‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 78 sur 552 · GALILÉE — GALION · texte numérisé non relu

GALILÉE — GALION

une saillie, ainsi que le mot de galli-Thomas, inventé par Yoltaire pour désigner le style ampoulé de l'académicien Thomas. Charles Du Rozon.

GALINTHIAS ou GALANTHIAS, fille de Prœtus, suivante et amie d’Alcmène. Ayant vu les Parques et Lucine ou Junon assises devant la demeure d’Alcmène, les mains entrelacées, afin de l'empêcher de mettre au monde Hercule, elle les trompa en leur annonçant qu’Alemène venait d’accoucher d’un garçon. A cetle nouvelle, elles séparèrent leurs mains d’effroi, et dans cet intervalle l'accouchement se fitavec bonheur. En punition de sa supercherie, Galanthias fut changée en chatte ou en belette. Hercule lui érigea un temple par reconnaissance, et les Thébains célébraient en son honneur une fête appelée Galinthiada, et qui précédait toujours celle de ce demi-dieu.

GALION, un des vaisseaux des flottes du moyen âge, dont il ne reste plus que le nom. 11 était ainsi appelé à cause de sa forme, qui se rapprochait de celle de la galère, le plus long des navires alors connu, et celui qui marchait le mieux. Le galion joua un grard rôle dans la navigation commerciale depuis le seizième jusqu’au dix-huitième siècle. La France, Rhodes, l'Espagne, le Portugal avaient de trèsforts galions qui transportaient des marchandises en concurrence avec les grosses galères, les nefs et les caraques. La flotte militaire possédait aussi ses galions, ayant trois à quatre ponts, non des ponts armés, mais des couvertes, les deux supérieures seulement recevant des canons. Les Espagnols furent les derniers à conserver à des navires de charge, grands ou petits, successeurs des anciens galions, un nom qui a tout à fait disparu de la nomenclature navale européenne. Ce fut l’exploitation de l’Amérique par ce peuple qui rendit célèbre cette espèce de bâtiment, que l’art des constructions maritimes avait fait condamner à l'oubli.

Dès que l’Amérique eut été découverte, la couronne d’Espagne s’en arrogea la possession exclusive; elle accapara et voulut faire elle-même le commerce de ses sujets qui y allaient fonder des colonies. Elle établit donc à Séville un bureau d’inspection, appelé casa de contratacion, où durent cemparaitre tous les navires qui chargeaient pour l’Amérique, et y recevoir une licence des officiers du roi, constatant la nature de la cargaison et sa destination; à leur retour encore, ils étaient obligés de se présenter devant le même bureau, sous peine de confiscation. Cette administration d’entraves devait provoquer la fraude : pour la prévenir, on multiplia les restrictions; il fut convenu que les navires chargés pour l'Amérique ne pourraient plus faire voile d’Espagne qu’à deux époques fixes, tous réunis en convoi, sous la protection ou plutôt sous la surveillance d’une forte escorte ; et ce système conduisit à un monopole absolu ; l'État brisa la coucurrence des particuliers. Séville, puis Cadix, à cause de l'excellence de son port, fut le seul point de départ et d'arrivée de ces convois, dont l’un se nommait Les galions, l’autre {a flotte, la flotte d'argent. Les galions, au nombre de douze, désignés par les noms des douze apôtres, étaient de gros navires de charge, du port de 1,000 à 1,200 tonneaux ; ils partaient de Cadix ordinairement au mois de septembre, touchaïent aux Canaries, dont le gouverneur avait l’ordre de donner avis de leur passage à la cour d’Espagne, puis faisaient route vers les Antilles, qu’ils coupaient entre Tabago et la Grenade; ils longeaient ensuite les Iles sous le Vent, et les prolongeaient jusque par le travers du Rio de Ja Hacha : là, un des navires mouillait pour avertir de l’arrivée des galions, et sur-le-champ on expédiait des exprès à Carthagène, a Lima, à Panama, pour hâter la collection et l'expédition des trésors du roi. Les galions continuaient leur marche jusqu’à Carthagène, où ils stationnaient soixante jours : les officiers royaux, les marchands de Caracas, de la Grenade, de Santa-Martha, y accouraient apportant leurs lingots, leurs doublons et leurs piastres, pour les expédier en Espagne, ou ies troquer contre des marchandises; en même temps le commerce entier du Pérou et du Chili descendait vers un mauvais village marécageux et malsain, ha-

bité ordinairement par quelques nègres’, et nommé Puerto- Bello. Cette misérable plage devenait tout à coup le théâtre d’une foire immense : pendant quarante jours que les galions y demeuraient au sortir de Carthagène, il s’y faisait un tel mouvement d'or et d'argent en lingots, en barres, en poudre, en paillettes, que la valeur approximative en paraît incroyable. De Puerto-Bello, ils ralliaient Carthagène : c'était leur point du départ pour La Havane, où s’opérait leur jonction avec

a flotte, qui revenait de la Vera-Cruz, chargée des produits |

de toutes les mines du Mexique. Tous ensemble faisaient ensuite route pour l'Europe, en s’élevant au Nord par le canal de Bahama.

Quand Philippe IT ent ouvert des échanges directs entre les îles Philippines et la côte occidentale de l'Amérique, ce furent encore les galions qui colportèrent ce nouveau commerce de monopole à travers la grande mer du Sud. Chaque année, vers le mois de mars, le vice-roi de la Nouvelle- Espagne faisait publier que le galion d’Acapulco était en chargement pour Manille. Cette cargaison de départ ne consistait qu’en or et argent en Jingots ou monnayés ; sa valeur s'élevait à 10 ou 12,000,000 de francs, II apportait, au retour, des mousselines, des soieries, de riches porcelaines de Chine, et toutes les épices précieuses dont l'Inde abonde, Les dimensions de ce galion étaient énormes ; son port variait entre 1,200 et 2,000 tonneaux. Quelle proïe attrayante ces navires au lest d’or ne devaient-ils pas offrir à l’avidité des pirates et des corsaires de toutes les nations en hostilité avec l'Espagne? Ce fut sur leur route que la république des flibustiers posa son aire; ce fut de là qu’elle leur tendit des guets-apens : ces hardis aventuriers n'étaient point arrêtés par l’appareil d'artillerie dont on armait les flancs du galion : les canons devenaient un ridicule épouvantail, la grandeur du navire le frappait d’inutilité pour ke combat. Qui ne sait les croisières de Cavendish et d’Anson dans la mer du Sud, et les riches dépouilles qu’ils enlevèrent aux galions de Manille? Aujourd’hui, les conquêtes des Espagnols, et leur commerce d’or et d’argent , et leurs galions, tout cela n’est plus qu'un souvenir historique.

Théogène PAGE, capitaine de vaisseau,

GALIOTE. Les uns font venir ce nom de l'italien ga- Liotla, diminutif de galea, c’est-à-dire petite galère; et cette désinence est bien ancienne, car on la trouve dans le latin du moyen âge : Substantiam civium galiottæ regis et turba prædonum rapiunt (Falco Beneventanus). D’autres tirent galiotta du grec yæesoriv, nom que l’on donnait à l’espadon dans le Bosphore de Thrace, et dont la galiote avait, dit-on, la forme. Du reste, il y avait une liaison intime entre la galioteet le pirate : la galiote se retrouve dans toutes les guerres ou pilleries maritimes de Maure à chrétien, et naguères encore les corsaires barbaresques en faisaient grand usage. L'instinct du pillage avait révélé dans la galiote un excellent navire pour les guets-apens de la Méditerrannée, car son gréement et sa construction étaient les mêmes que ceux de la felouqueet de la galère; ses dimensions étaient intermédiaires à celles dé ces deux navires,

Quant à la galiote hollandaise, c’est un bon gros et bien lourd bateau de Hollande (voyez FLurte), tout bondé de marchandises, arrondi à lavant et à l'arrière, avec des flancs larges et carrés, voguant péniblement entre deux eaux, tantôt par-dessus, tantôt par-dessous la vague. Entre la galiote hollandaise et la galiote barbaresque, il n’y a guère de commun que le nom. Leurs gréements même n’ont aucune ressemblance,

GALIOTE À BOMBES. Voyez BowBarpe.

GALIPOT, substance résineuse assez semblable à latérébenthine, dont elle différe cependant par sa consistance et sa demi-opacité ; sa couleur est jaunâtre, sa saveur amère et son odeur celle d'une mauvaise térébenthine, parce qu’elle retient un peu d'huile volatile, qu'on peut lui enlever par la chaleur et un courant de vapeur d’eau. Le galipot ne se récolte qu’à la fin de l’automne, Comme la température n’est point assez élevée alors pour le faire couler promptement

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