‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 77 sur 552 · GALILÉE · texte numérisé non relu

GALILÉE

damnés à une amende de quinze livres. Il était défendu aux clercs de la chambre de porter l’épée. Le 28 janvier de chaque année, jour de Saint-Charlemagne, les officiers, suppôts et sujets de l'empire, faisaient célébrer une messe solennelle dans la chapelle basse du palais. L'empereur avait eu le droit de faire placer deux canons dans la cour du palais; des salves annonçaient la cérémonie.

Durey (de l'Yonne).

GALILÉE (Gauceo Gaue), l'un des plusillustres prés curseurs de Newton, naquit à Pise, le 15 février 1564. Son père, Vincent GauLet, était un gentilhomme florentin, mathématicien, auteur de plusieurs écrits sur la musique. Le jeune Galilée reçut de lui les premières Jeçons de mathématiques, et l'impression que ces sciences produisirent sur son esprit détermina sa vocation. L’attention de l'enfant était ramenée irrésistiblement vers les objets de ses études favorites; son père, qui était passionné pour la musique, ne put faire apprendre à son fils que les applications peu nombreuses des mathématiques à cet art ; tout le reste fut négligé. Afin de régulariser ses études et de compléter son instruction , il fut mis au collége à Venise, et ses progrès y furent si rapides qu’il fut choisi très-jeune encore pour occuper une chaire de philosophie à l’université de Padoue. Le séjour de Galilée à Padoue dura dix-huit ans, et cet espare de temps fut rempli par l'exposition des lois du mouvement accéléré , l'invention d’un télescope et plusieurs autres découvertes, au profit de la mécanique, de la physique et de l'astronomie.

Le grand-duc de Toscane, Côme IT, ambitionnait depuis longtemps de rendre Galilée à son pays natal, de ne pas laisser sur une terre étrangère un homme qui contribuerait à l'illustration de ses États ; il réussit enfin à décider le professeur de Padoue et à se fixer à Florence, comme premier philosophe et premier mathématicien, attaché à sa personne. Il semblait que la vie de Galilée devait s’écouler désormais au sein de tout le bonheur que la culture des sciences peut procurer à un homme si digne de les aimer ; il en fut tout autrement. En faisant usage du télescope qu’il avait inventé, Galilée augmenta le catalogne des étoiles connues, découvrit les satellites de Jupiter, détermina la durée de leur révolution, etc. ; à mesure qu'il parvenait ainsi à dévoiler quelques nouvelles parues de l'univers, il élait plus fortement convaincu de l’erreur du système astronomique admis jusque alors, et ne put résister à la tentation d’y substituer celui que Copernic avait conçu. Pour faire adopter ces doctrines en Italie, il fallait prouver qu’elles n’avaient rien de contraire à la foi religieuse ; Galilée s’arma de passages de l’Écriture Sainte et de l’autorité des écrivains ecclésiastiques, Cependant les œuvres astronomiques de Galilée furent déférées au tribunal de l’inquisition, condamnées comme Aérétiques et absurdes, et il fut expressément défendu à l’auteur de soutenir que la terre n’est pas immobile au centre de l’univers. Galilée avait fait les plus grands efforts pour éviter cette condamnation, et rédigé, pour éclairer ses juges, des mémoires remplis d’érudition théologique; il se soumit, parce qu’on ne lui imposait que le silence, sans exiger une rétractation, Effectivement, il eut le courage de se taire pendant plus de seize ans ; mais enfin, soit qu’il eût épuisé toute sa patience, soit qu’il imaginât que le temps était moins défavorable pour l'exposition de vérités encore débattues , il publia des dialogues sur notre système planétaire. Cité de nouveau par l’mquisition, il ne désespéra point d'amener ses juges mêmes à l’orthodoxie astronomique, et vint à Rome ; mais ses espérances s’évanouirent bientôt, et cette fois le tribunal fut rigoureux : le système exposé dans les dialogues fut déclaré contraire à la bonne philo-" sophieet à La foi, absurde et impie; l’auteur, comme relaps, fut condamné à la réclusion et à réciter chaque semaine, pendant trois ans, les Psaumes de la pénitence ; avant tout, le condamné dut faire l'abjuration des ses erreurs agenouillé, les mains sur l'Évangile, Galilée, se relevant, après celte humiliante cérémonie, ne put s'empêcher de

dire : Æ pur si muove! (et pourtant c'est la terre qui se meut). Le grand-duc de Toscane obtint que son mathématicien , alors septuagénaire, fût ramené en Toscane, où ! sa détention fut adoucie autant que l’inquisition pouvait le |tolérer. On reprochera cependant à ce tribunal d’avoir frappé de stérilité une portion de la vie d’un savant, qui eût certainement fait un bon emploi du temps où ses éminentes facultés ne purent être consacrées à l'accroissement | de nos richesses intellectuelles. Les œuvres de Galilée sont encore à l'index, à Rome, soigneusement enfermées et soustraites à tous les regards, tandis que le bibliothécaire du Vatican met entre les mains de la jeunesse studieuse le | Traité d'Astronomie par Lalande, l'Exposition du Système du Monde par Laplace, et tous les ouvrages modernes où les doctrines de l’astronome toscan sont profes- | sées, commentées, établies.

Ce fut en 1633 que la détention de Galilée commença : la | vie de l'illustre savant se prolongea jusqu’au 8 janvier 1641. En 1638 , il avait perdu la vue. Aussi aimable qu’instruit, doué d’une excellente mémoire, possédant plusieurs talents } agréables, cherchant à plaire sans offenser aucun amour- : propre, il réunissait tout ce qui constitue l’homme fait pour la bonne société.

Son fils, Vincent GALILÉE, est regardé comme un des promoteurs de lart de l’horlogerie : ce fut lui qui appliqua le premier le pendule aux horloges. Mais il paraît que son goût pour la poésie l’entraina hors de la carrière des sciences, en sorte qu’on ne peut dire qu'il ait marché sur les traces de son père, Il mourut en 1649. FERRY.

GALIMAFREE, Quelques vieux flâneurs parisiens, quelques rares amateurs de spectacles gralis en plein air, ont } conservé la mémoire de cet émule de Bobèche. Comme lui, | Je paradiste qui, sous le premier empire, avait pris le nom de | Galimafrce, assez bien assorti, du reste, aux bouffonneries | dont il régalait un public peu difficile, débitait ses lazzi et | ses grosses plaisanteries devant un des petits spectacles | du boulevard du Temple; il avait aussi ses habitués, ses

partisans, disons même ses admirateurs. Lorsque Bobêche, | enflé de ses succès, voulut, comme nos acteurs en vogue,

exploiter son renom, et aller donner des représentations en province, Galimafrée, plus sage, ne quitta point ses tréteaux , où il se trouvait désormais sane rival, et longtemps encore il y jouit de la faveur populaire. Le fait est que dans ces parades improvisées, qui n'étaient point soumises aux ciseaux de la censure, on remarquait parfois quelques traits piquants et malins qui ne dépareraient point mainle comédie de nos jours. Galimafrée et Bobèche sont morts depuis longtemps, et privé des Jazzi de ces deux farceurs le boulevard du Teinple a perdu ce qu’il avait, suivant nous, de plus original et de plus caractéristique. Gardez-vous d’ailleurs de croire que Galimafrée et Bobêche soient décédés sans laisser de postérité. Leur race n’est pas près de finir ; seulement, leurs héritiers directs, croyant au-dessous de leur dignité de parader comme eux, en plein vent, sur des tréteaux, se sont faits journalistes. Dans cette transformation, y a-t-il un progrès réel? Il est permis d’en douter, Ouray.

GALIMATIAS, que l’on à écrit quelquefois gallimathias, indique un discours confus, inintelligible, un assemblage de mots qui semblent avoir un sens et qui nesignifient rien. Quelques érudits ont fait dériver ce mot du grec rolupérie, qui veut dire diversité de sciences. Moins savante est l’étymologie adoptée par le docte évêque d’Avranches, Huet, qui raconte à cette occasion ce vieux fabliau : Au temps où l’on plaidait en latin, un avocat parlait pour un nommé Mathias, qui réclamait un coq (en latin gallus) : à force de répéter les mots gallus et de Mathias, il finipar s’embrouiller, et, au lieu de gallus Mathiæ, il dit galli Mathias. Depuis, on s’est servi de ce mot amphigourique pour exprimer un discours embrouillé, et souvent même une affaire confuse, extravagante. Ménage, sans rechercher leur généalogie, prononce que les mots galimatias et galimafrée sont cousins. Sans doute, ils ont été forgés dans

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