GAGERN
Jui valut de part et d'autre que les plus cruelles ef les plus décourageantes accusations. Rejeté complétement en dehors de la direction des affaires par la formation du ministère Grævell-Detmold-Wittgenstein, il s’efforça tout aussi inutilement avec ses amis de combattre les resolutions extrêmes de l’Assemblée nationale, et jugea devoir cesser dès lors de prendre part à ses délibérations ( 20 mai 1849 ). Quand la Prusse, lors de l'alliance des trois rois, sembla vouloir prendre en main la cause de l'assemblée nationale; ce fut encore M. de Gagern qui, avec ses amis, aida à amener un accurd sur ce point; et élu membre de la diète d'Erfurt ( mars 1850 ), il fut dans cette assemblée le chef du parti qui fit accepter le projet de constitution. Mais la Prusse “avait compté sur l'insuceès de la combinaison politique imaginée sous le nom d'Union : et à partir de ce mornent M. de Gagern et ses amis furent rejetés sur l’’arrière-plan de la scène politique. Lui-même comprit que son rôle était fini, et il se retira plein d’amères tristesses dans son asile champêtre, qu’il ne se décida à quitter que lorsque la guerre éclata de nouveau dans le Schleswig-Holstein, Après la bataille d’idstedt, il accourut se mettre à la disposition du gouvernement national des duchés, et fit le reste de la cainpagne avec le grade de major dans les rangs de l’armée schleswig-holsteinoise. La lutte une fois comprimée, M. de Gagern revint à sa charrue. Depuis, il a vendu son domaine de Monsheim pour se retirer à Heidelberg. 11 est sorti pur et sans tache de cette révolution dont il eût pu être le chef, pour peu qu’il eût d’ambition. Cependant il finit par modifier ses principes libéraux, et donna soù adhésion en 1863 au parti de la Grande-Allemagne, qui soutenait les prétentions de la Prusse. En 1864 il fut nommé ambassadeur du grand-duc de Hesse à Vienne.
Son frère, Maximilien, n6 en 1810, siégea aussi dans le parlement de Francfort, et dans celui de Gotha. Après avoir été au service du duc de Nassau, il passa, en 1855, à celui de l’Autriche.
GAGES DE BATAILLE. On appelait ainsi le chaperon ou gant jeté à ur adversaire en signe de provocation
au combat judiciaire, et aussi la caution exigée de celui qui demändait ou aeceptait cette espèce de duél. Elie entrainait en effet certains frais, certaines dépenses; l’aide du chirurgien et de l’armurier, par exemple, pouvaient devenir nécessaires. Le gage de bataille pourvoyait à tes dépenses. On le déposait entré les mains du seigneur justieiér. Consultez Cérémonies des gages de bataille, Paris, Crapelèt 1830 ( un vol. in-folio).
GAGEURE, promesse que les personnes qui gagent se font réciproquement de se payer ce dont elles conviennent «1 gageant. Ce mot a la même signification que pari, et lon sé sert indifféremment de l’un ou de l’autre, Un céikbre législateur indien a prétendu que dans toute espèce de gageure il y avait un fou et un fripon. Les gageures de nos vüisins d'outre-mer dégénèrent souvent en folies: Courses de chevaux, combats de coqs, boxeurs, etc., etc.; tout leur est un prétexte de satisfaire ce penchant favori. Des sommes énormes sont souvent engagées, et il n’est pas rare de voir la ruine d'un gentleman suivre de près une course à New-Market. Les Anglais ont exporté ce goût effréné jusqu'aux Indes ; et nous commençons nous-mêmes à partager leur travers.
GAGUIN {Rovenr), supérieur général des mathurins, naquit à Colines, diocèse d'Arras, vers 1440. Entré de bonne heure dans l’ordre des trinitaires, il fut envoyé par ses chefs dans la maison des mathurins de Paris pour y étudier la théologie, et s’y distingua tellement, 4 ‘en 1468 il fut choisi pour remplacer Guillaume Frischer comme professeur de rhétorique, et élu en 1473 supérieur général de l'ordre, Louis XI, Charles VIH et Louis XII l'employèrent dans plusieurs négociations importantes, En 1477; le Premier l’'envoya en Allemagne pour mettre obstacle aux projets de mariage entre Marie de Bourgogne et Maxitnilien, fils de l’empereur Frédérie HT, Charles VII le nomtna son