GALLICANE
proscriptions de biens, exils, emprisonnements, eondamnations même à mort, pour soutenir ce que l’on prétendait les droits de la couronne. La plus grande confusion régnait
| surtout dans le diocèse de Pamiers : tout le chapitre était
| Jusqu'à Grégoire VIII, les papes, quoique affichant | maintes fois des prétentions exagérées, n’avaient cependant !
Grégoire imagina de soumettre l'autorité temporelle à l’au- : Atorité spirituelle, et d’arriver ainsi à la monarchie uni- |
dissipé ; plus de quatre-vingts curés emprisonnés, ou obligés de se cacher; on voyait grands-vicaires contre grands-vicaires, le siége épiscopal vacant ; le père Cerle, grand-vicaire nommé par le chapitre, fat condamné à mort par le parlement de Toulouse. »
Louis XIV, qui croyait à juste titre avoir fait assez pour l'Église, fut outré des brefs du pape et des troubles qu’ils fomentaient dans son royaume, 11 ordonna aux évêques qui se trouvaient à Paris de se réunir chez l’archevéque de cette ville pour y délibérer sur les brefs du pontife; mais, après de longues discussions, l’archevêque de Paris, craignant qu'on n’attribuât à l’influence de la cour les décisions qu'ils pourraient prendre, demandal à Louis XIV la permission de convoquer pour l’année suivante une assemblée
: générale de tout ie clergé du royaume : le roi y consentit. En
Q claré l'empereur Frédéric déchu de son royaume, vint | engager saint Louis à s’armer contre lui, offrant à son frère | Robert le trône qu’il rendait vacant, ce saint roi rejeta les ; ÿ offres du pontife ; et les grands du royaume, parmi lesquels | | se trouvaient grand nombre d’évêques, et qui formaient ses | | glise gallicane :
conséquence, les provinces envoyèrent des députés, et l’assemblée s’ouvrit au mois de mars. Ce fut dans cette réunion que le cardinal de Lorraine, un des principaux ornements du siége romain, s’exprima dans ces termes, que nous nous plaisons à opposer aux adversaires des libertés de l'É- « Je ne puis nier que je suis Français, nourri en J'université de Paris, en laquelle on tient l’autorité du concile par-dessus le pape, et sont censurés comme hérétiques ceux qui tiennent le contraire; qu’en France, on tient le concile de Constance pour général dans toutes ses parties, et que pour ce l’on fera plutôt mourir les Français que d’aller au contraire. »
Dans celte célèbre assemblée, Bossuet, chargé de formuler les doctrines de l'Église gallicane, lut, à la séance du 19 mars 1682, une déclaration en latin qui étabiit s0lennellement « que l’Église doit être régie par les canons; que saint Pierre et ses successeurs, que toute l'Église même n’a reçu de puissance de Dieu que sur les choses spirituelles ; que les règles, les mœurs et les constitutions reçues dans le royaume doivent être maintenues et les bornes posées par nos pères demeurer inébranlables ; que les décrets et le jugement du pape ne sont point irréformables, à moins que le consentement de l’Église n’intervienne; que c’est en cela que consistent nos libertés, auxquelles il n’est perinis à personne de déroger. » ( Voyez DÉCLARATION DU CLERGÉ DE FRANCE. )
Telle est la substance des quatre articles et de la défense publiée par Bossuet, l’âäme de cette illustre assemblée. Tout y est empreint de cette gravité antique qui annonce la majesté des canons inspirés par Dieu et consacrés par le respect universel du monde, Cette déclaration fut adressée par l'assemblée à tous les évêques du royaume, avec une circulaire pour les engager à faire professer cette doctrine dans leurs diocèses et à ne point permettre qu'aucune autre y fût enseignée. Louis XIV, par un édit enregistré au parlement le 23 mars 1682, ordonna que la déclaration du clergé de France serait enregistrée dans toutes les cours de par lement, bailliages, sénéchaussées, universités, facultés de théolugie et de droit canon ; qu’il n’y aurait désormais que cette doctrine-là d’enseignée dans les universités; qu’un professeur en serait spécialement chargé, et que l’on ne pourrait être licencié si l’on n'avait soutenu cette doctrine dans Pune de ses thèses publiques. L'assemblée adressa également cette déclaration au pape Innocent XI, avec une lettre explicative rédigée par Bossuet, Le pape cassa et annula la délibération prise par les évêques gallicans ; il leur répondit une longuc lettre pour leur prouver qu'ils se trompaient et les engager à reconnaitre leur erreur. Mais ceux-ci persistèrent dans leur déclaration, et, après plusieurs années de discussion, la chose en resta là. Le grand roi était satisfait, et ne s’inquiétait pas de la cour de Rome. Le saint-père, de son côté, pouvait voir aisément que les temps étaient changés, et qu’il ne lui serait plus permis de tenter ce qu'avait fait
autrefois Grégoire VII. I se tut : assez de douleurs avaient accablé l'Église pour qu’elle ne songeât pas à courir au-devant de nouvelles épreuves. Peut-être bien aussi les noms de Louis XIV et de Bossuet, la supériorité de l’intelligence et de la force, évitèrent-ils à la catholicité de nouveaux malheurs, La déclaration de 1652 demeura comme le code de l'Église gallicane, contre laquelle les petites passions ultramontaines se sont toujours mais en vain déchaînées.
GALLICANES (Libertés). Voyez GALLICANE (Église).
GALLICANISME, doctrine de ceux qui défendent les libertés de l’Église gallicane, par opposition à l’ultramontanisme, qui se montre entièrement dévoué aux volontés du saint-siége.
GALLICIE GALICIE ou (en allemand Galizien), province de la monarchie autrichienne, comprenant aujourd'hui les royaumes de Gallicie et de Lodomérie, avec les duchés d’Auschwitz et de Zator, et le grand-duché de Cracovie. Elle confine au nord à la Pologne et à la Russie, à l'est à la Russie, au sud à la Bukowine et à la Honsrie, à l’ouest à la Silésie, et contient une superficie de 10,347 kilomètres carrés, dont 166 appartiennent au grand-duché de Cracovie, qui a été placé en 1846 sous la domination de
l'Autriche. Ce pays est une haute terrasse, située au pied septentrional des monts Carpathes, et qui s'étend au sud en décrivant un grand arc depuis les frontières de la Silésie jusqu’à celles de la Transylvanie. Après une région montagneuse qui pénètre dans l’intérieur des terres jusqu'à une profondeur de 4 à 5 myriamètres, il présente une fertile région moyenne, onduleusement entrecoupée de collines, qui parfois arrive à former des plateaux et parfois aussi, près des fleuves, dégénère en plaines sablonneuses ou marécageuses. La partie septentrionale notamment n’est guère qu’une immense plaine, interrompue seulement ça et là. La Gallicie compte un grand nombre de cours d’eau importants, qui à l'ouest appartiennent au bassin de la Vistule, et à l'est à ceux du Danube et du Dniestr. La Vistule, qui devient navigable près de Cracovie, reçoit les eaux de la Biala, dela Sola, delaSkawa, de la Skawina, de la Raba, du Dujanec, de la Wysloka venant du plateau des Carpathes, et de la Sân venant du plateau de Lemberg. Le Dniestr, qui prend sa source dans l’une des ramifications que les Carpathes envoient en Gallicie, reçoit de fort petites rivières, par exemple, sur sa rive droite, le Stry, la Swika et la Bistriza; et sur sa rive gauche, le Sered, près des frontières de Russie, le Podhorze, et atteint ensuite le territoire russe. Le Pruth, l’un des affluents du Danube, ne tarde point à abandonner ce pays. La Gallicie ne possède point de grands lacs, De {outes les parties de la monarchie autrichienne, c’est celle dont le climat est le plus rude; etles hivers où le froid atteint jusqu’à 28° Réaumur ne sont pas rares, Cependant , et en dépit des nombreuses régions sablonnenses ou marécageuses qu'il renferme, ce pays est au total très-fertile et fournit à l'exportation des céréales, encore bien que l'agriculture soit loin d’y avoir pris tout le développement dont elle serait susceptible. On y cultive sur une assez large échelle le chanvre et le lin, le tabac, le houblon, elc. La richesse forestière de la province est importante, quoiqu’au nord les forêts soient fort éclaircies, tandis que dans les Carpathes d'immenses quantités de bois pourrissent sur pied, Eu ce qui est du règne animal, la Gallicie produit surtout du gros bétail, et dans des proportions suffisantes pour qu’il y ait lieu à exportation, quoique l’on ne donne pas partout assez de soins à l'amélioration des races; puis des chevaux, qui se distinguent pas de bonnes qualités, et des moutons, dont on a dans ces derniers temps beaucoup amélioré l’espèce. Les abeilles, tant sauvages que domestiques, et dont l'éducation est une industrie très-répandue, surtout sur les frontières de l'est, produisent assez de miel et de cire pour constituer d'importants articles de commerce. La chasse, dans les montagnes surtout, ne laisse pas que d’être assez productive, Les ours et les loups, ainsi que les castors qu'on