal des Dardanelles. Phryxus, plus favorisé des dieux que sa sœur, aborda en Colchide, y offrit en don votif au dieu Mars son hélier aux laines d’or, et s’y maria avec Chalciope, fille d'Éétès, roi de cette contrée, son parent. Celui-ci, pour s'emparer du trésor, souilla son palais du sang de son gendre. Mais bientôt arriva Jason, qui, plus heureux, ravit d’un soul coup, et la coison d’or, et la plus célèbre des filles du roi, cette Médée non moins perfide que belle, DENNE-BARON.

HELLEBORE, Voyez EuLénone,

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