C. FAvRoT
GALITZIN. Voyez GALYTZIN.
GALL (François-Josepx). Ce savant célèbre naquit le 9 mars 1758, à Tiefenbrunn, près de Pforzheïm (grand-duché de Bade, dans une famille catholique. Son grand-père, d’origine italienne, était originaire du Milanais, et s'appelait Gallo. Ses descendants , voulant donner à leur nom une désinence germanique, quittèrent la dernière lettre du nom, et de Gallo firent Gall. Le père de Gall, honnête marchand, et le principal de son village, avait six enfants. Venu au monde le dernier de tous, François-Joseph reçut sa première éducation d’un oncle qui était curé. Plus tard il fit des études plus régulières à Bade, puis il passa à Bruchsal et ensuite à Strasbourg, où il se livra à l’étude de la médecine, sous la direction du professeur Hermann, qui avait reconnu dans son jeune disciple un esprit d'observation peu commun. Pendant son séjour à Strasbourg, Gall fit une très-grave maladie, à laquelle il faillit succomber. Une jeune femme attachée à la maison qu’il habitait eut, dans cette occasion, les plus grands soins pour lui ; il n’en fallut pas davantage pour qu’il en devint amoureux, et qu'il en fit sa femme peu de temps après. Notre philosophe ne fut pas heureux dans cette union : sa femme était d’un caractère emporté et violent, elle manquait d'éducation et d'instruction. Elle mourut à Vienne, en 1825, sans jamais avoir eu d’enfants. De Strasbourg Gall passa, en 1781, à Vienne en Autriche, où il continua ses études médicales sous Van Swieten et Stoll, dont il s’'enorgueilissait plus tard d'avoir été l'élève. C'est là que, en 1785, il reçut le titre de docteur. Il s'était fait connaître comme médecin de mérite; on avait une haute opinion de son talent, et bientôt une clientèle nombreuse dans les classes élevées de la société en fut la conséquence. I y jouissait done d’une grande aisance.
Dans lun de ses ouvrages, Gall a raconté comment lui vint pour la première jois l’idée de rechercher dans l’homme des signes extérieurs de ses différentes capacités naturelles : « Dans ma plus tendre jeunesse, dit-il, je vécus au sein d'une famille composée de plusieurs frères et sœurs, et avec un grand nombre de camarades et de condisciples. Chacun de ces individus avait quelque chose de particulier, un talent, un penchant, une faculté, qui le distinguait des autres. Les condisciples que j'avais le plus à redouter étaient ceux qui apprenaient par cœur avec une très-grande facilité, et je remarquais que tous avaient de grands yeux saillants. La justesse de celte observation m’ayant été confirmée ensuite, je dus naturellement m'attendre à trouver une grande mémoire chez tous ceux en qui je remarquais de grands yeux saillants, Je soupçonnai donc qu'il devait exister une connexion entre la mémoire et celle conformation des yeux. Après avoir longtemps réfléchi, j'imaginai que si la mé moire se reconnaissait par des signes exterieurs , il en pouvait bien être de même des autres facultés intellectuelles, ete, »
Après avoir fixé, par une opiniâtre persévérance et par des observations mullipliées à l'infini, les principes de sa nouvelle philosophie, Gall entreprit ses recherches sur le cerveau, faisant marcher de front les observations physiologiques et les observations anatomiques, Dans les écoles il avait entendu parler des fonctions du foie, de l'estomac, des reins, et de toutes les autres parties du corps, sans que janais il fût question des fonctions du cerveau. Avant Lui, ce viscère était regardé comme une pulpe, une masse informe,