‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 68 sur 552 · GALE — GALEN · texte numérisé non relu

GALE — GALEN

ne parviennent pas toujours à faire disparaître, Lës moyens de guérison sont même très-simples; ils n’ont rien de fort désagréable, et peuvent être employés en secret.

Une dernière considération à alléguer en faveur de la gale, c’est qu’elle ne laisse nulle trace après elle, quoi qu’on puisse dire des gales rentrées, que les eaux d’Avène ont la réputation de rendre manifestes et de guérir. Enfin, une circonstance qui doit rassurer ceux que la gale pourrait effrayer, Cest qu’elle n'offre aucun danger pour la vie, et qu'ordinairement, elle n'apporte aucune gène aux mouvements et n’oblige à aucun régime.

Au reste, tout le monde est d'accord sur la contagion de la gale; c'est un fait reconnu de toute antiquité, mais dont maintenant on connaît la cause. Le pourquoi et le comment de cette transmission d’une personne à une autre par le simple contact, est un être vivant, un insecte sans ailes (l’'acarus scabiei). C'est cet insecte, autrement dit sarcopte de l’homme, qui produit la vésicule de la gale et fixe son domicile dans un sillon caché qui l’avoisine et lui est afférent. Aucun de ceux qui ont cherché lacarus dans la vésicule même ( Alibert ni Piett), ne l’ont trouvé. Si une main imprudente se met en contact avec celle d’un galeux, aussitôt quelques-uns de ces insectes quittent leur ancien maître pour le nouveau, et voilà la gale transmise. Cet insecte a été minutieusement décrit par quelques observateurs :

* « C’est un ver, disent-ils, dont la figure approche de celle d’une tortue, de couleur blanchâtre, le dos d’une couleur un peu plus obscuré, garni de quelques poils longs et très-

fins; le petit animal montre beaucoup de vivacité dans ses |

mouvements ; il a huit pattes, la tête pointue et ornée de petites cornes ou antennes à l’extrémité du museau. L’insecte s’introduit d’abord sous la peau par sa tête aiguë, il s’agite ensuite, rongeant et fouillant comme une taupe, jusqu’à ce qu'il soit entièrement caché sous l’épiderme, où il sait se creuser des espèces de chemins couverts, et des routes souterraines d’un point à un autre, » Voilà une description bien complète, et qui n’a pu être faite que d’après nature. Ce n'est pas tout encore; on a surpris l'insecte à sa naïssance ; on a vu l’acarus pondre un œuf blanc de figure oblongue comme un œuf de pigeon. Voilà ce que des naturalistes dignes de foï affirment avoir vu, de leurs propres yeux vu (avec un microscope toutefois). Si d’autres médecins ou naturalistes tout aussi dignes de foi n’ont pu trouver l’acarus; s'ils l’ont cherché dix, vingt ou cent fois sans aperce-: voir même le bout de ses cornes, nous avons dit à quoi tenait l’insuccès. Au reste, peu importe le fait ou le doute, car lacarus he change rien au traitement de la gale ni à ses dangers. Rien de plus certain toutefois que l’existence de l'acarus , puisqu'on sait que les nègres de la Guadeloupe et quelques femmes corses ont le don de l’extraire de son sillon, avec la fine pointe d’une aiguille.

Quant au traitement de la gale, on la guérit presque immanquablement avec les topiques soufrés : pommades, savons, bains, fumigations, etc. L'huile de pétrole, étendue sur la partie malade, s'emploie aussi comme un excellent moyen. Le soufre, les alcalis, le mercure, des corps huileux on graisseux les essences aromatiques de myrte, de lavande, etc. ; voilà les bases principales de tous les traitements efficaces, Or, de pareils succès sont confirmalifs de l'existence de l'acarus. Ce petit animal en effet ne saurait vivre sans respirer, sans respirer par des trachées, comme les insectes : il est dès lors fort naturel que le mercure le tue, que le soufre l’asphyxie, comme il asphyxie tant d’autres animaux ; naturel que les corps gras lui coupent la respiration comme aux courtilières ou taupes-grillons, Dupuytren guérissait la gale avec des lotions faites avec une solution de 124 grammes de potasse dans 750 grammes d’eau, avec addition de 16 grammes d’acide sulfurique.

D' Isidore Bournon.

Gale se dit aussi d’une maladie des végétaux, caractérisée par des rugosités qui s'élèvent sur l'écorce des branches, sur les, feuilles et sur les fruits (voyez GALL ),

GALE (Tnomas), savant philologue et historien anglais» né à Scurton, dans le Yorkshire, en 1636, avaït fait d’excellentes études grecques : il débuta dans l’enseignement comme professeur royal à Cambridge. Appelé à la direction de l’école dé Saint-Paul à Londres, qu'il garda vingtcinq ans , il y forma quelques-uns des hommes les plus distingués de l'Angleterre. Le mérite de Gale le fit recevoir membre de la Société royale de Londres, dont il devint plus tard un des secrétaires honoraires. Dès l'an 1676 on lui avait donné une prébende à l’église de Saint-Paul. En 1697 on lui cohfia le doyenné d’Yoftk.

Histoire, philosophie, poésie, rhétorique , son génie laborieux embrassa tout avec la même ardeur et la mêtné sagacité. Parmi ses ouvrages , estimés encore, le premier fut publié sous ce titre: Opuscula mythologica, ethica, physica (Cambridge, 1671, in-8°). Il contient lés fragments des pythagoriciens , la vie d’Homère et les allégories homériques. Puis vint une édition d’Apollodore, de Conon, de Ptolémée, de Parthenius, etc., sous ce titre : His{oriæ Poelicæ Scriptores añtiqui. Publiée à Paris en 1675 , cette

‘collection fut réimprimée à Londres dès 1676. La même

année parurent à Oxford les Rhelores selecti, qui ne sont pas précisément des orateurs célèbres. Mais celle des publications de Gale qui exerça sur les études philosophiques la plus grande influence fut l'ouvrage d’Iamblique, De Mysteriis Ægyptiorum. A ces monuments de l’antiquité succédèrent des monuments du moyen âge : d’abord, le recueil Historiæ Anglicanæ Scriplores quingue (Oxford, 1687) ; puis un second recueil, plus curieux encore : Historiæ Brilannicæ, Saxonicæ, Anglo- Danicæ Scriptlores quindecim (Oxford, 1691). Épuisé par tous ces travaux d’enseignement et de critique, le doyen d’Yofk mourut, en 1702, dans un âge peu avancé, pleuré de ses nombreux disciples et de tout le monde savant. MATTER.

GALÉ, arbrisseau indigène du genre myrica (myrica gale, L.), vulgairement appelé myrte bâtard, poivre de Brabant. Il s'élève en buisson à la hauteur d’un mètre, et intéresse par l'odeur aromatique qu’exhalent ses feuilles lorsqu'on les froisse entre les doigts. Le galé croît en Europe dans les lieux marécageux. Les Suédois en mettent dans leur bière pour lui donner plus de saveur; en Pologne, on l’emploie pour détruire la vermine des troupeaux.

GALÉASSE, nom d'une espècè de navire à uñ seul pont, à trois mâts, et à 25 ou 30 bancs de rameurs, qui était en usage dans l’Adriatique, la Méditerranée, à l’époque de la renaissance, et que dans les batailles navales on mettait à l'avant-garde, parce qu’en raison de leur force on les considérait, nous ditun historien de la marine, comme les champions de l'armée. C’étaient en effet les plus grands des vaisseaux latins. Longues et étroites en proportion de leur longueur, les galéasses avaient les mêmes parties et les mêmes membres que les galères, mais étaient d’un tiers plus longues, plus larges et plus hautes. A la poupe et à la proue étaient disposées deux grandes places où étaient postés les soldatset l'artillerie. Il y avait en outre une espèce de rue ou de coursive entourant tout le navire à l’intérieur, et où se tenaient aussi les soldats pour combattre; les bords inférieurs étaient garnis de meurtrières par lesquelles on déchargeait mousquets et arquebuses sur l'ennemi en restant à l'abri de ses coups. Inutile d'ajouter sans dote qu’on ne rencontre plus aujourd'hui de galéasses que dans les vieux recueils d’estampes consacrés à l’histoire de la marine, Lemotgaléasse s’est maintenu cependant, quoique corrompu; et dans les mers du nord on appelle encore aujourd’hui galiasse l’espèce de bâtiments que nous nommons goëlette.

Théogène PAGE, vice-amiral.

GALÉE, terme d'imprimerie, espèce de planche carrée, avec un rebord, où le compositeur met les lignes à mesure qu’il les compose (voyez Composimion), Pour les grandes pages, comme celles des journaux , les grands ta-

GALEN — GALENE

| à l'abbaye de Corvey, Bernard de Glen accéda à un nouveau * traité d'alliance que lui proposa la france contre les Pro-

bleaux, ete., on so sert de galées à coulisses, qui ont {rois rebords sous lesquels s'engage une petite planchette avec poignée, que l’on peut retirer à volonté,

GALÉGA , genre de plantes appartenant à la famille des lésumineuses papilionacées. Les végétaux qui le composent sont des herbes vivaces, qui croissent nalurellement dans l'Europe méridionale et le Levant. L'espèce la plus remarquable est le galéga officinat, qui atteint une hauteur d’un mètre ou même davantage, et donne des fleurs blanches, quelquefois d’un bleu pâle. C’est une plante rustique et très- vigoureuse, qui paraît destinée à fournir un abondant fourrage. Il y a entre elle et la luzerne une grande analogie; mais le galéga, n'ayant pas une longue racine pivolante, n’a pas besoin d’une terre aussi profonde ni aussi choisie pour se développer; elle croità peu près partout, s’accommode de toute exposition, et peut fournir, dès la fin de mars, un fourrage tendre de Om 30 à Ov 35 de longueur. On peut semer en toute saison, excepté les extrêmes chaleurs et les gelées. Les agronomes seuls et quelques amateurs connaissent, en France, le galéga comme plante fourragère, et s'efforcent d’en répandre la culture. (Consultez Gillet-Damitte, Ze Galéga, nouveau fourrage; Paris, 1867, in-18.)

GALEN (Carisropne-BerNarD pe), évêque de Munster, naquit à Bispink en Westphalie, le 15 octobre 1600, d’une famille noble, et fut pourvu dès l’âgeide 16 ans d’un canonicat dans le chapitre de Munster. Après des études commencées chez les jésuites de cette ville, puis continuées successivement à Cologne, à Mayence, à ILiége el à Bordeaux, il participa à la direction des affaires de son pays, tantôt dans les ambassades, tantôt dans l’administration intérieure. Le siège de Munster élant venu à vaquer, ce fut sur Galen, promu tout récemment aux fonctions de trésorier, que se fixèrent les suffrages (14 novembre 1650). La ville de Munsterrefusait non-seulement de reconnaître l'autorité de son évêque, mais même de l’admettre dans ses murs. Au moment où Galen se disposait à l’investir, celle-ci entama avec lui des pourparlers qui amenèrent, en 1655, la conclusion d’une convention. Cependant, loin de s’apaiser, l’irrilation des habitants contre leur évêque-souverain s'augmenta au contraire, La Hollande prit fait et cause pour la ville de Munster, et lui consentit un prêt de 25,000 florins, tandis que l’empereur la menaçait de la mettre au ban de l'Empire, puis faisait envahir, en 1660, l'évêché par 1,200 hommes de cavalerie. Ce ne fut cependant que le 25 mars de l’année suivante que put être conclu le traité relatif à la reddition de la ville. Une fois qu'il en fut redevenu maître, Bernard de Galen ne négligea rien de ce qui pouvait lui en assurer la paisible possession contre l’esprit turbulent des habitants.

Élu en 1662 administrateur de la célèbre abbaye de Corvey, Bernard de Galen fut chargé par la diète tenue en 1654 à Ratishbonne de diriger conjointement avec le margrave Frédéric de Bade les affaires militaires de la ligue, et partit ensuite avec la plus grande partie de ses troupes contre le Turc. De retour bientôt après dans ses États, l’évêque de Munstèr résolut de tirer vengeance des nombreuses insultes dont il avait été l’objet de la part des Hol- Jandais. 11 conclut donc, en 1665, avec l’Angleterre un traité par lequel, moyennant un subside considérable, il s'engagea à porter l’efiectif de son armée à 15,000 hommes ; puis il attaqua les Provinces-Unies par terre, tandis que l’Angleterre les attaquait par mer. Aux fermes du traité conclu le 18 avril 1668, sous la médiation de Louis XIV, les Étatsgénéraux s’engagèrent, il est vrai, à retirer leurs troupes de toutes les parties de l'évêché de Munster qu’elles occupaient ; mais, de son coté, l’évêque dut renoncer à certains droits de suzeraineté qu'il s'était arrogés sur des portions de territoire en litige. Par conséquent, le résultat final de la lutte déçut les plans et les espérances qu'il avait pu former.

Après ayoir amiablement terminé, en 1674, un différend survenu entre la maison de Brunswick et Jui relativement

vinces-Unies. Déjà il avait remporté sur les Hollandais des avantages marqués, lorsqu'une menaçante diversion sur ses derrières l’obligea tout à coup à faire volte-face pour aller défendre ses propres États, envahis par les Impériaux et par l'électeur de Brandebourg. Mais bientôt, reprenant à son tour l'offensive, il envahit la Marche de Brandebourg, et, agissant alors de concert avec Turenne, général en chef de l’armée française, il s’empara en Westphalie de la plus grande partie des possessions de l'électeur. Mais obligé, en 1674, de lever précipitamment le siége de Cœvorden, à la suite d'un violent orage qui inonda son camp, il prêta l'oreille à des propositions d’arrangement, et s’engagea à restituer tout le territoire qu'il avait enlevé aux Pays-Bas. En 1675, il accéda à la ligne formée par l’empereur contre la France; et on vit alors ce condottiere mitré agir avec autant de vigueur pour le compte de sesnouveaux alliés, qu’il en avait déployé naguère au profit de la France. En août de cette même année, il conclut avec le roi de Danemark et avec l'électeur de Brandebourg un traité dirigé contre la Suède, et par suite duquel ce fut à lui qu'échut la mission d’attaquer les duchés de Brême et de Werden, alors dépendances de la Suède, et qu'il garda pour lui. Il envoya aussitôt une partie de ses troupes grossir l’armée impériale campée sur les bords du Rhin et de la Moselle, tandis que le reste allait prendre ses quartiers d'hiver dans la Frise orientale. En 1677 il signa un nouveau traité par lequel il mit 9,000 hommes à la disposition du roi d’Espagne contre la France, ét 5,000 à celle du roi de Danemark contre la Suède. L'occupation de la Frise orientale lui attira une guerre de plus sur les bras; mais ilne consentit à l’évacuer, en 1678, que contre payement d’une forte indemnité. Pendant les préliminaires pour la paix ouverts à Nimègue, Bernard de Galen tomba malade à Abaus, et il y mourut, le 19 septembre 1678.

GALENE. La galène, ou sulfure de plomb, est d’un gris métallique assez brillant; sa texture est lamelleuse, ce qui lui donne la faculté de se cliver facilement; ses cristaux sont ordinairement des cubes très-réguliers ; quelquefois cependant on trouve la galène cristalusée en octaèdres, en cubo-octaèdres, etc. ; mais ces formes ne sont elles-mêmes que des modifications du cube, dont elles dérivent. Cette substance n’est point malléable : un choc assez léger suffit pour la briser ; elle se distingue du zinc sulfuré ou blende, avec lequel on pourrait la confondre, par la propriété qu'elle a d’être rayée par une lame de couteau qui laisse sur la galène une trace brillante, tandis que cette trace est sans éclat sur le zinc sulfuré. La plombagine, ou car-

F - ns . y .

‘ bure de fer, peut aussi se confondre avec la galène, mais la

différence de poids seule suffit pour la distinguer. La première est trois fois moins pesante que la seconde, qui ne forme pas de traits sur le papier, tandis que la plombagine y forme des traits d’un gris métallique. La galène, chauffée sur un charbon au chalumeau, se décompose; le soufre qui entre dans sa combinaison se dégage; le plomb entre en fusion , et se reconnaît aux caractères qui lui sont propres.

La galène n’est jamais pure, elle contient toujours des métaux étrangers : ce sont l'argent, lantimoine et l'arsenic. La quantité du premier de ces métaux est ordinairement assez considérable pour que son extraction soit avantageuse. En effet, il suffit de 90 grammes d’argent par cinquante kilogrammes de minerai pour compenser les frais que nécessite sa séparation. Les variétés qui en contiennent le plus sont celles qui ont le grain fin et serré comme celui de l'acier, dontellesontla couleur ; en général, leplomb sulfuré, dit sérié, doit cette propriété à l’antimoine qu'il renforme. La galène se rencontre en filons ou en couches considérables, dans les montagnes primitives et secondaires, formées le plus souvent de chaux carbonatée compacte. Sa gangue est tanôtie quartz, la baryte sulfatée, la chaux carbonatée, la chaux fluatée, et quelquefois le silex agafe et le silex calcédoine,

C'est de tous les minerais de plomb le seul qui soit ex-

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