GABARE — GABIER
taux, et le prix du quintal à 62 francs. On y était taxé à neuf livres de sel par tête.
Les pays de pelite gubelle étaient ceux qui ne payaïent que le minimum de cetimpôt : le Mâconnais, le Lyonnais, le Forez et Beaujolais, le Bugey, la Bresse, le pays de Dombes, le Dauphiné, le Languedoc, la Provence, le Roussillon, le Rouergue, le Gévaudan, quelques cantons de l’Auvergne. La consommation obligée ne pouvait étre au-dessous de 640,000 quintaux; le prix du quintal était 33 livres 10 sous, on y était taxé à 11 et 12 livres par tête.
Les pays rédimés étaient les provinces qui avaient acheté et payé l’exemption entière du droit ; leur entière libération de l'impôt de gabelle leur avait coûté 1,750,000 liv, sous Henri] II; mais elles n’en furent pas moins assujetties à une partie de cet impôt, au sixième à peu près du cens fixé pour les grandes gabelles, La quantité imposée aux consommateurs était de 830,000 quintaux. Le prix du quintal variait de 10 à 12 francs. La catégorie des pays rédimés comprenait le Poitou, l'Aunis, la Saintonge, l’Angoumois, le Limousin, une grande partie de l'Auvergne, le Périgord, le Querci, la Guienne, les comtés de Foix, Bigorre et Comminges.
Les pays de quart- bouillon étaient ceux qui avaient la faculté de s’approvisionner par des sauneries particulières, où l’on faisait bouillir un sable imprégné d'eaux salines, à la charge de verser, à leurs frais et gratuitement, dans les greniers du roi le quart du produit de leur fabrication. Ce versement en nature avait été depuis converti en un droit pécuniaire éqnivalent. Le débit était d'environ 115,000 quintaux ; le prix du quintal était de 16 livres. Ce droit n'appartenait qu’à une partie de la basse Normandie.
Les provinces franches de gabelle étaient moins imposées que toutes les autres, Elles devaient cet avantage au voisinage des marais salants; un prix trop élevé y eût provoqué une contrebande plus active et plus étendue. Cette catégorie se composait de la Bretagne, de PArtois, de la Flandre, du Hainaut, du Calaisis, du Boulonnais, des principautés d’Arles, de Sedan, du Béarn, de la Basse-Navarre, du pays de Soule et de Labourd, d’une partie de l’Aunis, de la Saintonge et du Poitou. Le prix du quintal y variait de 8 à 9 livres.
Les provinces de salines exploitées pour le compte du roi étaient la Franche-Comté, la Lorraine, les Trois-Évéchés (Metz, Toul et Verdun ), le Retheloïs, le duché de Bar, une partie de l'Alsace et du Clermontois. Les ventes de sel pour compte du roi s’y élevaient par an à 275,000 quintaux, le prix du quintal étant de 21 livres 10 sous.
En 1789, le vœu pour la suppression de la gabelle fut répété unanimement dans tous les cahiers des trois ordres. Elle fut en conséquence supprimée par la loi du 10 mai 1790. Mais un impôt sur le sel n’en fut pas moins rétabli sous l'empire ( 1806). Durex (de l'Yonne).
GABELOU, commis et employé des gabelles. Cette expression n’est d'usage que dans le style familier, et se prend toujours en mauvaise part. On l’emploie encore, surtout dans le midi de la France, à l'égard des douaniers, des employés de l'octroi et des commis des contributions indirectes.
GABIAN (Huile de). Voyez PÉTROLE.
GABIER, nom que l’on donne aux premiers et aux meilleurs matelots de l'équipage d’un grand bâtiment de guerre. Ils sont choisis par le commandant pour le servicedes hunes, préposés à la surveillance du gréément, et chargés d'y faire les réparations nécessaires. Dans les travaux de gréement et dégréement, de prise des ris, elc., ce sont les gabiers qui dirigent les matelots sous les ordres d’un chef de hune, officier marinier inférieur, qui obéit lui-même à l'officier de quart. Ils prennent le nom du mât au service duquel ils sont attachés : ainsi, on distingue les gabiers de misaine, de grand hune, d'artimon et de beaupré. Le mot de gabier n'est que le nom d’un emploi, et non celui d'un grade; il cesse d’être porté lors du débarquement,