‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 71 sur 552 · GALÈRE · texte numérisé non relu

GALÈRE

| d’une classe supérieure aux thalamites : aristophane nous

a transmis quelques termes méprisants dont ils apostrophaient ces derniers. Enfin, sur le troisième étage, ou le pont, tkranos, se tenaient les éhraniles, marins d'élite de l'antiquité, à la fois matelots, soldats, rameurs. S'il falait faire voguer la trirème, ils maniaient les plus longs avirons ; si l'on déployait les voiles, ils grimpaient le long des antennes; puis, dès que le combat s’engageait, ils quittaient la rame et la corde, prenaient le casque, la pique et le bouclier, repoussaient l'attaque, ou, les premiers et les plus agiles à l’abordage, ouvraient, à coups de hache, aux soldats de la flotte, leurs frères d'armes, un chemin sanglant sur les ponts de l’ennemi. De leur courage et de leur adresse dépendait souvent le succès de la bataille; aussi le thranite était-il le matelot le mieux payé de tout l'équipage. S'il y avait quelque récompense extravrdinaire à accorder, c'était à lui qu’on la réservait; le république votait une couronne d'honneur au {Aranite qui après ou pendant le combat avait ravitaillé sa trirème désemparée.

Sur le pont, vers l'arrière, était le katastrémma, espèce de dunette, où logeaient les officiers, et par-dessus, un Carrosse ou trône, ékrônos, souvent en drap d’or, d’où le général dirigeait la bataille, et &’où le pilote gouvernait le navire, Sur la proue s'élevait en outre une guérite, pour protéger le proreta, contre-maitre chargé de la manœuvre de l'avant; là aussi se tenait le matelot en vigie. La trirème réunissait toutes les conditions qui rendent un navire propre au combat ; aucune de ses dimensions n'était exagérée; elle était facile à manœuvrer et légère à la course; elle possédait tous les moyens d'attaque et de défense alors connus; sa proue était armée de l’éperon ferré et du rosérum tridens, ou bec à trois pointes, pour déchirer et entr'ouvrir les flancs de l'ennemi. Afin qu’une seule blessure ne l’expost pas elle-même à s’abimer sous l’eau, on avait partagé sa carène en un grand nombre de cases presque hermétiquement calfatées : ainsi, l’irruption de la mer dans sa cale ne pouvait être que locale, Le long de ses murailles s’adaptaient des tours mobiles pour les archers, des catapultes, des balistes, engins de guerre redoutables ; au sommet de ses mâts étaient des plates-formes ou bastions d’où les soldats faisaient pleuvoir une gréle de pier1es; au bout de ses anten nes pendaient des crocs, des grapins, des masses de plomb pour accrocher l'ennemi et défoncer ses ponts; enfin, sur les trirèmes romaines, à la proue, presque dans le prolongement de l’étrave, se dressait un mât ou style perpendiculaire ; et ce mât portait le terrible corbeau de Duillius, espèce de pont-levis dont l’une des extrémités tournait autour du pied du mât comme sur un axe, tandis que l’autre était attachée à la tête par une corde qu’on làchaït ou serrait à volonté, selon qu’on voulait laisser tomber ou relever le corbeau; cette même extrémité portait par-dessous une énorme broche en fer bien acérée, qui clouait deux navires lun à l’autre, et changeait ainsi le combat naval en un combat de pied ferme, dans un espace étroit, où la fuite était impossible. La trirème pouvait manœuvrer en combattant; ses thranites couraient aux armes, et ses thalamites, à l’abri des traits, la faisaient marcher, car leurs rames, fort courtes et cachées sous les flancs ne couraient pas le danger d’être coupées ou brisées dans un abordage. Lo seul avantage qu’eût sur elle la quadrirème était de la dominer de toute la hauteur d’un élage ; les coups de cette dernière étaient done plus sûrs et plus dangereux, et l’abordège presque impossible, ce qui détermina Carthage à l'opposer à l'irrésistible valeur des Romains : mais son poids Ja rendait difficile à mouvoir, et la trirème finissait par la vaincre.

Tous ces navires renfermaient de nombreux rameurs : on en comptait au moins cinquante par étage, et, pour obtenir une grande vitesse, il fallait que les efforts de tous ces avirons fussent simultanés, comme si une seule volonté, un seul bras, les eussent fait mouvoir. Un pareil résultat exigeait un long et pénible exercice, et cependant les an-

ciens y arrivaient : c'était chose admirable que de voir tous ces rameurs s'asseoir ensemble, ensemble s’insliner sur leurs rames, se rejeter en arrière et retomber tous ensemble : une voix, un cri donnait la mesure, tantôt lente, tantôt rapide, selon qu’on voulait accélérer plus ou moins la marche; souvent les notes d’une flûte marquaient la cadence ; tous les avirons y répondaient en plongeant à la fois dans l’eau : le musicien était l'âme de la chiourme, et ses accords faisaient oublier les pénibles heures. Tel parut Orphée dans l'expédition des Argonautes : l'harmonie de sa lyre remplissait le navire et animait les rameurs :

Acelinis malo mediis insonat Orpheus Remigibus, tantosque jubet nescire labores,

Telles étaient les trirèmes dont Auguste fut fier, car il leur dut l'empire du monde à Actium. Mais après lui la marine déchut, et tomba si vite que sous Théodose et Consfantin la construction même des navires à trois rangs de rames était déjà oubliée. Aux beaux jours du Bas-Embpire, l'empereur Léon rétablit les birèmes : il les appela dromones. Ses successeurs les abondonnèrent, et leur substituèrent la longue barque à un seul rang de rames, la galère, telle que l’adoptèrent les Vénitiens, telle qu’elle s’est maintenue jusqu’au siècle de Louis XIV. La galère fut le vaisseau de ligne du moyen âge, comme la trirème avait été celui de l'antiquité. En France, sous Charles IV, on distinguait la réale galère, portant l’étendard royal, et montée par le général des galères, et la Patronne, que montait le lieutenant général. Les galères de Malte, toujours en course contre les Musulmans, leur faisaient redouter la valeur des chevaliers chrétiens. André Doria, le premier, mit plusieurs rameurs sur le même aviron, et cette modification, jointe à l'emploi du canon à la place des balistes, distingua sa galère de la fameuse samienne, dont Polycrate de Samos avait donné le modèle. Louis XIV entretint dans la Méditerranée une flotte de galères : c'était une marine à part, qui avait ses allures en dehors de la marine de haut bord. Son quartier général était à Marseille; on y prodiguait un luxe effréné : l’arrièrre de ces navires était soutenu par des fermes du plus beau travail, souvent sortis du eiseau du Puget. On y multipliait partout les bas-reliefs sculptés, les moulures dorées, les pavillons, les banderoles, les flammes, les étendards ; les pavillons étaient en taffetas avec les armes du souverain brodées en or et en soie; le carrosse et la tente en damas cramoisi, garni de franges et de crépines d’or... Tout ce luxe a disparu, et le navire lui-même la suivi. La célèbre galère du moyen âge n'existe plus guère que dans les musées de marine : à peine la retrouve-t-on chez quelques nations de la Méditerranée, mais déformée et décrépite comme la trace ébréchée d’une civilisation qui n’est plus, Théogène PAGE, vice-amiral.

GALERE (Zoologie). Quand on navigue dans les mers des Antilles, on voit souvent flotter à la surface de l’eau, au gré des vents et des ondes, un petit être singulier : il n’a ni tête, ni yeux, ni queue, ni pattes, ni ailerons, et pourtant son allure est gracieuse; sa forme est celle d’une vessie claire, d’une transparence mate et bleuâtre, comme celle de l’opale; sa partie supérieure est semblable à une crête de coq; il la dresse au vent comme une petite voile. Est-il sensible ? Fort peu sans doute; mais quand on le touche, on éprouve une sensation déplaisante; ses fibres engluent la main; on dit même qu’il ébranle parfois le bras d'une secousse électrique, et fait éprouver une sorte de brûlure. On l’a nommé galère. Il est généralement considéré comme un zoophyte de l’ordre des acalèphes hydrostatiques, habifant les profondeurs de la mer, et doué de la propriété de sécréter des gaz dont il remplit la vessie qui lui sert de ballon pour ses voyages. Théogène PAGE.

GALERE (Caius GALERIUS MAXIMIANUS), empereur romain, est un des soldats couronnés dont le nom demeurerait ignoré s’il ne se rattachait àla plus sanglante persécution que la politique impériale ait exercée contre la nouvelle so-

teaubriand, ce gardeur de troupeaux a nourri dès sa jeunesse, sous la ceinture de chevrier, une ambition effrénée. Tel est le malheur d’un État où les lois n’ont point fixé la succession au pouvoir... Galérius semble porter sur son

front la marque ou plutôt la flétrissure de ses services ; c’est

une espèce de géant dont la voix est effrayante et le regard horrible. Les pâles descendants des Romains croient se venger des frayeurs que leur inspire ce César, en lui donnant le surnom d’Armentarius (gardeur de troupeaux). Comme un homme qui fut affamé la moitié de sa vie, Galerius passe les jours à table, et prolonge dans les ténèbres de la nuit de basses et crapuleuses orgies. Au milieu de ces saturnales de la grandeur, il fait tous ses efforts pour déguiser sa première nudité sous l’effronterie de son luxe; mais plus il s'enveloppe dans les replis de la robe de César, plus on aperçoit le sayon du berger. » Galère cependant n’était pas sans mérite; du rang de simple soldat, parvenu aux premiers grades de la milice, il s'était distingué sous les empereurs Aurelius et Probus. Créé César par Dioclétien, l'an 292 de l'ère chrétienne, il eut pour son département la Thrace, la Macédoine et la Grèce. N'ayant rien de grand à faire contre les ennemis de l’empire, il fit défricher dans la Pannonie plusieurs forêts considerables, et fit écouler un lac dans le Daaube, créant ainsi une nouvelle province, qui fut appelée Valérie, du nom de son épouse, laquelle était fille de Dioclétien. Mais il ne fut pas heureux dans son expédition contre Narsès, roi de Perse, et fut complètement défait entre Callinique et Charres. Dioclétien, qui était à Antioche, le reçut avec toutes les marques du plus vif mécontentement; et l’orgueilleux César fut forcé de marcher à pied derrière le char impérial, comme le dernier des soldats. Il se releva de cette humiliation par une victoire tellement décisive que le monarque persan céda cinq provinces à l’empire pour obtenir ane paix qui fut observée pendant quarante ans. Dès ce moment Galère, regardé comme le héros de l’empire et décoré des noms fastueux de Persique, d'Arménique, de Médique et d’Adiabénique, se fit craindre de Dioclétien, et bientôt le força d'abdiquer,

Galère ayait apporté sur le trône une fureur aveugle contre les chrétiens. La mère du césar, paysanne grossière et superstitieuse , était livrée avec fanatisme à l’adoration des divinités des montagnes. Elle avait inspiré à son fils l’aversion qu’elle éprouvait pour les sectateurs de l'Évangile. Galère poussa d’abord le faible et barbare Maximien, collègue de Dioclétien, à persécuter l'Église; mais ce ne fut qu'avec peine qu'il triompha de la sage modération de Dioclétien. Enfin, Galère arracha cet édit de proscription qui a rendu son nom et celui de Dioclétien si odieux dans les annales du christianisme. Aucune persécution ne fut plus générale et plus savamment cruelle : commencée lan 303, elle dura dix ans. Ce utun baptême de sang que reçut le christianisme au moment de triompher par Padoption de Constantin, Après l'abdication de Maximien et de Dioclétien (an 305), Galère, dominateur de l'Orient, vécut en paix avec Constance Chlore, son collègue, qui régnait en Occident. ]1 n’en fut pas de même de Constantin, fils et successeur de Constance Chlore : l’activité de cg jeune collègue troubla la vieillesse de Galère. Ce dernier avait ordonné un recensement des propriétés, afin d’asseoir une taxe générale sur les terres et sur les personnes; il voulut y soumettre l'Italie. Rome se souleva, et appela à la pourpre Maxence, fils de l'ex-empereur Maximien. Maximien lui-même sortit de sa retraite, reprit la pourpre en Gaule, et se ligua avec Consfantin contreGalère, Cependant Galère, avec une forte armée, vint en Italie pour assiéger Rome, qu'il n’avait,jamais vue, Elfrayé de l'aspect de cette ville immense, il se retira, Quelque Lemps après (310), Galère succomba dans Sardique, à un mal affreux et dégoûtant, pareil à celui qui avait enlevé Sylla. Les chrétiens attribuèrent cette maladie à la vengeance divine. Galère en jugea de même, car il fit publier, le 19 mars 911, un édit pour faire cesser la persécution, Le

GALÈRE — GALERIE ciété chrétienne. « Né dans les huftes des Daces, dit Châ- | ciel ne fut point désarmé par ce tardif repentir :

le 1° mai Galère n’était plus. Charles Du Roots.

GALERES (Peine des). Les chercheurs d’origines on fait tous leurs efforts pour déterrer la trace ou la preuve de l'existence de la peine des galères chez les Romains : c'était

se méprendre étrangement sur l'esprit de Rome, Rome eut |

| une trop haute idée du métier de matelot et de rameur pour

en faire un supplice ignoble; pour triompher de Carthage et commander à l'univers , il lui fallait des héros, non des scélérats; ce furent les classiarii mililes, les socii navales, qui armèrent ses chiourmes, Nul texte de ses lois ne porte l'empreinte d’un châtiment de ce genre. Peut-être pourrait-on conclure de quelques passages d’auteurs anciens qu’il existait à Athènes; mais c’est dans le Bas-Empire qu'il faut chercher le mot et le supplice. D'abord on nomma yaépc, galearii en basse latinité, les matelots, puis les esclaves et les forçats , qui servaient sur les galères, Les Français rapportèrent ce mot à la suite des croisades; ils appelèrent galié et galérien le forçat condamné aux galies et aux gzlères, enchaîné et tirant la rame :

N'en istront mès par terre nepar mer :

Bien les ferai à galies garder,

Un arrêt du parlement qui défend aux juges d'église de l'appliquer aux clercs en fait mention pour la p emière fois en 1532. Les ordonnances de Charles IX ne firent que rendre cette peine applicable par tous les tribunaux séculiers du royaume. Ce même prince enjoignit aux parlements de ne pas condamner aux galères pour moins de dix ans. Un règlement de police de 1635 étendit cette peine à tous les vagabonds ramassés dans les rues de Paris : l'ordonnance des gabelles de 1680 y condamna les faux-sauniers ; les délits de chasse et ceux de contrebande furent punis des galères à temps et même à perpétuité jusqu’au règne de Louis XVI. En dehors des cas prévus par les ordonnances, la peine des galères était appliquée par la jurisprudence des cours et tribunaux à la plupart des crimes et délits ordinaires, tels que vols, faux, etc. C'était en réalité la peine la plus usitée, les juges ne se faisant aucun scrupule de l'appliquer, parce qu’elle offrait l’avantage de purger le pays des malfaiteurs en même temps qu’elle les employait au service du roi et de l'État.

La chiourme, c’est-à-dire le nombre des galériens, était pour chaque bâtiment de 108, sans compter 80 mariniers de rames, 92 soldats et 30 mariniers dits de rambave. Cette chiourme était surveillée parun argousin, un sous-argousin, et dix compagnons ou gardiens, qui exerçaient un pouvoir brutal sur les malheureux forçats. La partie du bâtiment appelée la vague renfermait dans un espace d’environ 35 mètres 26 bancs de part et d'autre, auxquels étaient enchainés les forçats, qui passaient leur vie nuits et jours dans cet étroit espace. Aux jours de combat les boulets faisaient d’affrenx ravages parmiies galériens. Ce fut sous Louis XIV, quand les galères cessèrent d’être en usage dans la marine française, que les galériens furent renfermés dans le bagnes,

La pénalité usitée envers les galériens était atroce, Tou condamné coupable d’avoir frappé un surveillant avec un ferrement était rompu ; s’il avait tué un camarade, pendu; pour sodomie, brûlé vif; pour avoir juré le nom de Dieu ou de la Vierge, il avait la langue percée d’un fer rouge. A la première évasion, on lui coupait une oreille ; à la seconde, il était condamné à vie, et on lui coupait le nez,

GALERIE. Dans son acception la plus ordinaire, ce mot sert à désigner une pièce dont lalongueur est au moins trois fois la largeur ; dans quelques palais, il ÿ a des galeries qui servent de communication entre diverses parties des appartements; alors leur longueur est considérable : telle est la galerie du Louvre, Les grands et vastes appartements ont souvent une galerie : c’est une pièce d’apparat dans laquelle on se réunit lorsque les salons ne sont pas suffisants. Elles sont dans ce cas décorées avec splendeur : un ÿ

place même des objets précieux, des meubles de luxe. Les oûtes souvent sont couvertes de peintures, divisées par compartiments, formés d’ornements ; soit en stuc, soit en peinture , et toujours dorées. Les trumeaux, d’abord recouverts [de tentures en svie ou en brocart d’or et d'argent, ont aussi lreçu des glaces, des tapisseries représentant des personnages ; puis on y a introduit des tableaux originaux de diverses di- | mensions. Le mot galerie alors a été employé pour dési- | gner des collections de tableaux appartenant à des souve- | rains , à des princes, mème à de riches particuliers, quand ces collections étaient trop considérables pour porter la | simple dénomination de cabinet. Depuis quelques années on s'est servi des mots musée ou Muséum Comme | synonymes de galerie; on emploie aussi maintenant le mot ipinacothèque.

| Ilya plusieurs galeries célèbres par leur richesse ou par | le mérite des peintures doit d’habiles maîtres ont été chargés | de les décorer. Nous citeruns en première ligne la galerie du palais Farnèse à Rome, l’une des plus petites par ses | dimensions ; elle jouit d’une grande célébrité, à cause de la | richesse de sa décoration. La galerie du palais Favi à Bologne, | où se voit l’histoire d'Énée ; celle du palais Magnani à Bologne , représentant l’histoire de Romulus, enfin, le cloître Saint-Michel-in-Bosco, aussi à Bologne, sont toutes les trois | peintes par les Carrache. A Rome on voit aussi la galerie | Verospi, peinte par François Albane et Badalocchi; la ga- | lerie du palais Pamphile, par Pierre Beretini ; puis cette chai- | mante galerie du palais Chigi, souvent désignée sous le nom de Farnesina, et dans laquelle Raphael a peint l’his- | toire de l'Amour et Psyché; enfin, la galerie du Vatican, | à laquelle on donne en Italie le nom de Loges : ses voûtes | sont ornées par cinquante-deux sujets de l’Ancien et du Nouveau Testamerit, tandis que les trumeaux et les embrasures des fenêtres sont couverts d’arabesques où Rapliael à montré la grâce, la facilité et la diversité de son génie.

Nous trouverons en France plusieurs galeries célèbres, telles que la galerie du Louvre, la petite galerie d’Apollon, peinte par Le Brun, et récemment restaurée ; la galerie peinte au Luxembourg par Rubens, et dans laquelle cet habile artiste avait donné l’histoire de Médicis, maintenant détruite; la galerié Mazarine, à la Bibliothèque impériale ; la galerie des ambassadeurs, souvent dite galerie de Diane, aux Tuileries; la galerie de l'hôtel Lambert, à l’île Saint-Louis : la voûte est peinte par Le Brun, et représente l’apothéose d’Hercule; la galerie de l'hôtel de Toulouse, aujourd’hui l'hôtel de la Banque de France : sa voûte, peinte en 1645, par François Perrier, représente Apollon au milieu, et les quatre Éléments dans les bouts. Nous ne devons point omettre la galerie du palais de Saint-Cloud, peinte par Mignard; ni la galerie de Versailles, dans laquelle Le Brun a peint l'histoire de Louis XIV; ni enfin Fontainebleau, palais dont la construction est si singulière, dans lequel il a existé cinq galeries, dont trois sont abattues depuis-longtemps. Parmi les galeries qui n’existent plus, il faut citer l’ancienne galerie du Palais-Royal, la galerie Aguado. On sait de quelle richesse était la galerie du maréchal Soult.

Nous parlerons encore de la galerie construite en Angleterre dans le palais d’'Hampton-Court par le roi Guillaume III et la reine Marie, exprès pour placer les sept grands cartons peints par Raphael, et que l’on croit avoir appartenu à-Charles I°*; puis aussi de la galerie du palais Schleissem en Bavière, également décorée de peintures et de plus 2,400 tableaux. Nous terminerons, enfin, en citant seulement les noms des célèbres collections de tableaux qui portent le nom de galerie, telles que la galerie de Florence; à Vienne, la galerie impériale, au Belvédère, qui contient 1,250 tableaux ; celles des princes de Lichtenstein et Esterhazy, qui contiennent, la première 700 tableaux, et l’autre 550; dans le reste de l'Allemagne, la galerie de Dresde, où se voient 1,400 tableaux ; celle de Sans-Souei, qui en renferme 170; celles de Dusseldorf, de Brunswick, n’existent plus ; à Péters-

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