‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 66 sur 552 · RE · texte numérisé non relu

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ouvrage ne fut connu que par ce que nous en possédions dans le Breviarium alaricianum, et par divers autres fragments.

C’est en 1816 seulement que Niebuhr découvrit les vraies Institules de Gaius dans un palimpseste de la bibliothèque du chapitre de Vérone; et la connaissance de cet ouvrage a eu pour résultat de détruire une foule d'hypothèses plus ou moins ingénienses, hasardées par les savants au sujet de l'histoire du droit romain, et aussi de jeter un jour tout nouveau sur bon nombre de questions restées obscures jusqu'alors. Les Jnstitutes de Gaius ont été imprimées d'après une copie qui a été prise par Gœschen, Becker et Bethmann- Hollweg. On y trouve une préface de Gæschien, dans laquelle sont détaillées les circonstances de cette découverte. 11 y expose l’état et l'ancienneté du manuscrit, ainsi que la manière dont il a été déchiffré. E. be Cnamnor.

GALA. C’est aux Espagnols que nous avons emprunté ce mot. 11 a dans leur iangue plusieurs acceptions. Dans la nôtre, il signifiait autrefois, où un vêtement riche et somptueux , dont les grands seigneurs se paraient pour les fêtes ou festins de la cour, ou même ces festins et cés fêtes, seule acception que nous lui ayons conservée, En apercevant dans la mise de quelqu'un plus de recherche que de coutume, mous disons familièrement qu'il est de gala. Les chroni-

GÂLÀ — GALANTERIE

queurs français h’assignent aucune date précise à l'adoption de cé mot dans notre langue; il est présurmable cependant qu’il a été importé chez nous par les Castillans à l’époque où lés cours de France et d’Espagné entreteñdient de fréquénts rapports. Lürsque, par exemple, Charles-Quint, fiaître du Brabant étdu Hainaut, fit demander à Frañçois 19° la pérmission de traverser la France pour s’ÿ réndre, il y eut, sans doute, grand galà à la coùr pour célébrer le passage du souverdin espagnol. Suivant les étymologistes espagnols, gala est synonyme de grdcé, bon air ; ilest pris duélquefois aussi pour le præmiuwm, la récompense décernée au vainqueur. C’est un jour de gala, disent les Espagnols, pour désigner le jour où l’on célèbre là Fête-Dieu, la naissance, 'avénement des rois, réines, princés Où äütrés personnages de distinction. V. De MOLÉON.

GALACTITE. Les anciens minéralogistés désignaient sous ce noth une substance pierreuse à laquelle ils récontaissaient la propriété de faire prendre à l’eau qui la tenait en dissolution une couleur laiteuse; delà, cé nom de ga laclite dérivé de yéha, lait. La galactite, qu’on reñcontré en Saxe, en Anglelérre, en France et éh Suède, à des profondeurs variables, où elle forme des couches plus où moins considérables , n’est autre qu’une éspèce d'argile smectique Ou terre à foulon, qu’on emploie du dégraissage des laincé et des draps. Cette substäncé ést opaqtie, tendre, presqué friable, grasse au toucher et médiocremeht pesanle. Bergmann, en la souinettaut à l'analyse, à trouvé qu’elle se com: posait de 51 järties de siléx, 25 d'argile, 3 de Chaux, 0,7 d6 magnésie, 3 de fer et 15 d'eau. | | | GALACTOMETRE ( de ÿ&o, yéaxroc, lait, ét ph rpov, mesure ), instrument propre à faire apprécier la qua it du lait d’après la proportion de ses éléments. Le lait est pur quand le microscope n’y fait pas découvrir autres corruscules que ces globules perlés qui composeront la crème. C'est le contraire quand il y fait apercevoir des particules muqueuses ou puruülentes. On peut donc appréier les bonnes qualités et la richesse du lait, soit au moyen du microscope, soit par l’analyse chimique, où en mesurant simplement en quelle proportion S'y trouve là créme, que composent ces globules en forme de perles que le microscope rend sensibles. Si l’on remplit de lait un tübe gradüé en cent parties, il est facile de mesurer la richesse de ce lait, en constatant combien de degrés là crèmé occupe dans ce tube. Or, il a été expérimenté qué le lait de vache, sut cent parties, contient de dix à vingt parties de crême ( d’un 10° à un 5°); le lait d’Anesse, uné ou deux parties seulement, et le lait de femme, trois parties sur cent, s’il est de bonne qualite, Le galactomètre arrive au même but en donnant la densité du lait : son principe est le même que celui de l’'aréomètre à poids constant. On lui donne quelquefois le nom de pèse-lail, aussi impropre que celui de pèse-sel qu’on afplique à d’autres aréomètres. GALACZ où GALATZ (On prononce Galatsch}), la seconde ville de la Roumanie et son unique port, chef-lieu du cercle du même nom ou de Kovarlui, Sur larivé gtuche du Danube et sur les bords d’un lic, entre l’enibouchure du Sereth et celle du Pruth, est une ville ‘uvérte et mal bâlic, avec des chantiers de construction, un établissement de quarantaine bien organisé, un riche bazar, étune population qui depuis un demi-Sièele s’est élevée de 7,000 habitants à 80,000. Comme c’est à Galäcz que commence Ja navigation du Danube avec la tuer, ou du moins cothme la navigilion maritime ne remonte gucre plus haut que Braila, en Valachie, situé à quelques myriamètres dudessus de Galacz, il en résulte que cette ville est à bien dire le principal port du bas Danube, de mêmé que le grand entrep: Lu commerce maritime de toutes les contrées qu’arrose le bas Danube. La compagnie du Lloyd autrichien entretient un service de bateaux à vapeur entre Galacz et Constantinople, desservant en même tempsles stations intermédiaires de Tulezà et de Varna. L’ouverture du chemin de fer de Tchgrnavoda à Koustendji à

contribué beaucoup à développér le cofnmerce de là ville.

Aù mois de novémbre 1769, les Russes livrèrent bätäille aux Turcs sous les murs de Galacz. Le 1% mäi 1789 ils prirent cette ville d'assaut; mais le 18 août suivait, cümiandés par le général Geismar, ils y essuyèrent uié éfaite. Le 11 äoût 1791 les préliminaires de la paix entre là Russie et la Porte furent signés à Galacz Lé 13 mai 1821 les hétairistes grécs s’y bättirent avec les Tures, qui le lendernaih, comiandés par Joussouf-Pachä, incendièrerit la ville ét firent un horrible carnage de ses habitants. Le 10 mai 1828 les Russes remportèrent encore sous les murs de Galacz une rouvellé victoire Sür lés Turcs. Ovcupée par les Russes lors-

. qu'ils eurerit envahi là Moldavie én 1853, cette ville à été

évacuée l’ännée suivante.

GALAM ( Beurre de). Voyez ELæts.

GALANGA, räcine aromatique, que l’on trouve dans le corirnérce, ét qui provient du maranta galanga, plate de la famille des amomées, congénère de celle dont on rotire l’arrow-root. On vend cette racine en morceaiix longs de cinq à huit centimètres et de un à cinq centimètres de diamètre, cylindriques, souvent bifarqués, d’uh brün

| rougeatre extérieurement, marqués de lignes frangées, circi-

laires, blanches. Leur intérieur est d’une couleur fauve rütigeâtre, d’une texture fibreuse peu compacte; eut üdeur forte cst ahälogie à cellé du cardamome, et leur Säveur est biquanté, äroinatiqué et irès-âcre. On peut comparer le salanga au gingembre, qui lui est généralement préféré.

GALANT. Cet adjectif a une sighification différëtite quand il précèdé 6ù quand il suit le Substäntif homme : üh galant homme est un lonime probe et honorable; ün homme ÿalant est un hüinine qui suit les lois dé la galanterie. La licehice des mœurs pendant la régence et le

| règne dé Louis XV n’etnpéclid pas quelques liomines de se

distinguer par leur galunterie : une femme de la Société du dernier prince de Conti, ayant désiré le portrait de Sun serin dans une bague, äccepta que ce prince lui en fit le présent, à conditioh qu'aucune pierrerie n’orhérait Ce bijou : décüuvrant, après l'avoir recu, qu'un diatiant en recouvräit la peintüre, elle 16 démontä, et lé renvoyä äu pritite, qui, Payañt fait piler, en Säupoudra le billét qu'il lui écrivit. Une autre femme ayänt emprunté pour Longchaämps üne ca- Rclie à cértäiñ vicomte, qui en avait deux, celui-ci, qi les aväit déjà promisés, en fit acheter une troisième, et la lui envoya. On troiva que le prince et le viconite avaient été galants; car ni l’un ni l’autre nétaicht ämoureux des femines pour lesquelles ils faisaient cés dépenses. |

On äppliqua longtemps l'épithète de galant À certaine manière de S’éxprimer : quand le fils de M de Grignan, en revenant du Siége de Philippsbourg, où il s'était distingué, écrivait À Sa mère : & Qüel Sera moh bonheur de me trouver à vos pieds, de baiser votré main, et d’osét asbiter à Votre joue! » on dit qu'il avait donné un tour galañt à cette Plirasé. Le maitre de M. Jourdain trouve le petit déshabillé que porte Son élève pendant ses leçons tout à fait gatant.

Les honimes et les choses ont pu retirer quelque avañtage de cette désignation; tais elle a toujours flétri les femmes. Dans ses Dames galantes, Brantôme he nous peint que des fernmes perdues; et l’on ne désigne eñcüre Sous le nom dé Jenvne galante que celle qui est entièrement déshonorée. La Bruyère et presque tous les étrivains qui l'ont précédé ont erhiployé substäntivement le nom de galant pour celui d’amant ; les filles du peuple eñ province et dans les campagnes appelleht de nos joirs l’homme qu'elles aiment leur gatant. En tout, le mot galanterie et ses dérivés sont un peu suratinés; €t c’est a$sez Souvent ävec ironie qu'on les etiibiloie encore. C*° De BRabi.

GALANTERIE, vieux mot fretiçais, qui exprimait dutrefois une politesse à l'égard dés fémmes, si attentive, 8 exquise, qu'il eût été possible dé là confondre vec l'amüür, dont elle empruntäit les formes, si l'amour né résétvait pas à un Seul objet des sentiments doñt là gaZäntérie t'a die

bo

l'apparence. On ne trouve guère trace de galanterie dans l'antiquité : la Bible, les livres d’Homère, montrent des hommes passionnés, mais point galants. 11 est probable, cependant, qu’à toutes les époques les hommes mirent dans leurs relations avec les femmes quelque chose de doux et d’affectueux; mais ils leur accordaient alors plutôt de la protection que des hommages. C’est de l'établissement du christianisme que date cette pitié pour la faiblesse, qu'une délicatesse généreuse déguisa sous des formes élégantes : c’est lorsque la religion eut élevé moralement la femme à la hauteur de l’homme, qu’il crut pouvoir, sans déroger à sa dignité, se dévouer pour elle. Le culte de Marie opéra une révolution en faveur des femmes, non-seulement parmi les chrétiens, mais encore chez les nations qui les combaftaient; car on sait que la guerre même échange les coutumes entre deux peuples. La vie retirée des femmes dans l’antiquité ne motive point leur défaut de galanterie, puisqu'on a décidé que c’étaient les Arabes, dont les harems ont toujours été impénétrables, qui en avaient donné les premières leçons à l'Espagne. La valeur, les connaissances, l'esprit vif et piquant de ces Orientaux répandaient sur leurs actions une grâce que l’on s’empressa d’imiter ; à leur exemple, on donna des fêtes, on livra des combats en l’honneur des dames.

Au temps de la chevalerie, un guerrier faisait vœu de galanterie autant que de bravoure. Non-seulement il devait avoir une dame et lui rester fidèle, mais ïl lui fallait encore être prêt à les défendre toutes, et ne médire d’aucune. Les coursd'amour, que les troubadours ont tant célébrées, n’avaient été instituées que pour juger de semblables cas ; et leurs arrêts, dont nous possédons des recueils, prouvent peu d’indulgence pour les coupables en fait de galanterie : il y avait quelque chose de noble dans ce respect pour des mères, des épouses, des maîtresses, êtres qui n'ont pas la force d’en exiger. Mais la galanterie s’exagéra ses devoirs, quand elle se crut obligée à satisfaire les caprices et les impertinences des femmes. On vit des hommes échanger leur cuirasse contre une jupe, et combattre ainsi; on en vit d’autres employer leur fortune en tournois, afin de réjouir les dames d’une province; enfin, quelques-uns poussèrent jusqu’à l’idolâtrie la déférence et les égards que les dames sont en droit de réclamer, et il fallut distinguer la galanterie de la courtoisie, qui fut toujours mesurée,

Plus tard, la galanterie changea de forme. Le mot eut une nouvelle acception, quand il s’appliqua au libertinage : François 1°°, Henri IV, ne se bornèrent point à être galants, quoiqu'ils ambitionnassent ce titre. Le pouvoir aux mains d’une femme ranima l'esprit de galanterie pendant la régence d’Anne d’Autriche; chacun était frondeur ou royaliste, selon qu’il plaisait aux dames de sa société, Quand la guerre fut éteinte , les pastorales de d'Urfé, les romans de Scuderi, et la carte du pays de Tendre, gâtèrent un peu cette renaissance; puis Louis XIV joignit à la galanterie une liberté de mœurs qui n'avait

rien de comrnun avec les sentiments de ceux qui la profes- |

saient primitivement. Ainsi dénaturée, la galanterie fut bientôt dédaignée ; et la crainte d’être appelé galant poussa les hommes jusqu’à la grossièreté ; dans les cercles, les femmes parurent les ennuyer, et ils s’en éloignèrent, Dans les lieux publics, ils abusèrent de leur vigueur pour s'emparer des meilleures places, et manifestèrent à haute voix leur opinion sur la beauté, la laïdeur, la vieillesse’, les infirmités des femmes, qu'ils regardaient dédaigneusement : c'était abjurer toute galanterie. Nous ne dirons point que les habitudes des camps achevèrent de nuire à l'esprit de galanterie en France, puisqu'il avait pendant si longtemps fait partie du caractère ruilitaire; mais c'est au mélange de toutes les classes de la société qu’on a dû son anéantissement ; car la galanverie n’est que le résultat d'une éducation distinguée, de manières élégantes, ou d’une bonté et d'une douceur si partates que la nature en fait rarement los frais, Ce qui reste ae galanterie en France ne s’appelle

mn —

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